samedi 27 novembre 2021

Accommodements




La grave crise migratoire qui secoue l’Europe en ce moment s’est aggravée d’un cran, hier. En effet, le premier ministre britannique, M. Boris Johnson, a envoyé une lettre au gouvernement français dans laquelle il enjoint ce dernier à reprendre les migrants arrivés au Royaume-Uni depuis son territoire. Non seulement ladite lettre a-t-elle été mal perçue par la France, mais en plus elle a été publiée dans les médias avec l’assentiment de Londres.


Il n’en fallait pas plus pour que l’Hexagone prenne la mouche et, en guise de rétorsion, le ministre français de l’Intérieur a annulé la venue de son homologue britannique à Calais où doit se tenir une rencontre intergouvernementale portant justement sur la crise migratoire. Bref, tout pour aider à résoudre le problème.


Pourquoi les dirigeants franco-britanniques ne prennent-ils pas exemple sur la Pologne et le Belarus? Eux solutionnent la question migratoire avec des soldats et des tanks*. Avec un peu de veine, cela va déclencher une guerre européenne. Comme ça, les migrants illégaux auront davantage l’impression d’être chez eux.


C’est pas gentil, ça?




*https://www.wikistrike.com/2021/11/tensions-des-centaines-de-chars-europeens-roulent-sur-la-bielorussie.html

vendredi 26 novembre 2021

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California Dreamers


Les Carter sont une paisible famille vivant dans une banlieue tranquille de Los Angeles. Leur vie est bouleversée lorsqu’ils apprennent qu’une de leurs voisines a été lâchement assassinée par des inconnus à bord d’une voiture. Selon toute évidence, la jeune femme a été tuée de sang-froid et sans aucune raison valable par un groupe de voyous. Alors que le quartier réapprend à vivre et que les effets de cette mort absurde commencent à s’estomper, une autre victime est abattue dans les mêmes circonstances. Le nombre des agressions augmente sans cesse alors que la police se voit débordée par l’ampleur du phénomène. En l’espace de quelques mois, les attentats se multiplient à tel point qu’il devient évident que ces meurtres gratuits sont devenus le fait de simples citoyens qui ont décidé de pratiquer le meurtre anonyme comme un sport. Dans les quartiers, alors qu’il semble que la fibre sociale se décompose totalement, des milices se forment afin de tenter d’endiguer le phénomène. Les rues, qui sont pratiquement désertées le soir, ne sont plus patrouillées que par ces milices et, présumément, par les assassins. Ainsi, une psychose s’installe où tout citoyen est soupçonné d’être un des tueurs en série. Joe Carter, qui a été le plus ardent apôtre de la formation des milices dans sa ville, est nommé à la tête de celle de son quartier et, avec son frère et ses plus proches amis, il patrouille les rues autrefois si accueillantes de sa banlieue. Désormais, cette banlieue est devenue un champ de bataille où s’affrontent les malfrats et les honnêtes citoyens qui apprennent sur le tas les rudiments de la guérilla urbaine. Les autorités ne savent plus contre qui intervenir, les tueurs, qui ont commencé à se regrouper également, ou les miliciens qui sont devenus au fil des semaines les seuls véritables représentants de l’autorité aux yeux des citoyens. En plus de la formation d’unités paramilitaires, les citoyens ont développé une mentalité d’assiégés, avec toutes les mesures de prudence que cela comporte. Mais, un soir, la fille de Joe, pour une raison obscure, décide de sortir en dépit du couvre-feu qui est devenu la règle d’or. Joe, qui est en patrouille ce soir-là, est à proximité lorsque des coups de feu éclatent. Il se précipite sur les lieux pour trouver le cadavre de sa fille. Lorsqu’on apprend qu’il a attrapé le coupable, ses amis lui demandent s’il a remis l’homme entre les mains de la police. Joe demeure évasif et tous se persuadent que, par vengeance, il s’est fait justice lui-même. Nul ne songe à lui reprocher un tel acte, jusqu’à ce qu’un témoin inattendu vienne jeter un peu de lumière sur son attitude. Très vite, le mystère s’épaissit lorsqu’on découvre que Joe a bien capturé le tueur, mais qu’il l’a laissé fuir. 


