samedi 5 août 2017
vendredi 4 août 2017
Comme «kauma»
L'étymologie du mot «chômage» est intéressante. Le terme vient du grec kauma (grande chaleur) et signifiait «se reposer quand il fait trop chaud», à l'origine.
Or, il a pris différents sens avec les années. Par exemple, aux temps forts de la chrétienté, on chômait les jours de fêtes religieuses, c'est-à-dire que l'on n'y travaillait pas. Par la suite, au début du capitalisme, le chômage désignait tous les gens qui, quoique valides, étaient inactifs. Bref, dans l'optique bourgeoise, les oisifs ou les incapables.
Cependant, avec l'évolution de ce système économique, il devint de plus en plus évident que le chômage n'était pas tant une décision personnelle ou un manque de compétence comme une situation endémique et essentielle.
En effet, le chômage permettait, d'une part, de constituer une réserve de travailleurs dans laquelle on pouvait puiser en tout temps. En outre, lorsqu'une bonne partie de la main-d'œuvre était ainsi à la disposition permanente des forces de production, le jeu de l'offre et de la demande faisait en sorte que cela induisait une tendance à la baisse sur les salaires. Enfin, on sait que des travailleurs constamment sous la menace du chômage se montrent beaucoup moins revendicateurs.
Tout de même, sur le plan de l'image, les bourgeois et leurs laquais en politique ont vite compris qu'un taux de chômage élevé jetait une ombre désavantageuse sur leur réputation. Aussi se sont-ils rapidement mis à trafiquer les chiffres afin de pouvoir s'en enorgueillir, le cas échéant.
Au fil du temps, n'était chômeuse que la personne recevant des prestations d'assurance-chômage – ou d'assurance-emploi, pour utiliser l'hilarante expression de la novlangue actuelle –, c'est-à-dire une personne qui était «officiellement» à la recherche d'un emploi. Toutes les autres, qu'elles soient prestataires d'aide sociale, provisoirement indisponibles ou simplement larguées par le système, n'étaient plus considérées comme chômeuses.
Aujourd'hui, on peut annoncer que le taux de chômage est tombé de 1,2 point de pourcentage, probablement parce que 1,2 % des «chômeurs» sont arrivés à la fin de leurs prestations d'«assurance-emploi».
D'ailleurs, je me demande c'est qui ce «0,2». Quelqu'un qui est tombé dans le coma?
jeudi 3 août 2017
Para bellum*
Au lendemain de la chute du socialisme en Europe de l'Est, au tournant des années 1990, la bourgeoisie yankee s'est trouvée confrontée à un problème de taille. Comme une part énorme de ses profits provenait de la vente d'armes – légères, lourdes ou autres –, il lui devenait difficile, voire impossible, de trouver une excuse afin de continuer à consacrer une fraction aussi importante du budget des Stazunis aux dépenses militaires. Sans ennemi à combattre, à quoi bon stocker des armes?
Fort heureusement, il y avait ce dénommé Saddam Hussein dans le décor. Devenu ennemi public numéro un au moment de son invasion du Koweït – invasion permise en sous-main par la diplomatie yankee –, son régime fut attaqué par une vaste coalition, son armée balayée et, quoiqu'il fut laissé en place à Bagdad, l'Irak devint de facto une sorte de protectorat soumis à l'autorité internationale; c'est-à-dire, à cette époque, à celle des Stazunis.
Mais après? Pendant les années qui suivirent, on eut beau gratter les fonds de tiroir, mais il était devenu impossible de trouver un ennemi suffisamment important pour légitimer de poursuivre la course aux armements. Effectivement, après la guerre du Koweït, les dépenses militaires piquèrent du nez dans ce pays.
La situation était inquiétante pour l'élite financière yankee quand, par bonheur pour elle, il y eut les attentats de New York, en septembre 2001. Dès lors, avec la déclaration de guerre au terrorisme, les affaires des marchands d'armes reprirent du plus belle. On peut se demander ce que des porte-avions tout neufs arrivent à faire contre trois pelés et deux tondus tripotant leur bombe artisanale dans un tourbillon de poussière quelque part dans un désert du Moyen-Orient, mais passons.
C'est l'affaire syrienne qui allait donner toute la mesure du cynisme dont peuvent faire preuve les décideurs. Comme le régime de Bachar al-Assad continuait de tenir tête à Washington dans la région, on encouragea dans le pays l'organisation d'une rébellion armée à partir de 2011. Ainsi, quantité de groupes terroristes, affiliés à l'une ou l'autre nébuleuse islamiste, mirent le régime et le pays tout entier à mal.
