lundi 22 janvier 2018

Entregent et argent

Philippe en Arabie saoudite


Le premier ministre du Québec, le droit et équitable Philippe Couillard (le nom est marrant), est présentement en visite en Chine. Diplomate comme pas un, et intensément soucieux de justice et de liberté, il s’est toujours gardé dans le passé de critiquer ouvertement les pays qui ne respectent pas entièrement les droits de la personne. C’est, à ses yeux, une attitude non seulement impropre, mais également risquant de nuire à l’économie. Or, les libéraux dans son genre – on le sait! – en connaissent un bout en matière d’économie. Tout au moins est-ce ce qu’ils disent; quant à le prouver…

Toujours est-il que ce cher, bon, gros, vieux Philippe, avec tout l’entregent qu’on lui connaît, a prévenu les journalistes qu’il n’avait pas du tout l’intention de saboter la mission d’affaires québécoise en Orient par des commentaires désobligeants portant sur la question des droits humains. Il ne faut surtout pas le lui reprocher. Le fait-il lorsqu’il va en visite aux Stazunis? Non, jamais un mot à propos des prisons secrètes, du bagne de Guantanamo, de la torture que les Yankees pratiquent ou du déni absolu des principes élémentaires de l’habeas corpus là-bas.

Bref, on ne va pas lui reprocher de rester fidèle à lui-même, en bon affairiste qu’il est, simplement parce qu’il va en Chine. Et si des gens se font matraquer ou emprisonner pour des motifs politiques et économiques – car l’un ne va pas sans l’autre –, c’est bien fait pour leur gueule!

Ça leur apprendra à se placer entre le libéral et son argent.

dimanche 21 janvier 2018

Tuyautage


samedi 20 janvier 2018

Mur armure



Le suspense en aura valu la peine. Le gouvernement des Stazunis est en ce moment paralysé à cause du budget. Ce n’est pas par manque d’argent en soi, mais parce que les parlementaires ne sont pas parvenus à s’entendre afin de pouvoir voter le budget. Résultat, le gouvernement se retrouve sans financement.

Tout avait commencé lorsque les négociations avaient achoppé sur un point essentiel à l’entente.

D’une part, les démocrates, dans l’opposition, voulaient que le gouvernement adoucisse sa politique à l’endroit de l’immigration, en particulier sur la question des enfants d’immigrants amenés sur le territoire par leurs parents et qui y avaient toujours vécu. Certains d’entre eux s’étant même enrôlés dans les forces armées.

Dans sa tête de cochon, le président Donald J. Trompe ne voulait plus du traitement préférentiel, via le programme DACA, que l’administration Obama leur avait réservé et voulait les traiter comme n’importe quel immigrant illégal, ce que les démocrates trouvaient injuste et dont ils ne voulaient pas entendre parler.

D’autre part, l’exécutif voulait que l’opposition donne son accord budgétaire à la construction du mur devant être érigé à la frontière du Mexique. Il s’agissait d’un projet pharaonique devant coûter un prix exagéré et qui, en plus, demeurait hautement critiquable sur tous les plans.

Dans sa tête de cochon, le président Donald J. Trompe en faisait une condition sine qua non de l’entente.

Résultat: pas de vote sur le budget; pas d’argent pour le gouvernement; paralysie de l’administration et chômage technique pour quantité de fonctionnaires et d’employés de l’État.

Mais, rassurez-vous, l’armée, la police, les services de sécurité et les mercenaires cantonnés aux quatre coins de la planète sont toujours payés rubis sur l’ongle.

vendredi 19 janvier 2018

Céline valide



C’est avec une inquiétude non dissimulée que ses fans ont appris que Céline Dion, cette infatigable chanteuse qui, décidément, refuse toute idée de prendre sa retraite – ou à tout le moins de se dispenser de parler en public –, a annulé d’autres spectacles.

Peu de détails ont transpiré quant à la cause de ces annulations. Son entourage a parlé de «problèmes de santé», ce qui revient à l’imperméable «blessure au bas du corps» si fréquente en langage sportif. Bref, on ignore ce qui ne tourne pas rond chez la chanteuse à laquelle on souhaite un prompt rétablissement.

Tant physique que mental.


Fort heureusement pour son public exclusivement francophone, 
une bonne partie de l'extrait ci-dessus est en anglais.

jeudi 18 janvier 2018

mercredi 17 janvier 2018

Plaignez Plante



Incroyable, mais vrai, un Verdunois a adressé des menaces de mort à la mairesse de Morial, Valérie Plante, la semaine dernière.

On aurait pu croire que le quidam en voulait à l’élue pour la hausse de taxes nettement supérieure à ce qui était attendu. Ou encore, parce qu’il regrettait la présence lénifiante et combien élégante de ce cher vieux Denis «de poule» Coderre à la barre de la métropole. Qui sait, peut-être était-il antiféministe, surtout en politique?

Mais non; rien de tout cela. En fait, le corbeau était mécontent parce que le métro n’était pas gratuit à Morial.

