lundi 18 juin 2018

Pauvre novlangue



Cela me fait toujours sourire – sourire crispé, bien sûr – lorsque j’entends parler de la «pauvreté chez les enfants». Dès ce moment, les violons sont accordés et on en perçoit les sanglots longs qui résonnent sur toutes les tribunes, à commencer par celles des politiciens.

Ah oui! combien est funeste cette pauvreté-là! Elle hypothèque non seulement la jeunesse de ses pauvres – sans mauvais jeu de mots – petites victimes, mais également l’avenir de la société tout entière. Que ne projette-t-on pas de faire, d’ailleurs, pour l’éradiquer d’ici 20 ans? On disait cela, il y a 40 ans – on le dit encore aujourd’hui – et, à ce train-là, on le dira encore dans 60 ans.

C’est vrai que la pauvreté est un fléau qui cause une grave exclusion sociale. Mais trop souvent, de nos jours, elle est instrumentalisée afin de donner bonne conscience à ceux qui se drapent dedans sous prétexte de vouloir l’abolir alors que, en fait, ils ne veulent s’en servir que pour se bâtir un capital politique.

Le véritable problème de ce discours, c’est qu’il recèle une double exclusion sociale. Celle des enfants frappés par la pauvreté, évidemment. Mais aussi une autre, car, dans les faits, si on veut éradiquer la pauvreté chez les enfants, il faut d’abord l’abolir chez leurs parents.

Or, cette pauvreté-là, on s’entend généralement pour dire qu’on ne veut l’abolir que dans 40 ou 50 ans…

Mais, ça, seulement dans les rares cas où on en parle.

samedi 16 juin 2018

vendredi 15 juin 2018

Acte de Sessions



Déjà, c’est hilarant: le procureur général des Stazunis – le responsable de l’appareil judiciaire, quoi – se nomme Jeff Sessions. Est-ce parce qu’il s’appelle ainsi qu’il aime les déclarations péremptoires? On ne sait. Est-ce parce que c’est un membre du Parti républicain qu’il s’inspire alors de la Bible pour débiter des conneries? Ça, par contre, c’est fort possible.

Comme partout ailleurs en Occident, la question de l’immigration donne des boutons dans le dos du gouvernement yankee. Les pays riches ont tellement pillé la planète, fomenté tant de misère, que les émigrés de la faim sont présentement légion, tant en Amérique du Nord qu’en Europe. À tel point qu’ici, on se les refile: ceux qui passent aux Stazunis finissent par être refoulés au CAnada.

Toujours est-il que, aux Stazunis, les immigrés sont de moins en moins les bienvenus. À preuve, lorsqu’une famille entre clandestinement dans ce pays, même s’il s’agit de demandeurs d’asile, les enfants sont systématiquement arrachés à leurs parents, puisque ces derniers sont envoyés «en prison» – dans les faits, dans un camp –, ce qu’on ne peut faire avec les enfants. Ceux-ci sont donc placés on ne sait où. Probablement dans un autre camp, mais plus petit.

Comme la mesure est impopulaire et qu’elle indispose même certaines personnes à droite de l’échiquier politique, il a bien fallu que quelqu’un monte au créneau pour la défendre. Apparemment, il ne s’est présenté personne d'autre que ce petit Jeff, lequel, visiblement pris au dépourvu, n’a rien trouvé de mieux que de citer saint Paul, lorsque ce dernier a écrit «qu’il faut obéir aux lois, car dieu les a décrétées afin d’assurer l’ordre». Fort heureusement, Jeff s’est interrompu avant de citer d’autres passages de l’apôtre, entre autres au sujet des femmes.

Parlant de citations de la Bible, n’y avait-il pas un de ses personnages – plus ou moins fictif – qui aurait dit: «laissez venir à moi les petits enfants» et – surtout – «frappez et on vous ouvrira»?

Il est vrai que Bible, appareil judiciaire et gouvernement yankee ont une chose en commun: ils sont tous à géométrie variable.

jeudi 14 juin 2018

mercredi 13 juin 2018

Reprise diplomatique

* «Tiens, mon gros tabernacle!»

Politique économique



Qui n’est pas au courant que Power Corporation, la société multinationale et multimillionnaire possédant, par le biais de Gesca, le quotidien La Presse a décidé de faire de la publication un organisme à but non lucratif (OBNL)? Comment, vous ne savez pas ce qu’est La Presse? Mais voyons, c’est le haut-parleur du Parti libéral du CAnada (PLiC) au Québec. Et si vous ne me croyez pas, je vous encourage à parcourir des yeux les pages éditoriales de cette auguste feuille afin de vous en convaincre.

