mardi 17 mai 2022

Plus ça change...


 

lundi 16 mai 2022

«Respect» doit être pareil dans les deux langues




Le gouvernement de François le Gault* a finalement déposé son projet de loi 96, vous savez, celui qui suggère gentiment de faire un léger effort pour promouvoir la langue française dans la province de Québec. Entre autres, il y est question de dispenser des cours de français obligatoires au niveau collégial et d'offrir en priorité les services gouvernementaux dans cette langue.


On comprend que les anglophones de la province, incluant la communauté mohawk, se soient récriés vertement devant de tels abus qui risquent de nuire à la réussite scolaire. Dans un même souffle n'est-il pas répété que la maîtrise de la langue anglaise chez les francophones est un facteur de succès? On aura facilement compris que, lorsqu'il est question d'intolérance, la logique n'a pas voix au chapitre. Surtout pas en anglais.


Bref, un nouveau débat linguistique s'ouvre au Québec, alors que les anglophones exigent plus de respect à l'endroit de leur communauté; ce même respect qu'ils ne semblent pas disposés à témoigner pour leur part.


La manifestation était organisée par le Quebec Community Groups Network et la Quebec English School Association, entre autres. C'est la preuve que la francisation va beaucoup trop loin au Kwybek.





* Le gault, ou argile de Gault (dite parfois «argile albienne»), est une formation d’argile raide de teinte gris-bleu à gris foncé, qui s'est déposée à profondeur moyenne dans des eaux marines calmes, au cours du Crétacé inférieur. [… Il] contient souvent des nodules phosphatiques en grande quantité, dont une partie est classée comme coprolithes, c’est-à-dire un excrément minéralisé, fossilisé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Argile_du_Gault).

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Otto Mattick ment


Otto Mattick est boulanger dans une modeste ville de province. Dévoré par une ambition presque sans bornes, il a développé des recettes de pain particulièrement savoureuses qui, escompte-t-il, feront immanquablement sa fortune. Mais, si fortune il y a, il ne peut espérer la réaliser dans sa ville natale. Aussi, un matin, décide-t-il de plier bagage et de se lancer à l’aventure dans la capitale où, il en est persuadé, il n’aura aucune difficulté à se tailler une place. D’abord trop sûr de lui, il se fait engager dans des boulangeries où il tente par tous les moyens d’imposer ses recettes et ses idées. Ne réussissant qu’à s’aliéner ses collègues et ses supérieurs, il vivote d’un emploi à un autre. Dépité, désillusionné, il finit par se contenter d’un travail de simple boulanger dans un établissement méconnu de la proche banlieue où il besogne nuit après nuit, ayant progressivement abandonné ses rêves. Le seul moment où il se permet encore de grandioses ambitions, toutes fictives, est dans l’abondante correspondance qu’il entretient avec ses anciens amis. Véritable roman-feuilleton, ses lettres font état d’extraordinaires succès où, prétend-il, il est rapidement devenu le magnat de la fabrication et de la distribution du pain. Il n’hésite pas à utiliser la réalité afin d’alimenter sa fiction, prenant à son compte de véritables fusions entre les grandes boulangeries de la capitale. Son seul luxe étant de se payer du papier à en-tête de qualité, il n’a aucune difficulté à donner le change. Mais, un matin, en rentrant chez lui après une harassante journée de travail, il trouve une lettre du maire de son ancienne ville qui lui annonce sa venue. Incapable de cacher la vérité plus longtemps, il se résout à accueillir le maire et deux de ses conseillers dans son très modeste appartement. La déconvenue des édiles est grande : ils espéraient demander de l’argent à Otto afin de faire rénover la mairie. Or, le maire ayant engagé sa réputation et sa réélection dans l’accomplissement des travaux de rénovation, il n’a d’autre choix que de tenter, avec la dernière des énergies, de trouver l’argent. Exigeant d'Otto qu’il dépoussière ses recettes miracles, il entreprend de battre la campagne. À la suite d’un concours de circonstances, le maire se retrouve à un dîner officiel assis aux côtés d’un critique gastronomique bien connu. Il parvient à attirer l’attention du critique sur l’art d'Otto. Devenu du jour au lendemain un artisan-boulanger très couru, Otto fonde sa propre boulangerie grâce à un emprunt contracté sur les garanties du critique qui est devenu en même temps un ami. Lorsque son bienfaiteur revient lui demander une aide pour la réfection de la mairie, Otto Mattick semble quelque peu réticent.


