mardi 7 décembre 2021

Le public est privé


 

lundi 6 décembre 2021

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Le cataplasme de Kata Platz


Au moment de l’érection du mur de Berlin, la ville s’est retrouvée coupée en deux. Nulle part ce schisme n’a été davantage ressenti que sur la place Kata, baptisée en l’honneur de Emil Kata, un biochimiste originaire de Dresde. La place comptait, au nord, les habitations des ouvriers de Berlin-Est et, au sud, une zone industrielle qui fut, pendant les années 1970, envahie par les immigrés d’origine turque. De part et d’autre de Kata Platz, donc, les styles architecturaux ne présentent aucune recherche digne de mention. Lorsque le mur est jeté à bas, les autorités doivent envisager le développement urbain de manière à intégrer les deux moitiés de ville qui se sont ignorées pendant longtemps. Kata Platz présente cependant un potentiel unique. On peut, dans cet immense espace, créer des formes qui témoigneront de la renaissance de la capitale allemande et souder, de manière définitive, l’Est et l’Ouest. La ville fait alors appel à un jeune architecte, Conrad, afin de mettre Kata Platz en valeur. Non seulement s’agit-il de construire un nouvel espace commercial, avec ses boutiques et ses centres récréatifs, mais encore faut-il fondre celui-ci dans le quartier environnant de manière aussi harmonieuse que possible. Les premières esquisses de Conrad demeurent trop conservatrices pour les autorités. Le projet de Kata Platz doit devenir le navire amiral du nouveau Berlin. Aiguillonné par les administrateurs, Conrad présente alors un projet gigantesque devant, essentiellement, remplacer la place par un centre de loisirs dont les accès symétriques débouchent au nord et au sud. Cependant, le projet exige la démolition de certains édifices à logements. L’intervention de la mairie limite les démolitions uniquement aux HLM situés au nord de la place, dans l’ancien Berlin-Est. Les ouvriers menacés d’expulsion protestent énergiquement, tandis que des actes de sabotage sont commis sur le chantier lui-même. Bien qu’expropriés, les habitants du côté nord occupent illégalement leurs anciens logements et ce n’est qu’une intervention en force de la police qui réussit finalement à vider les lieux. Le cataplasme qui devait guérir les anciennes plaies de la guerre froide est devenu du jour au lendemain un foyer de dissensions et, tandis que des airs de scandale viennent hanter les officines d’urbanisme, Conrad, dont l’idéalisme est fortement ébranlé par cet enchaînement d’événements fatidiques, en vient à s’interroger non seulement sur lui-même, mais aussi à se demander en quoi « son » système est fondamentalement meilleur que celui qui a disparu.


 – Line Stahl – Première publication : 1992 sous le titre de KataplatzGedechtnis – Traduit de l’allemand par Ledev Warmapehl – 518 p. – 1993 – Succès fulgurant en Allemagne, ce roman a connu une carrière tout aussi étourdissante partout en Europe. Traduit en une douzaine de langues, il fut porté à la scène et à l’écran dans son pays d’origine.

Zemmour, délices et arrgh!

 


dimanche 5 décembre 2021

Parlez Justin peu

 


samedi 4 décembre 2021

Si le chausson fait…

 


Dans le journal étudiant de Polytechnique, à Montréal, un article a suscité un certain malaise, pour ne pas dire un malaise certain. On y relate une histoire fictive dans laquelle une étudiante en génie finit par abandonner ses cours pour devenir pâtissière.


Il appert que quantité de gens n’ont pas trouvé le texte drôle du tout. Or, l’humour est surtout inspiré par l’absurde, lequel – on le sait – ne se produit jamais dans la vraie vie. C’est à tel point que, lorsqu’une histoire somme toute banale repousse un tant soit peu les frontières de la rationalité, on finit par la mentionner dans les médias.


Bref, cette histoire d’une étudiante qui échoue à Polytechnique, dans le contexte actuel, est visiblement extravagante et inimaginable dans la réalité. Si on avait relaté les réussites inconditionnelles de la même jeune femme, personne ne l’aurait remarqué. Donc, si c’est drôle, c’est que ça ne se peut pas; et, si ça ne se peut pas, c’est drôle.


