Affichage des articles dont le libellé est • Allumeur de réverbères. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est • Allumeur de réverbères. Afficher tous les articles

mardi 16 mars 2010

Lettre à Albert Camus, l’insoumis

[Attention, ce post est significativement plus long que la moyenne. Mes excuses par avance.]

Mon cher Albert Camus,

Voilà quelques longues semaines dont la somme doit dépasser celle des semaines écoulées de la présente année, tu m'as amicalement demandé de mes nouvelles, vu que l'Atlantique nous sépare aujourd'hui, faisant un peu plus que les quelques rues d'autrefois, et que c'est pas en comptant sur la tectonique des continents qu'on se reverra. Je choisis donc de prendre la fulgurante technique électronique plutôt que tectonique pour te répondre. En public. Cachés derrière nos pseudonymes, j'ai hésité un temps. En fait, j'attends depuis des semaines certainement aussi nombreuses que ceusses mentionnées ci-dessusse... une grande nouvelle que je voulais te faire partager. La nouvelle est tombée. En fait, elle m'est tombée sur la gueule. Comme je sais qu'il y a chez toi cette sensibilité politique aux affaires de ce monde, je me suis dit que j'allais te raconter la mésaventure qui m'arrive, que ça t'intéresserait, et que tu du coup, j'allais te raconter tout ça en public, pour en faire profiter tout le monde (sauf erreur, certains ici présents dans la salle me connaisse également, je les salue bien bas en leur disant que je partagerais bien un verre en leur chaleureuse compagnie à l'occasion). Je ne doute néanmoins pas une seconde que tu sauras lire entre les lignes (ta grande spécialité, un grande maître respecté en la matière!) pour y déceler mon amitié intacte envers celui que tu as été, que tu es et même que tu seras, mon cher Albert Camus.

Ma mésaventure concerne la Science, avec un grand L comme disait il y a quelques années un livre qu'à richement illustré (comment se pourrait-il être autrement), notre ami commun Numéro 6. Tu sais que la Science va mal. Le monde va mal. Mais la Science aussi. Tu sais aussi que je m'y suis plongé dedans avec toute la fougue de celui qui a des raisons psychanalytiques profondes (pour ne pas dire complétement névrotiques...) de s'y plonger. Je me suis plongé dans la Science pour échapper au Monde, mais c'est là une autre histoire. La Science donc.

Aux lecteurs qui nous ont suivis jusqu'ici, je mentionne rapidement que le sujet de mon propos concerne bien l'étonnement (restons poli) devant l'incroyable déroulement des affaires de ce bas monde, du rôle des politiques et plus particulièrement du pouvoir qu'il manipule (dans les deux sens du terme). Les lecteurs assidus de ce blog sauront qu'il est souvent question ici de ces questions justement, avec un humour détaché qui est celui des gens de goût. Bon.

Posons le décor. Nous sommes dans un monde occidental qui fait deux choses fausses à la fois. (En fait il en fait infiniment plus que ça, mais je veux juste parler de ce que je connais un peu). La première est de celle de dire sournoisement que tous les discours se valent, sont vaguement à égalité, que tout est "histoire" (avant de se décanter en Histoire). On appelle ça le relativisme culturel ou le story-telling, c'est pareil. C'est très répandu. Ça donne des choses absurdes comme l'obligation d'accepter toute culture chez soi, ou de croire que l'évolution n'est qu'une "théorie" parmi d'autres... Ce dernier exemple est, je crois, bien d'acualité sur votre continent nordique, mon cher Albert Camus.

La deuxième est de confondre Science et technique. C'est une évidence. "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" disait l'autre. C'est plus sournois aujourd'hui, puisque qu'il est de moins en moins question de Science, et donc encore moins de conscience... La technique occidentale domine largement l'usage de la vie que nous avons. Les réactions à ce mode de vie dominant ne se sont pas fait attendre, et des exilés technologiques apparaissent un peu partout en Occident. Sur le terreau favorable du relativisme culturel! On boucle la boucle, on confond retour du religieux avec le recours au religieux, et tout est donc foutu, conclusion évidente à laquelle tu dois, comme moi, certainement aboutir souvent le soir, avant de te servir un verre de bon vin.