 – Lance Astair – Première publication : 1994 sous le titre California Screamers – Traduit de l’américain par Janine Neely – 504 p. – 1996 – Oeuvre percutante, que d’aucuns aux États-Unis ont étiquetée roman d’anticipation, qui critique avec une implacable rigueur une certaine Amérique, imbue de son droit quasi divin aux dépens de la plus élémentaire civilisation.

jeudi 25 novembre 2021

Honorez Bolloré

 

L'article ici



Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le patron d’Éric Zemmour – et par conséquent de Mafieu Bokoté –, voici un article intéressant. Si vous n’avez pas le temps de le lire, on pourrait le résumer ainsi: «Votre job sera steady si vous le traitez comme s’il était un bon boss.» Ou quelque chose dans cette veine. 


Bref, il faut bêler dans le registre avec lui, en ajoutant un petit quelque chose ressemblant au culte de la personnalité. Vous savez, ce genre de truc qui est hautement répréhensible à gauche, mais tellement estimable à droite…



mercredi 24 novembre 2021

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Cadieux l’ébéniste


Maître Cadieux, ébéniste de son état, sort à grand-peine du deuil où l’a plongé le décès de sa femme. Tentant de recoller les morceaux épars de sa vie, il s’est péniblement remis au travail depuis peu et, sa famille constatant l’amélioration de son état, décide de lui retourner sa fille, qu’ils avaient gardée alors que son père était tout à fait incapable d’en prendre soin. À la grande surprise de Cadieux, alors que c’est une petite fille qu’il a vue partir, c’est une jeune femme qui lui revient. Elle aussi marquée par la mort de sa mère, elle a acquis une gravité et une maturité surprenantes pour son âge. Alors qu’il tente de se trouver en vain un apprenti, sa fille lui propose de remplir ce rôle. Phénomène assez rare à l’époque, il accepte autant par amour paternel que par paresse, étant donné qu’il n’a guère le coeur à former un compagnon assez peu au fait du métier, alors que sa fille l’a toujours suivi dans son atelier depuis qu’elle avait la capacité de tenir sur ses jambes. La qualité du travail de Cadieux, déjà célébrée avant son deuil, ainsi que l’étrange tableau qu’offre l’homme et la femme travaillant au coude-à-coude, fait en sorte que la réputation de l’atelier grandit, en même temps que les avoirs de la maison. Bientôt obligé d’engager des apprentis afin de suffire à la demande, Cadieux, en bon maître, laisse sa fille remplir le rôle de second. Or, un jour, l’intendant du comte vient visiter l’atelier afin de proposer à Cadieux la création d’un superbe retable de style flamand pour la chapelle du château. Invités au domaine, Cadieux et sa fille font la connaissance du maître des lieux, un jeune héritier encore au stade de l’apprentissage de la vie. Une fois engagés, le père et la fille se divisent le travail. Lui doit mener la préparation des pièces du retable dans l’atelier, et elle doit se charger de mener l’assemblage dans la chapelle. Ces travaux d’envergure suscitent un vif intérêt dans toute la contrée et, bien qu’ils avancent à grands pas, Cadieux remarque, au bout de quelques mois, que sa fille semble malade et alanguie. Malgré ses soins attentifs, elle ne semble pas prendre de mieux. Ce n’est qu’après la visite d’une guérisseuse que Cadieux apprend toute la vérité : sa fille est enceinte. Il déploie alors toute sa ruse afin de lui faire dire le nom du père. De guerre lasse, la fille lui avoue qu’il s’agit de nul autre que du comte. Outragé dans son honneur de père, Cadieux se présente au château afin de demander réparation, mais il est chassé comme un malappris. Indompté, il dénonce alors publiquement le comte qui, pour toute réponse, le fait jeter en prison. Apparemment soumis, Cadieux reprend son travail, mais le jour de l’inauguration du retable, sa vengeance éclate au grand jour.


