vendredi 14 janvier 2022

Oncle Sam arrange

L'article ici



Huit États ont vu leur droit de vote à l’Assemblée de l’ONU révoqué. En effet, le secrétariat général, en la personne d’Antonio Guterres, a invoqué les arriérés impayés pour expliquer la décision.


On sait que les pays membres doivent verser annuellement une contribution à l’Organisation; une sorte d’abonnement, pourrait-on dire. Or, ces huit pays doivent plusieurs millions de dollars à l’ONU. Parmi les États en défaut de paiement, on note l’Iran, le Venezuela, le Congo et le Soudan.


Par ailleurs, les Stazunis doivent plus de 1 milliard de dollars*. Mais eux – on ne sait trop pourquoi – ne sont pas ennuyés par le secrétaire général. Une chose est sûre, le fait que les pays mentionnés ci-dessus n’auront plus leur droit de vote doit certainement peiner Washington au plus haut point.


Ce qui précède, aurez-vous noté, fleure le sarcasme. Cependant, les pays ainsi stigmatisés ne semblent guère incommodés par la décision, ce qui en dit long quant à l’importance qu’ils accordent aux fonctions de l’ONU. 


Peut-être que, s’ils levaient leurs mesures de rétorsion économiques à l’endroit de ces mauvais payeurs, les Stazunis auraient désormais les moyens d'acquitter leur dû.


Ou d’étoffer encore plus leurs budgets militaires déjà monstrueux.




*https://www.lapresse.ca/international/2020-05-15/la-chine-demande-aux-etats-unis-de-payer-leurs-dettes-a-l-onu



jeudi 13 janvier 2022

Dirlo Boileau

 



Depuis deux jours, le Québec a un nouveau Directeur de la santé publique, M. Luc Boileau, qu’on applaudit bien fort.


Comme tout nouvel arrivant, celui-ci a procédé à la distribution de ses cadeaux, de sorte que le couvre-feu devrait être aboli dès lundi prochain. De plus, on annonce également le retour en classe, l’abandon du projet d’exiger le passeport vaccinal dans les marchés d’alimentation et la réouverture des commerces le dimanche. Toutes des décisions qui devaient être tributaires d’une réduction des cas de contagion, selon les affirmations du premier ministre, M. François le Gault*.


Bref, il suffit de changer le Directeur de la santé publique pour que cette dernière s’améliore immédiatement, et de manière sensible. On est en droit de penser alors que son successeur annoncera la fin de l’épidémie. En d’autres termes, vivement qu’on le vire, le dirlo Boileau.


Par ailleurs, sur le chapitre de la cohérence de nos dirigeants, mentionnons au passage que les médias nous apprennent ce matin que les cas de contagion continuent leur augmentation vertigineuse.


De là à penser que, une épidémie, c’est relatif…






* Le gault, ou argile de Gault (dite parfois «argile albienne»), est une formation d’argile raide de teinte gris-bleu à gris foncé, qui s'est déposée à profondeur moyenne dans des eaux marines calmes, au cours du Crétacé inférieur. [… Il] contient souvent des nodules phosphatiques en grande quantité, dont une partie est classée comme coprolithes, c’est-à-dire un excrément minéralisé, fossilisé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Argile_du_Gault).


mercredi 12 janvier 2022

Taxage*

L'article ici





* Au Québec, le terme «taxage» désigne une forme d’extorsion pratiquée par certaines gouapes aux dépens des plus faibles qu’elles (Le Petit Lou, éd. 2018).





 

mardi 11 janvier 2022

Il était temps qu’il la rudât*.

 



Ce cher bon, gros, vieux Directeur de la santé publique du Québec, le docteur Horacio Arruda, a remis sa démission au gouvernement. Le terme «démission» demeure incertain dans les circonstances au vu de la lettre qu’il a remise, hier. En effet, il y mentionne qu’il est prêt à continuer «à servir les concitoyens comme acteur de santé publique». Qu’est-ce que ça veut dire, exactement? On ne sait trop; mais, avec lui, on a l’habitude depuis qu’il a commencé à sévir en conférences de presse.


Qu’on se rassure tout de même, son départ n’est pas du tout dû à la grogne manifeste montant au sein de la population. En effet, ni lui ni le gouvernement n’ont cure de ce que nous pensons. Mais le ministre de la Santé, lui, en avait un peu ras le bol de ses constantes contradictions, lesquelles rendaient son travail d’enfumage encore plus difficile.


