Deux oiseaux sont perchés sur une branche: Dotte et Radotte.
À un moment, Dotte s'en va. Qu'est-ce qui reste?
par le prof Skannen
Le bobard politique est de plus en plus en vogue, maintenant. C'est même devenu une sorte de réflexe depuis que le locataire actuel de la Maison Blanche est en fonction, qu'il s'agisse de son premier ou de son second mandat. Ainsi, chaque fois qu'il a été confronté à la réalité des faits démentant ses affirmations, il n'a jamais hésité à accuser ses opposants de proférer des affabulations ou de dénoncer un quelconque canular.
Et pourtant, cela n'a rien de nouveau. Les mystifications n'ont jamais manqué en politique. Toute critique ayant été de tout temps systématiquement interprétée en tant que fiction par le pouvoir en place, lequel pouvait accuser ses adversaires de répandre des inventions – pour ne pas dire des chimères – afin de se faire du capital politique.
De nos jours, contrevérités, impostures et supercheries font partie des échanges entre candidats cherchant à camper leur position tout en discréditant celle de l'adversaire. Il semble que nous vivons une époque minée par la calomnie et la tromperie.
Je ne sais si vous avez remarqué, mais pas une seule fois je n'ai employé l'expression très à la mode de fake news dans ce qui précède et pourtant, vous avez très bien saisi de quoi il s'agissait.
Sans être puriste, je ne comprends pas pourquoi il faut toujours pêcher les mots nouveaux dans le lexique anglo-saxon, même s'il est vrai qu'il a été, dans le passé, fortement influencé par le français.
Et cela n'est pas une fumisterie…
Demain, les Stazunis, terre de liberté paraît-il, célébreront leur 250e anniversaire de fondation.
«Nation indispensable» ou «exceptionnelle», comme ils aiment à se présenter, ils sont devenus au fil du temps uniquement indispensables pour eux-mêmes et, en tant qu'exception, ils ne font plus que confirmer la règle.
Progressivement, aux yeux du reste de la planète, ils deviennent plutôt la nation impensable cherchant à devenir un empire planétaire, dépassant en cela Attila ou Gengis Khan.
Tout de même, célébrons de bon cœur l'événement, car ce n'est pas tous les jours fête; en espérant qu'il viendra un moment où ce sera la leur.
Aujourd'hui, 1er juillet, il me semble de mise de souhaiter une bonne fête nationale aux habitants du CAnada. Grand pays situé au nord de l'Amérique du Nord, espèce de tampon, à l’époque de la guerre froide, entre les deux principaux belligérants éventuels, il était tout désigné pour recevoir les déchets radioactifs des missiles balistiques abattus par la DCA.
De nos jours, il n'est plus question de guerre planétaire, surtout pas avec la Russie qui est incapable de venir à bout de l'Ukraine; et encore moins avec les Stazunis qui n'arrivent pas à venir à bout de tous les pays qu'ils ont envahis au fil des dernières décennies.
Les temps changent, que voulez-vous, et il nous faut reconnaître et accepter les nouvelles réalités. Ainsi, il est fort possible, dans l'optique actuelle, que le Québec ne sera pas de sitôt indépendant. D'autant moins que le CAnada n'a pas encore dissipé totalement l'idée qu'il sera peut-être un jour le 51e État, réalisant ainsi le grand rêve de l'Amérique du Nord britannique si chère aux penseurs du Royaume-Uni. Elle ne sera pas réalisée par la Grande-Bretagne, peut-être, mais quelle différence cela fera-t-il? Il me revient en mémoire cette affirmation – gratuite, certes – que j'ai entendue dans ma jeunesse: «Tu peux sortir l'Anglais de l'Angleterre, mais tu ne peux pas sortir l'Angleterre de l'Anglais.» Et qu'est-ce qu'un Yankee, sinon un Anglais du dehors?
Bref, en attendant le 51e, je souhaite à tous les CAnadiens du CAnada et d'ailleurs une bonne fête du CAnada; et j'encourage les Québécois à faire preuve de prudence pendant leur déménagement.
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par le prof Skannen
Le rêve est-il encore permis? Remarquez que la notion de rêve diffère selon les personnes. Un cauchemar fait aussi partie de la catégorie du rêve, mais n'est pas forcément recherché. C'est bien connu: ce qui fait rêver certains en terrifie d'autres. Aussi la question se pose-t-elle: le rêve est-il encore permis?
Tous les 24 juin, je me la pose. Le passé reste figé dans les mémoires et cette fixité menace de demeurer permanente, alors que nombre d'entre nous espèrent en un avenir tout autre. Autrefois, les «séparatiss» étaient targués d'être des des idéologues déconnectés de la réalité. Ensuite, lorsque l'idée d'indépendance a pris racine, ils se sont fait accuser trop souvent de terrorisme. Aujourd'hui, on les rejette du revers de la main en les appelant rétrogrades ou passéistes. Bientôt, on finira par dire qu'ils sont «vintage».
Alors, rêvons-nous? Ou plutôt, devrions-nous continuer à rêver? Difficile de trancher, quand on voit pour qui les gens se dépêchent de voter. N'importe quel épouvantail exploiteur suffit pour gagner leur adhésion. Chaque fois, ils sont déçus; chaque fois, ils recommencent. Que disait-on à propos de ceux qui espèrent un résultat différent en répétant toujours les mêmes gestes?
Cette propension à répéter les sempiternelles erreurs est mon cauchemar; et ce cauchemar-là, n'est pas un rêve.
Hier, la chaîne d'eau de vaisselle Starbucks de la République de Corée (alias Corée du Sud) a fermé ses portes à la clientèle pendant une partie de la journée. Il s'agissait d'un geste symbolique, car l'équipe de marketing de la société avait commis une boulette de taille, le 18 mai dernier.
En effet, en guise de promotion, ce jour-là, Starbucks avait lancé la promotion tank day. Ici, le mot «tank» – dans le sens de réservoir – désignait les contenants dans lesquels la chaîne servait sa boisson.
Mais le mot désigne aussi les blindés de l'armée. Or, lesdits blindés, le 18 mai 1980, avaient servi à réprimer dans le sang une révolte prodémocratie qui avait éclaté dans la ville de Gwangju, au sud du pays.
Comme l'allusion était de très mauvais goût pour les sensibilités coréennes, le PDG de l'eau de vaisselle a remis sa démission, les succursales de la chaîne ont fermé afin de prodiguer aux employés sur le terrain, qui n'avaient rien à voir avec l'élaboration de la promotion, une formation de sensibilisation. Je présume que, en termes polis, on leur a intimé de fermer leur gueule.
Comment dites-vous? Que vous n'avez jamais, au grand jamais, entendu parler du massacre de Gwangju?
Ah ben, c'est pas votre faute, non plus. Si ça s'était passé en Corée du Nord, tout le monde en aurait entendu parler.