jeudi 21 octobre 2021

Les chiffres ne mentent pas!




L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a mené une vaste enquête dont les résultats ont été publiés hier.


Il appert que, depuis le début de l’épidémie de Covid-19, la population du Québec a estimé que sa santé et sa qualité de vie ont souffert. Ces révélations ont clairement légitimé les montants d’argent investis dans la préparation et le déroulement de l’étude.


Une fois remis de notre surprise à la lecture des résultats, il ne nous restait plus qu’à remercier la vénérable institution pour l’à-propos de ses initiatives et, surtout, pour son rôle de phare quant à la mise au jour des effets totalement inattendus d’une contagion de cette ampleur.


Merci, ISQ, pour votre exceptionnelle découverte!



mercredi 20 octobre 2021

Catalogue

 

L’apparat chuté


Caroline Lassner est une dessinatrice de mode oeuvrant pour le compte d’une grande maison parisienne. Quoiqu’appréciée par ses employeurs, elle estime qu’elle ne reçoit pas tout le crédit qu’elle mérite pour son travail, aussi partage-t-elle son temps entre le bureau et la mise sur pied de sa propre maison de couture qu’elle espère lancer sous peu. Évidemment, avec ce surcroît de travail, il ne lui reste que bien peu de temps à consacrer à sa vie sentimentale. Aussi son compagnon, Pierre-François, accepte-t-il parfois avec réticence le genre de vie qu’ils mènent dans leur étroit appartement encombré de tissus et de cartons de vêtements, véritable métaphore pour cet avenir en gestation qui ne semble jamais devoir se conjuguer au présent. Entre-temps, une jeune prodige commence à défrayer les manchettes du monde de la mode. Ayant d’abord tenté sa chance comme mannequin, la jeune Elmira, ne possédant pas les mensurations idéales, a connu un succès phénoménal en tant que dessinatrice. Elle est devenue en moins de quelques mois, le fer de lance de la maison où travaille Caroline. Mais, tandis que la presse chante ses louanges, aucune de ses créations n’est véritablement connue du public, sinon quelques esquisses relativement anodines. Décidée à ne pas se laisser damer le pion, Caroline décide de puiser dans sa réserve de créations originales, qu’elle voulait consacrer à la première collection de sa propre maison. Tandis qu’elle travaille d’arrache-pied et qu’elle doit composer avec la grogne de Pierre-François, elle constate, sans que cela ne la rassure trop, que la fameuse Elmira se contente pour sa part de se lancer à corps perdu dans les cocktails et les réceptions, alimentant ainsi sa renommée, mais ne semblant pas travailler outre mesure à ses propres créations. Le soir du lancement, elle constate avec étonnement que plusieurs des modèles d’Elmira ne sont rien d’autre que les siens, sinon pour quelques modifications mineures. Intriguée davantage qu’outrée, elle ouvre une enquête discréte. Elle découvre le pot aux roses lorsqu’elle réussit à pénétrer dans l’appartement d’Elmira, de son vrai nom Nadine Durand, où elle découvre que la jeune femme n’a aucun talent de dessinatrice et qu’en outre traînent çà et là des copies de ses propres esquisses. Lorsqu’elle comprend que ses employeurs n’ont inventé toute cette absurde machination que pour lui soutirer ses croquis personnels, alors qu’ils s’attendaient à son départ imminent, Caroline, avec l’aide plus qu’enthousiaste de Pierre-François, décide d’ourdir une cinglante revanche.


 – Lisette Sauret – 300 p. – 1997 – Évocation symbolique de l’être en devenir, ce roman s’inspire de plusieurs grands mythes empruntés aux cultures asiatiques pour lesquels la vie et l’univers suivent des cycles immuables. L’auteure a ici eu le génie d’associer, avec grand talent, une thématique aussi fondamentale à un monde hautement superficiel.

Canadiens et CAnadiens




La direction de l’équipe de hockey professionnel les Canadiens de Montréal a lancé une initiative ne faisant pas l’unanimité, actuellement. C’est d’ailleurs assez étonnant, puisque cette équipe est généralement adulée, même lorsqu’elle perd systématiquement, comme c’est le cas en ce moment.


