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lundi 30 mars 2020

Naufrage de surface



On souligne à grands traits, aujourd’hui, l’arrivée du USNS Comfort, le navire-hôpital de la Marine de guerre yankee. Ce navire a comme port d’attache Norfolk, en Virginie, 475 km au sud-ouest. Bref, à six heures de demie par la route.

Il lui aura donc fallu deux semaines avant d’arriver à pied d’œuvre dans la métropole des Stazunis, ce qui représente un tour de force, dans les circonstances. En effet, le Comfort, s’il faut en croire Wikipédia, a une vitesse moyenne de 34 km/h, ce qui veut dire qu’il pourrait traverser l’Atlantique en 7 jours.

Je dis «tour de force», car compte tenu de l’incurie sanitaire qui règne dans ce pays, il aurait très bien pu mettre plus d'un mois avant d’arriver à destination.

lundi 11 septembre 2017

US et coutumes



Ne dit-on pas que «en France, tout finit par des chansons»*? Évidemment, il n'est pas donné à tout le monde de vivre en France, de sorte que les autres pays ont souvent des traditions qui leur sont propres.

Ainsi, aux Stazunis, la grande tradition consiste à tirer sur tout ce qui déplaît. Un régime démocratique qui refuse de plier? Boum! Un dirigeant qui résiste? Bang! Un ouragan qui se profile? Tac-a-tac!

Vous croyez que je plaisante? Vous avez grand tort; je n'invente rien, bien au contraire.

L'affaire avait commencé avec un canular présenté par un dénommé Ryon Edwards sur Facebook. Par dérision, il avait proposé que les floridiens devraient sortir avec leurs flingues et tirer en direction de l'ouragan Irma. Ha! Ha!, pensa M. Edwards, bon gag. Or, la plaisanterie s'est en quelque sorte retournée contre lui, car en l'espace de quelques heures 80 000 personnes s'étaient inscrites à ce qui était devenu un événement, sous le mot d'ordre «montrons à Irma que nous tirons les premiers». Il y a même eu un internaute qui a suggéré, très sérieusement, des lance-flammes pour disperser l'ouragan!

La chose est allée tellement loin que les autorités ont dû intervenir afin de décourager la population de se livrer à cette activité des plus dangereuses. D'une part, il était périlleux de s'exposer inconsidérément aux éléments. De l'autre, les conditions météorologiques présentaient un risque réel que les balles reviennent en direction des tireurs ou qu'elles blessent d'autres personnes.

Évidemment, il n'est pas question ici de critiquer l'obsession des Yankees envers les armes à feu, pas plus que je ne voudrais mettre en doute leur haute capacité intellectuelle.



* Beaumarchais, Le mariage de Figaro

mardi 23 mai 2017

Le grand «Ouf!»



Comme on sait, la grande perspicacité de l'électeur moyen fait en sorte que, par les temps qui courent, le Parti libéral du Québec (PLiQ) peut accumuler les bourdes, les preuves d'incompétence et les signes de corruption sans que cela remette en question sa réélection.

Il y a de quoi s'arracher les cheveux au sein des partis d'opposition, dont certains cherchent quelque moyen afin de déboulonner un gouvernement qui trouve le moyen, dans chaque dossier, d'être impuissant – voire nuisible – en autant que les intérêts du Québec soient concernés.

Le dernier recours en date a été une initiative de Jean-François Lisée, chef du Parti québécois, qui a tendu la main à la succursale provinciale du Nouveau Party Democratic, nommément Québec Solidaire – ils ont adopté la même couleur, d'ailleurs – afin de conclure, sinon une alliance, tout au moins un «pacte de non agression». Comme on pouvait s'y attendre de la part d'un parti secrètement fédéraliste, il était hors de question de s'allier de quelque façon que ce soit à un parti secrètement souverainiste. Bref, à son récent congrès, la proposition d'alliance avec le Parti québécois a été rejetée par le Québec Solidaire Party du revers de la main, cette dernière étant gonflée d'outrecuidance pour l'occasion.

Le premier ministre du Québec, le très PLiQ Philippe Couillard (le nom est marrant), a sans doute poussé un soupir de soulagement, cette décision lui assurant une majorité lors des prochaines élections.

Question d'encourager ses collègues fédéralistes dans cette bonne voie, sans doute, il a déclaré comprendre cette décision. Cela n'a rien d'étonnant de la part de quelqu'un qui a les idées si larges et qui est si tolérant dans tout.

Il a probablement acquis sa grande ouverture d'esprit à l'époque où il travaillait en Arabie saoudite.

mardi 12 avril 2016

Honest John James



Exceptionnellement de passage à l'Assemblée nationale afin de livrer un discours dans le cadre d'un événement, l'ancien premier ministre du Québec, John James Charest a eu des commentaires bien sentis au sujet de son mandat à la tête de la province.

À une époque où des personnalités libérales ont été arrêtées pour malversation, tandis que d'autres sont contraintes à subir une rétrogradation, et que le premier ministre actuel a pris ses distances par rapport à lui, M. Charest a affirmé avec conviction que son gouvernement avait été «honnête et intègre».

