Imaginez-vous que, dans la nuit de dimanche à lundi dernier, deux fliques de Montréal ont interpellé des jeunes circulant – avec pas de casque – sur une trottinette électrique. Comme, semblerait-il, c’était une soirée tranquille, les deux policières ont décidé de sévir. Mal leur en prit, car les deux «contrevenants» ont réagi négativement au point où elles furent tabassées et même dépouillées de leur arme de service, paraît-il.
L’ancien ministre de la Sécurité publique du Québec, M. Stéphane «Stef» Bergeron a été «profondément dégoûté» face à un tel comportement «écœurant et inacceptable» de la part de vulgaires civils. Sans doute aurait-il préféré que le passage à tabac se soit déroulé dans l’autre sens, échappant de la sorte à toute critique – et toute sanction – de la part des autorités.
Stef a déploré en outre la montée de la violence dans les rues de Montréal qu’il dit avoir pu observer alors qu’il accompagnait des patrouilles de nuit de la police. Qu’est-ce qu’il foutait là? Mystère. Remarquez, il n’est pas besoin d’être ex-ministre pour se retrouver assis sur la banquette arrière d’une auto-patrouille. Mais ça aide.
C’est bien beau déplorer la montée de la violence, encore faut-il se demander quelles en sont les causes. Est-ce parce que les droits des individus sont constamment érodés par les lois liberticides? Ou parce que les conditions économiques des moins nantis se détériorent un peu plus d’année en année? Ou parce que le fardeau des devoirs attendus du citoyen s’alourdit alors que la société tout entière tend à se défausser des services qu’elle est censée assurer? Puisqu’il était question de trottinette, prenons simplement le casse-tête que représente le simple fait de circuler dans les rues de la métropole.
Alors, Stef, c’est bien beau pleurnicher sur la désintégration sociale, mais il ne faut pas oublier que cela a été initié au sommet. Tu sais, le sommet? Là d’où tu viens.

