Enfin, si on me permet une remarque personnelle dans toute l’affaire, plutôt que de décrier indirectement le travail des pâtissières, on devrait faire remarquer que, contrairement aux ouvrages d’art, lorsque le chausson aux pommes s’affaisse, cela a tout au moins le mérite de faire sourire.


Parce que, parmi ceux et celles qui réussissent leur formation en génie, il se trouve toujours, là comme ailleurs, un certain nombre d’individus à la compétence douteuse. En d'autres termes, la société gagne beaucoup plus avec des pâtissières compétentes qu'avec des ingénieurs qui le sont moins...




* Bel exemple de bilinguisme




Viaduc de la Concorde, septembre 2006


vendredi 3 décembre 2021

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Le Carton rouge


Le Carton rouge est le nom d’un bistrot où se réunit régulièrement un groupe de syndicalistes amateurs de tir à la carabine. Pour la plupart militants radicaux, ils avaient trouvé, peu de temps avant mai 1968, ce moyen afin de mettre sur pied une milice armée, prête à intervenir en cas de soulèvement. D’abord désillusionnés par la démobilisation du public, ils se sont résolus à devenir ce qu’ils prétendaient être : de simples amateurs de tir. Cependant, si leurs réunions ont perdu en gravité pour prendre un tour plus tapageur, ils n’en sont pas moins restés de farouches défenseurs de la classe ouvrière, aussi méfiants des pouvoirs qu’ils le sont envers les étrangers à leur clan extrêmement sélect. De ce nombre, on compte « Maturin », le patron du café, et son fidèle ami de longue date, « Pochtron ». Longtemps organisés comme un groupe clandestin, ils ont gardé leurs noms de guerre à tel point que même sa fille a presque oublié la véritable identité de Maturin. Or, dans ce club quasi hermétique, apparaît un jour un jeune homme qui veut se joindre à la coterie. Malgré les efforts que déploient les membres du Carton rouge afin de le décourager, il s’obstine à revenir constamment au bistrot. Même une agression, une nuit, ne parvient pas à le chasser définitivement. Si son entêtement suscite les pires soupçons chez les tireurs, habitués à l’indifférence générale, il touche le coeur encore candide de Maria, la fille de Maturin. Celle-ci, d’ailleurs, le recueille après sa rossée nocturne, et c’est donc avec une colère mêlée de méfiance que Maturin découvre le jeune homme chez lui, alors qu’il rentre d’arroser ladite correction avec ses coagresseurs. La relation s’envenime entre Maria et Maturin au sujet du jeune inconnu alors que le père soupçonne avec raison sa fille de voir l’individu en secret. De plus en plus irrité par la conduite de sa fille, qui lui a avoué par bravade sa relation avec l’inconnu, Maturin décide de prendre les grands moyens pour se débarrasser de celui qu’il est maintenant convenu d’appeler l’« espion » au sein de son groupe. Un soir, il jure qu’il suivra sa fille toute la nuit s’il le faut, mais qu’il surprendra les amants. Effectivement, le lendemain, le cadavre de l’espion est repêché dans la Seine. La police vient arrêter Maturin, mais au bout d’un temps doit le relâcher faute de preuves. La situation étant devenue invivable chez elle, Maria décide d’aller à la police afin de réclamer sa protection, affirmant que son père la menace à cause des accusations qu’elle lui jette au visage au sujet de son amant assassiné. Mais Maturin, à la fermeture de son café, est attaqué par un inconnu qui le laisse pour mort après l’avoir assommé avec le même objet contondant qui avait servi à assassiner l’espion.


 – Quentin Delesse – 364 p. – 1992 – « Univers gris et glauque mis en scène avec une exceptionnelle maîtrise par un grand écrivain », tel était le commentaire du Canard enchaîné à la parution de ce roman.

jeudi 2 décembre 2021

100 preuves

 



Un sommet entre les Stazunis et la Russie s’est conclu en Suède. Les discussions ont porté sur la question ukrainienne dans le cadre d’une montée de tension relativement au conflit concernant les républiques séparatistes du Donbass.


Bien évidemment, les représentants des deux pays ont affirmé vouloir résoudre la question par la voie diplomatique, mais le ton employé rappelait davantage le langage ayant cours au plus fort de la guerre froide.


