mercredi 9 août 2023
Qu'est-ce qu'il est fort, le salaud!
Ce n'est pas pour me vanter, mais, l'autre jour, j'avais frappé dans le mille. (La modestie m'interdit ici d'ajouter «encore une fois».)
Cela n'a pas pris goût de tinette que, déjà, on a commencé, en Occident, à dénoncer le régime militaire qui a récemment pris le pouvoir au Niger de «terroriste».
C'est facile à comprendre, quiconque tient tête aux Stazunis est un terroriste. Bien évidemment, puisque cela fait peur aux profiteurs, concussionnaires et impérialistes yankees.
mardi 8 août 2023
lundi 7 août 2023
L'uranium enrichit
Peut-être l'avez-vous remarqué vous aussi. Chaque fois qu'il est question du Niger dans l'actualité, ces jours-ci, je dresse l'oreille. Oui, car, d'ordinaire, lorsqu'un putsch renverse le pouvoir reconnu dans un pays africain pauvre, la chose passe généralement inaperçue; ou est rapidement ignorée. Mais pas dans le cas du Niger qui est une ancienne colonie de la France.
Il faut dire que les choses changent, en Afrique subsaharienne. De plus en plus, les anciennes colonies cherchent à s'émanciper de la vieille métropole. Dans le cas du Niger, dès leur arrivée au pouvoir, les militaires ont interrompu les exportations d'uranium et d'or en direction de la France en mettant en garde que toute intervention serait farouchement combattue.
Par ailleurs, le nouveau pouvoir à Niamey a déclaré vouloir établir des liens plus étroits avec la Russie et la Chine, ce qui n'est pas du tout au goût des Stazunis et des pays d'Europe occidentale. Bref, si on en entend parler, c'est parce qu'il vient de s'ouvrir un nouveau front de la guerre froide 2.0.
En attendant, la France veut recouvrir ses ambitions postcoloniales de la feuille de vigne de la démocratie, de la liberté et de la protection de la population (surtout celle de nationalité française). Quant aux Nigériens qui cherchent à s'affranchir une bonne fois pour toutes du carcan impérial tricolore, ce sont bien entendu des tyrans et, bientôt, ce seront des terroristes.
Vous comprenez, les pays pauvres n'ont de valeur que lorsqu'ils le restent.
dimanche 6 août 2023
Pros et fans
Ah! c'est très bien, cette résolution! Le seul problème consiste à savoir ce qu'est une profanation.
Déjà, à mon humble avis, la notion de «livre saint» demeure un peu floue. En effet, il appert que cette distinction demeure incroyablement subjective. Car, enfin, sur quelle base repose l'attribution de sainteté d'un livre?
Prenons par exemple le Nouveau Testament, quand on sait à quel point les débats ont été enflammés quant à savoir quels documents devaient en faire partie, force est de se rendre compte que, au fond, les évangiles apocryphes auraient aussi bien pu faire partie du canon. Au final, ce n'est qu'un rapport de force ecclésiastique qui a attribué, plus ou moins arbitrairement, la qualité de sainteté à certains feuillets et non à d'autres.
Et puis, j'y reviens, qu'est-ce qu'une profanation? Certes, brûler un livre peut paraître comme irrespectueux, mais lors des sacrifices consentis aux dieux, dans le cadre des religions anciennes, le fait de poser une carcasse d'animal sur un bûcher était considéré comme une forme de piété. Songez un peu à ce qui est arrivé à Ulysse, lorsqu'il a refusé de sacrifier aux dieux. Donc, tout ne dépend pas seulement du geste, mais également de l'intention.
Par exemple, si je viens à manquer de journal pour la cage du canari, et afin de préserver la santé de l'animal, le fait d'étaler des pages de l'Évangile serait-ce une profanation? Il s'agit simplement de prendre soin d'une créature du bon dieu.
Ou, s'il s'agit de rendre grâce avant le repas en toute sérénité, est-ce une profanation que de coincer une partie des Védas sous la patte de la table? Ou d'emballer une toupie de Hanoucca dans des pages de la Tanakh?