Lorsque j'ai arrêté de rire, je me suis posé la question suivante: «Si ses ministres étaient honnêtes et intègres, c'était qui le croche, alors?»

dimanche 10 avril 2016

Alain partial

Dans un récent éditorial, le chroniqueur de La Presse – et accessoirement du CAnada – nul autre que le pondéré et impartial Alain Dubuc, a donné toute la mesure de sa rhétorique.

Sans doute quelque peu ébranlé par les déboires confrontant actuellement le gouvernement de son alter ego Philippe Couillard (le nom est marrant), il s'est permis quelques réserves quant à la performance de ladite administration dans le domaine de l'économie.

Entendons-nous, il s'agissait de critiques constructives, par ailleurs largement nuancées. N'a-t-il pas précisé: «Il faut rappeler que ce ne sont pas les gouvernements qui produisent la richesse […]. En outre, la santé de l'économie dépend très souvent de facteurs sur lesquels ils n'ont aucun contrôle […].» Il faudra lui remettre cette citation sur le nez – qu'il a par ailleurs fort joli – dans le cas improbable où un gouvernement autre que libéral arrive au pouvoir un jour et ne parvienne pas, en cours de mandat, à se hisser – aux yeux de M. Dubuc, à tout le moins – jusqu'à la note de passage dans le domaine économique.

Mais quand même, tout n'est pas apologétique dans son billet. Il souligne: «Ce qui manque, c'est d'abord un sens des priorités et ensuite du leadership.» Apparemment, selon lui, le gouvernement Couillard (le nom est marrant), n'ayant pas fait de l'économie sa grande priorité, s'est éloigné de la sacro-sainte tradition libérale.

Je me permets de souhaiter la bienvenue à M. Dubuc qui, visiblement, n'a pas vécu au Québec ces 12 dernières années et n'a eu aucun contact avec notre réalité politique tout ce temps, de sorte qu'il n'a pas été au courant que le Parti libéral du Québec (PLiQ) s'est toujours proclamé l'expert en termes économiques, un expert qui, depuis Bob-la-Job, n'a jamais fait mieux que les autres.

Mais vous savez ce qu'on dit des experts: les moins bons deviennent journalistes.

lundi 4 avril 2016

Vive certaines indépendances!



Cette fin de semaine, la communauté hellène de Montréal soulignait la fête de l'indépendance, l'une des deux fêtes nationales en Grèce. Comme une part importante de ladite communauté habite la circonscription de Papineau, magistralement représentée par le fils Trudeau, il s'est invité au défilé organisé dans le cadre de l'événement.

Alors, il s'en est donné à cœur joie en serrant des mains, en embrassant les charmantes jeunes dames présentes et en allant même jusqu'à brandir le drapeau de la Grèce, sans doute la première – et seule – fois où il aura brandi un drapeau bleu et blanc.

Faut-il voir dans la présence de M. Trudeau à cette fête un appui à l'idée d'indépendance? Sûrement. Mais seulement aux indépendances bénéfiques, bien entendu. Certaines d'entre elles étant résolument délétères sont à éviter à tout prix. Si celle de la Grèce a pu apporter quantité d'avantages au monde occidental, celle du Québec – par exemple – entraînerait immanquablement des destructions et des souffrances infinies pour le genre humain, ce qui explique que tant de gens s'y opposent farouchement.

Heureusement, des guides conséquents et inspirés, comme Ti-PET, sont là pour démêler le bon grain de l'ivraie.

jeudi 24 mars 2016

La question qui tue

L'attaque terroriste qui a frappé Bruxelles a été revendiquée par Daech. Rien de très original là-dedans; tout le monde accusait déjà la mouvance islamique. On fait la même chose chaque fois, depuis le fameux 11 septembre 2001. Sauf que, dans ce dernier cas, personne n'a «officiellement» revendiqué la destruction des tours ni tout le reste. Ce sont les Stazunis qui avaient décidé qui était responsable.

Mais cette fois il y a eu revendication pleine et entière de la part de l'État islamique au Levant et de son anachronique califat. Or – et il s'agit maintenant d'un secret de Polichinelle – ce sont justement les Stazunis qui ont contribué à former, entraîner et équiper Daech. Bien sûr, le tout sous le couvert d'appuyer une opposition «modérée» à Bachar el-Assad, mais tout de même on a bien vu dans quelles mains aboutissaient les armes. Ça leur a même joué un sale tour, aux Yankees, parce que Daech a fini par déborder de la casserole, comme du lait qu'on a trop chauffé, et s'est répandu en Irak. Avec les résultats que l'on sait.

Sauf que…

On peut certes imaginer que Daech, malgré l'appui – pas toujours tacite – dont il bénéficie de la part des Stazunis et de leurs alliés (Arabie saoudite, Qatar, etc.), pratique une politique indépendante, parfois même à contre-courant de celle de ses commanditaires. Un peu comme une sorte d'Israël arabe.