Par ailleurs, l’histoire ne dit pas s’il va continuer à être grassement payé par le gouvernement. Il est vrai qu’il ne manque pas d’aires d’incompétence où il peut exceller.


Qui va le remplacer? Que la population se rassure, ce ne sont pas les individus aux capacités douteuses qui manquent.





* Du verbe transitif «ruder», aujourd’hui tombé en désuétude, utilisé pour souligner le départ d’une personne ridicule**.




** C’est des blagues. Ce verbe n’a jamais existé, pas plus que le docteur Arruda en tant que directeur efficace en quoi que ce soit.



lundi 10 janvier 2022

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Dette active


L’inspecteur Britton est un flic marginal, généralement mal vu de ses supérieurs, qui n’a pas la confiance de ses collègues. D’un abord difficile, il préfère creuser le vide entre lui et son entourage, refusant de travailler en équipe. Pour cette raison, on lui confie généralement des dossiers dénués d’intérêt dont personne ne veut, puisque de telles enquêtes, même favorablement résolues, n’aident jamais à promouvoir la carrière d’un inspecteur. Britton voit donc atterrir sur son bureau le dossier concernant le meurtre crapuleux, sans mobile apparent, d’une jeune adolescente prénommée Michelle. Il entame son enquête en notant la quantité de parallèles existant entre la vie de la jeune victime et la sienne propre. Elle habite le quartier où Britton a vécu avec sa femme jusqu’à son divorce ; Michelle jouait dans une troupe de théâtre amateur, comme l’ex-épouse de Britton ; elle provient d’une famille également divorcée dont le fils est l’aîné et la fille la cadette, tout comme les enfants de l’inspecteur. À mesure que progresse son enquête, Britton est amené à se remémorer tout un bagage de souvenirs douloureux qui emplissent rapidement son monde jusqu’à prendre le pas sur l’enquête qu’il mène. Très vite, c’est tout son passé qui devient maintenant l’objet de l’investigation au détriment du meurtre lui-même. L’inspecteur retourne sur tous les lieux de sa vie passée avec un entêtement quasi masochiste. Il évoque ainsi tous les aléas déchirants de l’infernal esclavage du couple et toutes les bassesses, les compromissions et les marchandages auxquels il astreint les hommes comme les femmes. Il revoit en mémoire le vampirisme affectif auquel l’ont soumis ses enfants au détriment de son identité propre jusqu’à ce que, à l’image de « certaines espèces d’insectes, les enfants ne consentent à quitter le nid familial que lorsque les parents, ayant été littéralement consommés, ne peuvent plus leur fournir la subsistance qu’ils requièrent ». Britton redécouvre également le soulagement intense qu’il a éprouvé au moment où, démuni de tout ce qu’il possédait, maison, voiture, compte en banque, il a retrouvé sa liberté avec l’ultime étape du divorce. Ce n’est qu’au terme de cette pénible prise de conscience qu’il retrouve enfin l’énergie de reprendre son travail. Grâce à un signalement fourni par un témoin oculaire qui a vu Michelle en compagnie d’un adolescent. C’est avec une joie féroce que Britton constate que l’adolescent en question n’est nul autre que son propre fils. Résolu plus que jamais à régler ses comptes avec sa famille, il se rend à son ancienne maison, le soir, afin de confronter celui et celles qu’il appelle « le clan ». Cet ultime face-à-face avec les siens connaîtra un dénouement à la fois inattendu et dramatique.


 – Jerry Hall – Première publication : 1986 sous le titre Cop Out – Traduit de l’américain par Laurie Godon – 372 p. – 1988 – Archétype même de l’antihéros, le personnage principal du roman, avec son acharnement à attaquer de front toutes les idées reçues et les conventions contemporaines, impose une vision déstabilisatrice de l’existence.


Boules de Noël


 

dimanche 9 janvier 2022

Techno logique



On ne cesse pas de lancer la technologie plus en avant. Ainsi, à Las Vegas, se tient en temps normal la grande foire annuelle des innovations numériques.


Il n’y manque pas de faits saillants. Celui qui retient l’attention est un système permettant d’activer des appareils à partir des signaux électriques émis par le cerveau. Quoi de plus rassurant pour l’avenir? D’ailleurs, le cofondateur de la société ayant enfanté ce projet n’hésite pas à dire qu’il était dommage d’attendre encore quelques décennies d’insérer des implants dans le cerveau avant de pouvoir profiter d’une connectivité accrue.


Évidemment, comme tout système, celui-ci possède son maillon faible; en l’état, il s’agit du point d’origine, comme en témoigne ce point de vue.