 – Bren Pouraki – 320 p. – 1993 – À l’aide d’une saisissante allégorie traitant du mal de vivre, l’auteur témoigne ici d’une maîtrise exceptionnelle de son art et également d’une compréhension sans égale de l’inconscient humain.

Paradis en enfer

 



Le gros incompétent servant de président de l’Assemblée nationale, M. François Paradis, en a eu plein les bras, hier. Lors d’un débat houleux concernant l’incurie gouvernementale dans la gestion des CHSLD lors de la première vague de la Covid-19, on a assisté à des échanges musclés entre le premier ministre et la chef du Parti libéral du Québec (PLiQ), Mme Dominique Anglade.


Cette dernière en est venue à pratiquement traiter M. François le Gault* de maudit menteur, une attaque contre laquelle le chef du gouvernement s’est récrié. Les autres membres de l’opposition ont exécuté un tir groupé à l’endroit de ma CAQ (Coalition avenir (sic) Québec), laquelle – il faut bien l’admettre – a fait preuve depuis le début de l’épidémie d’une impardonnable ineptie.


Fort heureusement, M. Paradis a fini par rétablir de décorum, une fois que les députés eurent quitté l’enceinte.





* Le gault, ou argile de Gault (dite parfois «argile albienne»), est une formation d’argile raide de teinte gris-bleu à gris foncé, qui s'est déposée à profondeur moyenne dans des eaux marines calmes, au cours du Crétacé inférieur. [… Il] contient souvent des nodules phosphatiques en grande quantité, dont une partie est classée comme coprolithes, c’est-à-dire un excrément minéralisé, fossilisé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Argile_du_Gault).


lundi 22 novembre 2021

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C’est comme tomber endormi


Claude excelle dans la firme de comptables où il travaille et ses patrons envisagent d’en faire leur plus jeune associé. De plus, il pense sérieusement à épouser la femme qu’il aime. Pour la première fois de son existence, il envisage la vie sous un jour brillant et invitant. Cependant, une visite de routine chez son médecin met brusquement un terme à cet état de félicité. Il apprend alors qu’il est atteint d’une maladie mortelle incurable. Désemparé, il ne peut se résoudre à croire une telle chose, mais des avis successifs auprès d’autres praticiens lui confirment l’affreuse réalité. Abattu, il commence par rompre avec sa jeune compagne, puis, davantage par désespoir, entreprend la rédaction d’un journal rendant compte des étapes, mais aussi des menus détails, de sa lente agonie. Possédé par un esprit morbide, le jeune homme se coupe de presque tous ses liens pour se consacrer à cette singulière activité. Il consigne ainsi, sans omettre la moindre chose, ses visites chez les médecins, les traitements inutiles qu’on lui fait subir. Jusqu’au jour où, sortant de son apathie, il se révolte et décide de tourner le dos à la médecine pour gérer seul son inéluctable descente vers la mort. Tout au plus, pour des raisons obscures qu’il ne s’explique pas lui-même, continue-t-il à rencontrer son groupe de soutien, des personnes qui, comme lui, sont éprouvées par la maladie. Mais qu’il s’agisse des moments les plus anodins de ces rencontres, ou des symptômes de plus en plus douloureux qui l’assaillent, il ne cesse de tout consigner méthodiquement. Ce qu’il écrit, c’est également sa peur, sa rage et son désespoir devant une existence qui s’est littéralement dérobée sous lui. Mais ses écrits s’écartent de la simple constatation pour s’élever vers un second niveau poignant. Une réflexion très profonde s’affirme et le journal cesse d’être l’épuisante énumération des douleurs et des peines pour devenir une métaphore troublante sur l’essence de la vie. Ses derniers confidents commencent à douter sérieusement de son équilibre mental lorsqu’il commence à leur expliquer son cheminement intérieur. Peu à peu, Claude comprend qu’il ne compte plus véritablement au nombre des vivants ; qu’il est devenu un « homme qui s’éloigne » de la vie et des choses des vivants. Afin de laisser ses affaires en ordre, il nomme son ami le plus proche exécuteur testamentaire et lui lègue à peu près tout ce qu’il possède. Le sort, cependant, décide de lui envoyer une ultime épreuve lorsque cet ami est tué dans un accident de la route et que, aux funérailles, son ex-compagne lui demande de lui faire un enfant avant de mourir.