Mais on peut aussi imaginer que Daech est pratiquement télécommandé par Washington, un peu comme une sorte d'ONG au couteau entre les dents. Et si cette théorie était vraie, cela voudrait dire que des opérations à la bruxelloise ou à la parisienne, en attendant la suite, ont été approuvées – sinon initiées – par les Yankees.

Mais voyons, me direz-vous, quel intérêt auraient-ils de faire exécuter de tels carnages en Europe? Tout d'abord, parce qu'ils préfèrent que ça ne se passe plus chez eux. Ensuite, parce que cela amène de l'eau à leur moulin autoritaire. De nos jours, ce ne sont plus seulement des simplets à la Donald Trompe qui exigent plus de flics, plus de soldats et moins de droits individuels. Des intellectuels, et pas seulement ceux qui seraient dignes des pages éditoriales de La Presse, ont commencé à unir leurs voix en ce sens.

Plus de flics, de soldats et de mercenaires, sans compter tout l'appareil répressif derrière, cela se traduit par des sommes d'argent colossales, surtout aux Stazunis où les budgets militaires représentaient – dans ce seul pays et avant le début de la guerre au terrorisme – plus de la moitié des dépenses en armement de toute la planète.

Est-il imaginable, puisqu'on s'amuse à échafauder des scénarios ridicules, que quelqu'un aux Stazunis se soit demandé, il n'y a pas si longtemps, comment on pourrait faire pour détourner encore plus d'argent public afin de l'engloutir dans le puits sans fond des dépenses militaires?

Et, afin d'éviter les remises en question, il faut bien rappeler une fois de temps en temps aux citoyens sous quel prétexte on le fait.

mardi 8 mars 2016

Lésion d'honneur



Dernièrement, le prince héritier d'Arabie saoudite était en visite en France. Évidemment, au Yemen, il n'aurait probablement pas été aussi bien reçu. Preuve de l'hospitalité française, Mohammed ben Nayef Al Saoud a reçu des mains du résidant de l'Élysée la légion d'honneur.

On a utilisé comme prétexte la contribution de l'Arabie saoudite à la lutte contre le terrorisme afin de légitimer cette remise de prix. C'était oublier un peu vite que Riyad  finance et équipe des groupes terroristes en Syrie, tout comme ce gouvernement bombarde aveuglément, et dans l'indifférence générale, les populations civiles du Yémen qui ont eu la mauvaise idée de chasser leur gouvernement despotique inféodé aux Saoudiens.

Une telle attitude a de quoi froisser bien des susceptibilités et déchire définitivement le voile de légitimité que les soi-disant démocraties occidentales opposent au fanatisme islamique. Hypocrisie ou absolutisme, voilà le seul choix qui nous est laissé.

Quant à la justice, elle est allée rejoindre l'honneur véritable et la dignité dans le caniveau où elles ont chu.

mercredi 24 février 2016

OTAN emporte le vent



L'OTAN est devenue en quelque sorte l'homme invisible de la politique internationale. Omniprésente sur les scènes européenne, africaine et proche-orientale, elle n'est jamais mentionnée que de façon accessoire lorsqu'une nouvelle aventure internationale entraîne inévitablement son cortège de destructions et de meurtres.

Rappelons que l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord – c'est son nom de baptême – a été fondée en 1949. Elle a a été créée dans le but explicite de combattre le communisme et de court-circuiter le Conseil de sécurité de l'ONU qui avait vu le jour à peine 4 ans auparavant.

Des esprits naïfs, dont le mien, avaient supposé que, à la chute du socialisme en URSS, l'OTAN allait se dissoudre, ayant de facto perdu sa raison d'être. C'était se tromper lourdement. Au contraire, c'est à partir de ce moment-là que l'OTAN allait commencer sa véritable existence. Comme un chien enragé qu'on détache, elle s'est précipitée sur ses adversaires avec une férocité qu'on ne lui soupçonnait pas, multipliant les crimes de guerre sans vergogne.

Depuis, l'OTAN a servi de feuille de vigne aux ambitions des grands pays capitalistes. Avec la caution que garantit une association de nations, c'est non seulement la légitimité qui se trouve décuplée, mais c'est aussi la culpabilité qui se dissout dans la masse. Et masse il y a. Depuis la chute du mur de Berlin, quantité de pays dits du bloc soviétique se sont joints à l'Organisation qui n'a plus d'Atlantique Nord que le nom: Pologne, Hongrie, Lituanie, Estonie, Lettonie, République tchèque, Roumanie, Bulgarie, alouette!

Or, l'Organisation perd graduellement sa fonction de soutien des politiques des pays membres. Elle développe de plus en plus les siennes propres, lesquelles demeurent encore un temps tributaires de celles des chancelleries. Mais jusqu'à quand? Combien de temps faudra-t-il avant que ce soit l'OTAN qui indique la marche à suivre aux gouvernements et non l'inverse?

Et quand on pense que l'Organisation est avant tout à caractère militaire, c'est le spectre d'une dictature militaire transnationale qu'elle fait peser sur le genre humain.