Personnellement, je trouve tout à fait logique d’être disposé à aliéner ainsi notre humanité. Pour ce qu’on en a fait jusqu’ici…


samedi 8 janvier 2022

Le métro dans un cul-de-sac



Il y a près de deux ans, au début de l’épidémie de Covid, le discours était universellement le même: «Ah! si seulement on avait un vaccin!» Ce remède permettrait, disait-on encore, une fois que 66% de la population serait vaccinée, d’enrayer la contagion. 


Puis, il y a environ un an, quand une pléthore de vaccins sont arrivés sur le marché, les décideurs ont poussé un soupir de soulagement en insistant sur le fait qu’il fallait maintenant que 75% de la population soit traitée pour enrayer l’épidémie.


Six mois après, on nous a appris qu’une deuxième dose était absolument nécessaire afin de déjouer les variants, alors que le vaccin n’avait pas été conçu pour contrer autre chose que la souche originelle. Par contre, il était impératif qu’une plus large proportion de la population soit vaccinée si on voulait combattre efficacement la maladie.


De nos jours, il est question d’une troisième dose laquelle devrait être administrée à encore plus de gens. Notons au passage que 80% de la population, selon certaines statistiques, a déjà été inoculée au moins une fois.


On oublie du fait même l'exemple d'Israël, un pays attaché à de profondes valeurs humanistes et respectueux du bien-être général de tout un chacun, qui a entamé l’administration d’une quatrième dose, car la troisième n’a finalement eu que peu d’effet sur le fameux variant Omicron.


Bref, avons-nous un métro de retard ou est-ce Israël qui s’enfonce encore plus dans un cul-de-sac sanitaire?


vendredi 7 janvier 2022

Catalogue

 

Descente dans les fliqueries


Dans une société totalitaire d’Amérique du Sud, deux jeunes hommes sont interpellés à tort un soir d’émeute. Sans aucune raison valable, ils sont emmenés au poste de police où ils tentent de protester de leur innocence, mais sont, pour toute réponse, rudement tabassés. Gardés au secret pendant des jours, ils tentent de faire valoir leurs droits. S’ils parviennent à attirer l’attention, ce n’est pas des personnes qu’ils souhaitent. Désormais désignés à la hargne des policiers comme de fortes têtes, ils subissent jour après jour les pires exactions. Alternativement battus, torturés et molestés sexuellement par des hommes et des femmes, ils réalisent avec angoisse qu’ils sont devenus les objets de l’appareil policier et qu’ils ne peuvent, en aucune circonstance, compter sur un quelconque apitoiement de celui-ci. Alors que leurs conditions de détention se détériorent, ils tentent de se concilier les bonnes grâces de leurs geôliers et de leurs tortionnaires. Mais, malgré leur bonne volonté, ils ne parviennent à apitoyer personne. Comprenant que leur salut ne peut venir que du monde extérieur, ils échafaudent toutes sortes de plans afin de nouer des contacts. Leurs efforts restent vains. L’un d’eux décide alors de jouer son va-tout et entre en révolte ouverte contre les gardiens. Pendant un temps, il semble que son refus de se confiner dans son état de victime lui mérite le respect, puis, un soir, il est enlevé de sa cellule sous le regard de son compagnon et ne revient que plusieurs jours plus tard, sanguinolent, dans un état de choc dont il ne sortira que par intermittence. Son compagnon, par des promesses, parvient à soudoyer un jeune garde qui semble troublé par le sort qui est réservé aux deux malheureux. Il accepte, à son corps défendant, de contacter leur famille. Malheureusement, le complot est éventé et le prisonnier apprend qu’il a été trahi par son ami qui n’est plus que la marionnette du pouvoir. Désespéré, ivre de vengeance, il le tue à mains nues en lui fracassant à plusieurs reprises le crâne contre le plancher de béton de la cellule avec une sauvagerie qui désarçonne les policiers eux-mêmes. Désormais, n’étant plus un prisonnier politique mais un criminel de droit commun, il est transféré dans un pénitencier à sécurité maximum où la violence de son forfait incite à la fois les autres détenus et les gardes à le respecter. Un avocat prestigieux décide de s’intéresser à son affaire et le système judiciaire le prend désormais sous sa protection. On lui promet même à mots couverts une peine légère et une libération hâtive à condition qu’il ne révèle pas ce qu’il a subi auparavant.


