lundi 4 mai 2026

Boulette

 



Samedi dernier, c'était le jour de la marche du 1er mai. Oui, je sais, vous allez me faire remarquer que ce samedi était le 2 mai. Les organisateurs ont sans doute pensé que la participation serait plus importante un samedi et qu'il valait mieux perturber la circulation montréalaise le jour des courses plutôt qu'un jour de boulot. Comme si les automobilistes eussent pu voir une différence, lorsqu'il est question de bouchons dans les rues de la métropole.

Bref, beaucoup de monde pour l'événement et une atmosphère bon enfant, sauf pour un bémol de taille. Il y eut dans le cortège une initiative au goût effectivement discutable qui a fait réagir toute la classe politique. En effet, des personnes ont trimballé une fausse guillotine sous laquelle figurait un mannequin représentant le ministre du Travail, M. Jean Boulet.

Évidemment, la chose fut interprétée comme une menace à l'endroit du personnel politique, lequel, dans son ensemble, a énergiquement condamné l'initiative. La première ministre, Mme Christine Fréchette, a affirmé «qu'il est possible d'avancer de façon constructive sans violence ou menaces», le chef du Parti libéral du Québec (PLiQ), M. Charles Milliard, a souligné quant à lui que «notre démocratie repose sur le dialogue, la négociation et la conciliation». C'est très sympathique de ces représentants de formations politiques d'invoquer de si grands principes, surtout quand on songe que la mesure et la conciliation font rarement partie de leur approche.

Pour ma part, je trouve effectivement que cette guillotine allait trop loin. Il eût mieux valu représenter le ministre en train de se faire botter le cul par une chaussure de travail surdimensionnée, dans l'espoir de le faire avancer vers l'équité.

Sans crampons, bien entendu.