Désormais, et pour quelque temps encore, l’annonce avant chaque match consiste à souligner que l’équipe reconnaît «la nation mohawk pour leur (sic) hospitalité sur le territoire traditionnel et non cédé» où doit se dérouler le match.


Évidemment, il s’agit d’un territoire traditionnel autochtone. Est-il exclusivement mohawk? Selon toute évidence, il a été occupé par diverses nations au fil du temps, si on compare les comptes rendus de Jacques Cartier et ceux de Samuel de Champlain. Mais passons.


En outre, si le territoire en question est «non cédé», par qui cette «non-cession» a-t-elle été formellement décrétée? Par le régime britannique et non par celui de la Nouvelle-France. Mais passons.


Bref, l’initiative des employés de la famille Molson est sans doute louable, mais ressemble davantage à un coup de pub servant à redorer leur blason en instrumentalisant l’affaire Joyce Echaquan à leur bénéfice, ce qui est tout de même un peu discutable.


Personnellement, je ne suis pas contre la vertu et j’approuve la décision de l’organisation sportive dans cette tentative de réconciliation. Attendons de voir combien de temps il faudra aux Sénateurs d’Ottawa, aux Maple Leafs de Toronto, aux Jets de Winnipeg, aux Flames de Calgary, aux Oilers d’Edmonton et aux Canucks de Vancouver pour faire de même.


Et si ces équipes ne suivent pas cet exemple, le CAnada pourra toujours traiter le Québec de raciste.

mardi 19 octobre 2021

Colin maillard

 



C’est avec une profonde tristesse que les Stazunis ont appris le décès d’un de leurs héros, le général Colin Powell. Relativement méconnu à l’extérieur des cercles du pouvoir jusque-là, il atteignit la notoriété internationale lorsque, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, il avait brandi, «preuves» à l’appui, la menace des armes de destruction massive que possédait l’Irak.


Bien entendu, ces affirmations s’étaient révélées fausses par la suite et on débat encore aujourd’hui afin de savoir si M. Powell avait menti ou s’il avait été sciemment mal renseigné. Toujours est-il que la prestation avait suffi à convaincre la communauté internationale qui avait, dès lors, fermé les yeux devant l’invasion yankee ayant fini par renverser Saddam Hussein.


Les conséquences de cette guerre, et celles de l’occupation qui s’en est suivie, furent dévastatrices pour les Irakiens. Encore aujourd’hui, on hésite sur le nombre de victimes civiles; on parle de cent mille à un million de morts. Sans compter tous les réfugiés et les innombrables existences fracassées par le conflit. Bref, Colin Powell était-il un héros ou un zéro? 


Il arrive parfois que l’obéissance aveugle produise des héros. 


Mais c’est extrêmement rare.