 – Sonya Sonnal – Première publication : 1986 sous le titre Solo se Respeta – Traduit de l’argentin par Pilar Caspo – 420 p. – 1991 – Ce roman se présente davantage comme un témoignage que comme une oeuvre de fiction. Il dénonce les abus de pouvoir qui continuent à se perpétrer partout dans le monde, y compris chez nous.

mercredi 5 janvier 2022

Problème intestin

 



C’est avec un immense soulagement que l’on a appris la sortie de M. Jair Bolsonaro. En effet, le président brésilien avait été hospitalisé d’urgence à la suite d’une occlusion intestinale. On se souviendra qu’il avait été victime d’une agression au couteau peu de temps avant la dernière élection présidentielle, ce qui avait grandement accru sa popularité et celle de l’extrême droite qu’il représente.


Fort heureusement, une intervention ponctuelle des médecins a permis de soulager le patient qui peut désormais reprendre ses fonctions à la tête de l’État. On lui souhaite la meilleure des chances, surtout lors du prochain scrutin où, selon toute probabilité, il faudra plusieurs coups de couteau pour le reporter au pouvoir.


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Des astres solaires


Dans une société futuriste, le soleil occupe toute la place. Non seulement fait-il l’objet d’une attention particulière de la part des scientifiques, qui s’en servent autant comme référence astronomique que comme laboratoire d’étude de l’infiniment petit. Il est également l’objet d’un culte très répandu parmi la population où, en tant qu’astre et symbole, on lui impute tous les bienfaits de la nature. De même est-il considéré comme la seule représentation acceptable de la divinité puisque, la nature de cette dernière étant impénétrable dans la théologie de ce temps, il serait blasphématoire de tenter de lui donner une apparence physique. Cependant, ces deux visions concurrentes sont également mutuellement exclusives, de sorte que les scientifiques considèrent avec mépris les superstitions que l’on impute au soleil. De même, les croyants déplorent l’étroitesse de vue des supposés scientifiques qui refusent systématiquement de voir et de comprendre les évidences du message divin. Alors que l’opposition se cristallise entre les deux points de vue, une voix s’élève afin de tenter une réconciliation. Il s’agit d’une femme, Tasha, qui a commencé à intégrer la symbolique du soleil en un seul modèle d’analyse. Son enseignement lui gagne rapidement la faveur de ses concitoyens. Évidemment, les responsables, tant scientifiques que religieux, voient d’un mauvais oeil tout ce qui risque de nuire à leur pouvoir. Aussi se lancent-ils dans une campagne visant à saper le prestige de Tasha, qui ne répond à leurs attaques que par des invitations à se joindre au culte nouveau. Des accusations mensongères au sujet de prétendues perversions à caractère sexuel viennent à bout de l’aura de la jeune femme dont l’enseignement est rapidement foulé aux pieds non plus seulement par les élites, mais également par la multitude. Jugée puis condamnée comme hérétique, elle est destinée à être brûlée vive au nom du soleil. Les exécutions ne pouvant être menées qu’à des moments prescrits par la loi et la coutume, il ne se trouve que quelques jours dans l’année où Tasha peut monter au bûcher. Chaque fois, pendant des mois, le soleil est caché par les nuages et le supplice doit être remis. Après deux années passées en captivité, le prestige de Tasha renaît à cause du refus du soleil d’allumer son bûcher. En outre, des doutes s’élèvent quant à la valeur du procès qui lui avait été intenté. Devant ce retournement de la situation, les autorités aux abois décident de la gracier. À sa sortie de prison, elle est aussitôt considérée, contre son gré, comme un objet d’adoration. Désormais appelée la Reine des nuages, elle reprend son enseignement en le centrant cette fois sur l’être humain, « l’Inconnaissable ».


 – Jean Jisquan – 314 p. – 1995 – Davantage une allégorie sur le monde contemporain qu’une authentique histoire de science-fiction, cette oeuvre, au style empreint d’une étourdissante poésie, démontre un humanisme profond en dépit des travers de notre nature. Ce roman-culte est aujourd’hui étudié en littérature à l’université et en philosophie au niveau collégial.

mardi 4 janvier 2022

Dissémine de rien

 



Les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Stazunis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni) ont en quelque sorte pris le taureau par les cornes, dernièrement. En effet, ils se sont engagés à prévenir la dissémination des armes nucléaires afin de garantir une meilleure sécurité dans le monde.