D’une part, les Russes exigent des Occidentaux – c’est-à-dire les Yankees – de cesser l’avance de l’OTAN vers l’est, c’est-à-dire ne plus envisager d’y intégrer l’Ukraine.


De son côté, le représentant stazunien a accusé la Russie de masser des troupes à la frontière afin de préparer une invasion de l’Ukraine, affirmant détenir des preuves de la chose; sans aller, bien entendu, jusqu’à les présenter.


Dans la foulée, les Yankees pourraient prétendre que la Russie possède des armes de destruction massive; vous savez, comme avec l’Irak. 


Mais évidemment ce genre d’accusation ne fonctionne que si elle est fausse.


mercredi 1 décembre 2021

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 Cargo


« Cargo », dans le langage de la flotte stellaire, désigne un véhicule de transport destiné à apporter d’un système solaire à l’autre les matières premières et les produits finis respectivement extraits et consommés par les colonies planétaires. Doté d’un équipage d’environ une vingtaine de personnes, un cargo prend un laps de temps équivalent à une année terrestre, généralement, pour compléter un circuit, c’est-à-dire un voyage aller et retour. Rigel est un cargo de ligne qui compte plusieurs années de service à son actif, ayant été nombre de fois mis à niveau. Comme il s’agit d’un vaisseau de type L-4, l’un des meilleurs modèles jamais créés, il est demeuré en service au-delà de la limite habituelle. Pour son ultime voyage, un nouveau commandant a été choisi, le capitaine Burke. Celui-ci, à l’image de son nouveau vaisseau, est au bord de la retraite et, en coulisse, on se demande en plaisantant si les deux parviendront à destination. Apparemment déçu de son assignation, Burke commence le voyage en dirigeant l’équipage d’une main de fer en appliquant à la lettre les règlements en vigueur. Les vingt-deux hommes et femmes de l’équipage ne tardent pas à manifester une certaine grogne contre l’attitude intransigeante de leur chef. Même les officiers de bord tentent de minimiser les décisions de Burke qui n’exige rien de moins que la perfection dans le service. À mi-chemin du voyage, les appareils du bord détectent une activité anormale au sein d’une des étoiles voisines, caractéristique des premiers soubresauts devant mener à l’explosion d’une supernova. L’explosion perturbera tout le secteur où se trouve Rigel, mettant même en péril le vaisseau. Les officiers sont unanimes quant à modifier la route, quitte à étirer le voyage de quelques mois. Burke, cependant, pressé de terminer cette mission qui lui pèse au plus haut point, considère que le vaisseau dispose d’assez de temps pour franchir la zone dangereuse. Après examen de l’équipage, il appert que la santé cardiaque du capitaine ne lui permettrait pas de soutenir l’accélération nécessaire afin de s’éloigner à distance prudente du phénomène astronomique. D’un commun accord, l’équipage, de nuit, tente de forcer la cabine du capitaine afin de lui retirer son commandement et de l’empêcher de commettre ce qui semble être un suicide. Cependant, Burke déjoue leur plan et, enfermé sur la passerelle, force la vitesse de Rigel. Lorsque l’équipage réussit à percer la cloison, il trouve Burke mort dans le siège du pilote : son coeur n’a pas tenu le coup. En toute innocence, l’équipage mène le vaisseau à bon port au bout de plusieurs semaines. Les autorités de la colonie, en prenant connaissance du journal de bord automatisé, arrêtent tout l’équipage qui est condamné à mort pour mutinerie.


 – Richard Delanney – 424 p. – 1989 – Roman dont les accents gardent une universalité poignante. Véritable étude sur la portée du concept de loyauté, l’oeuvre a reçu les éloges autant des amateurs de science-fiction que des cercles littéraires conventionnels. Au-delà du genre, ce sont tous les lecteurs qui seront séduits par une plume solide et noble.

