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mercredi 21 octobre 2020

Le mot dit

C’est un mot qui rime avec vinaigre, mais que personne n’a le droit de prononcer. Désormais, il est interdit de parler du roman Comment faire l’amour avec un [n] sans se fatiguer; défendu – à plus forte raison parce que c’est politique – de lire [N] blanc d’Amérique; proscrit tout visionnage du film Le [n].

Bref, le mal n’est plus ce qui est derrière le mot – ce qu’il représente, quoi –, c’est le mot lui-même. Le racisme latent dont il est l’expression est ainsi, en bonne part, balayé sous le tapis, laissé dans cette obscurité où il ne peut que prendre de la force, comme un répugnant vampire.


C’est une névrose très contemporaine, laquelle consiste à refouler une chose plutôt que de la reconnaître et de la combattre. D’une part, c’est une solution de facilité; de l’autre, elle est conforme avec la dérive autoritaire vers laquelle glisse la société au nom d’une forme de respect que l’on cherche à imposer.


Dès lors qu’un groupe décide de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas, on ne peut échapper au crime par la pensée.


mardi 20 octobre 2020

Arce, MAS et Granma

 




Ce matin, vous auriez été à la peine de chercher des nouvelles de l’élection bolivienne. 


Vous vous souvenez sans doute que, l’an passé, en dépit du résultat du scrutin démocratique de la présidentielle, un coup d’État – avec l’appui des militaires, bien entendu – avait porté au pouvoir une sorte de junte civile ne bénéficiant que d’un faible appui au sein du peuple.


Il n’empêche que les gouvernements occidentaux, qu’ils soient européens ou nord-américains, avaient reconnu le régime de droite qui avait ainsi usurpé la présidence. À peu près tous les médias de masse avaient bêlé dans le registre et les possédants s’étaient frotté les mains du beau succès obtenu aux dépens de la démocratie la plus élémentaire.


L’espoir de la droite était alors de se faire confirmer au pouvoir par une autre élection qui aurait apporté un lustre de légitimité à ce qui ne pouvait être désigné autrement que comme un putsch.


Or, Luis Arce du Mouvement pour le socialisme (MAS), l’ancien ministre des Finances d’Evo Morales, lequel avait dû fuir le pays de crainte pour sa vie, avait repris le flambeau et s’était présenté contre le candidat de la droite. Encore une fois, la gauche a gagné et la déconfiture de la junte est consommée.


Petite revanche des médias de masse: c’est le silence radio là-dessus pour le moment. C’est pourquoi il a bien fallu aller chercher la confirmation de la nouvelle dans un quotidien de langue espagnole.


Grands démocrasses

 




Heureusement qu’il se trouve des organismes internationaux pour nous signifier ce qui ne va pas ailleurs dans le monde. Cela nous conforte d’apprendre que tout est pour le mieux ici. Pas d’arbitraire de la part d’un système judiciaire inique et, surtout, un scrupuleux respect des droits individuels partout en Occident, et en particulier là-bas au CAnada.


Il est impensable de concevoir ne serait-ce qu’un instant que ces droits puissent être abolis, surtout pas avec un Trudeau au pouvoir.


Une famille de grands démocrates, ça.


lundi 19 octobre 2020

Semaine sans

La rédaction de Buffet complet, ne reculant devant aucun sacrifice, va tenter de réaliser un exploit unique en son genre. En effet, en cette période troublée, elle va éviter, sans trucage ni filet, de parler du sujet principal de l’heure. Il va sans dire que ce ne sera pas facile, mais s’il est possible d’être Donald Trompe et de se faire élire à la présidence des Stazunis, il est possible de ne pas mentionner ce que vous savez pendant une semaine.

Sans blague, je n’ai aucune idée comment faire ça.


Commençons par quelque chose de facile: une carte postale reçue d’Italie.





Extrait du commentaire au verso: «J’avais le choix entre [cette carte-ci] et une avec le pape. j’ai pensé que tu préférerais le minou au rat.»



Eh oui, mon sentiment antireligieux ne décroît toujours pas. C’est assez compréhensible quand on songe que des gens sont attaqués avec des couperets ou se font décapiter en plein cœur de Paris par les temps qui courent.