En d’autres termes, La Presse a passé le plus clair de son temps, au cours des 50 dernières années, à cracher à la gueule du mouvement souverainiste et à applaudir à pattes que veux-tu toutes les exactions et magouilles promues par le PLiC. Sans surprise, le Parti libéral du Québec (PLiQ), en bonne succursale, a presque toujours eu à se féliciter de l’appui que lui conférait le journal, même à ses moments les plus sombres. Fédéral ou provincial, le libéral savait que, quelle que soit la politique qu’il ourdissait au détriment de la population, La Presse allait voler à son secours pour lui apporter un soutien infaillible, à condition que le grand frère trans-outaouais soit le premier servi, bien entendu.

Voici que, aujourd’hui, les journaux se vendent de plus en plus mal. Mais, en même temps, il est hors de question d’éteindre le haut-parleur fédéraliste. Or, comme Power Corporation ne veut plus payer pour sa propagande, il a eu la bonne idée de faire de La Presse un organisme qui serait subventionné par l’État en bonne partie. Bref, c’est la population qui va allonger le fric afin de faire avancer les politiques du PLiC au Québec. En d’autres termes, on va se servir de l’argent public pour financer des intérêts politiques particuliers.

Depuis sa fondation, en 1968, le Parti québécois a subi les foudres du pantin de Gesca, qu’il se trouve dans l’opposition ou au gouvernement. Personnellement, je m’attendais à ce qu’il s’étale – comme d’habitude – et qu’il donne son accord à la loi créant le nouvel OBNL, laquelle requérait un vote unanime à l’Assemblée nationale. Mais au contraire, il se fait tirer l’oreille. Rancunier, il n’a peut-être pas complètement oublié, au fil des ans, les commentaires captieux des Alain Dubuc, Lysianne Gagnon et autres collabos de la même eau.

Évidemment, le chef du PLiQ, M. Philippe Couillard, (le nom est marrant) est monté au créneau et à la tribune pour reprocher au Parti québécois sa «petite politique», maintenant qu’il fait mine de vouloir bloquer le projet.

Il est vrai que la politique des Trudeau et consorts, quelle que soit leur génération, est tellement plus grande, maintenant qu’ils se démerdent pour nous la faire payer.

mardi 12 juin 2018

Navarro navré


La cloche et l’idiot



Sauvé par la cloche!

Le fils de Pierre Elliott Trudeau en menait de moins en moins large, ces derniers temps. Ses gaffes sur la scène internationale, son inconstance politique et, surtout, cette décision aberrante de faire l’acquisition du projet Trans Mountain avec des deniers publics afin de pouvoir l’enfoncer dans la gorge de la Colombie-Britannique – en attendant de pouvoir en faire du pareil avec Energy East au Québec – avaient terni son image au CAnada.

Mais voici qu’est arrivé le sommet du G7. Enfin, cette année, il s’agissait plutôt du G6+1, car les Stazunis, avec Donald Trompe à leur tête, semblaient décidés à faire cavalier seul et à passer outre les avis politiques de leurs principaux partenaires commerciaux. Comme on pouvait s’y attendre, la rencontre a été un échec patent duquel aucun consensus n’a émergé. Tout au plus a-t-on pu griffonner un communiqué conjoint dont les termes, délicatement soupesés, ne signifiaient pas grand-chose. Puis, les participants sont rentrés dans leurs terres, maugréant chacun de son côté qu’ils verraient à leurs intérêts, dans les circonstances.

Coup de théâtre, Donald Trompe en prenant connaissance de l’intervention a posteriori du fils de Pierre Elliott Trudeau, s’est vertement récrié affirmant haut et fort, ainsi qu’à tort et à travers, que ce dernier avait trahi les Stazunis. Quand on prend connaissance de la déclaration cAnadienne, mièvre comme toujours, on se rend compte à quel point cette cloche raisonnait peu. Mais bon, M. Trompe pensait que le CAnada allait s’étaler au moment où il avait décidé d’imposer des tarifs sur l’acier et l’aluminium et ne lui a pas pardonné de lui avoir rendu la monnaie de sa pièce. Coup de grande gueule, donc, de la part d’une brute qui se retrouve avec un œil au beurre noir après la rixe.

Depuis, les rangs se sont resserrés derrière le premier ministre, même le chef de l’opposition l’assurant de son appui dans la défense des intérêts cAnadiens. Ainsi, hier, le fils de Pierre Elliott Trudeau était un vendu ayant trahi sa parole. Aujourd’hui, il est le héros d’une nation blessée dans sa fierté à deux couleurs.

