mardi 10 octobre 2017

Gros torchon



Le torchon couve – à défaut de brûler – entre le président des Stazunis, ce cher bon, gros, vieux et futé Donald Trompe, d’une part, et son ministre des Affaires étrangères (secrétaire d’État) Rex (tyrannosaurus) Tillerson, de l’autre. Les médias ont rapporté dernièrement que M. Tillerson avait parlé de son chef en termes assez flatteurs, tout compte fait, quand il l’avait traité de «crétin».

Évidemment, ce fut un déluge de dénis – assez peu convaincants, d’ailleurs – qui s’ensuivirent. Ce sacré Rex refusant de nier devant les journalistes qu’il avait effectivement prononcé ces paroles, affirmant qu’il ne s’abaisserait pas à commenter ce genre de trivialités. Une traduction libre de ces propos, en langage clair, équivaudrait à ceci: «Je l’ai dit, mais passons à autre chose.»

Même Donald a tweeté que son subordonné n’avait jamais proféré une telle chose. Mais, dans un entretien publié aujourd’hui dans le magazine Forbes, il ne semble plus aussi tranché. «Je pense que c’est une fausse information», tempère-t-il, déjà moins sûr de ce qu’il avance; ce qui n’est pas son style, d’ordinaire. Et, afin de fanfaronner, puisqu’il continue de pédaler dans la semoule, il n’a pas hésité à ajouter que: «Même s’il l’a dit, je pense qu’il faudra comparer nos tests de QI. Et je peux vous dire qui va gagner.»

On s’en doute un peu, nous aussi.

Décidément, ce cher, bon, gros, vieux et futé Donald devrait «penser» moins et – surtout! – le faire en silence.

lundi 9 octobre 2017

Suite sixteen

Peu de gens sont au courant, mais, aujourd’hui 9 octobre 2017, nous fêtons un anniversaire tout spécial. En effet, c’est à pareille date, mais en 2001, que le président yankee d’alors, le hautement gratifié sur le plan intellectuel George W. Bush, ouvrait les hostilités en Afghanistan.

Jusqu’alors, la plus longue guerre qu’avaient menée les Stazunis avait été celle du Vietnam. Évidemment, comme il est souvent ardu d’affirmer avec certitude quand une guerre se termine, il n’est pas toujours plus facile de déterminer quand elle commence. Or, on pourrait dire que celle du Vietnam, en autant que les Yankees soient concernés, commence en 1960 et se termine en 1973, avec le retrait de leurs troupes.

Ces 13 années furent marquées, sur le sol national, par des protestations de plus en plus fortes, de sorte que, les 3 dernières années de la présence yankee au Vietnam virent des manifestations de plus en plus fréquentes et importantes balayer les Stazunis. Une frange croissante de la population exprimant son ras-le-bol devant cet interminable conflit qu’il était devenu impossible de résoudre militairement.

De nos jours, force est de constater que la guerre en Afghanistan dure depuis 16 ans, battant ainsi haut la main l’ancien record de l’impérialisme yankee, en termes d’agression militaire. Mais la grande différence est que, cette fois, plus personne ne descend dans la rue pour exiger le retrait des troupes et la fin du conflit. Cette fois, les dirigeants ont trouvé une formule qui est acceptable aux yeux du public. D’abord, employer des mercenaires en grand nombre, ce qui permet de relativiser grandement les pertes militaires officielles. Ensuite, l’utilisation massive de drones pour mener des bavures en série, ce qui a le mérite d’éviter l’engagement de troupes au sol, limitant également les pertes de vies. Par contre, les civils afghans, eux, continuent de tomber comme des mouches. Mais ça, le public yankee – pas raciste pour deux sous – n’en a rien à cirer.

Ce chèque en blanc consenti par la population stazunienne demeure la cause première faisant en sorte que ce conflit s’étire dans le temps. Combien d’autres chandelles faudra-t-il ajouter sur le gâteau avant que cette guerre-là s’éteigne?

La suite dans 16 ans?

samedi 7 octobre 2017

Quelle boulette!


Vous saviez, vous, que notre bon et pondéré premier ministre provincial, nul autre que le mesuré et miséricordieux Philippe Couillard (le nom est marrant), avait été victime d’une effroyable agression armée de la part d’un manifestant?

