samedi 6 juin 2026

Mots dits

 

par le prof Skannen

 

On nous met en garde devant l'utilisation éventuelle de l'intelligence artificielle (IA) à des fins militaires. Mais dans quel but pensez-vous que ce nouvel usage informatique a-t-il été envisagé dès le départ? Faciliter la vie des gens ordinaires?

Pour autant que les gens ordinaires soient concernés, l'IA a sans doute été pensée comme moyen de contrôle, la guerre n'étant qu'un autre moyen de contrôle; plus drastique, celui-là.

Évidemment, lorsque les premières armes «intelligentes» seront mises au point, on nous racontera sans doute que cela permettra d'exécuter des «frappes chirurgicales», lesquelles épargneront des vies innocentes. Bien entendu, ce genre de discours n'a rien de nouveau. Combien de fois nous a-t-on servi cet argument au cours du dernier quart de siècle à propos des différentes générations de missiles de précision et de drones de combat? Mais entre chaque bavure sur le terrain, bien sûr.

Ce n'était déjà pas beau lorsque des humains étaient aux commandes, la distance les ayant blindés contre les plus élémentaires scrupules. Imaginez ce que ce sera lorsque des machines seront aux commandes…

J'imagine que ce sera pire, même si c'est difficile de le concevoir.



L'article ici

 

jeudi 4 juin 2026

Anti-antisémitisme

 



On a bien raison de prévenir contre la montée de l'antisémitisme. Toute forme de discrimination doit être combattue et – c'est malheureux à dire – ce combat doit être mené constamment, car les préjugés ont la vie dure. En ce moment, la communauté juive montréalaise est inquiète devant une augmentation de l'intolérance à son endroit, comme l'ont exprimé avec raison des représentantes du Musée de l'Holocauste.

Il existe des solutions afin d'atténuer le problème, à défaut de le régler définitivement. En effet, dans le cas de l'antisémitisme, il faut d'abord rejeter le discours faisant l'adéquation entre le peuple juif et l'État d'Israël. À force de répéter que les deux sont indissociables, les gens mal informés – ou peu perspicaces – finissent par s'imaginer que tous les Juifs approuvent ce qui se passe au Proche-Orient, alors que nombre de ces derniers – et même en Israël – critiquent formellement l'attitude de Tel-Aviv.

Après tout, les membres de la diaspora ne sont en rien responsables des exactions pouvant être commises au Proche-Orient. Tout au plus peuvent-ils s'en dissocier catégoriquement. 

Par exemple – et par solidarité –, le Musée de l'Holocauste pourrait ménager un petit présentoir sur le thème de la Nakba.

mercredi 3 juin 2026

CAQnada!

 



Après avoir reçu un «cadeau» de 10 milliards de dollars de la part du gouvernement fédéral, la première ministre du Québec, Mme Christine Fléchette, n'a pas hésité à qualifier ce remboursement de nos impôts comme étant une «victoire».

On comprend son enthousiasme, car il est peu fréquent que le CAnada cède quoi que ce soit au Québec, en particulier de l'argent qu'il y a prélevé afin de pouvoir y interférer à son gré. Admirons Mme Fléchette pour qui la notion de victoire du Québec s'apparente presque à du péculat.

Honnêtement, je ne pensais pas que l'éventualité d'une élection du Parti québécois fasse peur à ce point.

lundi 1 juin 2026

L'indépendance de la dépendance




On a de plus en plus de difficulté à comprendre pour quelle raison les Yankees sont allés en guerre contre l'Iran. Le pétrole, comme d'habitude? Le nucléaire, encore une fois? Le déblocage des voies maritimes, pour faire changement?

Comme, de semaine en semaine, Washington annonce que les belligérants sont à deux doigts de conclure un accord et que chaque rapprochement ne mène qu'à une reprise des frappes aériennes, on se demande un peu à quoi tout cela rime.

Le problème tient, je crois, à ce que les Yankees ne cherchent qu'à mettre un terme à la guerre autour du golfe Persique, alors que Téhéran cherche à faire cesser les hostilités à l'échelle du Moyen-Orient, Palestine et Liban inclus.

Cette dichotomie majeure rend plus difficiles les pourparlers. Et le fait qu'Israël semble mener le conflit depuis les coulisses n'aide en rien. Parce qu'Israël est un pays impérialiste – sionisme exige – et que Benyamin Netanyahu, étant extrêmement impopulaire dans son propre pays, trouve fort utile de prolonger tout conflit avec ses voisins afin de se maintenir au pouvoir. En effet, les Israéliens savent que ce n'est pas en temps de guerre qu'il convient de changer de cheval, fût-il rétif et criminel.

Surtout, ne perdons pas de vue que les Stazunis, première hyperpuissance planétaire, consentent à se laisser dicter leur ligne de conduite par une de leurs dépendances. Au fond, quand le monde navigue à l'aveugle, il ne faut pas s'étonner d'une telle antilogie.

 





dimanche 31 mai 2026

Mélopée jolie