Dans ce merdier, arrive Allumeur de réverbère. Il sent bien que ça avance pas, que la Science n'est pas ça, que tout le monde se trompe (vous avez dit névrotique?...), que la Science n'est pas communication, qu'elle a une éthique propre, et que son but reste la construction d'un langage univoque sur le monde. Je répète: univoque. Mais comme ça ne sera jamais qu'un "langage sur..." il lui faut une éthique. Passons.

La situation d'Allumeur de réverbère n'est pas follichonne. 36 ans, déjà 8 ans d'expérience à l'étranger, travaillant d'arrache-pied sur des sujets qu'il considère annexes, il n'arrive pas à entrer dans le système (certes mortifère, il n'est pas aveugle) français de recherche. CNRS, CNAP, universités tout y passe, rien à faire. Le mec commence à se faire vieux, et ça commence à sentir le poisson... Allumeur de réverbère a de plus le mauvais goût de travailler dans une discipline où les romantiques sont légions, et où la pression extérieure du public, médiatique, est énorme: je veux dire l'astronomie (en fait l'astrophysique, mais voilà, personne ne s'intéresse à la différence, c'est bien là le problème...). Sa discipline est aujourd'hui complètement dominée (dans sa marche quotidienne) par la question des planètes extra-solaires, dont l'intérêt immense qu'elles suscitent devra bien un jour être dit pour ce qu'il est: un intérêt humain, philosophique, religieux... mais très peu scientifique. Ou alors on n'a pas les même définitions (je sais, je sais, c'est aussi qu'est là le problème).

Depuis plus d'une année, Allumeur de réverbère, patiemment, petit à petit choisit néanmoins d'avancer dans une direction complètement nouvelle. Complètement. Un champ scientifique nouveau, sur une base interdisciplinaire. Faisant intervenir des compétences, des concepts, des techniques complètement différentes, qu'il s'agit de modifier, de critiquer, d'améliorer, de remettre en cause. La Science, mon ami, la Science, excitante à souhait. Moi, seul, enfin, dans un champ de recherche que j'ouvre moi-même! Je n'en dors plus (déjà qu'avant...) Un vrai champ scientifique, dont le but est de faire progresser le "comment ce machin appelé Univers fonctionne". Pas un projet sur des objets, mais un champ de recherche sur le "comment", les mécanismes. Les perspectives sont vastes, le regard porte très loin, on va changer la face de la Science, on ne peut s'empêcher de penser au Nobel...

Le cadre national étant pou-rri, une seule solution, la grande déesse Europe. La grande déesse a mis en place un programme de financement des "jeunes" (j'haïs ce terme) chercheurs. Un vrai programme. On ne prend que les archi meilleurs et si le projet passe, on finance tout tout tout! C'est la Science dans sa pratique idéale. Pas de souçis d'argent, on engage des gens, on avance, sur des sujets risqués, on est la crème de la crème. La Science mon ami. Allumeur de réverbère se lance à fond, prépare tout, bien en avance, la demande, les ressources, les techniques, le réseau de collaborations et organise même un colloque international dans son propre labo. Tout, il a tout fait, préparé dans les moindres détails. Mentalement il a tout donné, à en perdre épisodiquement (50 fois par jour) la mémoire immédiate pendant deux mois...

Projet déposé fin octobre 2009. L'originalité du projet d'Allumeur de réverbère était évidente, éclatante, et même reconnue en dehors de sa discipline! La sélection se fait en deux tours, la réponse pour le premier doit tomber mi-février 2010. Depuis le 15 février 2010, Allumeur de réverbère appuie sur son client Mail toutes les deux minutes, même pendant la nuit. Fou il était, fou il restera!

Lundi 1er mars au soir, le mail arrive. Et la réponse, la réponse, elle doit forcément être puissante, limpide, fulgurante, dans un sens ou dans l'autre: soit c'est de la grosse marde, soit c'est génial, pas d'entre deux, Allumeur de réverbère déteste ça. Alors cette réponse? Ben... oui c'est génial, mais c'est non.