Par contre, se servir du Coran comme livre de chevet afin de profiter de cette lecture pour trouver plus rapidement le sommeil, ça, c'est une profanation.
vendredi 4 août 2023
Comment voyez-vous le monde?
Tout a commencé pour une question de pognon. Les médias cAnadiens sont allés se plaindre au gouvernement que les réseaux sociaux des géants du Web utilisaient leur contenu journalistique. En conséquence, lesdits médias ont exigé que lesdits géants leur paient des droits. Résultat: la loi C-18.
Facebook, Instagram et compagnie, qui auraient pu continuer à diffuser des nouvelles sur leurs plateformes – et on sait qu'ils en avaient amplement les moyens –, ont refusé de verser de moindre sou à qui que ce soit. Donc, ils ont décidé d'interrompre la diffusion des nouvelles sur leurs réseaux poubelles.
Aujourd'hui, il se trouve des gens bien intentionnés pour décrier cette initiative de la part des sociétés les plus riches de la planète, plaidant que les jeunes adultes et les adolescents s'informent de cette façon. D'un côté, ils ont tout à fait raison. L'avidité des géants du Web est pathétique.
De l'autre, si les jeunes, adultes ou non, ont accès aux réseaux laminoirs, ils ont accès au Web. Dès lors, ils ont une pléthore de sites où, si la chose les intéresse vraiment, ils ont accès, gratuitement et en temps réel, à de l'information sur l'actualité provenant des quatre coins de la planète; il leur suffit de chercher un peu. Je dis bien: «si la chose les intéresse vraiment».
Du troisième côté, l'information diffusée par les réseaux minables étant nettement biaisée, on en vient à songer que l'initiative des géants consiste en un service à rendre à ceux et celles qui veulent véritablement se tenir au courant de l'actualité.
Autrement dit, si les ultra-riches ne veulent plus diffuser leur vision du monde, qui s'en plaindra?
jeudi 3 août 2023
Il était temps!
Enfin une victoire pour la pauvre minorité anglophone du Québec, elle qui est noyée dans un immense océan de langue française.
En effet, elle craignait que l'abolition des commissions scolaires enfreigne ses droits, ce en quoi la Cour supérieure du Québec lui a donné raison.
Cette communauté démunie a souffert les pires avanies au cours des dernières décennies. Notons, simplement pour l'exemple, que ses universités sont à peine subventionnées davantage que les universités francophones; que les communications officielles ne sont pas rédigées exclusivement dans sa langue; qu'en tant que minorité, elle n'a eu droit qu'à un seul super-hôpital.
Mais cette victoire n'est que relative. Qui sait contre quelle autre colossale injustice elle devra encore user ses maigres ressources?
Parfois, si
La confirmation est tombée, hier. Le premier couple du CAnada, formé par Mme Sophie Grégoire et le fils de Pierre Elliott Trudeau, qu'on ne voyait plus ensemble depuis des mois, a annoncé officiellement sa séparation.
Encore une fois, la mèche a été vendue. L'ancien professeur de mise en scène au secondaire qu'est le premier ministre n'a toujours pas maîtrisé le principe dit du «coup de théâtre», de sorte que ses effets restent en général télégraphiés. En d'autres termes, les gens s'y attendaient depuis un certain temps.
Aujourd'hui, les médias nous expliquent que ce développement est une triste nouvelle, comme toutes les séparations. Or, il y a du bon en chaque chose. Si, selon La Presse, «la séparation des autres vient ébranler les bases de notre vie de couple», ce qui n'est pas toujours vrai, elle peut aussi inciter à faire un bilan.
Aux CAnadiens de trancher.
mercredi 2 août 2023
Signe libéral
Il n'est jamais trop tôt pour bien faire. Ainsi pense sans doute le chef du Nouveau Démocratic Party (NDP), M. Jagmeet Singh. Ce dernier, toujours soucieux des intérêts actuels – tout au moins les siens –, a entamé une tournée des provinces de l'Atlantique afin de tenter de ravir deux sièges aux libéraux dans cette région.