 – Gaétan Tanguay – 230 p. – 1996 – Si le ton morbide peut paraître écrasant au fil des pages de cette oeuvre magistrale, c’est uniquement que la profondeur des idées est encore amplifiée par l’extraordinaire prose qui donne au récit un impact irrésistible. Certains critiques se sont montrés rébarbatifs à la sortie de ce roman, mais ils n’ont pu que reconnaître en même temps le magistral talent d’un auteur qui impose son écriture avec une ferveur peu commune.



La sécurité avant tout

 



Alors qu’une manifestation contre un projet de gazoduc se déroulait en Colombie-Britannique, deux journalistes cAnadiens ont été arrêtés par la GRC (prononcer «Grrrk»). Au moment de rédiger ce blogue, ils en étaient à leur troisième nuit derrière les barreaux.


Bien évidemment, si le gouvernement de leur pays a jugé bon de les incarcérer, c’était pour leur propre bien, ainsi que pour garantir la totale et absolue liberté de parole de la population en général.


Quel pays, tout de même! Traiter ainsi des journalistes indépendants comme s’ils étaient de vulgaires indépendantistes…


samedi 20 novembre 2021

Animaux de tête

 

Le zoo de Granby va vacciner certains de ses animaux contre la Covid-19. Ce qui est intéressant dans cette nouvelle, c’est lorsqu’on considère que, dans nombre de pays en développement, il n’y a toujours pas assez de vaccins pour les humains.


Par contre, ici, il y en aura pour les animaux.


Et je suis sûr que, parmi ces derniers, il se trouvera aussi des têtes de mule pour le refuser.



vendredi 19 novembre 2021

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Le bureau de concentration


Dans une société du futur, les personnes condamnées par la justice ne sont pas punies par des amendes ou des peines d’emprisonnement. Le système judiciaire, dans une société tout entière vouée aux loisirs, soumet les fautifs à un univers pénal d’un caractère différent : le monde du travail. Les coupables, les indésirables et les contrevenants se trouvent donc réduits au rang de parias, vivent parqués dans des quartiers « spéciaux » où ils demeurent coupés du monde extérieur. Tout l’appareil bureaucratique est formé par le service obligatoire de colonies entières de forçats généralement soumis, ne rêvant que du jour où ils retrouveront la liberté et, surtout, les innombrables plaisirs qui lui sont indissociablement liés. Leur libération dépend uniquement de la qualité du service qu’ils fournissent à l’État. Ainsi, quelques-uns, particulièrement maladroits, qui ont été condamnés pour des manquements bénins se sont retrouvé sanctionnés à perpétuité, tandis que les plus débrouillards, malgré des crimes graves, ont réussi à se faire affranchir rapidement à cause d’un dossier impeccable. C’est donc avec angoisse que les nouveaux venus tentent de s’acclimater à ce monde dont l’extérieur n’entend que rarement parler. Depel est un jeune homme condamné pour vol qualifié qui est déporté au ministère des Finances où il doit occuper un poste de commis. Idéaliste, il avait toujours mis en doute les comptes rendus colportés par tout un chacun. Mais son premier contact avec le monde du travail le désarçonne totalement. En secret, il entreprend la tenue d’un journal où il relate fidèlement les événements qui jalonnent son service obligatoire sur un ton morne et accablé, qui n’est pas sans rappeler les comptes rendus des survivants des camps de la mort. Il s’étend avec une application masochiste sur le transport des travaillants matin et soir dans des wagons de métro bondés où des gens entassés les uns sur les autres prétendent ne pas prendre conscience de la présence d’autrui. Il reste interloqué devant la hargne maladive des chefs de bureau qui réussissent à transformer en catastrophe de vaste ampleur les tracasseries anodines du quotidien, avec les sanctions que cela suppose. La terreur des condamnés est omniprésente sachant que, pour un infime manquement, leur peine peut être prolongée indéfiniment. Enfin, Depel reste ébahi devant le manque de scrupules d’à peu près tout un chacun qui envisage n’importe quelle bassesse afin de faire porter tout blâme par quelqu’un d’autre, et ce, à n’importe quel prix. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Nezdek, une femme désabusée et prête à tout, sinon pour s’en sortir, tout au moins pour rendre son séjour le moins pénible possible.