[...]

Voilà mon cher Albert Camus, où j'en suis dans ma vie. Voici mes nouvelles. Les raisons invoquées pour refuser mon projet sont absurdes. Suffisamment absurdes pour que je lance une procédure de recours, mais tu sais comment ça va, ce genre de choses... c'est du vent administratif. Il va sans dire, et tu le sais certainement, que je n'ai pas dit mon dernier mot. Mais disons que je passe en mode "sous-marin" pour un temps... Albert Camus l'insoumis, je suis ton disciple depuis longtemps.

Voilà. Sache aussi que ma compagne va très bien (ella a signé pour une job permanente super intéressante), et que les enfants poussent magnifiquement, superbement, et apportent à leur père la joie et la certitude d'exister. Je pense souvent à toi, et à celle qui t'accompagne et que tu embrasseras avec fougue de ma part, en espérant que vous allez bien tous les deux.

Allumeur de réverbère.

P.S. Pour respecter les bonnes habitudes que nous avions: à lire absolument, si tu ne connais pas déjà: "Les planches courbes" d'Yves Bonnefoy. J'aborde à peine Saint-John Perse également. La poésie comme refuge, je ne suis pas le premier.

lundi 21 décembre 2009

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme

Une réflexion moderne, un peu franco-centrée au début, mais qui me semble assez universelle pour être partagée. Le texte qui suit est de Hervé Le Crosnier, maître de conférence à Caen. Je rappelle que M. Sarkozy, président la République, souhaite, via son ministre, réduire (lisez: à long terme, supprimer) les heures d'histoire dans les filières scientifiques. Voir par exemple cet article sur LeMonde.fr

--

Les médias, la rue, l'éducation nationale bruissent aujourd'hui de la colère des historiens. La contraction du programme d'histoire des filières scientifiques sur l'année de première provoque débats et colère. A juste titre. L'histoire est, ces derniers temps, manipulée à des fins propagandistes, de la lecture hors-contexte de la « Lettre de Guy Môquet » à la décision prise par Nicolas Sarkozy en janvier 2009 d'ouvrir un « Musée de l'Histoire de France », prélude au grand débat national sur « l'identité » que l'on sait. La condensation en une année de lycée d'une matière qui demande au contraire recul et méthode ne peut que modifier l'enseignement, et finalement la compréhension de l'histoire et plus encore son impact sur le présent. Elle annonce aussi une vision « rationelle » des lycéens, désireux de capter des points dans la grande chevauchée du baccalauréat et pondérant leurs efforts en fonction des coefficients, comme les caricature Richard Descoing, chargé de mission sur la réforme des lycées, dans Le Monde du 9 décembre. Une vision utilitariste qui cible particulièrement les lycéens scientifiques.

Mais c'est en réalité « en creux » qu'il faut interpréter le plus profondément la proposition ministérielle et les positions exprimées dans les grands médias. C'est derrière l'écran qu'il faut chercher ; derrière l'écran de fumée qui masque et derrière celui des petites lucarnes, dont la lumière nous aveugle. C'est la conception de l'enseignement des sciences qui est le véritable enjeu... et derrière lui la conception même des sciences et du travail scientifique.

Ce qui nous est prétendu à longueur d'interviews et de messages est que l'abandon de l'histoire en terminale scientifique permettra de recentrer les lycéens de la filière scientifique sur l'enseignement des sciences. Belle tautologie, qui rejoint les pré-conceptions largement répandues sur la « science », activité des polars, ou des « no-life » comme disent les ados d'aujourd'hui, technique culturelle spécifique, faite de répétition et d'exercices. Malheureusement, cette démagogie laisse dans l'ombre l'analyse réelle de ce que représente une carrière scientifique, et la place des sciences et techniques dans l'organisation sociale.