Si c’est ça tout l’amour que nous porte la déité, vivement son indifférence.


On peut très bien se débrouiller entre nous.


samedi 17 octobre 2020

vendredi 16 octobre 2020

Fukushima, mon amour III



Fukushima, ça vous dit quelque chose? Je parie que vous l’aviez oublié.


C’était la catastrophe de l’année 2011, laquelle commençait bien mal. Je résume: tremblement de terre au Japon, raz-de-marée, destruction de centrales nucléaires et contamination par radiations.


Au bout de neuf ans, le travail de l’oubli est assez compréhensible; il n’empêche que la crise que cela a entraînée ne se résorbe pas, et de loin. Le gouvernement japonais, toujours encombré par ce dossier inextricable, a fait un pas de plus dans la mauvaise direction.


En effet, à l’horizon 2022, il va permettre de rejeter à la mer l’eau contaminée par les matières radioactives. On parle ici d’environ un million de mètres cubes qui ont saturé les capacités de stockage des milliers de citernes.


Bien évidemment, cette décision inquiète les pêcheurs et agriculteurs locaux, mais le gouvernement assure qu’il n’y a aucun danger pour la santé. Il est vrai que peu de choses sont plus fortifiantes pour l’environnement qu’une solide dose de tritium.



jeudi 15 octobre 2020

Juste pour dire

 



Une job «steady»




Comme l’expliquait Yvon Deschamps, dans la vie, il y a deux choses qui comptent: c’est une «job steady» et un bon boss.


En cette période de foutoir généralisé que nous connaissons maintenant, il est devenu capital d’occuper un emploi permanent doté d’avantages sociaux importants. L’ironie de la chose, c’est que cette quête devient de plus en plus ardue à mesure que l’ultralibéralisme nous étrangle davantage chaque jour.


Fort heureusement, il demeure un domaine où les conditions de travail s’améliorent. Il en est ainsi du djihadisme qui semble avoir le vent dans les voiles, surtout depuis qu’on tente de le réprimer.


Ainsi, maintenant que le centre d’intérêt des fanatiques religieux s’est déplacé de la Syrie vers l’Azerbaïdjan, la solde s’est beaucoup améliorée pour les combattants de dieu, lesquels semblent se métamorphoser lentement en de vulgaires mercenaires.


C’est vrai que leur patron passe le plus clair de son temps à exiger du fric.


Un bon boss.





mardi 13 octobre 2020

Montréal vue du sol

 


Humour de (jour de) poubelles.


Couvrez ce vaccin que je ne saurais voir

Vous souvenez-vous, début septembre, quand il avait été annoncé que les Russes allaient procéder à un test de leur nouveau vaccin contre la Covid-19 sur 40 000 Moscovites?

Les épidémiologistes, virologistes et gestionnaires de la santé occidentaux ont retenu leur souffle de peur que ledit vaccin soit efficace. Mais, depuis, pas de nouvelles. Personne, semble-t-il, n’a entendu parler des résultats de l’expérience.


Il n’y a que deux explications afin de rendre compte d’un tel silence. La première est que le vaccin est inefficace, de sorte que le gouvernement russe a préféré ne plus mentionner la chose


La seconde est que le vaccin fonctionne et ce sont nos médias qui préfèrent ne pas en parler.



lundi 12 octobre 2020

Montréal vue du sol

 


dimanche 11 octobre 2020

Rien à signaler (RAS)



La vaillante République démocratique populaire de Corée (RDPC) a présenté un défilé militaire au cours duquel le monde a pu voir son tout nouveau missile intercontinental (ICBM). Rutilant et nickel, l’objet ne présentait pas une tache de rouille.


Vous auriez dû voir Kim Jong-un sur l’estrade quand est passé le long tube de métal. Il ressemblait à un enfant au pied de l’arbre de Noël, heureux et fier, dont on ne savait s’il était fier d’être heureux ou heureux d’être fier.