Une organisation qui, demain, finira par tous nous organiser.

mercredi 17 février 2016

Bombes pacifistes



De plus en plus, le débat porte sur la meilleure façon de combattre Daech, Al-Nosra et Al-Quaïda en Syrie.

Les Stazunis ont eu l'idée – qu'il faut au moins souligner pour son originalité – de bombarder, mais en visant à côté des cibles ou peut-être de bombarder avec de l'aide militaire. Élégant, mais pas très efficace si les terroristes sont vraiment les ennemis des Yankees. Un gros «si», en effet.

Les Russes, eux, mauvais joueurs et pas originaux pour deux sous, ont pensé qu'il serait mieux de taper dans le tas et d'envoyer d'autres types au casse-pipe. Ces derniers, les Syriens fidèles au régime et leurs alliés, se sont chargé d'occuper le terrain systématiquement à la pointe du fusil.

Personne n'a pensé que la meilleure stratégie consistait à priver les forces rebelles de leurs sources d'approvisionnement, lesquelles provenaient de la Turquie. En d'autres termes, si les autres nations voulaient vraiment venir à bout du terrorisme dans cette région du monde, c'est la Turquie qu'il leur faudrait bombarder de bout en bout, et pas avec des colis de la Croix-Rouge.

Or, la Turquie est un membre de l'OTAN. La charte de cette organisation stipule que, si un pays membre est attaqué, les autres doivent se porter à sa défense. Donc, si les Occidentaux bombardent la Turquie, il faudrait qu'ils se bombardent eux-mêmes aussi.

En n'ayant plus à déplacer leurs avions si loin, CAnada, Royaux-Munis, France et Stazunis pourront faire de colossales économies de carburant, ce qui les affranchira du besoin de tant contrôler les sources de pétrole et donc d'intervenir militairement à l'étranger.

Ainsi, les gens se bombardant eux-mêmes, la paix finirait par venir toute seule

mercredi 10 février 2016

Eau-stérité

Que je sache, l'histoire n'a pas eu un grand retentissement du côté nord de la frontière. Cependant, elle a causé une certaine commotion aux Stazunis. Il s'agit de la question de l'eau potable à Flint, au Michigan.

Un peu d'histoire, d'abord. La ville, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Detroit, a longtemps été un centre de la production automobile, ce qui lui a conféré une solide prospérité. Cependant, au cours des années 1980, la compagnie General Motors a progressivement cessé ses activités industrielles, transformant de facto la municipalité en zone dévastée*.

Aujourd'hui, Flint cumule les records de chômage, de pauvreté et de criminalité. Quant à ce dernier aspect, il faut bien souligner que l'exacerbation de ladite criminalité n'est pas uniquement le fait d'individus démunis. Elle implique tout autant les dirigeants.

Évidemment, la décadence économique de Flint a entraîné d'insurmontables problèmes budgétaires. En conséquence, les autorités ont dû recourir à d'extrêmes mesures d'austérité afin de faire face à la crise. Ces mesures ont-elles permis de redresser la barre? Pas du tout. En définitive, et dans le meilleur des cas, l'austérité n'a fait que perdurer la situation catastrophique, quand elle ne l'a pas empirée.

À preuve, le scandale récent. Afin d'économiser un peu d'argent**, les responsables ont négligé les avis des scientifiques qui ont détecté la présence de plomb dans l'eau potable de la ville, apparemment due à la corrosion qui s'est attaquée aux conduits municipaux. Ils sont même allés jusqu'à empêcher l'information d'être diffusée dans les médias. Pendant 2 ans, la situation est restée sous le boisseau. Inévitablement, les problèmes de santé ont commencé à apparaître, ce qui a fait éclater toute l'affaire.

Aussi, permettez-moi un conseil. La prochaine fois que quelqu'un fera la promotion d'une éventuelle austérité budgétaire devant vous, dites-lui que cette personne n'a pas de plomb dans la tête.




* À ce propos, voir le film documentaire de Michael Moore, Roger et moi.


** Selon les experts, il en aurait coûté 100 $ par jour à la municipalité pour enrayer le problème.

mardi 9 février 2016

Toute petite, la planète



Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis que la planète est devenue toute petite avec l'avènement d'Internet, il s'est produit un étrange phénomène. Quand on raconte que la planète est devenue toute petite, on veut essentiellement dire que n'importe qui dans le monde peut désormais entrer en contact avec n'importe qui d'autre. À condition d'avoir une connexion au Web et d'avoir de l'électricité dans sa communauté. Ce n'est pas encore le cas de tout le monde dans le monde, mais de beaucoup de monde.

Or, depuis que la planète est devenue toute petite, et que conséquemment tous peuvent échanger – ou à tout le moins donner leur opinion –, la situation a évolué très rapidement. Graduellement, les autorités ont commencé à développer des techniques afin, sinon de contrôler, au moins d'espionner tout ce qui se dit. Dans le même temps, des sociétés de l'électronique ont offert des services axés sur les individus  permettant de noyer dans un immense bruit de fond les messages signifiants circulant sur la Toile: Facebook, Tweeter, Instagram, etc.

