samedi 7 février 2026
Tassez-vous!
Je ne sais plus depuis combien d'années ma CAQ (Coalition avenir Québec) surfe sur le thème du fameux «troisième lien», cette nouvelle infrastructure devant relier les deux rives du fleuve Saint-Laurent à hauteur de Québec.
Déjà, on ne sait pas exactement à quel endroit ce pont, tunnel ou qui sait quoi devrait être construit. Des gens, plus ou moins experts, se sont crêpé le chignon pendant des mois sur cette question sans jamais apporter de réponse satisfaisante.
Comme si cette incapacité à définir en quoi consistait véritablement le projet ne suffisait pas, ledit projet a été imaginé, puis abandonné, puis ramené selon que la popularité de ma CAQ était à la hausse, à la baisse ou dans les bas-fonds.
Maintenant que le parti se retrouve en quête d'un nouveau chef, les deux principaux candidats s'affrontent sur ce terrain glissant. L'une met en doute l'éventualité de la réalisation du projet, ce qui nuira à sa popularité auprès d'une partie de l'électorat. L'autre veut aller de l'avant envers et contre tout, ce qui nuira à sa popularité auprès du reste.
Cette pomme de discorde – pour ne pas dire cette «patate chaude» – gagnerait à être enterrée si profondément qu'elle s'efface de la mémoire collective. Or, ceux et celles qui ont le plus à perdre à son évocation sont les premiers à brandir le projet envers et contre toute logique.
En revanche, il faut admettre que l'idée du troisième lien est un concept sur lequel on peut surfer à demeure sans jamais aller nulle part. N'oublions pas, cependant, que le principe du surf est justement que, tôt ou tard, on finit par boire la tasse.
vendredi 6 février 2026
Contorsion
Alors, voici le topo. Tout commence au moment où le gouvernement de ma CAQ (Coalition avenir Québec) a déposé une motion à l'Assemblée nationale pour préciser que l'égalité entre hommes et femmes devait primer sur la liberté de religion en cas de conflit entre les deux.
Il faut comprendre, aussi. Comme – et ce, de plus en plus – les gens remettent en question l'existence d'une quelconque divinité, la présence envahissante des religions finit par convaincre que ces dernières ne sont là que pour nous contrôler. Et nous contrôler à quelle fin? Bin, il faut admettre que les deux plus grands moteurs de la nature humaine sont le sexe et l'argent. Je vous laisse déduire.
Or, pour une rare fois, tous les partis politiques siégeant au Salon Bleu ont voté en faveur de la motion. Tous? Non, car un petit village gaulois résiste encore et toujours à la raison envahissante. En effet, Québec solidaire (QS) a donné comme consigne à ses députés de s'abstenir de voter.
Certains ont accusé les Solidaires de «contorsion intellectuelle» sur cette question. Mais avant de lancer la pierre à QS pour sa prise de position, admirons plutôt son esprit masochiste. En effet, la formation politique se veut de «go-gauche». Or, elle oublie que les premiers à être passés à la trappe par les théocraties, ce sont justement les tenants de la gauche. Peut-être les stratèges de QS s'imaginent-ielles attirer le vote religieux aux prochaines élections? Là-dessus, ils et elles se trompent lourdement.
S'ils s'imaginent, en outre, conserver l'appui du vote progressiste en agissant de cette manière, ils se trompent encore plus.
* Matthieu 27:46, ou quelque chose comme ça.
jeudi 5 février 2026
Le moins
Il serait bon qu'une âme charitable communique à Mme Soraya Martinez Ferrada, la dernière adepte du Parti libéral du Québec (PLiQ) en date à occuper le siège de maire de Montréal, la procédure à suivre afin de réclamer compensation pour les conséquences du mauvais entretien de la chaussée de sa ville.
On se souviendra que, il y a peu, elle avait dû faire appel à une remorqueuse, car sa voiture avait subi des crevaisons à cause des nids-de-poule. J'imagine que ses réclamations seront traitées plus rapidement que celles des citoyens ordinaires.
Compte tenu de l'excellent travail qu'elle a accompli jusqu'à maintenant, ce serait bien le moins.
mercredi 4 février 2026
mardi 3 février 2026
lundi 2 février 2026
Mots dits
par le prof Skannen
De temps en temps, quand je me promène, j'entends encore les gens encenser LE discours de Mark Carney lors du dernier forum de Davos. Comme on ne m'y avait pas invité, j'ai dû me résoudre à lire son allocution après coup. Très honnêtement, je trouve qu'il n'y a pas de quoi pavoiser.
Essentiellement, son propos consiste à reconnaître en geignant que le système mondialiste vit en ce moment un temps de rupture, chose que, à titre de financier néolibéral, il regrette profondément. Or, ce système planétaire en est rendu, qu'on le considère sur le plan économique, environnemental ou autre, à bout de souffle.
Mark Carney, en termes voilés, critique l'administration stazunienne qui aurait jeté du sable dans l'engrenage, selon lui. Mais ce sable n'est que l'accumulation des scories générées par le capitalisme sauvage en pleine surchauffe et le renforcement de l'optique impérialiste qui fut à son origine. En effet, quand cette mondialisation a-t-elle pris véritablement son envol? Au moment où les Stazunis ont émergé comme seule hyperpuissance.
Aujourd'hui, alors que les Yankees cherchent à arc-bouter leur pouvoir en déliquescence contre l'émergence de nouveaux joueurs (Chine, Russie, Inde, Brésil, entre autres), avec tout l'arbitraire dont ils sont capables, voici que leurs sous-fifres – complaisants jusqu'à aujourd'hui – trouvent que Washington ne leur laisse plus une part équitable du gâteau.
Amusant de voir que, maintenant qu'ils sont de plus en plus traités comme ces économies émergentes que les semblables de Mark Carney ont exploitées, les puissances intermédiaires se plaignent de subir une grande injustice. Bienvenue dans les corollaires du capitalisme sauvage, mesdames et messieurs. Consolez-vous en songeant que, après votre tour, ce sera celui des Stazunis.
Oui, lorsque le balancier revient, on le prend généralement en pleine gueule.