 – David Haval – 308 p. – 1998 – Roman accablant et noir où les parallèles avec le monde du travail actuel ne manquent pas de prendre le lecteur à la gorge comme une marée pestilentielle.

Nos amis nazis

 

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Cela a dû être une tâche particulièrement ingrate pour les Yankees, à partir de 1941, que de faire la guerre à l’Allemagne nazie. Surtout quand on constate combien de fois ils ont soutenu des régimes clairement fascistes et à quel point, encore aujourd’hui, ils défendent l’«héritage» du nazisme.


Par exemple, le 12 novembre dernier, une résolution de l’ONU condamnant la «glorification du nazisme» a été présentée. Cent vingt et un États l’ont adoptée, tandis que 53 se sont abstenus. Il y en eut quand même deux qui votèrent contre: l’Ukraine – qui compte des nazis avoués dans son gouvernement – et les Stazunis, cette grande démocratie pontifiante.


La position sous-jacente des Yankees étant que les nazis ont contribué à des «libérations nationales», c’est-à-dire qu’ils ont été une bénédiction pour l’Ukraine. Une bénédiction de fosses communes, en fait. Pourtant, il ne manque pas de pays qui considéreraient la chose comme insensée. La France, entre autres, serait malvenue de croire un tel révisionnisme, elle qui a grandement souffert sous la botte hitlérienne.


Il est vrai que, de nos jours, on trouve des juifs français qui font l’apologie du maréchal Pétain, lequel fut un antisémite acharné, mettant tous ses moyens à la disposition de l’occupant afin d’organiser des déportations.


Insensé, pensez-vous? Pas du tout! Il se trouve même des individus pour apporter leur soutien à ce genre de personnage comme, par exemple, ce cher, bon, gros, vieux Mafieu Bokoté.


Enfin… Je crois que c’est comme ça que ça s’écrit.



jeudi 18 novembre 2021

Pas vu pas pris

L'article ici



Pas facile, le métier de journaliste. Il existe quantité de pays qui n’hésitent pas à les jeter en prison à la moindre incartade. Il en est ainsi de la Chine dont le sombre bilan compte pas moins de 47 journalistes emprisonnés, actuellement.


Il faut dire que, dans un pays comptant plus de un milliard d’habitants, ce n’est pas autant, toutes proportions gardées, que dans un pays comme la Turquie, par exemple.


Néanmoins, la mise sous verrous de journalistes est hautement répréhensible. Non pas que ces derniers devraient mériter un traitement de faveur, mais il faut bien reconnaître que la vérité est une valeur en soi et que toute tentative pour la réprimer ne doit jamais être tolérée.


Pour en revenir à la Chine, et aux autres États mentionnés dans cet article, ils devraient prendre exemple sur les Stazunis. Non pas que ce pays soit irréprochable dans ce domaine, mais il faut bien admettre que leur approche fait preuve d’une plus grande subtilité.