Ce qu’on sait, par contre, c’est que la RDPC possédait déjà des bombes nucléaires. Maintenant, ce nouveau lanceur serait capable de transporter trois ou quatre ogives, c’est-à-dire autant d’armes de destruction massive (ADM).


Bref, rien de bien nouveau, ici.


Des experts – mais pas les mêmes qui nous renseignent si bien au sujet de la Covid-19 – ont expliqué qu’il en coûterait environ 1 milliard de dollars aux Stazunis (USA) afin d’avoir des moyens de défense contre une telle arme. Or, avec les budgets militaires pléthoriques dont ils disposent, je crois que la somme a été allongée depuis fort longtemps.


Bref, rien de bien nouveau là non plus.


samedi 10 octobre 2020

Parole d'homme



Comme la «parole de dieu» se trouve dans la Bible et que, dans la Bible, on trouve tout et son contraire, il ne faut pas s’étonner si la «parole de dieu» est très souvent utilisée pour exploiter les naïfs, les crédules, les gogos et les paumés. Exploiter dans le but de les contrôler et, de là, la tentation est forte de leur soutirer du fric. 


Le truc avec la «parole de dieu», c’est qu’elle exige une foi aveugle. À ce propos, je suis au regret de reconnaître devant vous que ma foi a toujours une excellente vue.


Voilà une parole qui domine celle de dieu.

 


vendredi 9 octobre 2020

D'Iberville 2.0?

 


jeudi 8 octobre 2020

Ô Karabakh

 



On les appelle des «conflits gelés». Ce sont ces foyers de guerre qui, à l’instar des volcans, s’éveillent de temps en temps, juste ce qu’il faut pour déverser, non un torrent de lave, mais un flot de sang. Puis, suivant en cela les pratiques médicales d’autrefois, le patient, un instant soulagé par la saignée, peut attendre calmement la prochaine crise.


C’est ce qui se passe actuellement entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à propos du Haut-Karabakh. Tout comme les Balkans, de l’autre côté de la mer Noire, le Caucase a été le théâtre de notables brassages de populations au fil des marches triomphales de divers empires dans la région, et ce, aux dépens des ethnies locales, évidemment.


Ainsi s’est-il créé une forte minorité arménienne dans le Haut-Karabakh, au milieu d’une population azérie. Il y eut ensuite des tiraillements à ce sujet jusqu’en 1921, quand le camarade Staline a décidé que le Haut-Karabakh serait rattaché à la république soviétique de l’Azerbaïdjan.


À la chute de l’Union soviétique, la situation, échappant désormais à tout contrôle, s’est rapidement envenimée et, dès 1991, une guerre a éclaté à la suite de laquelle le Haut-Karabakh a été conquis par l’Arménie, en même temps qu’une partie du territoire azerbaïdjanais.


Depuis, des résolutions de l’ONU ont condamné cette occupation illégale. Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan, qui a remis sur les rails à la fois son économie et son armée, entend profiter de la faiblesse arménienne afin de libérer les régions qui lui ont été prises.


Évidemment, si elle échoue, on ne fait que remettre à plus tard la reconquête. Si elle réussit, on ne fait que remettre à plus tard la revanche.


Bref, la pérennité de ces conflits leur a donné l’étiquette de «gelés». On ne pouvait s’attendre à rien d’autre des résidus de la guerre froide.


mercredi 7 octobre 2020

Enquête Joe Bidon

Ce qu’il y a d’amusant dans la politique yankee, présentement, c’est que beaucoup considèrent Joe Bidon comme le sauveur des Stazunis, de la démocratie et de l’«américain façon de vivre».


En toute autre circonstance, Joe Bidon serait considéré comme un second violon potable dont le rôle consisterait à rassurer l’aile conservatrice d’une élite grand-bourgeoise soucieuse de ne pas laisser le progrès social entamer les marges bénéficiaires. C’est d’ailleurs dans cette optique que Barack Obama, à l’époque, l’avait choisi comme vice-président. Il était amusant qu’une créature de Wall Street comme mon pote Barack ait eu besoin de rassurer la haute finance, mais bon... 