Comme par hasard, ces cinq nations possèdent toutes des armes nucléaires, ce qui fait que certains esprits chagrins – dont je ne fais pas partie, fort heureusement – n’hésitent pas à raconter sous le manteau que cette initiative, quoique louable en apparence, n’est en fait qu’une tentative de garder leur mainmise militaire sur la planète.


Notons au passage que les Stazunis, qui cherchent à «prévenir la dissémination des armes nucléaires», en ont installé, sous leur contrôle évidemment, dans divers pays. Par exemple, en ce moment, en Italie, en Allemagne, en Israël et en Turquie, pour ne citer que les plus connus.

lundi 3 janvier 2022

Bourrage burqa




Quelle pitié, quand on considère le sort des femmes à l’échelle de la planète ! C’est encore plus déplorable lorsqu’on regarde ce qui se passe en Afghanistan, alors que le pouvoir religieux des talibans oblige leurs citoyennes, par exemple, à porter la burqa dans tout espace public.


Mais la répression à l’endroit des femmes est également pratiquée dans d’autres pays, dits démocratiques. Ainsi, au Québec, il existe des lois qui, en certaines circonstances, interdisent le port de la burqa, et ce, au sein même de la fonction publique.


Pauvres femmes.


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Debout tabou !


La société québécoise de la fin des années 1950 est marquée par le repli sur soi et l’attachement viscéral aux valeurs traditionnelles. Alors que, malgré la mainmise presque totale du clergé sur la vie des personnes, un esprit de remise en question commence souffler sur les êtres et les choses, un événement hors du commun vient bouleverser l’existence jusqu’alors tranquille d’une petite communauté citadine frileusement pressée contre son clocher. En effet, Brahim, un jeune immigrant algérien, un universitaire fuyant la guerre dans son pays, s’installe dans un petit meublé coincé entre l’épicerie de quartier et la caisse populaire. Attiré à Montréal par la communauté linguistique et la réputation de pacifisme de la société, Brahim a décidé, en dépit de ses goûts personnels, de braver le climat. En effet, sa famille a été dispersée par la guerre et, s’il garde une correspondance suivie avec sa soeur vivant à Marseille et sa mère réfugiée à Paris, il reste sans nouvelles de son oncle, arrêté à Oran par la police française et de son père parti combattre, malgré son âge, dans le maquis. Brahim, dégoûté par l’extrémisme des uns et des autres, rêve de s’affranchir tout autant du colonialisme politique que du colonialisme moral des religions révélées. Aussi déchante-t-il lorsque, dans son pays d’adoption, les gens arborent un drapeau étranger et que le clergé garde toute la société sous sa poigne. Comme si ces désillusions ne suffisaient pas, il constate qu’il ne suffit pas de partager la même langue afin de se comprendre. Malgré toute la bonne volonté dont il fait preuve, il ne peut éviter de commettre impair sur impair. Que ce soit chez le boucher, lorsqu’il refuse de la viande de mouton qui n’a pas été tuée sous ses yeux, ou au presbytère lorsque, en toute bonne foi, il va payer la « taxe » du curé. Mais si la communauté finit par s’accommoder de cet étranger gaffeur malgré lui, elle ne cesse pas pour autant de le surveiller étroitement. Les choses se corsent lorsqu’il fait la connaissance d’une jeune femme. La famille voit d’un assez mauvais oeil cette « liaison dangereuse », comme l’appelle le notaire d’un air entendu. Le curé, quant à lui, ne prise pas du tout l’immixtion d’un infidèle dans « sa » communauté. Désormais le centre d’attention comme jamais, Brahim ne sait plus comment se faire bien voir. Afin de l’amadouer, il invite sa belle-famille à un repas traditionnel, qu’il prépare en suivant les instructions épistolaires de sa mère et de sa soeur. Lorsque la famille se présente chez lui, l’inévitable choc des cultures fait en sorte que, pour une fois, c’est le jeune Maghrébin, pantois de dépit devant le manque de savoir-vivre de ses hôtes, qui se trouve offensé.


 – Omar Chéopas – 438 p. – 1991 – Né de père maghrébin et de mère québécoise, l’auteur s’est inspiré de sa dualité culturelle afin de rendre avec autant de justesse que possible à la fois les tourments, mais aussi le pittoresque, des situations qu’il met en scène. D’ailleurs, après la lecture de son roman, on ne peut manquer de se demander s’il s’agit bien là de simples situations ou, plus justement, de la vie elle-même.

dimanche 2 janvier 2022

Honneur et m'irrite

 


samedi 1 janvier 2022

Franc soi


 

La minorité que l'autorité lamine