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On a bien raison de prévenir contre la montée de l'antisémitisme. Toute forme de discrimination doit être combattue et – c'est malheureux à dire – ce combat doit être mené constamment, car les préjugés ont la vie dure. En ce moment, la communauté juive montréalaise est inquiète devant une augmentation de l'intolérance à son endroit, comme l'ont exprimé avec raison des représentantes du Musée de l'Holocauste.
Il existe des solutions afin d'atténuer le problème, à défaut de le régler définitivement. En effet, dans le cas de l'antisémitisme, il faut d'abord rejeter le discours faisant l'adéquation entre le peuple juif et l'État d'Israël. À force de répéter que les deux sont indissociables, les gens mal informés – ou peu perspicaces – finissent par s'imaginer que tous les Juifs approuvent ce qui se passe au Proche-Orient, alors que nombre de ces derniers – et même en Israël – critiquent formellement l'attitude de Tel-Aviv.
Après tout, les membres de la diaspora ne sont en rien responsables des exactions pouvant être commises au Proche-Orient. Tout au plus peuvent-ils s'en dissocier catégoriquement.
Par exemple – et par solidarité –, le Musée de l'Holocauste pourrait ménager un petit présentoir sur le thème de la Nakba.
Après avoir reçu un «cadeau» de 10 milliards de dollars de la part du gouvernement fédéral, la première ministre du Québec, Mme Christine Fléchette, n'a pas hésité à qualifier ce remboursement de nos impôts comme étant une «victoire».
On comprend son enthousiasme, car il est peu fréquent que le CAnada cède quoi que ce soit au Québec, en particulier de l'argent qu'il y a prélevé afin de pouvoir y interférer à son gré. Admirons Mme Fléchette pour qui la notion de victoire du Québec s'apparente presque à du péculat.
Honnêtement, je ne pensais pas que l'éventualité d'une élection du Parti québécois fasse peur à ce point.

On a de plus en plus de difficulté à comprendre pour quelle raison les Yankees sont allés en guerre contre l'Iran. Le pétrole, comme d'habitude? Le nucléaire, encore une fois? Le déblocage des voies maritimes, pour faire changement?
Comme, de semaine en semaine, Washington annonce que les belligérants sont à deux doigts de conclure un accord et que chaque rapprochement ne mène qu'à une reprise des frappes aériennes, on se demande un peu à quoi tout cela rime.
Le problème tient, je crois, à ce que les Yankees ne cherchent qu'à mettre un terme à la guerre autour du golfe Persique, alors que Téhéran cherche à faire cesser les hostilités à l'échelle du Moyen-Orient, Palestine et Liban inclus.
Cette dichotomie majeure rend plus difficiles les pourparlers. Et le fait qu'Israël semble mener le conflit depuis les coulisses n'aide en rien. Parce qu'Israël est un pays impérialiste – sionisme exige – et que Benyamin Netanyahu, étant extrêmement impopulaire dans son propre pays, trouve fort utile de prolonger tout conflit avec ses voisins afin de se maintenir au pouvoir. En effet, les Israéliens savent que ce n'est pas en temps de guerre qu'il convient de changer de cheval, fût-il rétif et criminel.
Surtout, ne perdons pas de vue que les Stazunis, première hyperpuissance planétaire, consentent à se laisser dicter leur ligne de conduite par une de leurs dépendances. Au fond, quand le monde navigue à l'aveugle, il ne faut pas s'étonner d'une telle antilogie.

Il est grand temps de faire connaissance avec le dernier chef en date du Nouveau Démocratic Party (NDP), M. Avi Lewis.
Malheureusement peu connu au Québec, Avi – de son vrai prénom Avram David – est originaire de Colombie-Britannique. À la fois journaliste, cinéaste et cAnadien, il milite depuis toujours au sein du NDP, comme son père et son grand-père avant lui. Cet atavisme l'a mené à se présenter comme chef de la formation politique qui l'a ainsi élu à ce poste à la fin mars 2026, avec 56% des voix. Bref, 50% plus plus qu'un.
Glabre et souriant, il tente de se faire une réputation, y compris au Québec. Or, ses efforts commencent à être récompensés puisque, récemment, lorsqu'on lui a posé la question à savoir si une majorité de 50% plus un était suffisante pour que le Québec devienne souverain – curieusement, il n'est jamais question de l'Alberta dans de pareils cas –, il préféra éluder promptement la question.
Atavisme, quand tu nous tiens…
Ce que j'admire le plus du CAnada, c'est – bien sûr – son côté hautement démocratique. À preuve, la dernière déclaration de son premier ministre, laquelle se trouvait dans la droite ligne des régimes libéraux précédents.
Ainsi a-t-il déclaré qu'une majorité de 50% plus une voix, dans le cas d'un référendum sur la souveraineté, ne serait pas suffisant pour qu'une province quitte la fédération. Par là, il affirme qu'un tel résultat ne serait pas assez démocratique. En effet, il appert qu'il faut plus de démocratie pour sortir volontairement du CAnada que pour y entrer de force.
Il semble que, dans ce pays, la démocratie est un piège auquel on ne peut plus échapper; surtout pas à la suite d'un vote populaire qui ne soit pas faussé par Ottawa.
C'est bien vrai que le CAnada fonctionne, comme le dit si bien le frère jumeau du premier ministre, M. Onglin Carney.
En fait, la raison de ce succès dans l'organisation d'un pays est facile à expliquer, et il faut effectivement rendre grâce à une longue tradition politique mise en avant par Ottawa en ce sens. Cette solution, pratiquée depuis que le CAnada a cessé d'être une colonie britannique en 1949 – quoiqu'un souverain étranger figure encore sur ses pièces de monnaie –, est toute simple. Il s'est soumis à l'impérialisme yankee avec une déférence de domestique.
Tout en pratiquant, cependant, une discipline rigoureuse aux dépens de certaine province à l'élocution inexécutable.