J’avoue que, souvent en voyage sur ma planète, l’événement, remontant au mois de juin 2016, s’était déroulé hors de ma connaissance. À ce moment, à Morial, un hommage en mémoire des victimes de la tuerie d’Orlando avait attiré hors de sa tour d’ivoire notre clément premier ministre. Alors qu’il allait et venait librement au sein de la foule recueillie, entre ses nombreux gardes du corps – et quel corps! –, policiers, vigiles en civil et préposés au service d’ordre, une inqualifiable agression s’est alors produite.

Comme le compte rendu de l’époque le rapporte si adéquatement, un forcené a alors lancé «de toutes ses forces» un objet «non identifié» en direction du premier ministre, lequel a été atteint par le projectile. Aujourd’hui, au terme d’un procès où la Couronne a exigé une peine sévère envers ce crime qui a constitué «une atteinte directe à la démocratie», nous en avons appris un peu plus sur les circonstances dudit attentat.

[Permettez-moi de souligner, avant d’enchaîner, que j’avoue être resté interloqué, n’ayant jamais eu conscience que Philippe Couillard (le nom est marrant) incarnait l’idée démocratique, mais peut-être la procureure de la Couronne n’est-elle pas très au fait de la réalité dans laquelle elle baigne.]

L’intérêt du plaidoyer de culpabilité de l’infâme agresseur de la démocratie tient surtout à ce que les faits ont été finalement établis avec précision. Ainsi, l’arme utilisée lors de cette lâche attaque qui a tant miné notre droit de vote n’était rien de moins qu’une boulette de papier où étaient inscrites les revendications de l’odieux criminel. Le premier ministre avait reçu l’objet contondant en pleine poitrine, de sorte qu’il avait courageusement battu en retraite afin de démontrer qu’il ne craignait pas de manifester sa farouche résistance en faveur de la démocratie.

Ce Couillard, quand même, on peut dire qu’il a une sacrée paire de… Comment dit-on déjà?


vendredi 6 octobre 2017

Coderre hier


jeudi 5 octobre 2017

Échelle-moi pas!



Imaginez mon étonnement des plus extrêmes lorsque j’ai appris de la bouche d’un de ses porte-parole que l’armée cAnadienne déplorait que certains de ses membres fussent affiliés au groupe «identitaire» (c.-à-d.: fasciste) La Meute.

En effet, des soldats cAnadiens, en uniforme et en couleur par-dessus le marché, se sont affichés membres du groupe sur la page Facebook dite secrète de l’organisme.

Le bon sens cAnadien n’a fait qu’un tour et la réaction ne s’est pas fait attendre au bout de quelques semaines. Les responsables militaires ont servi un sévère avertissement aux troupes en déclarant que leur soldatesque n’avait pas à «avoir d’opinions personnelles qui vont à l’encontre de notre code de valeurs (sic) et d’éthique».

Alors, là, j’en suis resté tout baba. Chaque fois que j’ai vu des soldats cAnadiens se comporter au Québec comme en pays conquis à réprimer, j’ignorais totalement qu’ils avaient une échelle des valeurs, et encore moins un code d’éthique.

Plus j'apprends et moins je sais.


mardi 3 octobre 2017

Does Jagmeet sing?



Jagmeet Singh, reconnu comme l’un des hommes les mieux habillés au CAnada [oh là là!], est désormais à l’avant-plan de l’actualité politique dans ce pays. En effet, le 1er octobre, il a été élu chef du Nouveau Démocratic Party, remplaçant – pas trop tôt! – l’ancien avocat d’Alliance Quebec et ex-ministre libéral, nul autre que Thomas Mulcair.

Ainsi, M. Singh devient le chef du plus à gauche – dit-on – des partis politiques de ce pays qui n’en est plus à une contradiction près. En effet, depuis quand les zélateurs sont-ils progressistes? Surtout s'ils ne laissent aucun doute possible quant à la profondeur de leurs convictions religieuses, lesquelles – bien entendu – ne viendront jamais en conflit avec leur action politique.

En plus de son indiscutable goût en matière vestimentaire, M. Singh est également avocat et pratique le jiu-jitsu brésilien. C’est à se demander quels autres talents il possède. Celui de comédien? De chanteur, peut-être?

Qui sait s'il n’aura pas celui de finir comme premier ministre du CAnada? Mais pour cela, il faudra qu’il fasse comme son illustre prédécesseur.