Aujourd'hui, on «découvre» que la CIA – qui a fini par l'admettre elle-même – a équipé ces terroristes contre lesquels elle prétendait se battre. Elle leur a fourni des quantités massives d'armes dont ils se sont servis pour attaquer le régime syrien, mais aussi pour se défendre contre les forces yankees et leurs alliés en Irak.
Bref, si vous êtes marchand d'armes et que vous voulez mousser vos affaires, le moyen le plus sûr est de fournir vos ennemis d'abord.
Les profits viendront immanquablement, ensuite.
* Prépare la guerre
mardi 1 août 2017
lundi 31 juillet 2017
dimanche 30 juillet 2017
La langue dans l'alcool
Vous savez, il existe une similitude assez troublante entre l'alcool et la langue. Je parle ici non de l'organe si utile pour s'exprimer, entre autres choses, mais bien du système de communication linguistique. Peut-être vous direz-vous que, à première vue, il n'y a pas de rapport entre les deux; mais pourtant il y en a bien un, et pas des moindres.
La consommation d'alcool de bois (alcool méthylique) peut attaquer le nerf optique et provoquer la cécité. Or, d'une manière figurative, il en va de même pour la langue de bois. On peut l'utiliser afin d'obscurcir le jugement, au point de rendre totalement incapable l'individu qui l'entend de voir la réalité des faits.
Prenons par exemple la question de la République démocratique populaire de Corée (RDPC), dite «Corée-du-Nord». Lors de la guerre qui a ravagé la péninsule coréenne (1950-1953), on se souviendra que la totalité de la RDPC a été nivelée par les bombardements. Ainsi, dit-on, les pilotes éprouvèrent de plus en plus de difficulté à trouver des cibles n'ayant pas été détruites, au point qu'ils en vinrent à jeter leurs bombes dans la mer (référence 321).
Ce souvenir est resté dans l'esprit du peuple de la RDPC qui s'est juré de ne plus jamais être aussi vulnérable. C'est la raison pour laquelle le régime actuel développe aussi rapidement qu'il lui est possible, et ce, en dépit des reproches de la communauté internationale, son programme d'armes nucléaires. Il sait que les impérialistes, Stazunis en tête, y penseront à deux fois avant d'attaquer si le pays a les moyens de se défendre.
À cet effet, les Yankees et leurs laquais condamnent la RDPC à grands renforts de langue de bois, laquelle doit être traduite afin que le lecteur parvienne à toucher le fond de vérité que cet exercice cryptologique implique toujours.
Ainsi, la ministre cAnadienne Chrystia Freeland a déclaré par voie de communiqué, au sujet du tout dernier essai de missile balistique mené par la RDPC: «Ce geste, qui représente une autre violation directe des nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, démontre une fois de plus le mépris flagrant de la Corée du Nord à l'égard de ses obligations internationales, et s'inscrit dans les efforts plus vastes et dangereux déployés par ce pays pour déstabiliser davantage la région de l'Asie-Pacifique et ailleurs.»
En langage clair, cela signifie: «Ce test, qui a été mené en dépit du dénigrement d'une minorité de pays, prouve que la République démocratique populaire de Corée ne se laissera pas intimider par les pressions occidentales et indique une volonté de tenir tête aux incursions yankees dans le nord-ouest du Pacifique.»
Par ailleurs, doit-on s'étonner que la langue de bois soit surtout celle de Shakespeare?
samedi 29 juillet 2017
Sous mission
L'amiral Scott Swift – décidément, des initiales prédestinées – est le commandant en chef de la flotte yankee du Pacifique. À n'en pas douter, un poste à la fois prestigieux et qui dispose d'un grand pouvoir. Il a déclaré, il y a de cela deux jours, que, s'il en recevait l'ordre de la Maison Blanche – c'est-à-dire du président M. Donald Trompe –, il procéderait à des frappes nucléaires contre la Chine.
Quoi de plus normal, n'est-ce pas? Après tout, c'est du devoir du militaire discipliné et soumis à l'autorité que d'exécuter les ordres qu'il reçoit. Ainsi, dans le cas des Stazunis, les militaires doivent obéir à un civil, c'est-à-dire au président, souvent surnommé le «commandant suprême».
Alors, si les militaires yankees sont si disciplinés et obéissants, respectant en cela leur constitution, comment se fait-il qu'ils ont saboté les accords conclus entre le secrétaire d'État d'alors, M. John Kerry, agissant sous l'autorité du président Barack Obama? Lesdits accords prévoyaient un cessez-le-feu, l'ouverture de corridors humanitaires et l'élaboration d'actions coordonnées contre les groupes islamistes en Syrie.
