Chaque fois qu'on voit un transfuge aller d'un parti à l'autre, on ne peut réprimer une certaine déconvenue. En effet, on a beau tenter de garder l'esprit ouvert, il n'empêche que sauter ainsi d'une formation politique à la suivante fleure l'opportunisme mesquin et non pas la ferme droiture de pensée.
Comme on sait, le gouvernement de M. Mark Carney est minoritaire en Chambre. Mais cette minorité tient à une pincée de députés et chaque renfort ou démission peut faire basculer ce gouvernement vers une majorité aussi mince que sa minorité.
Dernier soubresaut en date, c'est le passage de Mme Lori Idlout, députée du Nunavut, des rangs du Nouveau Démocratic Party (NDP) aux banquettes du Parti libéral du CAnada (PLiC). Certains pourraient s'offusquer de ce retournement, remettant ainsi en question les profondes convictions de Mme Idlout.
Mais que ceux-là se rassurent tout de suite. La différence idéologique entre le NDP et le PLiC est si ténue qu'elle est encore plus mince que la minorité du gouvernement Carney.
En réalité, cette différence se réduit à pratiquement rien.
Le président des Stazunis, M. Donul Trompe, a la réputation d'être un authentique va-t-en-guerre. Or, dans sa campagne de frappes sans restriction – et totalement illégale pour autant que le droit international et sa propre constitution soient concernés –, il ne semble viser aucun objectif précis, de sorte qu'il est impossible d'entrevoir la fin de ce sanglant spectacle.
Pas plus tard que dimanche dernier, le nouveau guide suprême de l'Iran a été choisi officiellement. Ô surprise! Les dirigeants occidentaux ont constaté à leur grand désarroi que le successeur de l'ayatollah Ali Khamenei a été son propre fils, réputé encore plus radical que son père. Il aurait, paraît-il, juré de poursuivre la lutte sans discontinuer.
C'est à n'y rien comprendre. Comme ça, on agresse les gens, on les bombarde, on tue leurs parents et enfants, on menace de les envahir et, sans raison aucune, ils se retournent contre vous.
Tandis que toute l'Europe – et un certain pays de l'Amérique du Nord – tremble d'angoisse devant les excès de l'impérialisme yankee, on constate que des gouvernements – et pas des plus puissants – osent encore s'opposer à la politique néocoloniale de Washington et de Tel-Aviv à l'endroit de l'Iran.
Ainsi le premier ministre espagnol a-t-il manifesté son désaccord et son opposition quant à l'agression sauvage menée par les Stazunis et alii. Comble de compromission, cette attitude de défi commence même à engendrer des tensions entre Madrid et les autres capitales, lesquelles craignent plus que tout d'irriter l'empereur yankee tellement elles sont habituées à se vendre à lui.
Peut-être le continent européen est-il devenu trop vieux pour se tenir debout.
Vous souvenez-vous du bon et beau discours de M. Mark Carney lors du festival des riches à Davos? Rappelez-vous à quel point vous étiez fiers du premier ministre cAnadien alors qu'il semblait élaborer l'éventualité d'une tentation de velléité de tenir tête aux Stazunis.
Eh bien, ce n'était pas le cas, apparemment. En effet, maintenant que Washington a décidé de mener une guerre contre l'Iran, à l'encontre de la Charte des Nations unies et même de sa propre constitution, il a reçu l'appui d'Ottawa. Alors est-il concevable que M. Carney ait changé d'idée? Ou alors aurait-il menti à Davos?
Mais non! Nous savons tous que saint Mark ne peut en aucun cas héberger de la duplicité ou des intentions mauvaises. Nous avons compris que ce n'était pas lui qui parlait, mais son jumeau, cet Onglin qui n'est pas toujours sur la même longueur d'onde que son frère.
L'ennui, c'est qu'on ne sait toujours pas si c'est Onglin qui occupait la tribune à Davos ou si c'est lui qui a donné son appui aux Yankees.