Pas futé, comme il a envoyé lesdites menaces par courriel, il s’est tout de suite fait épingler par les policiers, tout au moins ceux qui ont encore la force morale de se traîner de peine et de misère au travail.

Pas futé bis, car où se croit-il, cet imprécateur menaçant? C’est en Union soviétique que les transports en commun étaient gratuits, pas ici!

mardi 16 janvier 2018

L'oral est hardi


lundi 15 janvier 2018

Flic aïe!



Ah, là, là, là! Ça va mal chez nos amis les braves policiers pétris d’abnégation et du sens du devoir.

On apprend que, en 2017, le nombre de blessures reliées à leur travail a grimpé en flèche. D’ailleurs le rapport en faisant état signale très clairement qu’il ne s’agit pas seulement de problèmes physiques, mais aussi de troubles mentaux.

Oui, il paraît que les dangers liés au travail ont eu un impact si sévère que, depuis un an, les cas d’absentéisme chez les policiers montréalais ont augmenté de 26 %. Les accidents de la route et les traumatismes psychologiques étant les deux causes les plus importantes de cette statistique inquiétante.

Vivement une autre crise étudiante afin que les policiers puissent retrouver leur santé mentale et physique en se défoulant à pied, parce que, la santé des flics, c'est vachement important!

samedi 13 janvier 2018

Lelouch sur la touche


Un peu de maturité, que diable!


Soyons un peu plus matures que ça! Vous croyez vraiment que le président Donald J. Trompe a pu décrire Haïti et l'Afrique de «pays de merde»? Allons donc, nous ne sommes plus des enfants...

Il fait bien de nier avec excrément d'énergie.

vendredi 12 janvier 2018

Louis-Ferdinand, pas touche!

J’ai toujours été fasciné par l’espèce de culte entourant la mémoire de l’écrivain français Louis-Ferdinand Destouches, dit «Céline».

Bref rappel, Céline est considéré par plusieurs comme un auteur de génie; une sorte de mauvais génie en fait, puisqu’il s’est abouché avec l’occupant lors de la Deuxième Guerre mondiale. Longtemps, on a prétendu qu’il n’avait pas collaboré avec les nazis, mais des révélations plus récentes ont démontré qu’il avait profité de la présence des Allemands en France pour avancer sa carrière aux dépens de collègues, entre autres dénonciations.

Ce qui est certain, par contre, c’est qu’il était violemment antisémite, publiant avant et pendant la guerre des pamphlets à cet effet. De même, il affirma dans ses écrits ses sympathies à l’égard de l’occupant nazi, à tel point qu’il ira se réfugier en Allemagne au moment de la libération du sol français par les armées alliées en 1944 pour ne retourner en France qu’en 1951, après avoir reçu l’amnistie.

Je me souviens, entre autres, d’une interminable discussion avec un de ses admirateurs où nous nous renvoyions la balle dans une sorte de dialogue de sourds. J’accusais Céline d’être un fasciste et mon vis-à-vis insistant exclusivement: «Oui, mais c’est un écrivain de génie!» Comme si le génie pouvait effacer le crime; comme si on pouvait être génial en traitant une partie de l’humanité moins bien que s’il s’agissait d’animaux.

Finalement, je me résolus à prendre le taureau par les cornes et je me suis procuré un exemplaire de son premier roman, un de ceux qui sont le plus encensés, Voyage au bout de la nuit. J’ai réussi à tenir jusqu’à la moitié. Si le génie consiste à écrire le plus possible comme on parle, je m’attends, quant à moi, à beaucoup mieux en littérature.

Dernièrement, sans doute sous le coup de la réputation grandement surfaite, Gallimard avait annoncé vouloir rééditer les pamphlets antisémites de Céline, sous forme d’«édition critique», au prétexte de les mettre en pleine lumière afin d’éviter qu’une curiosité malsaine pousse les gens à les lire sans les balises nécessaires. La maison d’édition omettait bien entendu de mentionner que ces écrits étaient disponibles sur Internet ou chez les bouquinistes. Finalement, devant le tollé que cela a provoqué, le projet – fort heureusement – est tombé à l’eau. Il se publie déjà suffisamment d’affligeants pensums comme ça.

Quant à l’édition critique, de vous à moi, pensez-vous vraiment qu’elle aurait eu une influence bénéfique sur les fascistes?

Moi non plus.

jeudi 11 janvier 2018

mercredi 10 janvier 2018

Propagande par la bande



Au CAnada, comme au Québec d’ailleurs, la hausse du salaire minimum est statutaire. De temps à autre, afin d’être sûr que les travailleurs prolétaires restent dans une course économique qu’ils ne gagneront jamais, on hausse leur pitance. Il faut bien que la consommation se maintienne si on veut que les indécents profits en fassent tout autant.

Chaque fois qu’il est question de hausse, l’ensemble du patronat pousse néanmoins des cris d'orfraie, affirmant que des salaires plus élevés nuiront à l’économie (traduction: limiteront l’accroissement exagéré de leurs bénéfices) et risqueront d’engendrer du chômage (comme s’ils en avaient quelque chose à cirer, du chômage). Mais tout ce pitoyable cirque n’est qu’un effet de manches; de la propagande capitaliste pure et simple.