Ils préfèrent détenir leurs journalistes dans d’autres pays.






 

mercredi 17 novembre 2021

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Le Bouton à quatre trous


Roman comique à saveur de politique internationale. Dans une petite république d’Afrique occidentale, le Tonin, les ambassades sont brusquement secouées par des rumeurs inquiétantes concernant une arme nouvelle d’une puissance inégalée. En effet, des bruits persistants concernant le président nouvellement « élu » avec l’aide de la junte militaire font état de préparatifs étranges dans certaines installations ultrasecrètes. L’afflux de savants étrangers, mystérieusement « invités » à travailler au projet alimente d’ailleurs ces bruits. Les services de renseignements arrivent à apprendre que le nom de code de cette arme nouvelle est « le Bouton à quatre trous ». Les conjectures vont bon train et les théories les plus sérieuses parlent d’une arme bactériologique utilisant une nouvelle souche d’anthrax. Des agents secrets commencent à apparaître dans la capitale sous le couvert de respectables hommes d’affaires ou de jeunes touristes bardés de caméras. Pendant que la tension monte, un jeune sous-secrétaire de l’ambassade belge, Léon Dienst, tente, par le biais des nombreux contacts qu’il entretient, d’entrer en rapport avec des membres influents du gouvernement. C’est à grand-peine qu’il est présenté à la jeune secrétaire d’un ministre laquelle, peu de temps auparavant, a perdu son frère, un lieutenant de l’armée, justement sur le lieu où est développé le Bouton à quatre trous. La jeune femme et Léon commencent à démêler l’écheveau de l’intrigue, sondant des membres de l’administration, puis du gouvernement, grâce à des pots-de-vin et des promesses de faux papiers. À mesure qu’ils se rapprochent de la vérité, ils découvrent une intrigue machiavélique qui dépasse largement le simple cadre militaire et qui risque d’avoir une influence considérable sur l’avenir du Tonin tout entier. En effet, il appert que les autorités ont inventé de toutes pièces l’idée de l’arme nouvelle afin de monnayer, de la manière la plus profitable possible pour le développement économique du pays, la restriction de son emploi. Mais l’épouvantail fonctionne trop bien. Plutôt que de recevoir des offres d’appuis financiers, le gouvernement du Tonin est mis en demeure par les États-Unis, avec le concours du Conseil de sécurité, de cesser toute recherche sur le Bouton à quatre trous, d’en remettre le prototype à une commission internationale chargée de se rendre au Tonin dans ce but exprès. N’ayant bien entendu aucune découverte à présenter à qui que ce soit, le gouvernement, terrorisé à l’idée d’une intervention étrangère sur son sol, se tourne vers Léon et sa jeune amie afin qu’ils trouvent un moyen de tirer le pays de cette fâcheuse position. La solution que Léon suggère à la junte militaire, si elle n’a pas l’heur de faire l’unanimité, a au moins le mérite d’être plus qu’originale.


 – Oscar Madague – 408 p. – 1996 – Truculent récit largement assaisonné de coups de gueule et de gaudriole débridée. Avec le style qu’on lui connaît par ailleurs, l’auteur noue et démêle, sans jamais confondre le lecteur, un écheveau d’intrigues totalement farfelues.

mardi 16 novembre 2021

L’heure de petite écoute




Il appert que, de plus en plus en Occident, la sécurité du personnel politique est une source d’inquiétude. En effet, dans la plupart des pays, les réseaux sociaux débordent de menaces explicites ou tacites à l’endroit des membres du gouvernement ou de ceux de l’opposition. Le CAnada ne fait pas exception, pas plus que le Québec. La situation est telle que certains craignent qu’elle entraîne une désaffection envers les postes gouvernementaux.


Ce serait grand dommage qu’il se trouve moins de gens prêts à se servir… Je veux dire à vous servir, au sein de l’appareil de l’État.