L'un dans l'autre, répression et insignifiance tendent à juguler le discours revendicateur avec leurs moyens combinés, quoique fort différents. Évidemment, comme l'ont démontré certaines «révolutions de couleur», les réseaux sociaux sont abondamment utilisés par la droite, ce qui nous laisse penser que, au fond, le Web a un certain penchant politique vers un côté de l'éventail.

Certes, la liberté d'expression survit en ligne. Cependant, déjà espionnée à l'interne, elle commence à être muselée en amont, comme en témoignent de plus en plus d'initiatives de censure, comme ce qui se passe présentement en Israël. Finalement, on est droit de croire que, plus nous disposons de moyens d'expression, moins nous sommes appelés à dire le fond de notre pensée.

Oui, la planète est devenue plus petite; et de bien des façons...

lundi 8 février 2016

Kwangmyong 4



Personnellement, je trouve plutôt rassurant de constater qu'il existe encore des pays qui n'hésitent pas à tenir la dragée haute aux maîtres du monde. D'autant plus rassurant lorsqu'il s'agit de petits pays qui préfèrent courir le risque de sanctions économiques, plutôt que celui d'une invasion de leur territoire. À cet égard, l'exemple de l'Irak est patent: croyez-vous que les Yankees auraient osé l'envahir s'il avait vraiment disposé d'armes de destruction massive? Les Stazunis sont souvent crétins, mais ils ne sont pas encore fous.

Alors voilà que la vaillante République démocratique populaire de Corée (c'est son nom véritable, «Corée du Nord» n'étant qu'un raccourci commode) vient de lancer un satellite en orbite portant le nom de Kwangmyong 4. La communauté internationale – les puissances occidentales, principalement – a condamné ce lancement. Était-ce un satellite militaire? Pas du tout. L'essai a-t-il représenté un danger pour des civils en quelque partie du monde? Non plus.

Alors pourquoi tout ce brouhaha? Parce qu'on avait interdit à la RDPC de le faire. Oui, car quand ce pays procède à la mise en orbite d'un engin, c'est forcément un essai déguisé du tir d'un missile balistique. Ce qu'il y a d'amusant avec l'attitude des maîtres du monde, c'est qu'ils décrient le retard de la Corée du Nord, un pays communiste orthodoxe, et qu'ils le critiquent vertement lorsqu'il cherche à progresser.

Or, les Occidentaux, Stazunis en tête, savent parfaitement que le jeu de la RDPC est purement défensif. Dès lors pourquoi les protestations sont-elles si fortes? Mais c'est tout simplement la réaction normale d'un fier-à-bras de cour d'école qui ne peut supporter qu'on lui tienne tête.

Si les petits refusent de plier devant lui, qu'en sera-t-il un jour des plus grands?

samedi 6 février 2016

Charité bien coordonnée



L'Église catholique demeure probablement l'organisation dont les ramifications hiérarchiques sont les plus développées. On trouve du catho à peu près partout, sur tous les continents et dans tous les pays; en proportions variables, il est vrai. Et qui dit hiérarchie, dit également constance du discours.

En ce moment, face à la crise des réfugiés dans laquelle l'Europe se trouve empêtrée, les réactions vont bon train. Par exemple, en Belgique, le gouverneur de Flandre occidentale appelait dernièrement à «ne pas nourrir les réfugiés», sous le prétexte qu'autrement d'autres migrants viendraient à leur tour.

Mais le foyer de la crise migratoire se trouve en Allemagne, le pays dont l'économie est la plus dynamique et donc la plus attirante pour ceux qui cherchent à refaire leur vie fracassée par la guerre et le terrorisme, entre autres. Là, les réactions sont plus extrêmes encore. À preuve, la déclaration de Frauke Petry, la présidente de Alternative für Deutschland (AfD), un parti allemand d'extrême droite, qui a jugé dernièrement que son pays devait pouvoir recourir aux armes pour protéger les frontières contre l'afflux de migrants.

Le pape, Frenchie One, de par les exigences de son boulot, a été plus conciliant. Il avait affirmé, en septembre dernier, qu'il fallait traiter le problème à sa source. Il s'en était suivi sa coutumière liste de vœux pieux – sans jeu de mots – où il suggérait de changer la donne socioéconomique et de cesser les conflits armés. Évidemment, sans jamais dire comment, et encore moins se retrousser les manches pour le faire, question de les garder immaculées. Il avait tout de même glissé dans son discours que les mouvements migratoires posaient un risque quant à la sécurité.

Eh bien, son employé, le président des la Conférence épiscopale allemande, le cardinal Reinhard Marx, a repris ce discours là où le pape l'a laissé et a signifié récemment que l'Allemagne ne pouvait pas «accueillir tous les nécessiteux du monde». Pour se donner bonne conscience, il a souligné qu'il s'inquiétait de ce que, si elle n'était pas contrôlée, l'immigration massive allait engendrer une montée de la xénophobie dans son pays qui a connu dans le passé une tendance vers l'extrémisme de droite (quel euphémisme!). C'est vrai et, à cette époque «d'extrémisme de droite», faut-il le rappeler, l'Église catholique marchait main dans la main avec le pouvoir.