Ils étaient signés le 10 septembre 2016 et, 7 jours plus tard, des avions de la coalition menée par les Stazunis bombardaient «par erreur» des positions de l'armée syrienne mettant ainsi pratiquement un terme abrupt à l'entente intervenue. Par la suite, le Pentagone – c'est-à-dire le pouvoir militaire – a reconnu sa responsabilité quant à cette bavure, en dehors de toute intervention civile. Autrement dit, l'armée yankee a fait avorter le processus de paix en Syrie, infligeant ainsi un camouflet à la diplomatie de son propre pays et se soustrayant par le fait même à l'autorité de son «commandant suprême».
Alors, croyez-vous vraiment que l'amiral Swift, ou l'un de ses semblables, aura toujours la patience d'attendre un ordre avant de déclencher une conflagration mondiale?
Oui? Vous en êtes sûr? C'est bien; vous êtes un optimiste, vous.
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| Docteur Folamour |
vendredi 28 juillet 2017
Exclusivité
Manchette des plus inattendues, hier, en provenance du Saguenay. En effet, le maire de la ville d'Alma, M. Marc Asselin (non, non, pas le petit du sanglier), a révélé un fait encore inconnu jusqu'à maintenant.
Mettons d'abord les choses en contexte. Une élection partielle doit avoir lieu dans la circonscription de Lac-Saint-Jean, là où le conservateur Denis Lebel va enfin prendre une retraite longtemps attendue de la politique. Profitant de sa renommée toute faite – et largement surfaite –, le fils de Pierre Elliott Trudeau s'est payé une série de bains de foule dans la région, gonflant ainsi son ego que des critiques récentes, surtout parmi les milieux environnementalistes, avaient quelque peu aplati.
Au nombre des mises en scène soigneusement scénarisées, on avait prévu une réception à l'hôtel de ville d'Alma. C'est au cours de cette rencontre que le maire a laissé échapper la révélation qui a tant attiré notre attention. En effet, M. Asselin a affirmé au fils de Pierre Elliott Trudeau que celui-ci faisait «un travail exceptionnel».
C'est vraiment inattendu d'entendre une chose pareille, car personne n'avait remarqué que, à aucun moment de son existence, le fils de Pierre Elliott Trudeau était capable du moindre travail.
À moins, évidemment, que ce soit sur son image.
Quant à la substance...
jeudi 27 juillet 2017
mercredi 26 juillet 2017
Formule E(rreur)
Le champion de la voiture électrique en Amérique du Nord, voire de l'Univers tout entier – s'il faut l'en croire –, nul autre que le bon maire de Montréal M. Denis (de poule) Coderre, occupe l'avant-plan en cette semaine de la tenue du grand prix de formule E, c'est-à-dire électrique, dans sa ville. Or, compte tenu de son importante personnalité, lorsque le maire occupe l'avant-plan de l'actualité, on ne peut voir que lui.
Sans revenir sur le sujet qui a été abondamment couvert par la presse, dernièrement, sa gestion de la tenue de la compétition de voitures électriques a prêté le flanc à la critique. Coûts excessifs, perturbation de la circulation [un comble!] dans le Quartier latin, prix exorbitants des places et décisions douteuses ont entaché la préparation de l'événement, lequel doit se tenir cette fin de semaine [NDLR: barbarisme correspondant au mot français «week-end»].
Mais tous ces bémols n'ont pas ébranlé d'indéfectible foi de notre bon maire relativement à l'avenir de la voiture électrique, un mode de transport vert et prometteur. En effet, soutient-il avec un entêtement pouvant faire pâlir d'envie la mule la plus obtuse, le grand prix de formule E fera la promotion de ce type de véhicule auprès de la population, ce qui ne pourra qu'être bénéfique pour notre planète à terme. Faisons l'impasse sur le fait que cela ne s'est avéré vrai nulle part où de telles compétitions ont eu lieu. Contentons-nous de croire sur parole un de nos élus et applaudissons l'esprit écologique de notre bon maire.
Ce que l'on apprend ce matin, c'est que M. (de poule) Coderre, en plus de sa voiture de fonction fournie par la ville, est l'heureux propriétaire de deux véhicules utilitaires sport (VUS) à essence. Sans faire de publicité pour les marques, mentionnons seulement que ces deux engins sont extrêmement énergivores et que, selon toute vraisemblance, ils font le bonheur de leur possesseur qui n'a jamais acheté de voiture électrique de sa sainte vie.