L'école a toujours une triple tâche, dont elle s'acquitte avec des formes différentes et suivant des modalités variables, mais dont on peut toujours repérer l'articulation : renouveler les élites dirigeantes, augmenter le niveaux global des connaissances de la société pour garantir la compétitivité d'un pays (ce qui a de larges effets positifs sur la citoyenneté), et enfin préparer les forces de travail adaptées aux conditions de la production. Durant la période de grande démocratisation de l'école (des années 50 aux années 80), les disciplines scientifiques permettaient la sélection des futurs dirigeants quand les formations « professionnelles » (lire « industrielles ») nourrissaient les fabriques en ouvriers « spécialisés », (par oxymore, sans affectation précise mais capable de se plier au fonctionnement de l'usine). Il fallait maîtriser les mathématiques pour réussir le numerus clausus de médecine, et avoir fait ses classes dans la chaudronnerie ou le secrétariat pour lier ses poignets aux mécanismes de sécurité des presses industrielles et accomplir des gestes robotiques sous l'oeil du chronomètreur. Mais avec la mondialisation, d'autres critères permettent de reproduire les classes dirigeantes, notamment la maîtrise de plusieurs langues vivantes et l'aptitude aux synthèses. En revanche, la production de la nouvelle force de travail adaptées à la « société de la connaissance » passe par une maîtrise des techniques, notamment des techniques de l'information et de la communication, et par la spécialisation d'une large partie des scientifiques dans l'exécution de tâches de contrôle de processus ou l'analyse de données, principalement dans les domaines de la chimie et de la biologie. Nombre d'étudiants des filières scientifiques deviennent ensuite les servants des capteurs et actionneurs informatisés, nourrissant des machines de traitement de l'information en données brutes.

Cette nouvelle répartition des rôles induit un changement profond de la conception des disciplines scientifiques.Quand les mathématiques pouvaient cumuler les avantages de sélectionner les futurs dominants et de préparer aux carrières spécifiques de la recherche et de l'ingénierie, elles étaient la discipline reine. Et de vanter la capacité de cette matière à former au « raisonnement logique », à l'analyse déductive et finalement à produire les personnes capables de traiter avec la même impartialité de méthode les sujets les plus divers.

Mais la science a changé. Foin des méthodologies et de l'argumentation, il s'agit dorénavant de produire des « innovations », que l'on va comptabiliser en nombre de brevets, de publications ou de citations. On améliore les méthodes, on transfère à la machine (informatisée) les interprétations et on réduit celui ou celle qui pilote le processus au rôle d'OS de la société de la connaissance. La science a besoin de petites mains au service des industries du savoir et du traitement de l'information. C'est désormais cette limitation dans les outils (à chaque discipline ses techniques) et dans les objectifs (le cumul des applications innovantes) qui définit la place de la science, et donc des filières scolaires et universitaires de production des scientifiques.

Les chercheurs qui ont participé au premier Forum mondial Sciences & Démocratie qui s'est tenu à Belèm en janvier 2009 ont largement insisté sur ce phénomène de taylorisation de la recherche. Chaque chercheur devient un élément dans une chaîne de production parcellisée. Le « travail scientifique en miettes » tend à déposséder les scientifiques des finalités de leur activité. Ils perdent la conscience du produit (ici les connaissances) qui appartient dès lors à celui qui détient la vision globale de la chaîne de production. Dans les « temps modernes » de l'ère industrielle de masse il s'agissait des concepteurs et ingénieurs, avec la complicité de la maîtrise, qui régnait sur la coursive qui courrait le long de la chaîne de production. Dans le capitalisme cognitif, ce sont les financeurs de la recherche, ceux qui peuvent transformer les grains de connaissances (articles, expériences parcellisées, brevets à spectre applicatif très limités,...) en valeurs marchandes (via le marketing des produits, ou la capacité à focaliser l'attention publique qui va justifier les investissements dans tel ou tel secteur de connaissance). Et la coursive est occupée par les décideurs des politiques scientifiques, ceux qui affectent les crédits, les « contrats de recherche » et les résultats des « appels d'offre ». La transformation de l'Université en société de service pour les entreprises « innovantes » et les grands groupes industriels, fournissant à faible prix stagiaires, thésards, contractuels de la recherche et, en prime, l'expertise des directeurs d'équipes de recherche, participe de ce processus. Le choix des financements de recherche n'est plus guidé par l'intérêt général, par la discussion démocratique que cela pourrait signifier, par le « tribunal de la raison » cher aux philosophes des Lumières, mais par l'intérêt bien compris, appuyé sur l'opinion. Une opinion peu encline aux méthodes scientifiques, mais formattée par l'agenda industriel (ne pas prendre de « retard ») et abreuvée de projets toujours conjugués au futur, déclinant les « miracles de la science » et vendus par les experts en poudre aux yeux des relations publiques, relayés par les médias avides de sensationnel et de merveilleux.

