lundi 1 août 2022

La stratégie du boomerang

 

L'article ici



On sait que le gouvernement ukrainien exige encore plus de sanctions aux dépens de la Russie. Il n'est pas le seul, car quantité d'acteurs – sans jeu de mots – politiques occidentaux réclament la même chose à cor et à cri.


Or, on constate que, depuis l'imposition de sanctions économiques devant punir Moscou d'avoir envahi l'Ukraine, la situation économique russe ne s'est pas du tout détériorée. Certes, il y eut sur les places financières, au début, un effondrement de la valeur du rouble et les partenaires commerciaux européens ont mis un terme à la plupart de leurs échanges avec la Russie.


L'ennui, c'est que, depuis, le rouble a repris de la vigueur, au point où il atteint un taux de change supérieur à ce qu'il était il y a deux ans, tandis que l'euro est tombé à sa valeur la plus faible depuis 2002. Les prix se sont envolés en Europe, en particulier ceux des sources d'énergie, alors que les échanges commerciaux ont légèrement augmenté côté russe.


En prime, quatre gouvernements sont tombés en Europe: au Royaume-Uni, en Bulgarie, en Italie et en Estonie. Si les causes de cette déstabilisation sont sans doute multiples, il est certain que les sanctions destinées à affaiblir la Russie ont eu pour effet premier d'affaiblir les Européens. 


L'important, c'est que ça arrange les Yankees...




Refus, j'ai

L'article ici

 

Catalogue


 

Boulot noir


Nulle transformation socio-économique en Occident ne s’est plus clairement affirmée que le passage vers l’économie tertiaire. Au Québec en particulier, les mutations économiques se sont opérées à un rythme accéléré, étant donné son industrialisation relativement tardive par rapport au reste du continent nord-américain. Faut-il trouver là l’explication du phénomène que l’auteure a baptisé le « boulot noir » ? Quoi qu’il en soit, le rapport de l’employé québécois par rapport à son travail a pris une tournure particulièrement dysfonctionnelle dans le contexte actuel, et menace d’effriter non seulement la confiance que le travailleur entretien vis-à-vis son gagne-pain, mais également envers son avenir. Le travailleur québécois est donc en majorité, à cause de l’évolution de l’économie vers le secteur tertiaire, un col blanc. Or, de plus en plus, et en particulier dans les administrations privées, le travailleur est appelé à dépasser les exigences du poste qu’il occupe. Il ne suffit plus – et de loin – de faire son travail. Il ne suffit pas davantage de le faire bien et consciencieusement, comme le voulaient les anciens slogans appelant tout un chacun à l’excellence. Désormais, le travailleur, qu’il soit simple employé ou cadre, se doit d’aimer son travail. En effet, on constate que le tableau du boulot se noircit sans cesse d’exigences de plus en plus nombreuses, et de plus en plus irréalisables. Étant donné que la société a fait du travail l’une des marques de statut social, ce dernier se permet désormais d’exiger du travailleur un attachement omnipotent et sans faille, toujours plus astreignant. Or, cet amour inconditionnel de son travail, que d’aucuns ont affublé, à tort, du nom de « professionnalisme » devient progressivement dans les organisations modernes la finalité absolue. En quelque sorte, l’amour du travail transcende la finalité de la tâche. Les statistiques en Occident sont révélatrices là-dessus ; à mesure que les indices de professionnalisme et de l’atteinte de l’excellence augmentent, la productivité baisse en proportion. En définitive, l’amour du travail rend son accomplissement accessoire ! Il faut donc démontrer clairement et sans ambages l’amour que l’on éprouve envers son travail. Seul un zèle de tous les instants constitue une preuve suffisante de cet état d’esprit. Cependant, cette situation généralisée entraîne des conséquences qui présentent des dangers sur le plan psychologique. En effet, l’amour du travail, et surtout ses contraintes, exige une capitulation de l’ego individuel. 


 – Céline Irénée – 284 p. – 1993 – Professeure à l’Université du Québec, l’auteure dirige également la Chaire d’écologie du travail subventionnée par BBE inc., ICM Canada ltée, ATTT inc. et MKDO. Cet essai est le premier qu’elle publie et il s’avère un brillant succès de librairie.

dimanche 31 juillet 2022

Zèle en skis

 



Dernièrement, Volodymyr Zelensky, qui combat inlassablement l'envahisseur russe, a tout de même trouvé le temps afin de poser pour la revue de mode Vogue, sans doute un allié de poids dans la lutte de l'Ukraine pour son indépendance. À l'évidence, après la comédie et la politique, le voici qui se lance dans le mannequinat. Visiblement, il est sur une pente glissante.