 – Alice Capitte – 294 p. – 1993 – L’auteure a développé pour cette oeuvre très originale, une structure narrative extrêmement développée, et pourtant facilement accessible pour n’importe quel lecteur.

dimanche 15 mai 2022

Sang bleu et jaune pisse

L'article ici



Probablement que la raison pour laquelle l'Occident muselle la propagande russe le plus possible, c'est qu'il veut que la sienne occupe toute la place. Ainsi, il faut «blanchir» les couleurs ukrainienne afin de donner un sens favorable à la crise présente.


Il est vrai que, hors du contexte de décolonisation, la frontière entre patriotisme et droite – potentiellement extrême – est toujours ténue. À tel point que, de nos jours, lorsqu'il est question de nationalisme quelque part en Amérique du Nord, par exemple, on n'hésite pas à subodorer une forme ou une autre de fascisme. Il est vrai que les gens sont très mal renseignés depuis qu'ils ont un accès facile, via Internet, à toute l'information du monde. Or, ce dénigrement sur la base du nationalisme n'est pas appliqué dans tous les contextes. Tout dépend des intérêts propres aux élites qui nous gouvernent.


Au final, combien parmi ceux qui arborent aujourd'hui des étendards bleu et jaune savaient ce qu'était l'Ukraine avant qu'on en fasse un faux drapeau de liberté et de démocratie?



 

samedi 14 mai 2022

Pape immobile


 

vendredi 13 mai 2022

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On dépose le pape


Au début de la Première Guerre mondiale, un des porteurs de la litière, quoique réformé à la demande du Saint-Siège comme tous ceux qui, au Vatican, remplissent une charge pour le pape, décide d’aller faire son service militaire. Aussi faut-il lui trouver un remplaçant. Un jeune prêtre romain, d’une moralité exemplaire, est choisi par les autorités compétentes. Après une formation rapide, du fait de l’urgence de la situation, il apprend comment porter le pape sur ses épaules. Il devient donc le témoin privilégié de toutes les apparitions publiques et, du même coup, l’idole de sa famille que, bien qu’habitant la proche banlieue romaine, il ne voit plus guère. Or, s’il est un acteur, bien modeste il est vrai, des manifestations de compassion étalées par l’autorité du Vatican au sujet de la guerre qui ravage l’Europe, il est également témoin de choses plus troublantes. Ainsi, il apprend que le Saint-Siège soutient, quoique discrètement, la cause des Empires centraux contre les Alliés, préférant épauler l’Autriche catholique contre les protestants anglais, les orthodoxes russes et les anticléricaux français. Dans le même temps, alors que son sens politique s’affine au contact des tractations dont les antichambres du Vatican sont le théâtre, il noue des contacts assez troubles avec des membres de la Curie, eux-mêmes liés au corps de gardes suisses. Progressivement, le jeune ingénu se familiarise avec un certain milieu formé de magouilleurs et de débauchés. Reconnu pour sa discrétion absolue, il est souvent recruté afin d’escorter des hommes importants lorsqu’ils s’absentent du Vatican pour leurs « affaires » personnelles. Apprécié pour sa jeunesse et sa beauté, le jeune prêtre est vite appelé à se joindre aux orgies auxquelles il finit par s’adonner avec un entrain et un abandon qui l’étonnent lui-même. Au matin, alors que sa conscience le taraude, il se retrouve le plus souvent sous la litière papale et, que ce soit réalité ou illusion, il sent à chaque fois l’absolution et la grâce du souverain descendre sur lui comme entraînées par la gravité. Sa conscience apaisée, il peut alors reprendre le train des fêtes, tandis que, le jour, sa dévotion, pourtant sincère, parvient encore à toucher son entourage. Alors que l’Italie entre en guerre aux côtés des Alliés, les appuis papaux envers les Centraux doivent se faire encore plus discrets, aussi des missions sécrètes sont-elles dépêchées depuis Rome vers Vienne. Souvent requis pour « organiser » ces missions, le jeune homme ne manque jamais de fournir le personnel féminin nécessaire pour donner le change aux douaniers suisses. 