Après tout, il ne faut pas oublier qu’il y a plusieurs râteliers, en politique.

lundi 2 octobre 2017

Haro sur la gauche!

Déjà, à l’époque où l’air du temps était au progressisme en Occident, on n’hésitait pas dans tous les milieux à éreinter la gauche. Je parle ici de la vraie gauche; celle qui est à gauche du centre, à gauche de la social-démocratie, à gauche des radicaux de tout acabit. Bref, de la gauche qui, à l’époque, était véritablement socialiste, contrairement aux socialistes actuels qui maintenant s’étendent, les quatre fers en l’air, devant le grand capital.

De nos jours, la gauche est une autre affaire. Est à gauche toute personne qui émet des doutes quant à la validité de la pensée libérale à tous crins et qui croit que, fidèle en cela à la pensée de John Maynard Keynes – certainement pas un gauchiste, celui-là –, l’État a un rôle à jouer en économie, en particulier lorsque vient le temps de relativiser l’effet des abus du capitalisme sauvage, alias le néolibéralisme.

En ce moment – vous l’avez sûrement remarqué –, la tendance politique est à droite; et de plus en plus. Imaginez alors quelle est la réaction de la bourgeoisie et des ignares – qui sont bien souvent indistincts – lorsque des mouvements d’extrême gauche osent s’en prendre à des organisations fascisantes qui servent tellement bien les intérêts des possédants et qui – ô hasard! – se situent dans la droite (sans jeu de mots) ligne de leur pensée.

C’est ainsi qu’on assiste maintenant à un tir groupé dans les médias contre les groupes indépendants – donc difficilement contrôlables – qui décident d’agir contre les manifestations d’extrême droite. Comme d’habitude, les fascistes sont les plus grands défenseurs des droits individuels, tant qu’ils ne sont pas au pouvoir. En ce moment, ils n’en sont qu’à geindre et à protester contre ceux qui leur tiennent tête. Méfiez-vous: un jour ce ne seront plus eux qui se plaindront du traitement qu’ils subissent.

Ce sera vous.

dimanche 1 octobre 2017

vendredi 29 septembre 2017

Philippe à la ligne bleue


Ses talents d’orateur seront encore une fois venus au secours de Philippe Couillard (le nom est marrant), le chef du Parti libéral du Québec (PLiQ), et, accessoirement, premier ministre à vie du Québec.

Lors d’une allocution devant des employés inquiets quant à leur avenir, il a réussi à subjuguer son auditoire et à le rassurer quant à la profitabilité de la société Bombardier.

Merci Philippe! C’est pas pour rien qu’on vote pour vous!

Comme on dit en langage de hockey, il joue bien quand il n'a pas la rondelle...

mercredi 27 septembre 2017

Mise en boiteux



Tout cela a commencé, il y a des années, avec cet appareil de transport aérien qu’est la Série C. Drôle de nom pour un avion, me direz-vous, mais il faut en rendre responsable l’imagination cAnadienne qui n’a jamais été que tarie. Un jour, on aura peut-être droit à un nom plus évocateur, ou à tout le moins un numéro, ce qui rendra le véhicule au moins aussi digne qu’un 747.

Le projet est né en 2004 et l’on ânonnait à l’époque qu’il s’agissait d’un concept tout nouveau – voire révolutionnaire – devant assurer pour de bon l’avenir de la compagnie Bombardier qui l’avait développé. Alors, bien entendu, le premier mouvement a été, pour la société, de tendre sa sébile vers les gouvernements afin de pouvoir empocher le pactole une fois que l’appareil serait sur le marché.

En cours de développement, le grand talent des administrateurs de Bombardier a fait que le tout prit plus de temps que prévu, alors la société a exécuté le chantage habituel, c’est-à-dire a demandé aux employés de se sacrifier afin d’assurer l’avenir du projet – par lequel passait le leur, mais sans menacer personne bien entendu. Et, afin de ne pas être en reste, elle a aussi demandé plus d’argent public, au point où le gouvernement du Québec y a englouti 1,3 milliard de dollars en 2015, en échange d’une participation minoritaire de 49,5%, après que Bombardier eut annoncé une perte de 4,6 milliards.