mardi 30 novembre 2021

Le goût de la dinde

 


lundi 29 novembre 2021

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Camion net


Au sein d’une petite communauté des États-Unis, les employés d’une entreprise de transport, et en particulier les camionneurs, subissent une coupe réglée de la part de leur employeur. Le problème provient de ce que les hommes ne sont pas payés en fonction de la charge utile qu’ils transportent. La compagnie retient sur leur paye les frais d’exploitation du matériel roulant et les oblige, par conséquent, à travailler une impressionnante quantité d’heures supplémentaires afin de gagner de quoi faire vivre leur famille. Charlie décide d’unir les camionneurs et de former un syndicat. Par contre, un groupe minoritaire veut éviter par tous les moyens la formation d’un syndicat dans leur entreprise et se range aussitôt aux côtés de leurs patrons. Ce dernier groupe, ayant Tom à leur tête, s’ingénie à intimider les camionneurs et tente par tous les moyens de saboter les efforts de Charlie. Le conflit s’aggrave lorsque l’animosité qui oppose les deux hommes se transporte sur la route et qu’un grave accident vient bien près de se produire. Quoique Tom ait été désigné par les témoins comme le responsable, la police préfère ne pas poursuivre l’affaire à la suite de l’intervention de la compagnie. Graduellement, la petite communauté est déchirée par la lutte que livrent les travailleurs aux patrons. La polarisation de la population devient rapidement agressive et, alors que les amis d’hier ne s’adressent plus la parole, les parties font des pieds et des mains pour se concilier les indécis. Malgré toutes les manoeuvres dilatoires, l’accréditation du syndicat va bon train. Alors qu’il est sur le point d’être reconnu, on découvre un matin le cadavre de Tom en bordure de la route, le crâne défoncé. Immédiatement, les soupçons pèsent sur Charlie et, bien qu’ils n’aient aucune preuve, les policiers l’arrêtent. La ville se passionne pour l’enquête qui piétine rapidement, à tel point que l’avocat délégué par le syndicat de New York réussit sans trop de peine à faire abandonner les procédures par la cour de l’État. Cependant, la méfiance demeure et, incitées à la prudence par les récents événements, les autorités décident d’imposer un moratoire sur la création du syndicat. Au bout de plusieurs semaines, alors que les militants désespèrent de voir enfin leurs efforts récompensés, un témoin inattendu se fait connaître. La population médusée apprend alors que l’assassin de Tom n’est nul autre que le garde du corps du propriétaire de la compagnie de camionnage. Outrés, les hommes de Tom décident de se venger et mettent à sac la permanence du syndicat la veille de son inauguration officielle.


 – Titus Dher – Première publication : 1989 sous le titre Colossus of Road – Traduit de l’américain par Annie Tanz – 444 p. – 1991 – Dans un style imagé, qui n’est pas sans rappeler celui de Steinbeck, l’auteur raconte ici toutes les grandeurs et misères des luttes sociales aux États-Unis.

Omicron et hauts minus

 





* Le gault, ou argile de Gault (dite parfois «argile albienne»), est une formation d’argile raide de teinte gris-bleu à gris foncé, qui s'est déposée à profondeur moyenne dans des eaux marines calmes, au cours du Crétacé inférieur. [… Il] contient souvent des nodules phosphatiques en grande quantité, dont une partie est classée comme coprolithes, c’est-à-dire un excrément minéralisé, fossilisé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Argile_du_Gault).


dimanche 28 novembre 2021

samedi 27 novembre 2021

Accommodements




La grave crise migratoire qui secoue l’Europe en ce moment s’est aggravée d’un cran, hier. En effet, le premier ministre britannique, M. Boris Johnson, a envoyé une lettre au gouvernement français dans laquelle il enjoint ce dernier à reprendre les migrants arrivés au Royaume-Uni depuis son territoire. Non seulement ladite lettre a-t-elle été mal perçue par la France, mais en plus elle a été publiée dans les médias avec l’assentiment de Londres.


Il n’en fallait pas plus pour que l’Hexagone prenne la mouche et, en guise de rétorsion, le ministre français de l’Intérieur a annulé la venue de son homologue britannique à Calais où doit se tenir une rencontre intergouvernementale portant justement sur la crise migratoire. Bref, tout pour aider à résoudre le problème.


Pourquoi les dirigeants franco-britanniques ne prennent-ils pas exemple sur la Pologne et le Belarus? Eux solutionnent la question migratoire avec des soldats et des tanks*. Avec un peu de veine, cela va déclencher une guerre européenne. Comme ça, les migrants illégaux auront davantage l’impression d’être chez eux.


C’est pas gentil, ça?