 – André Fusse et Esther Haszy – 698 p. – 1998 – Délaissant le style qui a fait la renommée de ces deux auteurs, ils préfèrent se pencher ici vers le roman psychologique. Le résultat, certes inattendu, demeure extrêmement intéressant. Les détracteurs ont reproché à ce roman son caractère exagérément égrillard, ce qui, paradoxalement, a aidé à sa popularité.

Notre père qui êtes aux cieux [...] que votre reine arrive


 

mercredi 11 mai 2022

Démocratie, quand tu nous tiens bien



Qui n'est pas viscéralement attaché aux principes démocratiques? Rien n'est plus efficace afin de maintenir le statu quo que ce système, une fois que ce dernier est bien dévoyé par l'argent. En exigeant des millions et des millions afin de mener des campagnes électorales, il s'opère de facto une sélection parmi les candidats, de sorte que ce ne sont pas forcément les plus compétents – et encore moins les plus honnêtes – qui sont élus. En effet, il est avéré que, dans la large majorité des cas, ceux qui dépensent le plus d'argent afin de promouvoir leur candidature sont effectivement gagnants dans les urnes. Bref, en l'état actuel des choses, une élection est une question de pognon.


Songez un peu au tout récent exemple des Philippines. En 1986, Ferdinand Marcos Ier, le mari d'Imelda, est chassé du pouvoir par une contestation populaire après des élections truquées; l'argent peut aussi servir à cela. Il faut dire que sa présidence avait été marquée par la corruption et la mauvaise gestion, ce qui avait entraîné, on s'en doute, une forte grogne populaire.


Voici que son fils, Ferdinand II, vient d'être élu à la présidence avec une écrasante majorité. Dans son entourage, on compte les mêmes clans politiques qui avaient appuyé son père à l'époque. Bref, le peuple philippin n'en a pas eu assez d'une première rincée, il lui en faut une deuxième qui risque fort d'être gratinée.


Paradoxalement, la démocratie ne sert pas seulement de paravent à la corruption et à la gabegie. Elle peut aussi masquer des dictatures particulièrement violentes, comme c'est le cas en Ukraine. Nombre d'analystes se récrient lorsque des critiques mentionnent la présence de néonazis au pouvoir à Kiev. Ils en veulent pour preuve le faible nombre de députés d'extrême droite présents en chambre. Or, ces experts semblent avoir perdu de vue l'un des traits principaux du fascisme: ce dernier n'a cure de la composition des parlements. Il se contente d'agir, comme lors du massacre à Odessa en 2014, ou au Donbass par obus interposés, avec des disparitions d'opposants, l'abolition de droits civiques et la suspension des partis d'opposition, la plupart de gauche. Ce genre de choses qui se passe avec l'aval d'un gouvernement, fût-il de prétention démocratique, est effectivement la marque de l'extrême droite.


Les peuples semblent adorer l'extrême droite. Est-ce une passade propre à certaines époques? 


Peut-être.


Une chose est sûre, cela n'a rien à voir avec une situation géographique. Il n'y a qu'à constater ce qui se prépare au sein même de l'Union européenne de nos jours.