lundi 18 octobre 2021

Catalogue


 Anne au Mali


Anne fait partie de l’organisation Médecins sans frontières. Toujours sensible au sort de l’humanité, idéaliste à l’extrême, elle a décidé de se vouer au bien-être de ses semblables, quitte à sacrifier sa propre existence pour y parvenir. Ayant passé près de trente ans dans de nombreux pays en voie de développement, elle a acquis une expérience unique. Si ses supérieurs aimeraient qu’elle accepte un poste de coordinatrice à Montréal, elle-même ne se sent pas prête encore à abandonner ses frères humains qui ont toujours autant besoin d’elle. Femme dans la cinquantaine, elle hésite tout de même avant d’accepter le nouveau poste qui s’est ouvert dans un camp à quelques centaines de kilomètres au nord de Tombouctou. Elle est assiégée par les doutes de l’âge alors qu’elle ressent durement le vide qu’ont laissé en elle les joies de l’existence qu’elle n’a jamais connues. Si sa famille compte des milliers de personnes dans le monde, dont plusieurs qu’elle a arrachés à la mort, il lui manque maintenant la douceur d’un foyer et ces petits riens qui font que l’existence prend tout son sens auprès de ses proches. Jugeant désormais qu’il est trop tard pour rattraper le temps perdu, elle accepte le poste davantage par dépit que par véritable dévotion. Désormais coupée du sentiment de plénitude que lui apportait son existence, elle éprouve l’étrange sensation, alors qu’elle arrive au Mali, de se trouver dans une espèce de no man’s land entre la vie qui ne lui convient plus et celle qu’elle n’a jamais eue. Agnostique, elle apprend, juste avant son arrivée que le camp où elle va travailler est en fait une mission de pères blancs en pleine déliquescence où les responsables, tous trop âgés, ne suffisent plus à la tâche. Ennuyée davantage par le côté religieux que par la perspective d’un travail harassant, Anne anticipe des problèmes avec les autorités civiles et ecclésiastiques. En effet, le conflit des idées est presque immédiat entre le père Sébastien, le responsable de la mission, et cette femme aux idées anticonformistes qu’il traite avec un paternalisme évident. Insensiblement, pourtant, Anne prend de plus en plus d’importance au sein de la mission, allant jusqu’à mettre sur pied un programme d’éducation sur la contraception pour les femmes de la région. Entre-temps, Anne recueille une jeune fille atteinte par la gangrène. Elle parvient à lui sauver la jambe et, alors que la plupart retournent dans leur village, celle-ci reste à ses côtés, commençant même, après l’école, à rendre de menus services tant à la maison que dans l’infirmerie. Mais c’est surtout la présence de Joseph, un agronome malien d’une trentaine d’années, qui amène Anne à penser que ses rêves d’une vie amoureuse et familiale ne sont peut-être pas perdus à jamais.


 – Hélène Poiré-Labelle – 510 p. – 1989 – Prix spécial des Amériques de la World Help Organisation, organisme pour lequel l’auteure s’est dévouée pendant de nombreuses années, ce roman constitue un vibrant message d’espoir pour tous les écorchés de l’âme et les désillusionnés de la vie.

dimanche 17 octobre 2021

L'arrondi se ment


 

samedi 16 octobre 2021

Catalogue

 


Alimentaire, mon cher Watson


Parodie du classique des polars. Mme Hudson occupe deux rôles importants dans la vie. Elle est d’abord et avant tout propriétaire du 221 Baker Street à Londres et, en tant que telle, elle a comme locataire un personnage des plus excentriques, au logement qu’elle loue au 221b de la même rue, un Écossais au visage maigre et au regard perçant, un certain Sherlock Holmes, qui se prétend détective privé et qui aime à vivre dans le plus exaspérant désordre. En plus, Mme Hudson est également gouvernante de ce fantasque personnage à qui elle sert les repas qu’il prend, le plus souvent, en compagnie d’un de ses intimes, un médecin tout à fait honorable par ailleurs, un certain docteur Watson, non pas écossais celui-là, mais bien anglais jusqu’au bout des ongles. L’intimité de ces deux personnages a, au début, vivement inquiété Mme Hudson, qui s’est trouvée, à maintes reprises, dans la position embarrassante de saisir des bribes de conversation, alors qu’elle exécutait son service alimentaire comme à son habitude, et qui lui ont laissé comprendre que, en plus de certaines inclinations vers des substances hautement douteuses, les deux hommes semblaient entretenir des rapports pour le moins surprenants. De son côté, Mme Hudson, afin de ne pas être en reste peut-être, fréquente, de manière purement platonique il va sans dire, un professeur très respectable à qui elle confie les menus détails de sa maisonnée. Graduellement, comme on le constate au fil des commentaires qu’elle adresse à son ami, elle finit par s’habituer aux moeurs peu banales de ces étranges gentlemen qui semblent recevoir, en outre, des visites étonnantes. L’une d’elles, d’ailleurs, qui se produisit à l’heure du breakfast attire particulièrement son attention. La conversation qui se tint à demi-mot ne prit son essor véritable qu’après que Mme Hudson eut signifié son congé. Rongée par la curiosité, elle ne put s’empêcher de prêter l’oreille à travers le battant fermé à clé et elle constata, avec la plus grande des surprises, que le visiteur n’est nul autre que le ministre de l’Intérieur venu supplier – le mot n’est pas trop fort – son extravagant locataire de bien vouloir l’aider à récupérer un précieux document ayant disparu. Au fil de ses services, Mme Hudson en apprend un peu plus sur l’affaire. Mais la dame, tout de même peu au fait des méthodes policières, s’étonne de voir son locataire mener son « enquête » sans jamais sortir de ses appartements, mais à grand renfort de tabac et de discussions avec le docteur Watson. À la fin, quelle n’est pas sa surprise de voir les policiers enfoncer sa propre porte, tandis qu’elle reçoit son ami le professeur, et de se résoudre à laisser la force constabulaire emmener, menottes au poing comme un vulgaire criminel, l’infortuné Moriarty.