Certains pourraient craindre que, si cette tentative devait être couronnée de succès, cela nuise au Parti libéral du CAnada (PLiC). Cependant, si on s'arrête à y réfléchir, et au vu du soutien indéfectible que le NDP a accordé au PLiC en Chambre, il se peut que l'intention soit tout autre.
Peut-être M. Singh cherche-t-il seulement à accroître le soutien dont bénéficie le fils de Pierre Elliott Trudeau, lequel, avec le remaniement qu'il a opéré au sein de son cabinet, a sans doute suscité la grogne dans les rangs de son propre parti. Dès lors, quoi d'autre qu'un allié indéfectible pour fortifier un pouvoir chancelant tout autant que lamentable?
Après tout, si on associe les mots «néo-démocrate» et «libéral», qu'obtient-on? Néo-libéral. Au CAnada, c'est ce qu'on appelle la gauche.
C'est curieux que tous ces soi-disant «progressistes» n'amènent jamais le moindre progrès.
mardi 1 août 2023
Ratés en masse (REM)
Dès le premier jour, le Réseau express métropolitain (REM) a connu des pannes majeures. Dans le passé, les nouveaux systèmes de transport en commun attendaient quelques années avant de tomber en morceaux. Citons par exemple le métro de Montréal.
Mais le Québec, toujours à la pointe de l'innovation, et conscient que le temps c'est de l'argent – le nôtre, en tout cas –, a réalisé ce tour de force d'allonger les millions afin de construire un réseau de transport en commun déficient dès son inauguration. Cela après des semaines de mise au point.
Et n'allez surtout pas rendre responsables des pannes les voitures construites en Inde. Elles n'y sont pour rien. Il s'agit de problèmes d'aiguillage qui ont empêché la circulation des trains. Bref, ce qui a fait défaut, ce n'est pas la technologie récente. Ce qui a fait défaut, c'est le système de voies ferrées, lequel est connu depuis deux siècles.
Quand je pense que, dans le passé au Québec et pour la première fois, on harnachait des rivières entières et qu'on déployait des lignes à haute tension, tout cela en pleine forêt vierge. En ces temps-là, un des slogans était: «Le Québec sait faire.»
Visiblement, c'était une autre époque.
lundi 31 juillet 2023
Mal de Tate
Andrew Tate est un Yankee ayant fait son beurre en exploitant des réseaux de prostitution. Bref, trafic d'êtres humains, viol, coercitions de toutes sortes et, bien entendu, exploitation financière autant que sexuelle. Comme si la coupe n'était pas assez pleine, il est aussi devenu avec le temps et les réseaux sociaux une sorte d'influenceur n'hésitant pas à dérouler ses concepts sordides sur ce cher, bon, gros, vieux Web. Aujourd'hui, on note que nombre de jeunes hommes et d'adolescents prêtent une oreille favorable à ses propos, ce qui est effectivement déplorable.
Or à quoi pouvait-on s'attendre d'autre? En effet, quand le discours dominant – que ce soit dans les médias, au cinéma, dans la culture populaire et sur ce cher, bon, gros, vieux Web – passe son temps à leur dire qu'ils sont des crétins, des imbéciles, des incapables, des violeurs, des brutes et des assassins, il ne faut pas s'étonner qu'ils aiment entendre un autre son de cloche, fût-il aussi lamentable que celui d'Andrew Tate.
Peut-être serait-il mieux d'encourager chez les jeunes gens une masculinité saine et égalitaire plutôt que de les abreuver de généralisations abusives sur leur condition.