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Nuage noir


Sur le circuit Gilles-Villeneuve, un homme s’entraîne quotidiennement à vélo. Athlétique, il aime se griser de vitesse. Chaque jour le ramène en ce lieu où, grâce à l’effort physique, il parvient non seulement à oublier, mais également sublimer, ses soucis professionnels et sentimentaux. De plus en plus aliéné dans son travail – il est cadre intermédiaire dans un bureau d’ingénieur – , il craint d’être acculé à une mise à pied aussi proche qu’inévitable. En même temps, sa femme, qu’il soupçonne à juste titre d’infidélité, menace de le quitter et d’emmener leur fils et l’essentiel de leurs possessions. Ne trouvant d’évasion que dans la pratique du vélo, il se livre à cet exercice avec de plus en plus de détermination, presque de l’acharnement, à mesure que l’étau des contraintes se referme sur lui. Cette pratique physique prend, au fil des jours, une dimension spirituelle alors que la piste, fraîchement refaite, devient son interlocuteur avec lequel il partage le fruit de ses méditations et l’essentiel de ses craintes. D’abord en son for intérieur, puis à haute voix, le cycliste entame avec la piste un étrange monologue où, à chaque kilomètre, il raconte non plus seulement ses craintes et ses troubles, mais également où il se livre tout entier, sans tricherie ni fausse pudeur. Progressivement, cet étrange rapport devient davantage intime alors que, littéralement aspiré dans un état second, le coureur a l’impression que la piste l’entoure comme le ferait un nuage noir irradiant une chaleur qu’il ne trouve plus nulle part auprès des humains. Un jour, au creux du nuage, une voix l’appelle. Il s’engage alors entre lui et cette voix lointaine un dialogue curieux où les pensées du cycliste sont anticipées par la voix qui, apparemment, écoute sa complainte solitaire depuis un certain temps. Graduellement, la voix prend corps. Les pressions extérieures le rebutant de plus en plus, le cycliste étire ses sessions d’entraînement, prolongeant le dialogue avec la créature du nuage noir. Bien qu’il soit durement éprouvé par les circonstances, son attitude devient de plus en plus sereine envers et contre tout. Alors que ses collègues et sa femme, décontenancés devant son comportement apparemment déconnecté de la réalité, songent sérieusement à le faire interner, le cycliste multiplie les escapades au cours desquelles son entourage cherche en vain à le localiser. Pendant ce temps, le personnage du nuage prodigue au coureur son réconfort, dont le principal est de venir habiter le nuage avec lui, ce que le cycliste ne peut se résoudre à faire. Alors qu’il est dépossédé de sa maison, de sa famille et de son travail, il comprend que sa liberté est même menacée. La police retrouve son vélo abandonné sur la piste Gilles-Villeneuve.


 – Jules Monette – 222 p. – 1995 – Moins un récit que l’établissement d’un climat, ce roman a été annoncé par la critique comme représentant à lui seul la renaissance du « nouveau roman » québécois. Devenu un incontournable en études contemporaines, il a longtemps été l’ambassadeur de notre littérature à l’étranger.

mardi 10 mai 2022

Tuez-les tous! Dieu reconnaîtra les siens.*




Laissez-moi vous présenter Yahya Sinwar. Il est le chef du Hamas, un mouvement palestinien actif principalement dans la bande de Gaza où il résiste au sionisme israélien. Nombre de pays ont déclaré ce mouvement terroriste de ce fait, et aussi parce qu'il se réclame comme étant résolument musulman.


En conséquence, faut-il s'étonner que tout le monde, en Israël – politiciens, journalistes et autres –, appelle à l'élimination physique de M. Sinwar, que ce soient des voix de la gauche ou de la droite, pour ne rien dire du centre?


Non, bien sûr. 


S'il n'en tenait qu'au sionisme le plus strict, celui qui fut développé dans le cadre du fameux «Grand Israël», il n'y aurait personne qui ne soit juif subsistant entre le Nil et l'Euphrate, entre l'Oronte et la mer Rouge. 