 – Léda Darnell – 244 p. – 1995 – Rarement aura-t-on vu un écrivain renouveler un genre avec autant de bonheur. Que les aficionados de Sherlock Holmes ne s’en formalisent pas, il s’agit ici d’une histoire que n’eut pas désavouée Conan Doyle lui-même. L’idée de faire de la logeuse la narratrice du roman n’est rien de moins que géniale !



Montréal mâtin

 



Dans le cadre des élections municipales, à Montréal, on remarque que certains candidats «traînent des casseroles», selon l’expression française concernant des individus qui ont connu quelques déboires dans le passé. Comprenons bien que ces déboires ont surtout nui à autrui plutôt qu’à eux-mêmes.


Bref, des candidats, en particulier appartenant à une formation qu’il est inutile de nommer ici, ont eu des comportements discutables par le passé. On peut d’ailleurs se demander comment il se fait qu’on en retrouve ainsi, avant le scrutin, une telle concentration sur la scène locale.


Une réponse possible serait que, comme la politique municipale n’intéresse pratiquement personne, force est aux organisations de gratter les fonds de tiroir afin de recruter un nombre suffisant de candidats.


Pourquoi, demanderez-vous alors, la scène politique municipale suscite-t-elle moins d’intérêt? Probablement parce que, peu importe qui se retrouve à la mairie, la gestion est strictement la même. Dès lors, quelle est l’utilité du vote?


Peut-être afin de chasser un prévaricateur plus flagrant qu’un autre. Ce genre de punition, hélas, n’empêche personne d’exécuter un retour.




vendredi 15 octobre 2021

Catalogue

 


Ah ! que la rose a rosi !


Biographie romancée de la vie de Jean de Meun à l’époque où il met la dernière main à son chef-d’oeuvre, Le roman de la rose. Après tous ces mois de travail où il a besogné dans la solitude, il s’est pratiquement coupé du monde extérieur et seuls quelques proches, sa femme et ses enfants en fait, ont gardé un contact suivi avec lui. La vie de la maisonnée ne s’est pourtant guère modifiée pendant son « absence », sinon que sa femme a engagé une nouvelle servante, la belle Jacquotte, qui, par sa fraîcheur et sa jeunesse, n’a aucune difficulté à séduire Jean. L’épouse de celui-ci, consciente de ce qui arrive avant même les principaux concernés, prétexte un voyage afin d’aller auprès de sa mère vieillissante pour laisser le champ libre aux amoureux. Sachant qu’elle ne peut rivaliser avec une femme de la moitié de son âge, elle préfère s’éviter les tourments et les humiliations qu’une telle situation ne peut manquer de lui faire subir. Une fois la maison vide, l’épouse ayant amené ses enfants afin que ceux-ci ne soient pas mêlés de trop près au scandale, Jean et Jacquotte tombent littéralement dans les bras l’un de l’autre. Ils consomment alors une relation torride qui, pendant des semaines, les emporte à l’abri des regards indiscrets. Mais, au fur et à mesure que passe le temps, Jean est assailli par le remords, car il a négligé totalement, pendant tout ce temps, ses écrits. Son manuscrit est resté sur sa table de travail et la jeune femme l’a recouvert d’un drap rouge afin de symboliser son amour pour le grand homme qui partage ses nuits, mais également pour préserver l’ouvrage contre la poussière. Jean, de son côté, croit que la jeune femme a voulu ainsi tirer égoïstement un linceul sur le seul rival qui se dresse encore contre elle. Autant par culpabilité que par défi, il retourne à son pupitre et reprend son travail là où il l’a laissé. Frustrée, Jacquotte, qui ne comprend pas pourquoi Jean perd son temps « en de vaines écritures », lui sert un ultimatum alors qu’ils déambulent bras dessus, bras dessous dans le jardin où fleurissent les roses. L’épouse qui a gardé ses accointances dans la maison est rapidement mise au courant des tribulations du couple. Encouragée, elle annonce son retour. Cette nouvelle semble jeter de l’huile sur le feu entre les amants et Jean, déchiré entre la passion et le devoir sombre dans la mélancolie alors que le doute s’empare de lui. Le jour où l’épouse arrive à la maison, elle a emmené une nouvelle servante avec elle, un signe que Jacquotte comprend immédiatement comme une menace déguisée. Cependant, le triomphe de l’épouse sera de courte durée. Lorsque les deux rivales montent à l’étude de Jean, elles trouvent l’endroit abandonné. Sur son pupitre, un message a été griffonné à la hâte annonçant le départ de Jean en un lieu inconnu. Il n’a apporté avec lui que les vêtements qu’il portait et son précieux manuscrit.