Mais que ses partisans se rassurent, il avait gardé son t-shirt crade, était toujours mal rasé et conservait son air de chien battu. Quant à ce dernier point, on se demande pourquoi, car, à en croire la propagande de Kiev, ses forces militaires jugulent assaut après assaut et même montent des contre-attaques dévastatrices. À tel point que les autorités viennent d'annoncer que l'armée ukrainienne va maintenant évacuer l'est du pays dans le cadre d'un repli victorieux sur une large part du front.


Si ça continue, l'armée russe n'aura plus qu'à capituler une fois qu'elle aura conquis la capitale ukrainienne.


vendredi 29 juillet 2022

John James charrie



Il y a plusieurs années, quelqu'un m'avait demandé, à l'occasion d'une autre élection fédérale cAnadienne, lequel des deux principaux partis était le «moins pire». De prime abord, cette formulation en disait long sur les attentes que nourrissait mon interlocutrice. Posément, je lui avais répondu que je ne voyais aucune différence fondamentale entre les libéraux et les conservateurs. En conséquence, voter pour l'un revenait essentiellement à voter pour l'autre.


À l'autre bout de la table, une deuxième personne m'avait quelque peu morigéné à l'effet qu'il y avait certes une différence entre les deux, même si j'étais incapable de la percevoir. J'avais espéré, lors de cet échange qu'on vienne appuyer ma position, mais personne ne s'en était chargé tant l'indifférence envers ce sujet de conversation était grande. Cela a pris quelques années, mais un individu m'a donné raison, après tout. Certes, je ne m'attendais pas à ce que ce soit une célébrité du «calibre» de John James Charest qui vienne me prouver que j'étais dans le vrai; lui qui, tel un acrobate de haut vol, peut sauter d'une formation politique à l'autre, selon le râtelier du moment.


De plus, il n'est pas le seul qui se précipite afin de prouver toute l'inanité de la scène politique cAnadienne. Les anciens ministres québécois, mais néanmoins libéraux, qui avaient formé son gouvernement l'appuient dans la course au parti conservateur. Déjà, on est en droit de demander de quoi ils se mêlent. Mais, surtout, on peut penser que leur intervention nuise à leur ancien patron, parce qu'il reste encore des tas de conservateurs convaincus, pour leur part, qu'il y a une différence entre eux et les libéraux, et qu'ils finiront par se détourner d'un candidat à la chefferie si inconstant.


Il eût mieux valu pour lui que John James ménage ses transports.


Catalogue

 


La blague à diamant


Le mariage est-il un rite aussi sérieux qu’on veut bien le laisser croire ? En effet, la transgression des tabous rattachés à cette institution universelle constitue, selon les points de vue de chacun, des manquements plus ou moins graves. L’adultère, qui valait la lapidation à une autre époque, ne peut être un crime si grand dès que le mariage n’est plus une institution intouchable. L’auteure fait ressortir les différents sens du mariage en s’appuyant sur la symbolique qui l’entoure. En extrapolant à partir des significations cachées, elle en évalue la solidité et la crédibilité en mettant ces symboles en rapport avec la société nord-américaine d’aujourd’hui. Car les symboles apparaissent partout dans le rite du mariage. Même bien avant la cérémonie, la symbolique accapare pratiquement tous les gestes qui sont posés non seulement par les principaux intéressés, c’est-à-dire le couple qui va s’unir, mais aussi par les familles qui participent à ce processus infiniment formalisé. Jusqu’aux confettis au sortir de la cérémonie nuptiale, tout est fonction d’une suite de gestes posés afin de respecter des conventions chargées d’une symbolique parfaitement uniforme. Même le recours à la bénédiction religieuse revêt, dans note société laïque, un caractère formel dépouillé de véritable essence divine. Les couples les moins croyants persistent à se marier à l’église, parce que le rituel l’exige. À partir de ces données psychosociales, l’auteure fait ressortir le mythe derrière l’institution, alors que le mariage est encore perçu comme une donnée essentielle de notre société. Cependant, une dérive a commencé à s’opérer depuis les années 1960. Avant cette époque, le mariage était un accomplissement qui, pour la plupart des gens, se voulait définitif et sans recours. Depuis, si la symbolique s’est maintenue à peu près intacte, le mythe sous-tendant le rituel s’est quelque peu altéré. Désormais, le mariage n’est plus l’accomplissement ; il est devenu transitoire. En quelque sorte, il est une étape de la vie, un rite de passage, auquel tous sont astreints afin de connaître la plénitude de l’existence. Les marginaux sont ceux qui ne se sont jamais mariés. Les plus marginaux de ceux-là sont ceux qui n’ont jamais connu la vie de couple. Mais, essentiellement, derrière le clinquant des différents symboles du mariage, ce dernier perd progressivement son caractère indélébile pour adopter une forme transitoire. Si l’évolution actuelle se poursuit, il n’est pas impossible que l’institution du mariage connaisse des mutations profondes au cours des générations à venir. À quand le mariage à durée limitée ? Et le mariage jetable ?