*https://www.wikistrike.com/2021/11/tensions-des-centaines-de-chars-europeens-roulent-sur-la-bielorussie.html

vendredi 26 novembre 2021

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California Dreamers


Les Carter sont une paisible famille vivant dans une banlieue tranquille de Los Angeles. Leur vie est bouleversée lorsqu’ils apprennent qu’une de leurs voisines a été lâchement assassinée par des inconnus à bord d’une voiture. Selon toute évidence, la jeune femme a été tuée de sang-froid et sans aucune raison valable par un groupe de voyous. Alors que le quartier réapprend à vivre et que les effets de cette mort absurde commencent à s’estomper, une autre victime est abattue dans les mêmes circonstances. Le nombre des agressions augmente sans cesse alors que la police se voit débordée par l’ampleur du phénomène. En l’espace de quelques mois, les attentats se multiplient à tel point qu’il devient évident que ces meurtres gratuits sont devenus le fait de simples citoyens qui ont décidé de pratiquer le meurtre anonyme comme un sport. Dans les quartiers, alors qu’il semble que la fibre sociale se décompose totalement, des milices se forment afin de tenter d’endiguer le phénomène. Les rues, qui sont pratiquement désertées le soir, ne sont plus patrouillées que par ces milices et, présumément, par les assassins. Ainsi, une psychose s’installe où tout citoyen est soupçonné d’être un des tueurs en série. Joe Carter, qui a été le plus ardent apôtre de la formation des milices dans sa ville, est nommé à la tête de celle de son quartier et, avec son frère et ses plus proches amis, il patrouille les rues autrefois si accueillantes de sa banlieue. Désormais, cette banlieue est devenue un champ de bataille où s’affrontent les malfrats et les honnêtes citoyens qui apprennent sur le tas les rudiments de la guérilla urbaine. Les autorités ne savent plus contre qui intervenir, les tueurs, qui ont commencé à se regrouper également, ou les miliciens qui sont devenus au fil des semaines les seuls véritables représentants de l’autorité aux yeux des citoyens. En plus de la formation d’unités paramilitaires, les citoyens ont développé une mentalité d’assiégés, avec toutes les mesures de prudence que cela comporte. Mais, un soir, la fille de Joe, pour une raison obscure, décide de sortir en dépit du couvre-feu qui est devenu la règle d’or. Joe, qui est en patrouille ce soir-là, est à proximité lorsque des coups de feu éclatent. Il se précipite sur les lieux pour trouver le cadavre de sa fille. Lorsqu’on apprend qu’il a attrapé le coupable, ses amis lui demandent s’il a remis l’homme entre les mains de la police. Joe demeure évasif et tous se persuadent que, par vengeance, il s’est fait justice lui-même. Nul ne songe à lui reprocher un tel acte, jusqu’à ce qu’un témoin inattendu vienne jeter un peu de lumière sur son attitude. Très vite, le mystère s’épaissit lorsqu’on découvre que Joe a bien capturé le tueur, mais qu’il l’a laissé fuir. 


 – Lance Astair – Première publication : 1994 sous le titre California Screamers – Traduit de l’américain par Janine Neely – 504 p. – 1996 – Oeuvre percutante, que d’aucuns aux États-Unis ont étiquetée roman d’anticipation, qui critique avec une implacable rigueur une certaine Amérique, imbue de son droit quasi divin aux dépens de la plus élémentaire civilisation.

jeudi 25 novembre 2021

Honorez Bolloré

 

L'article ici



Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le patron d’Éric Zemmour – et par conséquent de Mafieu Bokoté –, voici un article intéressant. Si vous n’avez pas le temps de le lire, on pourrait le résumer ainsi: «Votre job sera steady si vous le traitez comme s’il était un bon boss.» Ou quelque chose dans cette veine. 