Ce qu’il y a de nouveau, cette fois, c’est  qu’une société transnationale – Tim Hortons pour ne pas la nommer –, dans cet Ontario si pur et exemplaire à tous égards, a décidé de poser un geste tout aussi mesquin que symbolique. Les gestionnaires de ce réseau de franchises de restauration putride ont décidé de compenser la misérable hausse du salaire minimum de moins de 3 dollars l’heure en sabrant dans les conditions de travail de leurs employés.

Certains ont crié au scandale, jugeant que c’était une attitude des plus déplorables de la part d’une grande entreprise ayant été acquise en 2014 pour la rondelette somme de 11,5 milliards de dollars et dont le chiffre d’affaires avoué, en 2011, était de plus de 800 millions de dollars.

Ce que les critiques perdent volontiers de vue, c’est que le véritable scandale est qu’une telle société rémunère encore ses employés au salaire minimum.

mardi 9 janvier 2018

Bizzz…



Don Alfredo y don Pablo y Rodriguez – Bizzz!…, comme dans une histoire du capitaine Bonhomme –, whip du gouvernement du fils de Pierre Elliott Trudeau, député du Parti libéral du CAnada (PLiC) et hispanophone doué, se retrouve à l’avant-plan de l’actualité.

En effet, le gouvernement pas du tout xénophobe yankee a décidé de mettre un terme au statut d’exception dont bénéficiaient nombre d’immigrants salvadoriens. Ces derniers s’étaient réfugiés aux Stazunis après les tremblements de terre ayant ravagé leur pays d’origine. Ils y étaient demeurés et y travaillaient illégalement depuis 2011.

Avec la fin de leur statut spécial – Temporary Protection Status (TPS [si, si, ça ne s’invente pas]) –, ils vont devoir plier bagage. Maintenant, vont-ils rentrer dans leur pays ou tenter leur chance ailleurs? Toute la question est là et c’est justement à ce propos qu’intervient don Pablo.

Sa mission consistera à se rendre en Californie pour prévenir toute vague d’immigration massive de Salvadoriens vers le CAnada. On se demande un peu quelle sorte d’Hercule peut bien être don Pablo s’il parvient à lui seul à contenir une vague migratoire. Peut-être est-il doté de super-pouvoirs. Après tout, il arrive bien à garder la tête haute en tant que député du Québec, tout en servant le PLiC. Faut le faire!

Il n’empêche, s’il fallait qu’un gouvernement québécois expédie à l’étranger un représentant afin de décourager des immigrants, on n’aurait pas fini de le traiter de tous les noms, dont les moindres seraient «raciste» et «intolérant». Mais on ne le fait pas dans ce cas-ci.

Bizzz…, comme dans «bizarre».


lundi 8 janvier 2018

dimanche 7 janvier 2018

Cimenterie et menterie



McInnis, ça vous dit quelque chose? C’est en Gaspésie qu’on a construit la cimenterie McInnis, une des plus importantes, qui a coûté 1,5 milliard de dollars* et qui est, en prime, le plus gros pollueur industriel du Québec. C’est probablement ce dernier aspect qui a décidé de l'implanter en Gaspésie. Comme ça, toute la cochonnerie qu’elle crache s’en ira dans le golfe du Saint-Laurent plutôt que d’incommoder les centres de population.

On voit tout de suite que c’était bien pensé.

Au départ, le projet, éminemment rentable, devait coûter 1,1 milliard de dollars, mais l’impéritie des gestionnaires a fait bondir la facture de 40 %. Les fonds publics y ont été engloutis par le biais d’Investissement Québec à hauteur de 250 millions en prêts et 100 millions de capital-action. Mais c’est sans compter l’investissement massif de la Caisse de dépôt et placement que l’on considère un peu à la légère comme un investisseur exclusivement privé, ce qu’elle n’est pas à mon avis.

La cimenterie fut inaugurée – finalement –  en septembre dernier. Trois mois plus tard, l’avenir de ce projet – qui devait être immédiatement rentable, je le répète, et qui ne l’est pas du tout – est, selon l’agence Bloomberg, remis en question. Il semble même que, parmi les solutions envisagées, la vente pure et simple est sérieusement considérée. Bien évidemment, personne au gouvernement, à la Caisse ou chez McInnis ne veut répondre aux questions.

Il n’est pourtant pas besoin de s’interroger; c’est facile de comprendre ce qui en train de se passer. Le procédé est vieux comme le capitalisme: on investit des sommes faramineuses d’argent public dans un projet; on s’arrange pour qu’il ne soit pas rentable, ce qui est aisé; on le brade à des intérêts privés; le projet devient rentable. S’il ne le devient pas, on envoie le tout à la casse, ce qui est, compte tenu du prix d’achat, encore profitable.

Bref, tout le monde gagne!

Sauf vous, bien entendu.


* Sur le plan de la création d’emplois, cela représente une somme rondelette de 7,5 millions de dollars par emploi créé. Ça aurait été plus économique, et bénéfique pour l’environnement, de donner 1 million à chaque employé sans construire l’usine…