Alors, un Yahya de plus ou de moins, vous pensez…



Projet sioniste du «Grand Israël»




* https://www.histoire-en-citations.fr/citations/arnaud-amaury-tuez-les-tous-dieu-reconnaitra-les-siens

lundi 9 mai 2022

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La nounou du chien malade


Les Auppell, l’aïeule, les grands-parents, leur fille et son mari, et les enfants de ces derniers, forment une famille cossue et en sont rendus à s’ignorer la plupart du temps. Dans cet univers étouffant où les parents n’arrivent plus à se faire respecter de leurs enfants, quatre générations cohabitent dans une atmosphère glaciale où les attitudes, les comportements et les façons de faire sont, semble-t-il, figées pour toujours. Le seul membre de cette famille qui tient lieu de trait d’union pour cette humanité désarticulée est le chien de la maison. Or, un jour, l’animal tombe malade. Bien que la famille s’en trouve ébranlée, personne ne pense un instant changer d’attitude, mais l’inquiétude demeure tangible. Le vétérinaire que l’on fait venir à fort prix, de peur qu’un déplacement n’empire l’état de l’animal, diagnostique une maladie assez grave exigeant des soins constants. Dans la plupart des cas, explique-t-il, le seul traitement est l’euthanasie. Mais, devant les protestations que soulève la famille, il explique que, avec un traitement coûteux, il est possible de soigner le chien. Aussi suggère-t-il d’engager une infirmière, une jeune stagiaire en médecine vétérinaire qui, à ce moment-ci, a besoin d’un travail afin de compléter ses études. Dès son arrivée, la jeune femme ne laisse personne indifférent. Fort jolie, elle charme les hommes de la famille au grand déplaisir des femmes. Si la cadette se réjouit pendant un temps de la présence d’une personne à peine plus vieille qu’elle, elle prend vite la mouche lorsqu’elle constate l’intérêt de son père pour la nouvelle venue et qu’elle commence, à l’instigation de sa mère et de sa grand-mère, à craindre pour l’héritage. L’hostilité envers l’étudiante grandit en sourdine, car le sort du chien rejette au second plan toutes les autres considérations. Cependant, dans le secret de leur coeur les Auppell attendent avec impatience le plus petit signe de rétablissement de l’animal afin de mettre l’intrigante à la porte. Or, un soir où la tension est à son comble, l’altercation éclate entre la mère et la jeune femme. Alors que l’échange devient de plus en plus virulent, le clan apprend avec stupéfaction que la jeune femme est enceinte d’un des deux hommes de la famille, mais, satisfaite de son effet, refuse de préciser lequel. De difficile, la vie dans la grande maison devient rapidement intenable. De guerre lasse, la famille accepte de donner à la jeune femme un substantiel montant d’argent afin qu’elle aille se faire avorter, qu’elle ne remette plus jamais les pieds chez les Auppell et, surtout, qu’elle garde le silence sur toute cette affaire. Comme par miracle, le départ de la stagiaire semble permettre à cette famille déchirée de reprendre un semblant de vie normale. Un après-midi qu’ils ont décidé très exceptionnellement d’aller faire des courses au chef-lieu, ils aperçoivent la stagiaire et le vétérinaire occupés à rouler une poussette devant eux.


 – Marina Sionnal – 296 p. – 1990 – C’est avec une patience d’horloger que l’auteur démonte ici les rouages d’une famille dysfonctionnelle auxquels l’intrigue ne sert finalement que de révélateur, mais un révélateur dangereusement efficace.

dimanche 8 mai 2022

Tiocfaidh àr là*

 



Il y a, comme ça, des élections qui passent totalement sous le radar. Ce n'est pas étonnant lorsqu'une guerre qui peut tout à fait dévisser en holocauste nucléaire fait rage.


Pourtant, ce qui s'est passé en Irlande du Nord est historiquement très significatif. En effet, avec en arrière-plan un Brexit des plus impopulaires, le parti des catholiques nord-irlandais, lesquels ont longtemps constitué une minorité, est sorti vainqueur du scrutin. Certes, par une marge très mince, mais il est significatif que, afin de préserver la paix et de contrer les effets délétères du Brexit, il dût y avoir des protestants nord-irlandais qui votèrent pour le parti voulant unir l'Ulster à la république d'Irlande.


L'île d'émeraude est-elle en voie d'être unie et indépendante pour la première fois depuis un millénaire? Espérons que ce jour viendra, ne serait-ce que pour montrer aux indépendantistes de tous les pays que la patience dans l'acharnement finit par payer.