Mais, au fond, il est toujours le même idiot du village global.

lundi 11 juin 2018

dimanche 10 juin 2018

Bavure de mode


Jeannot larbin



Le fils de Pierre Elliott Trudeau a déclaré, en fin de conférence, que la réunion du G7 «n’aura pas réussi à régler tous les problèmes de la planète». Voilà, en effet, de fortes et viriles paroles. D’habitude, les communiqués finaux d’exercices du genre aiment répéter que le tout a connu un très grand succès et que les décisions prises auront un effet positif quant à l’avenir. Depuis les 30 dernières années, on a constaté que, lorsque le bilan est déclaré positif, rien – absolument rien – ne change. Aujourd’hui, alors que le rejeton peine à masquer le fait que le sommet du G7 est un échec patent, à quoi devons-nous nous attendre?

Ce qu’il y a de bien, lorsqu’on est un travailleur ou un prolétaire, c’est que, quel que soit le résultat des tractations entre possédants, il n'y a pas de différence pour nous. Alors, succès ou échec, guerre tarifaire ou ouverture des frontières, conflit ou paix, défense de l’environnement ou destruction de la planète, respect des droits individuels ou oppression systématique, au final tout reste pareil.

En bref, c’est à se demander à quoi servent de telles manifestations des laquais du monde de la finance. Apparemment, le champagne a meilleur goût lorsque les larbins l'éclusent en troupeau.

samedi 9 juin 2018

Ordre dispersé



Cinq clôtures pour un manifestant… Et combien de flics, de drones, d’hélicoptères, de voitures blindées ou non, en même temps? Bref, combien de pognon pour contenir un seul malheureux petit manifestant avec sa pancarte à deux sous clouée sur son manche à balai?

Au fond, ceci vient peut-être nous donner la possibilité d’ouvrir un nouveau front de la lutte sociale. Cessons de concentrer nos forces, ce qui revient à avantager l’appareil répressif. En effet, une fois qu’il peut faire s’abattre toute sa puissance en un seul endroit, il est invincible. Mais s’il est obligé de déployer autant de moyens pour rien, et que des manifestants isolés l’obligent à multiplier des dépenses colossales afin de «maintenir l’ordre établi», l’État ne pourra tenir ainsi indéfiniment. Songez un instant si, plutôt que d’avoir une seule manifestation regroupant 10 000 personnes, il y avait 5 000 manifestations avec chacune à peine 2 personnes. Comment les élites bourgeoises et leurs laquais auraient-ils les moyens de contrer cette stratégie?

Il est évident que les peuples sont maintenant engagés dans une guerre d’usure contre leurs propres gouvernements qui sont prosternés devant le grand capital. Le talon d’Achille de toute la pyramide socioéconomique est justement le pognon. En créant quantité de dépenses toutes plus inutiles les unes que les autres, il sera possible d’épuiser les ressources de l’oppression.

Et puis, ce manifestant isolé, ça ne vous rappelle rien?

Moi si.


vendredi 8 juin 2018

Pot problème


jeudi 7 juin 2018

mercredi 6 juin 2018

Moreau libéral


mardi 5 juin 2018

Net fric



La pauvre petite ministre du Patrimoine cAnadien, Mme Mélanie Joly, qui essuie le feu roulant des critiques depuis pas mal tout le temps, a décidé de revenir à l’avant-scène. En effet, elle a affirmé sa volonté de mettre un terme au «régime à deux vitesses» dans le domaine des nouveaux médias. Par nouveaux médias, on entend en règle générale ceux qui sont diffusés grâce à Internet. Ainsi, toute la saga de Netflix est un bon exemple de cette seconde vitesse, c’est-à-dire que certains médias – en particulier ceux qui sont d’ici – paient des taxes et d’autres pas.

Ce qu’il y a d’amusant dans tout ça, c’est qu’on ne remet nullement en question les ententes passées, pas plus qu’on prévoit, à ce stade-ci, proposer quelque réglementation que ce soit. Bref, la petite bonde, fidèle à sa coloration, veut plein de trucs, sauf les mesures qui vont avec. Du bon, gros, vieux libéralisme pur jus, quoi.

Des cyniques ayant un penchant envers la mécanique automobile, au nombre desquels je ne compte pas par le plus grand des bonheurs, diraient que ce n’est pas avec une marche arrière qu’on abolit la seconde vitesse.