Quoi qu’il en soit, Joe Bidon est maintenant le seul espoir de ceux qui subissent le navrant spectacle du cirque Donald Trompe, «the greasiest show on earth»; et qui se considèrent comme «progressistes».


Il faudrait lancer une enquête afin de pouvoir comprendre tout ce qui ne tourne pas rond dans ce pays auquel le CAnada et les autres cherchent tant à ressembler.







mardi 6 octobre 2020

Anonyme ment sécuritaire



Le gouvernement de M. Ratapo a lancé en petite fanfare une nouvelle application qui permettra le traçage pour vous prévenir au cas où une de vos connaissances se transformerait en nid à microbes de la Covid-19. En d’autres termes, il s’agit d’un autre truc à télécharger sur votre téléphone intelligent.


Mais, rassurez-vous, le processus est totalement anonyme. Ni vous, ni l'individu malade, ni le gouvernement n'obtiendront de renseignements personnels. Le tout ne sert qu’à vous inciter à vous faire tester en cas de contact à risque. Le premier ministre a même insisté sur le fait que les données seront protégées. Ce qu’il n’a pas expliqué, c’est comment se fait-il qu’il y ait des données à protéger si le processus est totalement anonyme. Sans doute un oubli de sa part; le pauvre homme est tellement occupé...


D’ailleurs, quel avantage un gouvernement aurait-il d’emmagasiner des données sur les allées et venues de ses citoyens? Je suis sûr que ce genre de chose ne l’intéresse absolument pas.


Je vous encourage donc à vous procurer cette application au plus tôt. Personnellement, je l’ai fait depuis ce matin et j’en suis très satisfait. Je l’ai mise sur le coin du bureau et, bientôt, je vais me munir d’un téléphone intelligent que je laisserai en permanence juste à côté. 




lundi 5 octobre 2020

Auckland vue du sol



 

samedi 3 octobre 2020

1,5e vague

 


Le gouvernement du gars Ratapo a décidé de resserrer les mesures de protection contre la Covid-19. Ce n’est pas que cela a fait plaisir, mais il fallait bien affronter ce que les autorités, appuyées aveuglément en cela par les médias, ont appelé «la deuxième vague». Laquelle, faut-il le rappeler, est censément infiniment plus meurtrière que la première. Pour quelle raison l’est-elle? Passque!


Là où le bât blesse, quant à cette irréfutable logique, c’est lorsqu’on demande d’où vient cette notion de seconde vague. Mis à part le fait que les discours catastrophistes n’ont cessé de l’évoquer alors que le virus frappait de plein fouet une première fois, il n’y a pas lieu de parler en ce moment de seconde résurgence. Avez-vous eu connaissance que la première vague s’est résorbée? Moi non plus.


Et puis, il n’est pas seulement question de continuité, ici. Il est aussi question de létalité. Un article assez critique quant au discours dominant a été publié – une fois n’est pas coutume – par La Presse, aujourd’hui. On y relativise les risques statistiques représentés par le stade actuel de l’épidémie en tenant compte de la réalité du Québec, et non des projections théoriques de l’Organisation mondiale de la santé, si chères à notre bon directeur national de la santé publique.


Bref, «la deuxième vague» ne s’annonce pas si terrible que ça. 


Si elle existe.



vendredi 2 octobre 2020

Covid de sens



Paradoxe? Ironie? Singularité? Absurdité? Conséquence? On ne saurait le dire avec certitude. Mais le fait que le président des Stazunis, M. Donald Trompe, soit atteint de la Covid-19* mérite une épigraphe digne de ce nom.


En effet, après avoir passé des semaines – sinon des mois – à en nier la gravité – quand ce n’était pas l’existence –, après avoir tergiversé jusqu’à aujourd’hui dans l’application de mesures de prévention et – surtout – après que son pays a été celui où le plus de gens ont succombé à la maladie, le chef d’État yankee est maintenant officiellement contaminé par le virus.


Alors quel est le sens à donner à cette révélation?


Pour ma part, je trouve que cela ressemble à de la justice immanente.





* Notons au passage que son épouse est également contaminée. Sans doute aura-t-elle croqué un diamant infecté.