Ce changement radical de la place de l'emploi scientifique, de la déqualification progressive des métiers de la recherche et de la soumission des choix scientifiques aux intérêts des conglomérats industriels modifie aussi le contenu même de la science. La tradition scientifique considère la compréhension de la « nature » (un terme utilisé par les physiciens comme par les biologistes) comme un objectif. Les expériences de laboratoire visent à créer des modèles capables d'aller au plus près du réel, tout en cherchant l'expérience qui viendrait « falsifier » la théorie pour changer de paradigme et trouver d'autres modèles explicatifs. Or aujourd'hui on voit se développer de nombreuses spécialités qui, au contraire, considèrent la nature comme une machine, qui se plierait aux conceptions et aux modèles issus des laboratoires. Des manipulations génétiques incontrôlées et lâchées dans l'environnement, de la biologie synthétique, aux modèles thérapeutiques ou aux produits chimiques diffusés (vendus !) sans réelle prise en compte des effets adverses et des risques à long terme, la liste est longue des sciences prométhéennes. La caricature étant atteinte par la géo-enginierie, qui veut réparer la « machine-terre » elle-même, et fait fort de se présenter comme garante du « plan B » pour empêcher le changement climatique global.

Cette transformation de l'emploi scientifique d'une part, du projet de la science de l'autre, cette conception de la recherche comme un cumul d'innovations qui passe par la parcellisation nécessaire de la réflexion des acteurs de la production scientifique, est le pendant exact de la suppression de l'histoire en terminale scientifique... qui n'est vraisemblablement que le prélude à d'autres changements, notamment concernant la philosophie.

Nous aurons ainsi des producteurs de science qui pourront travailler sur des sujets aussi sensibles que la vie privée (informatique), le corps humain (génétique, appareillage), l'alimentation (organismes génétiquement modifiés, agro-chimie), les méthodes de contrôle social (calcul et statistiques), et bien évidemment l'environnement géo-terrestre (analyse des polluants, géo-engineering) sans avoir jamais eu un enseignement leur permettant de prendre conscience de la place qu'on leur fait jouer, de mettre en perspective leur rôle social. Car pour comprendre l'enjeu de l'arrêt de l'enseignement de l'histoire en terminale scientifique, et plus encore le discours ambiant sur la nécessité de focaliser les lycéens scientifiques sur ce qui serait le coeur de leur discipline, et leur permettrait de briller ultérieurement sur l'arène scientifique mondiale, il faut ajouter qu'il n'auront plus jamais dans leur cursus scientifiques à l'Université d'enseignement de l'éthique, ni de l'épismémologie et l'histoire des sciences, ni des fondements économiques de l'industrie de l'information. Le travail de dépossession des travailleurs scientifiques des finalités sociales et culturelles de leur activité doit simplement commencer de plus en plus tôt, et se poursuivre tout au long de la filière de formation des producteurs de l' « économie de la connaissance ».

Il faudrait avoir étudié l'histoire pour reconnaître, mutatis mutandis, une image « moderne » du processus dit de « prolétarisation » qui a déjà eu lieu durant l'ère industrielle. Et donc pour anticiper sur les enjeux des affrontements sociaux qui ne manqueront pas d'éclater dans le coeur même de la production de connaissances et de la société du même nom. Nouvelles oppositions dont les mouvements des chercheurs des dernières années en France, ou les activités des « lanceurs d'alerte »au niveau du monde entier sont les premiers prototypes.

