lundi 2 février 2026

Mots dits

 


par le prof Skannen

 

De temps en temps, quand je me promène, j'entends encore les gens encenser LE discours de Mark Carney lors du dernier forum de Davos. Comme on ne m'y avait pas invité, j'ai dû me résoudre à lire son allocution après coup. Très honnêtement, je trouve qu'il n'y a pas de quoi pavoiser.

Essentiellement, son propos consiste à reconnaître en geignant que le système mondialiste vit en ce moment un temps de rupture, chose que, à titre de financier néolibéral, il regrette profondément. Or, ce système planétaire en est rendu, qu'on le considère sur le plan 
économique, environnemental ou autre, à bout de souffle.

Mark Carney, en termes voilés, critique l'administration stazunienne qui aurait jeté du sable dans l'engrenage, selon lui. Mais ce sable n'est que l'accumulation des scories générées par le capitalisme sauvage en pleine surchauffe et le renforcement de l'optique impérialiste qui fut à son origine. En effet, quand cette mondialisation a-t-elle pris véritablement son envol? Au moment où les Stazunis ont émergé comme seule hyperpuissance.

Aujourd'hui, alors que les Yankees cherchent à arc-bouter leur pouvoir en déliquescence contre l'émergence de nouveaux joueurs (Chine, Russie, Inde, Brésil, entre autres), avec tout l'arbitraire dont ils sont capables, voici que leurs sous-fifres – complaisants jusqu'à aujourd'hui – trouvent que Washington ne leur laisse plus une part équitable du gâteau.

Amusant de voir que, maintenant qu'ils sont de plus en plus traités comme ces économies émergentes que les semblables de Mark Carney ont exploitées, les puissances intermédiaires se plaignent de subir une grande injustice. Bienvenue dans les corollaires du capitalisme sauvage, mesdames et messieurs. Consolez-vous en songeant que, après votre tour, ce sera celui des Stazunis.

Oui, lorsque le balancier revient, on le prend généralement en pleine gueule.

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