Ce ne sera finalement qu’en 2016 que Bombardier livrera ses premiers appareils «d’avenir». On est en droit de se demander si l’avenir est toujours le même, 12 ans plus tard…

Mais aujourd’hui, on apprend que le gouvernement yankee a décidé de taxer à hauteur de 220% les appareils de la Série C, ce qui revient à tuer définitivement le projet, puisque les Stazunis étaient pressentis comme le marché principal. Tous les intervenants dans le dossier, depuis Québec jusqu’à l’Irlande du Nord, où sont produits des composants de l’avion, protestent contre le geste de Washington. Sûrement que le fils de Pierre Elliott Trudeau finira par y aller d’une autre complainte sirupeuse, éventuellement.

Bref, le projet n’est pas près de faire ses frais et attendez-vous à ce qu’on vous refile la facture, comme d’habitude et pour la troisième fois.

Série C… Le «C», ça ne serait pas pour «Canard boiteux», par hasard?



mardi 26 septembre 2017

lundi 25 septembre 2017

Loque à terre



Tout a commencé l’an dernier, dans la Nationale Football Ligue des Stazunis. En août 2016, le quart-arrière des 49e de San Francisco, Colin Kaepernick, avait eu l’audace de poser le genou en terre au moment où l’hymne national yankee était craché par les haut-parleurs. Le geste se voulait une protestation contre les meurtres de Noirs par des policiers blancs. Inutile de dire que, depuis, il est resté sans contrat. Bref, comme le veut la chanson, «le premier qui dit la vérité doit être exécuté».

Les choses ont pris une tournure burlesque lorsque, dernièrement, des sportifs professionnels – assez peu reconnus pour leurs prises de position politique, du reste – ont mentionné qu’ils déclineraient toute invitation à la Maison Blanche à la suite de l’obtention d’un championnat. L’affirmation avait fait bondir le président yankee, M. Donald Trompe, lequel, peu de temps après, avait affirmé par tweet interposé que, en plus, la NFL devait «virer» quiconque manquait de respect au drapeau.

Cette sortie irresponsable a été diffusée vendredi. Le dimanche suivant, c’est-à-dire hier, quantité de joueurs de football ont posé le genou en terre au moment où tonitruait leur hymne national. Finalement, après s’être mis à dos les milieux progressistes, sa majorité législative, le monde des arts, l’ensemble des minorités et, en bonne part, la communauté d’affaires, voilà que ce cher, bon, gros, vieux Donald Trompe a réussi à braquer contre lui le sport professionnel. Or s’il existe bien une religion aux Stazunis, c’est le football.

C’est à croire que le président cherche désespérément à s’aliéner l’ensemble de la société. Il faudrait qu’il comprenne une bonne fois pour toutes qu’il pouvait toujours faire le despote à la tête de son empire immobilier.

Mais, à la Maison Blanche, il n’est que locataire…


Mexico, 1968

samedi 23 septembre 2017

Don-daine, la rengaine

Guillaume d'Ockham
C’est le nouveau mantra, en Occident. Vous savez: ce cher Occident tellement libre et démocratique qu’il en vient à frémir, tout icapable qu’il est à défendre ses propres processus électoraux.

Il paraît, maintenant, que les élections des puissances économiques européennes et américaines sont systématiquement sabotées – c’est-à-dire truquées – par une nation étrangère, toujours la même: la Russie.

L’hypothèse – car ce n’est rien de plus, tant qu’on n’aura pas au moins un soupçon de preuve – obsède présentement les analystes aux Stazunis, qui cherchent désespérément une explication à l’élection de Donald Trompe. Pour eux, cette hypothèse controuvée demeure préférable à l’interprétation la plus simple, le rasoir d’Ockham employé en politique, à savoir que leur système électoral est mal foutu et que l’électeur moyen yankee n’est pas des plus futés ni des plus sveltes…

Mais, au moins, aux Stazunis, la mainmise russe sur le processus électoral a un semblant de crédibilité, puisque Hillary Clinton était donnée gagnante par les sondages préélectoraux. Là où on approche du délire paranoïaque, c’est lorsqu’on prétend la même chose au sujet de la dernière élection française et de la prochaine allemande, là où, respectivement, Emmanuel Macron était favori, et où il a gagné, ce qui devrait aussi arriver à Angela Merkel qui est également considérée comme étant en avance.

Et même si c’était vrai que la Russie a trafiqué le résultat de ces élections, ça ne serait qu’un changement somme toute bienvenu.