Hervé Le Crosnier
Caen, le 10décembre 2009

samedi 5 décembre 2009

Le genre de machin génial

Pour arrêter la spirale d'acheter du neuf au moindre petit bobo.

http://sugru.com/ Sugru: Hack things together



Une matière qui colle à tout, sèche en 30 minutes à température ambiante, devient flexi-solide, résiste à la chaleur et à l'eau, et voilà! Il doit y avoir une petite idée physico-chimique derrière pas mal cool.

A essayer dès qu'ils en auront en stock!

mercredi 28 octobre 2009

lundi 12 octobre 2009

BibNum

Un projet intéressant de l’éducation nationale française (pour une fois que cela ne concerne pas le fichage d’une sous-population...): BibNum: Textes fondateurs de la science analysés par les scientifiques d’aujourd’hui. Pas eu le temps de fouiller, mais pour les gratteux de bibliothèques, les Cendrars en herbe, et tous ceux qui ont du temps pour lire... :-)

BibNum

vendredi 25 septembre 2009

Enfin des taches!

Le soleil recommence à avoir des taches! Enfin... Depuis le temps, on commençait (sérieusement) à s'inquiéter. Cliquer sur l'image pour aller sur le site du satellite SOHO qui a pris l'image.

© Courtesy: SOHO

samedi 1 août 2009

Every Body Dance Now

Grenoble, 2 août, 3h19 du matin, 29 degrés à l'ombre...

Pour ceux qui aiment les courbes, le galbe d'un R, la petite collerette d'un p de Marlène, allez jeter un oeil sur la police History. Magnifique. On peut même jouer avec.

lundi 18 mai 2009

Voir la réparation de Hubble

Sur le site de Boston Globe (Big Picture):


Ch'ais pas vous, mais moi, ça me scotche à terre, depuis que je suis gamin.

Se rappeler que des hommes sont là-haut.

(Source: The Big Picture).

mardi 12 mai 2009

Réparez Hubble vous-même!

Sur le site de la NASA, il y a un pas-à-pas (en anglais seulement, malheureusement). Cliquez sur "The Mission". Décidément, les américains font très fort à chaque fois au niveau communication!

(Décollage d'Atlantis, hier - crédits NASA).

lundi 27 avril 2009

Suivre le virus sur internet...

... c'est facile, grâce à la carte de Google:

Mais quand on fouille un peu, notamment au sud de Mexico, on se rend compte que le virus attaque partout, même au milieu de nulle part. Voici la carte satellite d'un cas confirmé de contamination...

mardi 21 avril 2009

Des nouvelles de l’Univers

La sonde Cassini continue d'envoyer des images absolument fabuleuses d'une des planètes les plus fascinantes de notre système solaire: Saturne. Les paysages sont absolument magnifiques. Ce qui rajoute encore plus au plaisir c'est que la physique des anneaux reste en partie mystérieuse, et que la très grande régularité et l'apparente simplicité des anneaux cachent des trésors de physique gravitationnelle. Dans une autre vie, j'aurais fait porter mes recherches sur ces anneaux.


Le satellite Epimetheus devant les anneaux "A" et "F" de Saturne et le satellite Titan dans le fond. Photo prise à 667 000 kilomètres d'Epiméthée et 1.8 million de kilomètres de Titan, par la sonde Cassini. (Cassini était un ingénieur/astronome italien naturalisé français qui a découvert la fameuse division dite de Cassini dans les anneaux de Saturne.)

J'en profite pour vous signaler que l'image pointe vers ce très intéressant blog du Boston Globe intitulé "Big Picture".

dimanche 19 avril 2009

Des nouvelles de Françitude

L'Italie est souvent raillée pour les propos infâmants de Berlusconi. Notre omniprésident™ Sarkozy est apparemment du même tonneau.


Le «sniper» Sarkozy irrite la presse anglophone. (Notez que sur la photo ci-dessus, Sarkozy apparaît plus petit, mais c'est principalement parce qu'il est une marche plus bas...)