Il est d’ailleurs étonnant de constater que la seule fois où les dirigeants consacrent la moindre attention à ce que la population dit, c’est pour craindre quant à leur sécurité. D’ordinaire, lorsque des voix s’élèvent afin de réclamer plus d’équité ou pour proposer des solutions plus appropriées, les politiciens font la sourde oreille.


Finalement, la grogne s’est irrémédiablement installée et, telle la proverbiale marmite, elle déborde sur Internet, avec les outrances que l’on sait. C’est dommage. Si ces mêmes politiciens avaient bien voulu écouter autrefois, ils n’auraient pas à entendre tout ça aujourd’hui.


lundi 15 novembre 2021

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La bonne niche


Roman à sketches, La bonne niche raconte les grandeurs et misères d’une domestique occupant des postes auprès d’employeurs successifs. Jeune campagnarde partie à la ville dans l’espoir de faire fortune, Irène est d’abord recueillie par une tante qui la fait entrer au service d’une famille bourgeoise où elle est formée au métier de servante et initiée aux principes de la docilité. Poussée par son désir de trouver l’emploi idéal, la jeune Irène traverse alors les années, passant d’un poste à l’autre, subissant avec bonne grâce les humiliations, les exactions et le harcèlement, tentant toujours de tirer son épingle du jeu du mieux qu’elle peut, non sans un certain succès à l’occasion. Elle est d’abord employée comme femme de chambre alors que sa jeunesse et sa beauté lui aliènent la maîtresse de maison. Engagée ensuite par une douairière esseulée, elle devient le souffre-douleur de tout un clan ne souhaitant rien d’autre que de mettre la main sur l’héritage et craignant plus que tout la relation amicale qui s’est installée entre les deux femmes. Chassée à force d’intrigues, elle se retrouve dame de compagnie et gardienne d’enfants d’une députée ministrable qui, à la suite d’un scandale financier, se retrouve ruinée. Enfin, elle arrive au service d’une famille aisée qui, en apparence, semble normale. Cependant, elle doit repousser les avances têtues du fils de famille, comme celles du père. L’intimité de cette famille lui fait découvrir des secrets qui la choquent et la troublent. Au fil des ans, l’amertume s’installe et déloge l’optimisme qui lui avait permis de subir plus que son lot de revers, non seulement avec confiance, mais non sans une dose d’humour également. Mais toute résistance possède ses limites et, imperceptiblement, une espèce d’érosion commence à miner sa confiance dans l’avenir et la foi dans son destin. À mesure que passent les années, la certitude de trouver sa « niche » s’estompe et laisse la place à un doute grandissant avec tout le cortège d’angoisses que cela suppose. Sombrant dans une dépression chronique et étouffante, Irène développe une aversion viscérale envers ses employeurs alors que se multiplient sous ses yeux, au cours des dernières années, les motifs de sa haine. Petit à petit, elle commence à poser des gestes discutables, en particulier dans la cuisine où sa préparation de la nourriture laisse à désirer. Éventuellement prise en défaut, elle est chassée sans ménagement malgré ses protestations. Quadragénaire désormais acculée à la mendicité, elle sombre dans le désespoir et la folie, refusant même l’offre de sa tante qui lui propose de la recueillir chez elle. Quelque temps après, ses employeurs périssent carbonisés dans l’incendie de leur demeure et de toutes ses dépendances. Par un miracle inexpliqué, seule la niche du chien a échappé aux flammes.


 – Sabrine Ollar – 320 p. – 1988 – De par sa structure, cette oeuvre avait été remarquée au moment de la remise du Renaudot, sans pour autant se qualifier parmi les finalistes. Une troisième réédition semble donner raison à ceux qui affirment que ce roman a été injustement négligé.

samedi 13 novembre 2021

Remises à pieds

 



Le Conseil du patronat du Québec (CPQ), le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) – bref, l’association de tous les exploiteurs (ATE) – déplorent le manque de main-d’œuvre frappant actuellement le Québec.