 – Sally Gault – Première publication : 1990 sous le titre Until When???... – Traduit de l’anglais par Janine Neely – 330 p. – 1992 – Sur un ton badin merveilleusement rendu par la traduction, cet essai aborde avec humour et respect un thème encore relativement tabou dans les sociétés occidentales.

jeudi 28 juillet 2022

En quête de pardon


 

mercredi 27 juillet 2022

Oh! quelle surprise!





On a essayé de les fourguer, et pas forcément gratuitement, à des pays moins fortunés afin de s'en débarrasser. Mais le truc n'a pas fonctionné et le CAnada se retrouve avec des stocks de vaccins inutilisés. Le problème provient de ce que, bien évidemment, ce genre de médicament a une durée d'efficacité limitée. En d'autres termes, il sera bientôt nécessaire de mettre à la poubelle des millions et des millions de doses qui arrivent à leur date de péremption.


Évidemment, la chose eût pu être évitée si le CAnada avait fait preuve d'une meilleure planification. Cela aurait été surprenant, aussi ne faut-il pas s'étonner de la situation présente.


Rassurez-vous, cependant: ce problème en est un tout relatif. Le gouvernement du fils de Pierre Elliott Trudeau a tout de même un plan fort simple pour y faire face: il va vous refiler la facture. 


Quoi? Vous ne pensiez tout de même pas qu'il allait faire payer ceux en ont les moyens, j'espère. Ce ne serait ni cAnadien ni libéral; et encore moins néo-libéral.

 

Catalogue

 


L’argent de Porsche


Selon l’auteur de cet essai, l’automobile a pris, au sein de notre civilisation, une importance démesurée. L’utilité du « véhicule à moteur privé », comme le définit l’auteur, n’est pas à démontrer. Effectivement, l’étendue du rayon d’action de l’être humain que lui confère ce véhicule a contribué à relativiser les distances. De plus, sa charge utile rend d’immenses services au niveau du transport de biens et de services. En effet, on ne pourra jamais chiffrer l’économie colossale que représente l'automobile en termes de frais de transport, tant pour les ménages que pour les entreprises. En plus de ses autres avantages, la voiture est également une source de sécurité autant pour les personnes âgées, qui ont ainsi le moyen de se déplacer à moindre risque, que pour les gens plus jeunes auxquels elle rend de multiples services. Par toute une série d’exemples, l’auteur fait ressortir les effets bénéfiques de l’automobile et la contribution exceptionnelle de son industrie. Cependant, il insiste également sur les inconvénients. Ces derniers, la plupart du temps, viennent réduire les avantages de l’automobile, quand ils ne les annulent pas tout simplement. Qui n’a pas éprouvé de doutes devant la rapidité que confère la possession d’une voiture quand on se retrouve prisonnier d’un embouteillage à l’heure d’affluence ? En fait, une évaluation en profondeur des inconvénients apportés par un trop grand nombre de véhicules sur la route amène plus de problèmes que la voiture n’est capable d’en résoudre. En outre, elle s’est rapidement retrouvée nimbée d’une charge sociale importante. À l’origine réservée à l’élite économique, elle s’est en quelque sorte démocratisée à outrance, mais elle n’a pas perdu son rôle d’identification sociale. Les modèles et les marques comptent énormément quant à l’établissement des rapports sociaux, à tel point que, dans la mentalité occidentale, une personne dépourvue d’automobile devient pratiquement un non-être. Enfin, les aspects purement négatifs de la voiture sont devenus incontournables. Les coûts sociaux sont devenus astronomiques en termes de pertes de vies et de blessures ; sans compter les dommages à la propriété. En même temps, ces désavantages pâlissent devant les préjudices causés à l’environnement alors que les déchets issus des automobiles, à eux seuls, présentent un problème plus grave que les déchets radioactifs. L’auteur demande alors si l’argent de Porsche est plus important que l’avenir de la planète et, partant, celui de nos enfants et de leurs descendants.