Pour faire équilibre, nous avons l'antiparticule de Sarko: Ségo, qui pour faire bonne figure, passe derrière et s'excuse pour les propos du premier.

Propos de Sarkozy: Royal présente des «excuses» à Zapatero.

Ok, les propos sont rapportés par un journal pseudo-gauchiste au bord de la décrépitude et qu'on ne peut même plus qualifié de partisan tellement il est dans le moule des autres, mais même partiellement faux, c'est assez savoureux quand même. Alors, stupiditude ou coup de maître avec 25 coups d'avance dans le Kriegspiel politique français?

Et l'histoire a l'air de partir complètement en sucette, vu que le porte-parole et porte-flingue de Sarko, le très agressif Lefebvre insulte le journal à l'origine de la fuite...

Propos de Sarkozy: Lefebvre insulte «Libération».

À bientôt pour de nouvelles vicissitudes dans la Françitude moderne.

P.S. Françitude? Bravitude!

samedi 21 mars 2009

Des nouvelles de l’Univers

Bon, je sais, c'est un peu facile de reprendre simplement l'image du jour de l'APOD. Mais la carte du ciel du jour est proprement incroyable (la bande jaune/orange horizontale est celle du plan galactique, la Voie Lactée).


Ça n'a l'air de rien, mais cette image est prise dans les rayons gamma par le satellite Fermi/GLAST (Enrico Fermi était un physicien des particules italo-américain prix Nobel en 1938 pour ses travaux sur la physique nucléaire). Avant cette image, on avait une image du ciel gamma très incomplète, et surtout composée de quelques dizaines de pixels seulement. Là, c'est byzance! Et en plus, il y a encore des sources non identifiées! La chasse commence: soit ce sont des sources "stellaires" (de la taille d'une étoile) et proche, dans notre galaxie. Soit ce sont des sources extra-galactiques, des noyaux actifs (trous noirs supermassifs au centre des galaxies). Bref, le début d'une nouvelle exploration en astrophysique.

jeudi 19 mars 2009

Des nouvelles de l’Univers

Conjonction de 4 transits des lunes de Saturne. Que les Verseaux et les Lions ne s'affolent pas, aucune catastrophe n'est à prévoir... Au contraire, admirez simplement le paysage (et au passage, arrêtez donc les niaiseries).

Source: APOD

mardi 17 mars 2009

Et pan dans la gueule...

Une lecture roborative, à nouveau... (Et une suggestion de lecture à mon cher Albert Camus, sociologue).


Côté de l’abus de pouvoir «scientifique», il en existe un (le «littérarisme») qui consiste à croire que ce dit la science ne devient intéressant et profond qu’une fois retranscrit dans un language littéraire et utilisé de façon «métaphorique», un terme qui semble autoriser et excuser presque tout. Au lieu d’un «droit à la métaphore», on devrait parler plutôt d’un droit d’exploiter sans précaution ni restriction les analogies les plus douteuses, qui semble être une des maladies de la culture littéraire et philosophique contemporaine.

Prends ça, Régis Debray...

samedi 14 mars 2009

Non, pas la mouillette!!!

Attention, il y en a apparemment plus d'une centaine, et c'est addictif!
Cultissime: «Non, pas la mouillette!»...

lundi 2 mars 2009

Ma Rolex et moi

Dans un petit pays que je connais bien, il est en train de se passer une révolution sous la pression combinée des States et de l'UE. En effet, le Secret Bancaire Suisse™ est en train de vaciller sérieusement. Manque de bol, la banque concernée par les attaques américaines ces dernières semaines, UBS (qui veut dire Union de Banques Suisse et n'est pas un annagramme idiot d'un protocole de communication électronique), c'est celle où j'ai placé mes petites économies. Passons.