Pourtant, lorsque leurs mises à pied sauvages, en temps de prospérité, frappaient les travailleurs, ils expliquaient que cela était rendu nécessaire afin de garantir leurs profits. Puisque moins de salariés signifie plus d’argent dans leurs poches, je ne vois pas de quoi ils se plaignent maintenant.


Coderre de der?


Depuis le temps qu’on a appris ce que vaut la parole de Denis Coderre, on est en droit, désormais, de se demander où il se présentera la prochaine fois.




*http://buffetcomplet.blogspot.com/2021/11/cas-dere-coderre.html
 

vendredi 12 novembre 2021

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Le Bonaparte manchot


Un écrivain sans le sou, Alexandre, met la dernière main à son nouveau roman. De l’avis général, et du sien aussi, il s’agit de sa meilleure oeuvre. Comme bien des écrivains, sa situation financière n’est guère brillante. D’ailleurs, ces derniers temps, elle s’est sérieusement détériorée, aussi s’empresse-t-il de faire parvenir le manuscrit à son éditeur. À qui veut l’entendre, il répète qu’il attend une réponse positive et, déjà, il se voit en lice pour un prix littéraire ou, à tout le moins, une subvention du ministère de la Culture. Mais lentement les semaines font place aux mois, lesquels se succèdent sans que la nouvelle tant attendue ne lui parvienne. Impatient, Alexandre prend contact avec sa maison d’édition, mais ce n’est qu’à grand-peine qu’il parvient à parler au responsable qui, lors d’une brève conversation téléphonique, se contente d’expliquer à Alexandre que le comité de lecture doit rendre sa décision incessamment, mais sans s’engager davantage. Alors que le temps passe et que les difficultés financières se multiplient, Alexandre se fait plus pressant et, à chaque nouvelle conversation, le responsable se fait de plus en plus hautain et autoritaire, se permettant même de livrer à l’auteur quantité d’excuses que ce dernier sait être fausses. Désormais menacé de faillite alors que son nouveau roman n’avance plus guère faute de moyens, Alexandre apprend deux mauvaises nouvelles. D’abord, son banquier lui réclame illico le paiement des mensualités sur sa voiture. Ensuite, sa femme lui annonce qu’elle en a assez de subvenir aux besoins d’un artiste raté. Abandonné et démuni, Alexandre trouve finalement refuge dans une misérable petite chambre, dont il n’a même pas les moyens d’assurer convenablement le chauffage. Ses jours passent désormais dans un semi-délire où il implore les êtres et les choses de bien vouloir lire le roman dont il raconte par le détail les moindres péripéties. Le reste de son temps, il rêve à l’appartement où il ira vivre bientôt, avec ses grandes pièces et, surtout, symbole absolu de confort matériel dans son dénuement glacé, son chauffage central. Il ne lui reste d’ami qu’une ancienne flamme qui s’émeut de son état et le pousse à reprendre le travail. Alexandre, plutôt que de se mettre à l’écriture, entreprend plutôt une campagne dans la presse et dans le milieu littéraire afin de dénoncer le laxisme et le mépris de son éditeur qu’il surnomme le « Bonaparte manchot », sans doute une allusion à l’impuissance de Bonaparte devant les steppes glacées de Russie. Alors que le printemps arrive à point pour soulager sa misère physique et morale, les lettres de diverses maisons d’édition commencent à affluer chez lui afin de réclamer une copie de son manuscrit.


 – Judes Mindes-Villin – 298 p. – 1991 – Écrivant en pleine connaissance de cause, l’auteur a connu la déréliction matérielle pendant de nombreuses années, marchant littéralement dans les traces de Jack Kerouac, alors que, itinérant, il a erré à la recherche d’absolu. Rescapé par la littérature, il s’est affirmé comme un des écrivains les plus éclatants de sa génération.