Vous savez, attirer les mouches avec du vinaigre, ça ne fonctionne pas très bien.
samedi 29 juillet 2023
Le Gault* show
(https://fr.wikipedia.org/wiki/Argile_du_Gault)
vendredi 28 juillet 2023
jeudi 27 juillet 2023
L'éléphant blanc dans la pièce
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| Thésée et le Minotaure (allégorie) |
Connaissez-vous l'expérience de pensée en philosophie intitulée le «bateau de Thésée»? Le thème est imputé à Plutarque. Ce dernier aurait suggéré que, à son retour de voyage, les Athéniens auraient préservé le bateau de Thésée. Cependant, avec le temps, il fallut remplacer çà et là quelques planches, de sorte que, au fil des années, plus aucun élément d'origine ne subsista du bateau. Ainsi, Plutarque posait la question: ce navire, en tout point pareil, était-il toujours le bateau de Thésée ou un navire différent?
Quoique deux points de vue s'opposent sur cette question, je penche pour une réponse négative. Quel que soit l'objet, dès lors qu'il a été altéré de cette manière, il ne peut tout au plus s'agir que d'une simple copie et non plus d'un original. C'est la raison pour laquelle nombre d'objets précieux, dans les musées, sont dans un état aussi piètre.
Montréal compte son propre bateau de Thésée. Il ne s'agit pas d'un navire, mais d'un stade. Depuis sa construction pour les jeux olympiques de 1976, il a subi le même sort. On en a remplacé le toit à au moins deux reprises, on a dû même refaire une de ses gigantesques poutres bétonnée qui était carrément tombée au sol, tout cela sans compter quantité d'autres rafistolages apportés à la structure.
Ainsi, la question se pose. Que reste-t-il du stade d'origine, lequel, en 1976, n'était même pas complété? Dès lors, on peut même arguer, non sans raison, que sa tour, quoique prévue dans les plans, ne faisait pas partie du stade au moment de l'inauguration des jeux.
Alors, maintenant qu'il est question de remplacer, en plus de la énième version du toit, l'anneau technique, on est en droit de poser la question quant à savoir si ce qui restera sera encore le véritable stade olympique ou simplement une pâle copie. À ce compte ne vaudrait-il pas mieux se débarrasser d'un très coûteux fac-similé une bonne fois pour toutes?
Comme on dit en anglais, quelqu'un relèvera-t-il la présence de l'éléphant dans la pièce?
mercredi 26 juillet 2023
mardi 25 juillet 2023
Feux d'artificieux
Coup de théâtre en Ukraine, alors que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé avoir trouvé des mines antipersonnel aux abords de la fameuse centrale nucléaire de Zaporijjia.
Déjà, on peut se demander ce que l'Agence fiche en zone de guerre. Il semblerait que ce soit pour protéger les installations. Mais a-t-on le droit de douter que la présence de quelques experts soit suffisante pour détourner un éventuel missile mal ajusté?
Non, bien sûr, à moins d'avoir l'esprit particulièrement mal tourné, ce qui – fort heureusement – n'est jamais mon cas.
Est-il besoin de préciser que la nouvelle a fait le tour des médias occidentaux? En effet, quoique lesdites mines aient été disposées dans une aire interdite d'accès, il n'en demeure pas moins que des blâmes à peine voilés furent adressés aux forces russes occupant la centrale. Comme chacun sait, l'utilisation des mines antipersonnel est considérée par plusieurs comme un crime de guerre.
De leur côté, les Stazunis envisagent la possibilité de fournir à l'Ukraine des obus à sous-munitions dont l'emploi, depuis 2008, est interdit par la Convention sur les armes à sous-munitions. Fort heureusement, Washington a refusé de signer le traité humanitaire, de sorte qu'il peut produire, stocker et distribuer ce type d'armes sans que cela soit un crime de guerre.
Tout ceci est donc parfaitement en règle. Sauf, évidemment, cette histoire de mines antipersonnel, lesquelles sont interdites par la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel de 1999. Fort heureusement toujours, les Stazunis ont également refusé de signer cette dernière. Les Yankees se retrouvent donc dans l'obligation morale de laisser à d'autres le soin de dénoncer la chose.
Pour une fois qu'ils ferment leur gueule…

