 – Laurent Bassain – 332 p. – 1988 – L’auteur s’est pris au jeu de la vie avec cette oeuvre, véritable biographie imaginaire d’un des plus grands écrivains de tous les temps. Rarement une oeuvre de fiction aura-t-elle semblé si authentique.


mercredi 13 octobre 2021

Coderre à l'écoute


 

Catalogue

 




L’Afrique, assez!


Massimo est un jeune homme qui, bien qu’ayant passé toute son existence à Rome, demeure fasciné par l’Afrique et il rêve d’aller y vivre un jour. Comptable dans une firme de renommée internationale, il détourne des sommes dans ce but. Lorsque son manège est découvert, ses employeurs se trouvent dans un double embarras. Ils ne peuvent apporter de preuves quant à la culpabilité de Massimo et, d’autre part, ils préfèrent étouffer l’affaire aussi discrètement que possible afin que la réputation de la maison n’en souffre pas. Aussi Massimo est-il muté dans un des bureaux étrangers de la firme, l’un des endroits les moins recherchés par les jeunes hommes ambitieux : Dakar au Sénégal. D’abord très agréablement surpris de la tournure des événements, Massimo déchante très vite. Il n’est guère heureux des circonstances qui ont mené à son établissement en Afrique. Le continent de ses rêves ne correspond pas du tout à la réalité qu’il côtoie tous les jours. Le climat ne lui réussit pas, et il n’arrive pas à se plier aux us et coutumes locaux. Sans cesse en butte à ce qu’il considère comme de la mauvaise foi, il n’arrive pas à se lier avec ses collègues, et encore moins avec ses voisins. La seule exception est Daphnée, une charmante collègue sénégalaise qui semble le prendre sous son aile. Elle l’initie progressivement à la nourriture, ce qui ne se passe pas sans heurts, puis, de mois en mois, elle élargit l’éventail, entraînant Massimo dans des excursions autour de la capitale afin de lui présenter la beauté des paysages. Concurremment, elle lui présente également la culture du pays, en particulier par le biais de la musique à laquelle Massimo prend rapidement goût. Enfin, alors qu’il commence son intégration et qu’il renoue avec sa fascination d’autrefois envers le continent magique, une série d’événements vient précipiter les choses. Il remarque que Daphnée ne se présente pas au travail un matin. Intrigué Massimo n’arrive pas à savoir si elle est malade ; la jeune femme a disparu sans donner signe de vie. Un soir, Massimo trouve dans sa boîte aux lettres une enveloppe non affranchie qui a été glissée là par une main inconnue. À l’intérieur, une carte grossièrement dessinée et ce seul mot écrit de la main de Daphnée : « Viens ». Inquiet, mais également intrigué, Massimo déniche un moyen de transport et organise son expédition, car la carte indique clairement que sa route doit traverser la brousse qu’il connaît somme toute assez peu. Il s’engage alors une espèce de voyage initiatique où Massimo, laissé à lui-même, doit apprendre à survivre par ses propres moyens dans ce qu’il appelait encore peu de temps auparavant le « désert ». À la fin, il retrouve Daphnée qui l’accueille dans son lit à côté duquel il aperçoit une statuette à son image.