Le cardinal Marx – ça fait tout de même drôle d'adjoindre ces deux mots... – a insisté sur le fait que la situation ne devait pas être considérée uniquement en fonction «de la charité, mais également de la raison». «Charité», le grand mot était lâché. En d'autres termes, selon le cardinal, combien cela allait-il coûter?

Qu'est-ce que ça peut lui foutre à lui? Jamais personne n'a vu l'Église catholique lâcher le moindre centime, elle qui ne paie déjà ni taxes ni impôts. Alors ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer, et encore moins en Allemagne!

mercredi 3 février 2016

CQFD sécurité


Au-delà de son aspect résolument émotif – tout au moins dans l'Ouwess du CAnada – la question du projet Energy East n'a certes pas été vraiment débattue, sinon par une minorité de gens.

Sur le plan de la désinformation, quantité d'arguments ont été avancés par les apologistes du projet. Il a été question de richesse collective, d'unité nAtionale, d'avenir commun et de respect réciproque – quoique, dans ce dernier cas et de manière antinomique, exclusivement à sens unique.

On a fait valoir, en outre, un argument environnemental et sécuritaire. En effet, les défenseurs des sociétés pétrolières de l'Alberta insistent sur le fait qu'il est moins dangereux de transporter leur produit par pipeline que par train.

Tout d'abord, la chose demeure à prouver.

En effet, les dégâts environnementaux occasionnés par des fuites dans des pipelines ont été beaucoup plus destructeurs pour l'environnement que les déraillements de wagons citernes. J'en veux pour exemple celui de Kalamazoo.

Ensuite, s'il était vrai que le transport par pipeline est moins risqué, c'est peut-être parce que la sécurité ferroviaire a été plus que négligée au fil des ans. Aujourd'hui, le matériel roulant, les tristement célèbres DOT-111, sont d'un modèle dont la conception remonte à plusieurs décennies. Ses lacunes, justement sur le plan de la sécurité, sont connues depuis plus de 20 ans. Et passons sous silence la question de leur entretien, sur laquelle je ne possède pas de données fiables. Ça vaut peut-être mieux; il y a une ligne de chemin de fer passant à 500 m de chez moi…

Et puisqu'il est question d'entretien, n'oublions pas de mentionner que celui des voies de chemin de fer a aussi subi le contrecoup des compressions budgétaires.

Or, si des négligences sont à noter quant au transport ferroviaire, qui peut garantir que les infrastructures relatives au transport par pipeline ne seront pas à leur tour négligées au bout de une ou deux décennies? Nous savons déjà qu'elles le seront.

Enfin, personne n'a posé la question qui tue aux responsables. Admettons que le transport par pipeline présentera moins de risques quant à l'acheminement du pétrole. Est-ce qu'il se substituera au transport ferroviaire ou ne fera-t-il que s'y ajouter?

CQFD sécurité.

lundi 1 février 2016

L'indépendance libérale


On se souvient du tollé que le désistement des maires de la région de Montréal face au projet Énergie-Est (mieux connu dans le monde sous le nom Energy East) a provoqué au CAnada.

Ainsi, le Québec a été accusé de tous les maux – avec tous les mots –, depuis celui d'«égoïste» jusqu'à celui d'«inconscient», et ce, même par les défenseurs les plus tonitruants de l'environnement.

Justin Trudeau, par la grâce de dieu et l'incompétence des électeurs, premier ministre du CAnada, y est même allé de déclarations se voulant à la fois lénifiantes et plutôt favorable au projet.

Philippe Couillard (le nom est marrant), par la grâce de dieu et l'amnésie des électeurs, premier ministre du Québec, a affirmé que sa province jouissait de sa pleine indépendance décisionnelle. De surcroît, il a souligné que son gouvernement allait évaluer soigneusement le projet Énergie-Est.

Il n'en sera que plus crédible, dans quelques mois, lorsqu'il lui donnera son approbation pleine et entière en cédant encore une fois sur toute la ligne face au CAnada.








vendredi 29 janvier 2016

La manie du remaniement



On assiste souvent dans les officines gouvernementales au processus pudiquement appelé «remaniement ministériel». L'exercice consiste à changer les portefeuilles de certains ministres, d'en rétrograder quelques-uns et de promouvoir des députés d'arrière-ban.

Le jeu de chaises musicales intéresse au plus haut point les journalistes qui, en temps normal, n'ont que des platitudes à nous mettre sous la dent. Effectivement, le procédé donne lieu à quantité de commentaires et d'analyses toutes plus empreintes de virtualités les unes que les autres.

Cependant, on oublie trop facilement qu'un remaniement ministériel est d'abord et avant tout un constat d'échec à demi-mot. Sans l'admettre, on signifie que l'équipe telle que constituée n'arrive pas à faire le travail qu'on attend d'elle. Il importe alors, afin de chercher à rebâtir la crédibilité d'un gouvernement en mal d'orientation, de la réorganiser afin de se donner une chance de succès accrue relativement aux dossiers à traiter. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer.