J'entends d'ici les critiques qui seront émises à l'intention de M. (de poule) Coderre au sujet de cette évidente dissonance. Mais il me faut arrêter immédiatement ses détracteurs et leur rappeler que, compte tenu de l'état des rues à Montréal, il est tout à fait compréhensible qu'une personne éprouve le besoin de se munir d'un véhicule tout-terrain afin d'avoir une chance de parvenir à destination.
Finalement, cette absence d'accord entre les principes et la conduite [sans jeu de mots] n'est pas la faute de M. (de poule) Coderre. C'est la faute de l'incompétente administration municipale telle que menée par un premier magistrat incapable.
mardi 25 juillet 2017
La monomanie de la pièce
La Monnaie royale cAnadienne a émis une pièce commémorative afin de souligner la bataille de Dieppe qui a eu lieu le 19 août 1942. Il n'entre pas ici dans le propos d'analyser les tenants et aboutissants ayant mené à cette bataille, mentionnons seulement que les Britanniques cherchaient un moyen de montrer aux Soviétiques que les Alliés ne pouvaient ouvrir un second front en Europe occidentale à ce moment, alors que l'Allemagne menait une offensive de grande envergure dans le sud de l'URSS. Évidemment, à partir du moment où il devint clair, 2 ans plus tard, que les Soviétiques n'avaient plus besoin d'un second front pour gagner la guerre, les Anglo-yankees se sont empressés de débarquer en Normandie.
Bref, la pièce en argent devait rappeler, en cette année de 150e, le 75e anniversaire de la bataille de Dieppe, aussi connue sous le nom d'opération Jubilee. Or voici qu'un porte-parole des anciens combattants particulièrement vétilleux, M. Kevin Brewer, s'est mis en tête de prendre à partie les responsables en soulignant que la bataille de Dieppe n'était pas une «bataille», mais bien un «raid». Je suis certain que les plus de 1000 soldats, marins et aviateurs qui ont ainsi été inutilement sacrifiés – sans compter les blessés et les prisonniers – au cours de cette bataille ont effectivement vu toute la différence.
En conséquence, la Monnaie royale cAnadienne a présenté des excuses du bout des lèvres, sans pour autant retirer les pièces apparemment fautives commémorant la bataille de Dieppe, mais en promettant d'émettre une nouvelle pièce l'an prochain, toujours sur le sujet de la même bataille. Autrement dit, elle a envoyé poliment paître M. Brewer.
Y a-t-il une différence entre une bataille et un raid? Elle est certainement moindre qu'entre la monnaie et la monomanie!
Bref, la pièce en argent devait rappeler, en cette année de 150e, le 75e anniversaire de la bataille de Dieppe, aussi connue sous le nom d'opération Jubilee. Or voici qu'un porte-parole des anciens combattants particulièrement vétilleux, M. Kevin Brewer, s'est mis en tête de prendre à partie les responsables en soulignant que la bataille de Dieppe n'était pas une «bataille», mais bien un «raid». Je suis certain que les plus de 1000 soldats, marins et aviateurs qui ont ainsi été inutilement sacrifiés – sans compter les blessés et les prisonniers – au cours de cette bataille ont effectivement vu toute la différence.
En conséquence, la Monnaie royale cAnadienne a présenté des excuses du bout des lèvres, sans pour autant retirer les pièces apparemment fautives commémorant la bataille de Dieppe, mais en promettant d'émettre une nouvelle pièce l'an prochain, toujours sur le sujet de la même bataille. Autrement dit, elle a envoyé poliment paître M. Brewer.
Y a-t-il une différence entre une bataille et un raid? Elle est certainement moindre qu'entre la monnaie et la monomanie!
lundi 24 juillet 2017
De l'huile sur le feu
Le 14 juillet dernier, deux policiers israéliens ont été tués à proximité de l'esplanade des mosquées, l'endroit le plus saint pour les musulmans de Jérusalem. La réaction du gouvernement ne s'est pas fait attendre: des détecteurs de métal ont été installés à l'entrée du lieu. Cette dernière initiative a entraîné un regain de tension dans un pays qui vit constamment sur la corde raide. Depuis, des heurts quotidiens se produisent, lesquels ont causé la mort d'au moins 5 personnes, sans compter des dizaines de blessés des deux côtés.
Mais surtout chez les Palestiniens.
Jugeant la situation inquiétante, le président des Stazunis, M. Donald Trompe, a décidé d'agir sans plus tarder. En conséquence, il a dépêché sur place un représentant afin de chercher un moyen de dénouer la crise. L'envoyé en question est M. Jason Greenblatt, un avocat, qui était le vice-président exécutif du holding de M. Trompe et qui, depuis, est devenu son principal conseiller concernant Israël. Selon sa biographie dans Wikipédia, M. Greenblatt, un diplômé de l'université Yeshiva de New York, est un juif orthodoxe issu d'une famille de réfugiés hongrois.