 – Nicolo Klass – Première publication : 1993 sous le titre Forza Cantabile – Traduit de l’italien par Annie Tanz – 318 p. – 1996 – La couleur et la chaleur éclatent dans cette oeuvre où les mésaventures cocasses d’un jeune homme servent de prétexte à une picaresque remise en question de soi et des autres. 

Les soins jaloux

 



Le grand souci des autorités sanitaires au début de l’épidémie de Covid-19 a été de ne pas engorger le système de santé. En langage clair, cela voulait dire qu’il ne fallait pas que trop de gens se retrouvent aux soins intensifs. Oui, ça se défendait comme explication. S’il avait fallu que les malades envahissent les hôpitaux, cela aurait effectivement paralysé les services de santé.


Que ce soit à cause des mesures prises par le pouvoir politique ou pour toute autre raison, les centres de santé ne furent pas envahis par une ruée de patients contagieux, fort heureusement. Cela ne signifie nullement que les travailleurs de la santé n’ont pas été fortement mis à contribution, mais ils ont, depuis des décennies, pris l’habitude du surmenage entraîné par les compressions budgétaires de gouvernements successifs.


Maintenant que les hôpitaux tiennent bon, malgré la pression qu’ils subissent, on a trouvé le moyen de leur pourrir la vie encore plus. En effet, quantité de travailleurs de la santé n’ont pas accepté de se faire vacciner. (Notons au passage qu’une personne a toujours le droit de refuser un traitement.) Il faut bien dire que, si des spécialistes refusent le vaccin, ça la fout mal quant à la crédibilité de ce dernier. Alors, le gouvernement a décidé que tous ces employés non vaccinés seraient mis à pied – une punition, quoi – en date du 15 octobre.


Au total, on parle de 20 000 travailleurs de la santé qui vont partir. En d’autres termes, plutôt que d’augmenter les soignés, on va réduire le nombre de soignants. Les conséquences seront désastreuses pour les malades d’autre chose que la Covid-19. On parle déjà de la fermeture, en Estrie, de 25% des blocs opératoires, ce qui sera, semble-t-il, représentatif de tout le Québec.


Bref, en tentant de protéger la population contre une maladie, on néglige de la soigner pour toutes les autres.


mardi 12 octobre 2021

Montréal vue du sol

 


Halloween à nos portes.

lundi 11 octobre 2021

Aller comme un Afghan


 

Catalogue


 Mot de la vice-présidente à la publication

Une vice-président à la publication possède un avantage sur ses collaborateurs : elle lit pratiquement tout ce que sa maison publie. Comme j’ai eu l’occasion de prendre connaissance du mot de notre président avant tout le monde, je peux donc éviter les répétitions. À une exception, cependant, car je tiens également à remercier tous ceux et celles qui, jour après jour, garantissent le succès des Éditions Crobard en publiant des produits de qualité avec une rigueur et un professionnalisme qui se retrouve rarement dans le milieu.

Puisqu’il est question de produit, parlons de celui que vous avez présentement entre les mains. Nos fidèles lecteurs, qui attendent chaque année la publication du catalogue de notre maison, verront une différence de taille cette année. En effet, pour marquer le dixième anniversaire des Éditions Crobard, nous avons décidé de publier un catalogue plus facile à consulter et plus aéré que par le passé. 

À venir jusqu’à aujourd’hui, nous avions pris l’habitude de présenter nos titres en ordre chronologique et ensuite par collection. Cette année, nous avons décidé de faire l’inverse, c’est-à-dire de mettre l’emphase sur les collections. Ainsi, le catalogue version 1998 comprend cinq sections distinctes, soit les collections romans, essais, théâtre, aventure et poésie. Les titres sont classés dans chacune de ces sections par ordre alphabétique.

Il s’agit donc d’une notable différence. J’espère que les lecteurs qui nous encouragent depuis si longtemps ne nous en tiendront pas rigueur. Je suis persuadée qu’ils trouveront la consultation plus agréable et plus rapide de cette manière. Cependant, et ce afin de ne pas brusquer les bonnes habitudes développées au fil des ans, le catalogue comprend également en toute fin une liste des titres par années de publication et par section, pour celles et ceux qui, comme moi, restent un brin nostalgiques.