Il est d'ailleurs assez facile d'estimer dans quelle mesure un gouvernement prend conscience de sa propre incapacité lorsqu'on établit un pourcentage du nombre de ministres qui sont remplacés ou tout simplement déplacés. A contrario, ce pourcentage donne la note que s'attribue le pouvoir en place. Par exemple, si le remaniement touche 40% des ministres, cela signifie que le gouvernement mérite une note de 60%. Bah! c'est quand même la note de passage! Quantité de cancres en seraient très heureux*.

Ce qu'on oublie surtout de souligner, c'est que l'équipe d'origine, celle qui disparaît dans la tourmente, a bel et bien été choisie par le chef, lequel aurait dû être suffisamment compétent pour mettre en place les personnes les plus capables du premier coup. Je sais bien que les contraintes des tractations de coulisse et les choix discutables de l'électorat ne garantissent pas toujours que les meilleurs cerveaux sont mis à contribution. Cependant, qui dit remaniement dit également que ce sont grosso modo les mêmes qui continuent à servir, quoique à des postes différents. Si l'un – ou l'une – a été incompétent au sein d'un ministère considéré comme sa spécialité, quelles sont les chances qu'il se mette à briller ailleurs?

Finalement, que conclure? Eh bien, si le premier choix n'a pas été le bon, les possibilités que le suivant fonctionne demeurent encore plus faibles. Par ailleurs, on est en droit de craindre que si l'équipe ministérielle n'arrive pas à «livrer la marchandise», comme on dit, le problème véritable se trouve ailleurs.

Probablement au-dessus.


* Dans le cas qui nous occupe, sur les 27 ministres que comptait le gouvernement avant le «remaniement», 14 ont été mutés, ce qui représente 51,9 % des ministres. A contrario, cela signifie que la note du gouvernement Couillard (le nom est marrant) est de 48,1 %. Pas de quoi pavoiser, mon Philippe.

jeudi 28 janvier 2016

Bonne Vénus et malvenus

En ce moment, le président de l'Iran, Hassan Rohani, est en train de «guidouner» en Europe. On sait que, dernièrement, un accord relativement au nucléaire avait été conclu, ce qui a permis d'alléger – voire d'abolir – les restrictions commerciales envers ce pays. Même le CAnada entend normaliser ses relations avec l'Iran; c'est tout dire.

Présentement, M. Rohani est en Italie où il compte signer une quinzaine d'accords représentant des milliards de dollars. Afin de prévenir la crampe de l'écrivain, il entrecoupe les séances de signature avec des visites de certains sites romains, dont le Capitole.

Le bureau de l'État responsable du protocole a pris l'initiative d'y masquer les statues représentant la déesse Vénus avec des paravents. Déjà que Vénus était une représentation du corps humain, celui de femmes nues de surcroît, et de divinités païennes par-dessus le marché. Bref, couvrez cet art qu'il ne saurait voir...

La peur a dû saisir les responsables italiens que la chose pût coûter un ou deux millions par mamelle. Dans le même ordre d'idées, les repas protocolaires sont servis sans vin ni aucune autre boisson alcoolisée, de peur que ça coûte quelques millions par gamelle, sans doute. Décidément, les pauvres musulmans ne savent pas ce qu'ils manquent.

Quoique l'hypocrisie religieuse fait bien souvent en sorte qu'ils ne le manquent peut-être pas autant qu'on pense.


La Jocrisse

mardi 26 janvier 2016

Le passif de l'actif

Depuis qu'il s'est lancé en politique, Pierre-Karl Péladeau, dit «PKP», n'a jamais été aussi actif. Or, de tous les chefs que le Parti québécois (PQ) a eus, c'est sans doute ce cher bon, gros, vieux PKP qui traîne le plus lourd passif.

Passif auprès des syndicats, d'abord, la clientèle privilégiée du PQ. Le passé anti-syndical de PKP, avec ses lock-outs à répétition ne lui a pas fait gagner des points auprès de la base. Pas plus que des syndiqués amers et méfiants ne seront jamais portés à voter pour lui.

Passif auprès du vote progressiste, ensuite. Il ne faut pas oublier que Quebecor (oui, oui, sans accent) était propriétaire du groupe de presse Sun News Network, au CAnada, qui a activement moussé les candidatures conservatrices lors des campagnes électorales ayant porté – puis maintenu – Stephen J. Harper au pouvoir. Sans compter ses appuis à tout ce que l'ouest du CAnada eût pu comporter comme mouvements de droite (lire: le tristement célèbre parti «Wildrose» albertain, entre autres). Cela sans compter les multiples prises de position ayant semé la controverse. Finalement, les ennuis financiers vinrent à bout du groupe dont le permis d'exploitation lui fut retiré en mars 2015.