Sans remettre en question les grands talents de juriste de M. Greenblatt, on peut se demander s'il saura faire preuve de toute l'objectivité voulue afin de pouvoir faire la part des choses entre le gouvernement quasi théocratique d'Israël et les Palestiniens. On peut aller jusqu'à se demander si les solutions qu'il préconisera seront à même de réduire les tensions ou si, au contraire, elles ne risqueront pas de les aviver.
Connaissant les méthodes habituelles de M. Trompe, on peut penser que sa médiation se réduira à agresser les victimes et à victimiser les agresseurs.
vendredi 21 juillet 2017
Frenchglish
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Fin 2014, la secrétaire générale de la Francophonie, au cours d'une de ses interventions, avait commis la bévue de répondre à la question d'un journaliste en anglais, ce qui avait renversé le ministre français des Affaires étrangères d'alors, M. Laurent Fabius. En effet, dans un monde où l'anglais s'impose de plus en plus aux dépens des autres langues, le cénacle du Sommet de la Francophonie demeure, pensait-on, le dernier bastion où la langue française est exclusivement présente. Ah! ai-je oublié de mentionner que la secrétaire générale en question était Michaëlle Jean (prononcer «maïkeulle djinne»)?
On sait depuis belle lurette que, au CAnada, le français était une langue de second plan qu'on ne sort de la naphtaline que pour les grandes occasions, comme quand des visiteurs occasionnels demandent à entendre la vieille tante jouer son air de piano.
Je dis «était», car désormais on constate que l'attitude cAnadienne à l'égard du français vient de passer au niveau supérieur. Supérieur pour le CAnada et inférieur pour le Québec, ainsi que pour tous les francophones.
Comme il est coutumier, les Jeux de la francophonie cAnadienne 2017 (11 au 15 juillet) avaient leur logo et leur slogan. Rien de mieux pour susciter un sentiment d'appartenance et de fierté envers sa langue et sa culture, n'est-ce pas?
Sans doute dans ce but, le slogan que les organisateurs ont retenu n'était autre que «Right fiers!». Pas mal, non? Voilà de quoi faire la promotion de la langue française à la mode cAnadienne. Et en plus, cela donne tellement envie d'appartenir à un pays aussi ouvert et tolérant.
Je suis sûr que les jeunes participants à ces Jeux ont très bien compris le sens du mot «right». Par contre, je m'interroge quant à savoir si certains d'entre eux, tout francophones soient-ils, ont demandé ce que voulait dire le mot «fiers», lequel ont-ils probablement prononcé «fear».
jeudi 20 juillet 2017
mercredi 19 juillet 2017
Payetteland
Le site internet ipolitics.ca a raconté que des accusations au criminel avaient été portées contre Julie Payette, en 2011. En effet, à l'époque la principale intéressée, qui vivait alors au Maryland, se serait livrée à des voies de fait au second degré sur une personne. Selon certaines sources non confirmées, la victime aurait pu être son conjoint d'alors, l'ancien pilote de chasse William «Billie» Flynn. Deux semaines après que la plainte a été déposée, le «processus judiciaire a été abandonné» sans que d'autres détails ne fussent divulgués.
Imaginez le choc que cette nouvelle a pu causer, particulièrement en ce moment alors que la candidature de Mme Payette a été retenue pour occuper le poste assez peu reluisant et totalement redondant de représentant d'un monarque étranger à la tête du CAnada [NDLR: il ne faut pas oublier que, si le premier ministre est le chef du gouvernement, en régime parlementaire, le monarque ou son représentant est, quant à lui, le chef de l'État].
Moi-même, j'en suis resté bouche bée, même si ça ne se voit pas sous mon foulard. En effet, une fois remis de mon étonnement, je me suis posé la même question que vous, sans doute: «Qu'est-ce que cette grande patriote cAnadienne foutait à vivre aux Stazunis?»
Avait-elle honte du CAnada? Trouvait-elle que ce pays sentait mauvais [NDLR: je ne saurais le lui reprocher; il y eut des moments où, en visite là-bas, j'étais bien content d'avoir un foulard afin de filtrer les miasmes]? Voulait-elle tapocher à loisir sans que ça se sache dans son pays de kollaboration?
Nous aurons peut-être la réponse bientôt. Entre-temps, nous en sommes réduits à conclure, à l'instar de la plupart des Québécois: «On n'en a rien à foutre!»
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