Pour une fois que ce ne serait pas l’argent!

vendredi 22 septembre 2017

mercredi 20 septembre 2017

Brahma est grand!


mardi 19 septembre 2017

Libre-échange qui change

En 1994, la population de l’Amérique du Nord se faisait avoir magistralement avec l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Négocié à l’époque sous le prétexte qu’un tel traité allait assurer une plus grande prospérité aux pays signataires, il fut surtout l’occasion pour les Stazunis d’appesantir leur mainmise sur l’économie mondiale, l’ALÉNA ayant depuis servi de modèle pour tous les autres traités de libre-échange.

Heureux comme des rois, les Yankees ont donc continué sur leur lancée d’hyper-puissance. N’oublions pas que, à cette époque, l’union soviétique avait été abolie et que la Russie d’alors était dirigée par un gros bouffon alcoolique. Il n’y avait plus véritablement dans le monde que les Stazunis et ces derniers avaient maintenant la bride sur le cou afin de mondialiser à loisir, dérèglementer toutes les entraves à leur impérialisme et privatiser tout ce qui avait de la valeur, laissant les États s’endetter à maintenir le reste.

Sauf que, si le système les a bien servis pendant des années, il a commencé à se retourner contre eux. L’ouverture des marchés leur a permis de délocaliser massivement pour fabriquer leurs produits; mais la main-d’œuvre étrangère bon marché a rendus plus concurrentiels les produits d’importation. Graduellement, leur balance commerciale est devenue déficitaire, avec les problèmes économiques que cela entraîne. Par ailleurs, certains aspects commerciaux avaient été laissés de côté lors de la négociation du traité original. Enfin, des économies émergentes – comme le Brésil et l’Afrique du Sud – et des puissances continentales – comme la Chine et la Russie – ont commencé à prendre des parts de marché de plus en plus importantes, menaçant certains domaines économiques yankees.

C’est pourquoi les élites financières des Stazunis exigent depuis quelque temps une renégociation de l’ALÉNA, une renégociation encore plus en leur faveur que ne l’était l’accord original, ce qui n’est pas peu dire.

D’une certaine façon, cette forte propension à faire pencher l’équilibre commercial en faveur de Washington par tous les moyens n’est déjà plus véritablement du libre-échange. Si le gouvernement yankee obtient ce qu’il veut, on pourra d’ores et déjà reconnaître que ce nouvel arrangement ne sera plus qu’une forme de protectionnisme mise sur pied à l’usage exclusif des Stazunis. La fin, dans les faits, du libre-échange se traduira à terme par la fin de la mondialisation.

Remarquez, personne ici n’ira s’en plaindre.

dimanche 17 septembre 2017

Identité, quand tu nous tiens



J'aime plus ou moins le terme pudibond qu'utilisent les médias afin de décrire le rassemblement La Meute. En effet, on ne parle jamais à son propos de groupe réactionnaire ni d'organisation d'extrême droite. Même les médias, qui sont toujours sur le dos des gens ou partis qui défendent les intérêts du Québec, évitent d'accabler La Meute dans leurs comptes rendus. Plutôt que d'appeler le proverbial chat par son nom, on préfère la décrire comme un «groupe identitaire».

Faut-il souligner le fait que l'expression ne veut rien dire en soi, car au fond quel regroupement, politique ou autre, n'est pas relatif à une identité donnée? Mais le néologisme étant lancé, on sait qu'il n'y a plus moyen de le rattraper. Désormais, appert-il, «identitaire» voudra dire fasciste.

En tout cas, il n'est guère difficile d'identifier ce à quoi rime La Meute. Il n'y a qu'à contempler la photo ci-dessus, laquelle n'a été retouchée en aucune façon. Je sais bien qu'il ne faut jamais se fier aux apparences, mais elles fournissent tout de même des pistes de lecture. Et quand je regarde une telle brochette de «mon-oncles» bedonnants, grisonnants et renfrognés, il me semble qu'il y a là quantité de gens qui ne sont pas contents de la vie qu'ils mènent. Le tout est de savoir sur le dos de qui ils vont faire passer leurs frustrations. Et comme si la morosité ne suffisait pas dans l'image, encore faut-il qu'elle se déploie sous les couleurs du bon, gros, vieux torchon rouge!

En guise de prix de consolation, au moins pouvons-nous constater que – pour une fois – la division s'est installée au sein de l'extrême droite. Ça nous change un peu des caractéristiques identitaires usuelles.