Passif financier, également, pour faire suite à ce qui précède. En effet, quoique fils à papa, PKP n'a peut-être pas hérité de toute la détermination du paternel en affaires. Soulignons tout de même que ce dernier a connu ses revers et que, comme elles l'ont fait plus tard pour le fils, les institutions québécoises se sont précipitées à son secours en plus d'une occasion. Dans une large mesure, l'empire Quebecor s'est constitué, et surtout maintenu, avec des fonds publics.

À tout cela s'ajoute un passif de crédibilité. À savoir que sa réputation en tant qu'«évadeur fiscal» le place dans une position de faiblesse face à ses adversaires politiques, surtout lorsque viendra le moment de mettre sur la sellette l'incurie gouvernementale sur le plan de l'administration des finances. Et puis, l'autre passif de crédibilité tient à ce que certains d'entre nous se demandent toujours où diable était ce grand patriote québécois lors des deux référendums? Et de toutes ces élections provinciales et fédérales au cours desquelles il est resté coi comme une huître?

Face à tout cela, les militants placés devant leur bulletin de vote lors de la course à la chefferie ont dû se livrer à un calcul pragmatique, une excellente initiative en politique. PKP étant millionnaire, et à la tête d'un important groupe de presse de surcroît, lesdits militants ont sûrement cru que ces ressources allaient être mises à la disposition du mouvement souverainiste. Or il ne fut rien de tout cela. La feuille de chou quotidienne – celle de Montréal autant que celle de Québec – ne fait pas davantage de place au discours indépendantiste qu'aux prises de position résolument fédéralistes. Seul «avantage», quelque lèche-bottes de service – populiste et fascisant – a changé son fusil d'épaule dans sa colonne et a cessé de tirer à boulets rouges sur le PQ. C'est bien peu.

En définitive, pourquoi PKP est-il chef du PQ? Personnellement, je n'en ai aucune idée. J'espère que PKP lui-même soit au courant.

Lui et le président de son conseil d'administration; un certain Brian Mulroney, m'a-t-on dit…



lundi 25 janvier 2016

Pire équation

Le temps a beau passer, nous sommes toujours englués dans le glissant dossier Énergie-Est. Vous savez, le fameux pipeline qui doit acheminer le pétrole sale – quel pléonasme donnant une riche idée de ce que c'est… – de l'Ouest cAnadien jusqu'aux raffineries et terminaux de la côte est. En particulier ceux appartenant aux seigneurs des Maritimes, la famille Irving.

La semaine passée, des maires de la région de Montréal, incluant l'inébranlable Denis «de poule» Coderre, ont exprimé leur refus de voir le fameux pipeline passer sur les territoires de leurs municipalités.

Coup de tonnerre dans l'azur fuligineux des Prairies!

De l'Alberta à la Saks…, la Sawek…, la Sektwan… – en tout cas, l'autre province de l'Ouest, là –, ce fut le tollé. Qu'il s'agisse de maires de ministres ou même de premiers ministres, le concert de commentaires outrés n'a pas eu de cesse pour blâmer le sempiternel égoïsme du Québec (comprendre: des maudits french pea soup). Comment cette province, gâtée-pourrie à coups de péréquation – on nous a rebattu les oreilles avec ce cliché –, pouvait-elle oser refuser un tout petit pipeline de rien du tout et condamner ainsi la croissance pétrolière éhontée de l'Ouest?

D'abord, et ceci dit sans vouloir la ramener, il faut bien admettre que la prospérité de l'Ouest amenée par le pétrole a artificiellement gonflé la valeur du dollar cAnadien et, de ce fait, a considérablement nui aux exportations de l'industrie manufacturière du Québec. Mais ça, évidemment, tout le monde s'en foutait à l'époque où le prix du baril de pétrole s'envolait.

Ensuite, il faudrait expliquer ce qui fait que nous devrions être si solidaires de ces gens. N'oublions pas que le pétrole consommé au Québec est importé de l'étranger, principalement de la mer du Nord. Personne, jamais, au CAnada, n'a songé nous offrir des tarifs préférentiels afin que nous puissions acheter du pétrole à meilleur prix. Comme d'habitude, il a fallu se démerder nous-mêmes, sans l'aide de ces chers compatriotes qui nous aiment tant les veilles de référendum.

Et puis, que je sache, la Colombie-Britannique a refusé, elle aussi, le passage d'un pipeline sur son territoire et personne n'a accusé cette province de tous les défauts. Ou est-ce que la bisbille pan-cAnadienne n'est pas parvenue à nos oreilles? C'est possible, mais j'en doute.

Enfin, lorsque leur pipeline finira par laisser fuir la saloperie, qui sont ceux qui ramasseront la facture? Les provinces de l'Ouest? Ça m'étonnerait! Le Québec se fera encore accuser d'égoïsme si, alors, il devait demander que les rednecks des Prairies paient l'écot de leur incurie.

Que répondre à ce déballage hypocrite fleurant le racisme à la sauce anglo-saxonne, auquel nous assistons présentement?

Commençons par cesser de payer notre part du fédéralisme cAnadien. Nous verrons ensuite si nous avons encore besoin de leur saleté de péréquation...


Superbe paysage du nord de l'Alberta