Bref, il faut bêler dans le registre avec lui, en ajoutant un petit quelque chose ressemblant au culte de la personnalité. Vous savez, ce genre de truc qui est hautement répréhensible à gauche, mais tellement estimable à droite…



mercredi 24 novembre 2021

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Cadieux l’ébéniste


Maître Cadieux, ébéniste de son état, sort à grand-peine du deuil où l’a plongé le décès de sa femme. Tentant de recoller les morceaux épars de sa vie, il s’est péniblement remis au travail depuis peu et, sa famille constatant l’amélioration de son état, décide de lui retourner sa fille, qu’ils avaient gardée alors que son père était tout à fait incapable d’en prendre soin. À la grande surprise de Cadieux, alors que c’est une petite fille qu’il a vue partir, c’est une jeune femme qui lui revient. Elle aussi marquée par la mort de sa mère, elle a acquis une gravité et une maturité surprenantes pour son âge. Alors qu’il tente de se trouver en vain un apprenti, sa fille lui propose de remplir ce rôle. Phénomène assez rare à l’époque, il accepte autant par amour paternel que par paresse, étant donné qu’il n’a guère le coeur à former un compagnon assez peu au fait du métier, alors que sa fille l’a toujours suivi dans son atelier depuis qu’elle avait la capacité de tenir sur ses jambes. La qualité du travail de Cadieux, déjà célébrée avant son deuil, ainsi que l’étrange tableau qu’offre l’homme et la femme travaillant au coude-à-coude, fait en sorte que la réputation de l’atelier grandit, en même temps que les avoirs de la maison. Bientôt obligé d’engager des apprentis afin de suffire à la demande, Cadieux, en bon maître, laisse sa fille remplir le rôle de second. Or, un jour, l’intendant du comte vient visiter l’atelier afin de proposer à Cadieux la création d’un superbe retable de style flamand pour la chapelle du château. Invités au domaine, Cadieux et sa fille font la connaissance du maître des lieux, un jeune héritier encore au stade de l’apprentissage de la vie. Une fois engagés, le père et la fille se divisent le travail. Lui doit mener la préparation des pièces du retable dans l’atelier, et elle doit se charger de mener l’assemblage dans la chapelle. Ces travaux d’envergure suscitent un vif intérêt dans toute la contrée et, bien qu’ils avancent à grands pas, Cadieux remarque, au bout de quelques mois, que sa fille semble malade et alanguie. Malgré ses soins attentifs, elle ne semble pas prendre de mieux. Ce n’est qu’après la visite d’une guérisseuse que Cadieux apprend toute la vérité : sa fille est enceinte. Il déploie alors toute sa ruse afin de lui faire dire le nom du père. De guerre lasse, la fille lui avoue qu’il s’agit de nul autre que du comte. Outragé dans son honneur de père, Cadieux se présente au château afin de demander réparation, mais il est chassé comme un malappris. Indompté, il dénonce alors publiquement le comte qui, pour toute réponse, le fait jeter en prison. Apparemment soumis, Cadieux reprend son travail, mais le jour de l’inauguration du retable, sa vengeance éclate au grand jour.


 – Bren Pouraki – 320 p. – 1993 – À l’aide d’une saisissante allégorie traitant du mal de vivre, l’auteur témoigne ici d’une maîtrise exceptionnelle de son art et également d’une compréhension sans égale de l’inconscient humain.

Paradis en enfer

 



Le gros incompétent servant de président de l’Assemblée nationale, M. François Paradis, en a eu plein les bras, hier. Lors d’un débat houleux concernant l’incurie gouvernementale dans la gestion des CHSLD lors de la première vague de la Covid-19, on a assisté à des échanges musclés entre le premier ministre et la chef du Parti libéral du Québec (PLiQ), Mme Dominique Anglade.


Cette dernière en est venue à pratiquement traiter M. François le Gault* de maudit menteur, une attaque contre laquelle le chef du gouvernement s’est récrié. Les autres membres de l’opposition ont exécuté un tir groupé à l’endroit de ma CAQ (Coalition avenir (sic) Québec), laquelle – il faut bien l’admettre – a fait preuve depuis le début de l’épidémie d’une impardonnable ineptie.


Fort heureusement, M. Paradis a fini par rétablir de décorum, une fois que les députés eurent quitté l’enceinte.





* Le gault, ou argile de Gault (dite parfois «argile albienne»), est une formation d’argile raide de teinte gris-bleu à gris foncé, qui s'est déposée à profondeur moyenne dans des eaux marines calmes, au cours du Crétacé inférieur. [… Il] contient souvent des nodules phosphatiques en grande quantité, dont une partie est classée comme coprolithes, c’est-à-dire un excrément minéralisé, fossilisé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Argile_du_Gault).