 – Jaï Kantel-Menjou – 702 p. – 1992 – Représentant des ONG auprès de l’UNESCO, l’auteur nous livre ici, revu et corrigé, un rapport qu’il a déposé en 1990, et dans lequel il mettait en garde les pays en voie de développement contre les « bienfaits » du développement économique à outrance.

mardi 26 juillet 2022

Pénitence et ciel

 


C'est sûr, c'est sûr, c'est sûr!

 


J'ai la certitude que c'est un sosie de Vladimir Poutine qui a été envoyé en Iran. Je l'ai aperçu qui se cachait derrière.


lundi 25 juillet 2022

Ça empire du milieu




De nos jours, il faut croire la droite quand elle nous dit qu'elle est, en fait, au centre. Quand on est confus à ce point – c'est bien connu –, il ne faut pas contrarier.


Dès lors, le soi-disant centre – c'est-à-dire le milieu – a toujours voix au chapitre et ses affirmations ne sont jamais contredites, sous peine de passer pour un «complotiste». Aussi, sans doute par manque d'imagination, ce sont toujours les mêmes croquemitaines qui sont utilisés en cas de crise, qu'elle soit politique, économique ou sanitaire. 


À cet égard, la Chine constitue un éternel épouvantail. Le recours est facile et à la portée du politicien moyen, surtout s'il est du «centre».


Bref, ça ne s'améliore pas.


 




Catalogue

 


L’An terne


L’année 1979 a constitué une charnière d’autant plus importante qu’elle est demeurée largement ignorée. Les moments importants de l’histoire du Québec ont souvent coïncidé avec des débuts de décennie. Il en fut ainsi pour 1960, qui marqua le début « officiel » de la Révolution tranquille, une expression qui ne manque pas de faire sourire l’auteure. De même, 1970 a été l’année de la Crise d’octobre, un événement qui a servi de révélateur tant aux aspirations du peuple québécois qu’à son impuissance innée. À l’inverse, 1979 a plutôt marqué la fin d’un monde, celui qui a nourri les aspirations de la jeunesse occidentale. Ce n’est pas un hasard si, en 1979, les baby boomers arrivent alors à la trentaine, l’âge de la sagesse et où, leurs revendications sociales plus ou moins comblées, ils s’attachent à partir de ce moment à la réussite individuelle. L’auteur renvoie dos à dos des concepts qui, en apparence complémentaires, s’opposent avec acrimonie. En effet, tant que les revendications ont gardé un caractère collectif et communautaire, on a constaté que la société québécoise maintenait une orientation progressiste et dynamique, et ce, dans tous les domaines d’activité : arts, travail, politique, etc. Cependant, à partir du moment où les revendications passent du domaine collectif à la sphère – pour ne pas dire la bulle – individuelle, on assiste à un phénomène troublant. Les valeurs progressistes se racornissent au profit de la réussite personnelle. La remise en question des progrès sociaux s’est accompagnée d’un repli sur soi à la fois égoïste et dysfonctionnel. La fermeture d’esprit collective qui s’est opérée a également entraîné une occultation de sentiments, en particulier ceux de solidarité et de charité, élémentaires, afin d’assurer la paix de l’esprit à ceux qui, refusant l’épithète de profiteurs, profitent néanmoins du système mis en place. En d’autres termes, 1979 est devenu l’An terne, car à son terme ont disparu les dernières lumières où le progrès social, soit à titre de mode ou d’aspiration légitime selon les individus, a brillé de ses ultimes feux. En conclusion, l’auteur met en garde contre les risques qu’engendre une telle mécanique sociale. En effet, l’accent mis sur l’individu dans le discours conservateur, le respect absolu de sa personne, et surtout de sa propriété, ne peut que mener dans son exacerbation vers des dérèglements incontrôlables. N’est-ce pas dans les milieux où le respect de la personne est apparemment érigé en devoir sacro-saint qu’on a assisté à de tragiques débordements qui ont fini par anéantir la notion même d’individualité au profit d’élites avides de pouvoir et de richesse ?