* Notre jour viendra


samedi 7 mai 2022

Cas burqa

 




Coup de tonnerre dans le ciel de la condition féminine, aujourd'hui. On apprend que les talibans ont de nouveau imposé le port du voile intégral, c'est-à-dire la burqa, pour toutes les Afghanes.


Selon les militantes féministes d'ici, il s'agirait d'une atteinte à la liberté des femmes de là-bas, ce qui n'empêche pas ces mêmes militantes de défendre le port du voile islamique ailleurs dans le monde.


Par ailleurs, dans un tout autre ordre d'idées, je n'ai jamais rencontré une militante féministe prénommée Constance.


Ça viendra peut-être un jour.


vendredi 6 mai 2022

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Notions après rasage


Dans un hôpital menacé de fermeture, le personnel se retrouve démobilisé devant les tâches qu’il a à accomplir. Dans un effort désespéré pour à tout le moins sauver les apparences devant la clientèle, l’hôpital décide d’installer des appareils d’écoute dans les aires où le personnel est au contact des patients. L’un des rares endroits encore à l’abri des oreilles électroniques est la salle d’opération. Un patient sous sédatif est amené auprès de deux préposés aux bénéficiaires, un homme et une femme, qui doivent procéder à son rasage. Tandis que les deux personnes s’affairent, il devient évident à leur attitude qu’il plane une certaine animosité entre eux. Lorsque le calme revient, on découvre que, sans que leurs collègues ne le sachent, ils sont amants et que leur couple traverse une période assez délicate où les récriminations vont bon train et où les soupçons, même les plus improbables en apparence, sont de mise. Comme le ton monte de plus en plus et que le rasoir, fût-il électrique, est manié de manière assez brusque, le patient sort de sa torpeur et s’adresse, au cours de la discussion, alternativement à l’un et à l’autre afin d’obtenir des éclaircissements. C’est ainsi que, au fil de ce jeu de questions et réponses, on assiste à toute l’histoire amoureuse du couple qui défile ainsi en une sorte de flash-back segmenté et soumis à des éclairages différents selon que l’on a droit à la version de l’homme ou à celle de la femme. Progressivement, le patient commence à porter des jugements et à attribuer les torts à l’un ou à l’autre. Lorsque le patient entre enfin en chirurgie, les deux protagonistes retirent une impression quelque peu irréelle de cette rencontre avec un inconnu qui a officié, le temps d’un rasage, comme l’aurait fait un psychologue. Quelques semaines plus tard, alors que le couple vient tout juste de rentrer du travail, la sonnette se fait entendre et, à son grand étonnement, le couple trouve sur le pas de la porte le patient de l’autre jour. L’intrus réussit à se faire inviter à passer la nuit, mais, évidemment, il s’incruste jusqu’à ce que, un matin, tandis que les deux hommes se font la barbe, le maître des lieux lui demande très civilement de partir. C’est alors que l’intrus explique qu’en échange du gîte et du couvert, il réussira à sauver la relation défaillante où est en train de s’abîmer le couple. Intrigué, l’homme, qui ne désire rien d’autre, se prête au jeu avec l’énergie du désespoir. Il se dessine alors une relation chargée d’érotisme au cours de laquelle ce triangle amoureux explore quantité de fantaisies licencieuses au sortir desquelles l’homme et la femme se retrouvent comme transfigurés. Un matin, alors qu’ils s’éveillent après une nuit de passion en compagnie de leur amant, ils ne trouvent de trace de lui que son rasoir laissé en évidence sur le rebord de l’évier de la salle de bains.


 – Martin Gall – 308 p. – 1990 – Étrange allégorie axée autour du processus de rasage. Avec des accents irréels très marqués, c’est pourtant à une descente dans la banalité de la notion de couple que le lecteur assiste, jusqu’à ce que, sauvé par un érotisme débridé, l’amour resurgisse du gouffre où il s’était abîmé.

Comme un John James dans l'eau bénite


 

jeudi 5 mai 2022

Libârtöé!

 


Mais qu'est-ce donc que ce Parti svoboda?

Le wolfsangel s'envole