C’est avec plaisir et confiance que j’envisage les dix prochaines années en votre compagnie. Comme vous le savez déjà, les Éditions Crobard sont votre maison d’édition.


Laure Dussault

vice-présidente à la publication





Mot de la vice-présidente à l’édition


Lorsque je regarde derrière nous et que je constate tous les bouleversements qu’a connus la décennie qui vient de se terminer, je ne peux m’empêcher de penser que les Éditions Crobard reflètent véritablement la réalité qu’elles ont vécue. Qu’on pense seulement à la chute du mur de Berlin, à la fin de la guerre froide et à l’effondrement des régimes socialistes. On verra toute l’étendue des changements qui ont marqué les dix ans qui s’achèvent.

On ne peut pas penser un instant qu’une maison d’édition puisse se couper, pour survivre, du monde où elle existe. Il lui faut, pour garantir son succès adapter ses choix littéraires et éditoriaux afin de rencontrer les préoccupations du public et, surtout, de son lectorat. Comme le disait si bien Darwin, il faut s’adapter ou mourir. 

Comme toutes les maisons d’édition, la nôtre ne fait pas exception. En même temps que la société a évolué, que les préoccupations des lecteurs et des écrivains changeaient, nous avons aussi suivi le vent du changement.

Au fil des années, les collections ont évolué. Si certaines ont cédé le pas, d’autres par contre ont repris le flambeau. Quant aux collections qui ont toujours garanti la popularité des Éditions Crobard, même elles ont vu le contenu des oeuvres suivre l’évolution du changement. 

Ainsi les thèmes explorés par les romans ont changé. Mais, par contre, les essais que nous publions n’ont jamais perdu leur mordant, tant il est vrai que la liberté de parole est une marque indélébile de notre monde. Si la collection théâtre a été abolie en 1994, elle a été avantageusement remplacée par la collection aventure, qui elle remonte à 1992, mettant en vedette les plus populaires romans d’aventures des années 1990. Enfin, si la collection poésie a connu un intervalle depuis 1996, il ne fait pas de doute qu’elle renaîtra de ses cendres, car la publication de la poésie est un devoir moral pour toute maison d’édition qui se respecte, comme en faisait foi l’appui des gouvernements.

Maintenant que je regarde devant, il ne fait pas de doute que le futur nous réserve encore bien des surprises. Je vous invite à rester avec nous encore longtemps, car nous n’avons pas tout dit.


Elsa Moncelet

vice-présidente à l’édition



Ouâ, pitié!


 

Faisons comme si nous étions cAnadiens.


Logo des Wapitis d'Edmonton*


* Les Wapitis d'Edmonton, anciennement les Eskimos de la même ville, sont une équipe de football professionnel. Enfin... de football cAnadien.

dimanche 10 octobre 2021

C’est le pompon!*

 



Pratiquement tous les jours, en politique, on entend des énormités; et, parfois, quelques insanités.


Malgré tout, certains candidats au cours d’une campagne électorale arrivent à se dépasser et à atteindre le niveau supérieur, ne serait-ce que le temps d’une affirmation que personne ne pourra croire de bonne foi.


En de telles occasions, il est de mise de décerner une récompense digne des Ig-Nobel**, en science, ou des Razzie Awards***, au cinéma.


Notre mouture s’appelle le Pompon d’or, la plus haute distinction décernée à la plus basse menterie ou stupidité proférée avec un visage impassible par une figure publique. Cette semaine, le lauréat n’est nul autre que notre cher, bon ex et futur maire Denis Coderre, en récompense de ce qu'il a déclaré dans l'article ci-dessus.


Gardons-en quelques autres en réserve, il n’en est encore qu’à ses premières vocalises.




* Selon Le Robert, cette locution signifie «c’est le comble». Le même ouvrage de référence mentionne que «avoir le pompon» est une expression désignant une personne qui est la première dans une épreuve ou dans une catégorie.


**https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Ig-Nobel


***https://fr.wikipedia.org/wiki/Razzie_Awards