 – Andrée Pauzé – 424 p. – 1995 – Diatribe douce-amère où l’auteure oppose bien collectif et bien individuel dans une perspective à la fois communautaire et humaniste. Dans le cadre de cet essai, il semble en effet que l’enfer soit pavé de bonnes intentions.

samedi 23 juillet 2022

C'est dégeulasse!




Pas plus tard qu'hier, la communauté internationale applaudissait l'accord sur les céréales qu'avaient signé l'Ukraine et la Russie, par l'entremise du président turc et du secrétaire général de l'Organisation des nations unies. 


L'entente permettait d'espérer que, en poussant un peu, on finirait peut-être par trouver une solution diplomatique à la guerre.


Or voici que, ce samedi, les Russes, qui avaient accepté que les céréales sortissent par les ports ukrainiens de la mer Noire, bombardent Odessa.


Alors, maintenant, si les Russes sont aussi fourbes que les Yankees, c'est vraiment dégueulasse!


vendredi 22 juillet 2022

Catalogue

 


Allez donc empêcher un être humain de faire le con


L’auteur, un journaliste habitué aux points chauds de la planète, lègue, maintenant qu’il goûte une retraite heureuse, son testament à la fois professionnel et philosophique. Fasciné par les tribulations qui ont caractérisé le siècle, il ne peut s’empêcher de s’interroger sur les mobiles profonds de l’âme humaine et d’en tirer des conclusions qui ne peuvent laisser personne indifférent. La démonstration qu’il élabore se fonde exclusivement sur des faits historiques relativement contemporains (depuis la Première Guerre mondiale jusqu’à nos jours). Surtout intéressé par les tractations de coulisse, mais néanmoins abondamment documenté, l’auteur épluche littéralement les motivations des décideurs qui furent à la fois les initiateurs et les victimes des événements qui ont forgé l’époque contemporaine. Après la Grande Guerre, il critique tout aussi sévèrement la politique franco-britannique de l’appeasement (en particulier l’accord Daucou, de sinistre mémoire) durant l’entre-deux-guerres. Il s’en prend également aux causes qui ont transformé un simple conflit frontalier européen en ce qui a été connu comme étant la Deuxième Guerre mondiale. Celle-là même qui a amené dans son sillage toute une série de conflits nationaux qui ont été pudiquement camouflés sous l’appellation « décolonisation ». Or peu d’événements dans l’histoire se sont répétés autant, depuis l’Asie jusqu’à l’Afrique, dans un laps de temps aussi court, sans que pour autant les pays colonialistes acceptent de tirer les leçons évidentes de leurs politiques. Au contraire, cette incapacité à accepter les faits, cet entêtement à vouloir les plier à des volontés héritées d’un autre âge vont culminer avec la guerre du Vietnam dont l’Amérique subira les cuisantes conséquences pendant des années. C’est au dernier chapitre de son essai que l’auteur explique quelle est la prémisse de départ de sa réflexion, une prémisse qui a germé dans son esprit au plus fort de l’offensive du Têt, alors que le haut commandement américain n’hésitait pas à affirmer qu’il fallait « bombarder les villes vietnamiennes afin de les sauver ». C’est au hasard de cette bourde, qui a braqué une part importante de la population contre l’occupation étrangère, que l’auteur a compris ce trait incontournable de l’âme humaine : quels que soient les avantages qu’une situation confère à l’une des deux parties dans un conflit, il existe toujours un pourcentage de chances pour que cette force se retourne contre celui qui en dispose. Jamais l’issue d’un conflit ou d’une lutte active n’est assurée. Dans tous les cas, il existe ce que l’auteur appelle le « Facteur C » (pour « croc-en-jambe ») et qui constitue le seul véritable incontournable de l’être humain.


 – Philippe Émault – 320 p. – 1991 – Le succès de son essai a obligé l’auteur à sortir de sa retraite. Il donne maintenant une série de conférences en Europe et au Québec afin de sensibiliser la population aux risques de la complaisance envers les détenteurs du pouvoir.


jeudi 21 juillet 2022

Le discret... dité

 


Re-vaccinez-vous, qu'ils disaient

 

L'article ici