J'avoue être partagé. Le Secret Bancaire Suisse™ a une longue histoire, et il faut savoir qu'il consiste entre autres à ne pas considérer comme une infraction pénale les fausses décalarations d'impôts, qui passent du coup plutôt dans le code civil. Quelques petites amendes n'ont jamais fait beaucoup de mal. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à l'origine, dans ce petit pays très patriotique, neutre, libre et indépendant, cette particularité avait pour fondement juridique la protection du citoyen. Il était considéré comme juste de permettre au citoyen d'évaluer, à une certaine hauteur, comme suffisant les impôts qu'il payait, et donc de choisir de ne pas déclarer certaines choses. Ça fait rêver certains qui n'osent même pas imaginer leur propre pays accéder à un niveau démocratique aussi élevé, vautrés qu'ils sont dans la bauge populistico-médiatique.

Cette disposition ne peut être que la marque d'une nature démocratique la plus haute (et je persiste à dire que seuls la Suisse, et quelques autres pays qui pratiquent le référendum d'initiative populaire, est une vraie démocratie -- faites un peu d'étymologie, et vous verrez).


Mais le monde a changé, et pour le moins bien. Beaucoup moins bien. Que Mosieur IKEA ne paie que 200 000 CHF de forfait fiscal en Suisse, où il "réside", avec une fortune personnelle estimée à 26 millARDs de bons gros dollars US, ça ne se peut juste pas. Secret Bancaire Suisse™ ne peut donc pas rester en l'état. Parce que le monde est devenu plus friqué et a donc manipulé ce qui au départ était une histoire de protection du citoyen, la Suisse va devoir modifier passablement sa législation sous la pression "amicale". Voir à ce propos le dossier dans le journal LeTemps.ch.

Mais la pire insulte à mon avis c'est celle que se permet le président français Sarkozy-le-Bling-Bling, celui qui se vautre dans la vulgarité friquée la plus obscène, et qui est défendu en cela par les mecs les plus navrants (voir ci-dessous). Ce mosieur se permet de dire que la Suisse est un paradis fiscal. Qu'il ose ce commentaire me fait gerber.

Ecoutez son copain Jacques Séguéla, le célèbre publiciste Le Plus Con De La Terre™, défendre la Rolex de Sarkozy:

Tout savoir sur la Suisse: ch.ch.

dimanche 22 février 2009

L’Abolition, l’opinion et le Peuple

En entendant l’autre jour Robert Badinter déclarer que c’était parce que la cour européenne des droits de l’homme l’interdisait qu’on ne pouvait rétablir la peine capitale, je me suis dit que lui aussi se méfiait du Peuple. Et qu’il tirait assez mal le bilan de sa propre expérience.

Lire la suite.

Si vous avez l'occasion de voir le film, ou de (re)lire le livre, n'hésitez pas (il est passé ®écemment en France). Le film est très émouvant à plus d'un titre. À récouter, Badinter, incarné par Charles Berling, s'exclamer devant le jury que "la peine de mort, c'est prendre un homme, VIVANT! Et le COUPER EN DEUX!"... Et oui, à l'époque, en France officiait la "Bascule à Charlot".

À méditer.


Illustration de Franquin,
Idées noires (1979)

mercredi 18 février 2009

Vivre augmente les risques de cancer

C'est pas moi qui le dit.

Un seul verre d'alcool augmente le risque de cancer (LeFigaro.fr).

Pour moi, c'est de la même veine que l'obligation de porter un casque en bicycle. Ça va-tu s'arrêter un jour la psychose? Y a-t-il réellement un risque sanitaire sérieux, ramené à l'ensemble de la population? Qu'on ne vienne pas me dire qu'il est "responsable" de prévenir la population sur ce genre de risques, c'est du flan, de la com.

À mon avis, l'Occident dé-christiannisé devrait reprendre un petit travail de réflexion philosophique sur ce qui nous attends tous: la Grande Faucheuse. «On vivra mieux en attendant la mort»...

En attendant justement, je préfère lire ici même les saillies mentales-z-et-bloggeuses d'un Albert Camus, sociologue, sur le sens de la vie(.com).

mardi 17 février 2009

Grand écart mental


Merci Mgr Williamson (négationiste récemment réintégré par le pape), on se marre bien dans les chaumières.

«Les cons osent tout. C’est même à ça qu'on les reconnaît». (Audiard).