jeudi 29 août 2019

L’oxymore vivant




Le président des Stazunis, M. Donald Trompe, est attendu à Varsovie, ce dimanche. En effet, le 1er septembre, on soulignera le début de la Deuxième Guerre mondiale, alors que la Pologne était envahie par l’Allemagne.

Déjà, cela est une fausseté historique, car la guerre ne commencera véritablement que le 3 septembre quand Britanniques et Français la déclareront à l’Allemagne. Et encore, nombre d’historiens ne parleront alors que d’un conflit typiquement européen. Pour eux, ce ne sera qu’en décembre 1941 que la guerre deviendra mondiale, alors que l’empire du Japon attaque Pearl Harbor et qu’Adolf Hitler déclare la guerre aux Stazunis.

Bref, tout ce cérémonial du 1er septembre 2019 n’est que la poudre aux yeux dans un pays qui, depuis sa création en 1919, n’a cessé d’être sous la coupe de régimes autoritaires de droite, sauf, évidemment, de 1945 à 1989.

Un des ténors du retour de la droite – voire de l’extrême droite – en Pologne, M. Lech Walesa, est encore vivant. Chaque fois qu’un pays européen a été la proie d’un soulèvement fomenté par des néo-fascistes, et financé en sous-main par les Yankees, il s’est pointé pour servir d’étendard vivant à cette cause qui lui tient à cœur: le triomphe de la droite la plus autoritaire possible.

Aujourd’hui, il veut inciter les Stazunis à «redevenir l’empire du bien», une modeste demande qu’il entend adresser à Donald Trompe, ce week-end. 

L’«empire du bien»… Tu parles d’un oxymore!



(Sans compter que, avant de le «redevenir», il aurait fallu commencer par l’être.)

mercredi 28 août 2019

Le petit bout de la matraque




Vendredi soir dernier, deux policiers fêtaient la fin de leur harassant quart de travail au restaurant, près de la place Émilie-Gamelin, à Montréal. Alors que, vêtus en civil, ils déambulaient tentant de récupérer après ces heures de dur labeur éreintant qui est le leur, ils furent abordés par un «groupe d’individus» – leur nombre est encore inconnu – qui leur aurait asséné plusieurs coups de poings et de pieds.

Il semble que lesdits vidus auraient reconnu les policiers en civil et auraient décidé de les attaquer. Déjà, ce scénario comporte sa part d’invraisemblances. D’abord, pour «reconnaître» quelqu’un, encore faut-il l’avoir connu précédemment; et qui sait dans quelles circonstances? Autrement dit, si les agresseurs connaissaient les flics aussi bien, les flics devaient en toute logique connaître leurs agresseurs. Ensuite, même s’il s’agit de flics, on n’attaque pas des gens sans raison ni provocation. Alors pourquoi ont-ils été malmenés?

Évidemment, les relations publiques de la flicaille sont montées au créneau pour dénoncer un acte «intolérable et inacceptable». On comprend que, puisqu’il s’agit d’autres flics, ils ne voient – dans ce cas-ci – les choses que par le petit bout de la matraque.

Tout de même, il fait chaud au cœur de constater que les sensibilités des forces de l’ordre peuvent être froissées à ce point lorsque des personnes sont ainsi brutalisées. Il reste à voir comment elles agiront lors de la prochaine manifestation pacifique d’étudiants ou de syndiqués.


Francis Grenier, mars 2012


mardi 27 août 2019

Pompez haut!




Trou d’UQ




Vous n’êtes pas sans savoir que le premier ministre de l’Ontario, M. Doug Ford, avait pratiquement lancé son mandat en annulant le projet de fondation de l’Université de l’Ontario français (UOF), une sorte d’équivalent de l’Université du Québec (UQ). Le motif sous-tendant son geste de mépris à l’endroit des francophones de son pays était que la création d’une telle institution allait créer un énorme trou budgétaire.

Vous vous rappelez aussi le tollé qui avait suivi l’annonce, ainsi que la cabale qui avait vu une des députés du gouvernement quitter le Parti conservateur de l’Ontario avec fracas. Un tel branle-bas, que M. Ford avait dû surseoir à sa décision et remettre le projet de l’UQ ontarienne sur les rails.

Alors, maintenant, suivez le raisonnement.

En ce moment, M. Ford fait des pieds et des mains afin de régler ce dossier auprès d’Ottawa. C’est-à-dire qu’il tente d’en venir à un accord avec le fédéral afin que ce dernier accepte de financer une bonne part de l’Université durant les 8 premières années*.

Pourquoi tant d’empressement? Parce qu’il y aura bientôt des élections au CAnada et que M. Ford, en bon conservateur, sait que si la question n’est pas réglée pour les 8 prochaines années, cela risque de constituer une épine dans le flanc du chef du Parti conservateur du CAnada, M. Andrew Scheer, ce dernier ayant déjà commencé à tapiner au Québec qui se soucie tout de même du sort du français, à tout le moins dans les autres provinces.

Bref, il s’agit de faire payer les libéraux afin de faciliter l’élection des conservateurs.

M. Ford est peut-être obtus, égoïste, exclusif et xénophobe, mais il n’est pas aussi idiot qu’il en a l’air.

À moins, bien entendu, que l’idée vienne d’un de ses conseillers…



*Pourquoi pendant 8 ans? Parce que, après deux mandats, un éventuel gouvernement conservateur aura probablement perdu le pouvoir et la patate chaude de la question linguistique reviendra aux libéraux.


lundi 26 août 2019

«Choisir d'avancer» (sic)




Bol-snoreau




Grosse tempête sur les réseaux sociaux, dernièrement, avec, comme principaux protagonistes, Jaim Bolsonaro, président du Brésil, et Emmanuel Macron, président français ainsi que, accessoirement, clone du fils de Pierre Elliott Trudeau. 

Tout a commencé quand M. Macron a mis en garde contre les incendies qui ravagent la forêt amazonienne, laquelle se situe principalement en territoire brésilien.

Réaction immédiate de Brasilia qui a traité Emmanuel de «colonialiste», sans doute parce qu’il se mêlait des affaires internes d’un autre pays. Soulignons en passant que, tandis que la jungle partait en fumée, M. Bolsonaro s’appliquait à faire ce que les fascistes dans son genre font le mieux: attendre que le problème finisse par disparaître de lui même; quel que soit l'incendie, les matraques n’éteignent rien du tout.

Rebelote lors du sommet du G7, alors que la question des feux de forêt a été ramenée sur la table, ce qui a attisé – sans mauvais jeu de mots – la fureur du président Bolsonaro et de son entourage.

Résultat, tout ce petit monde est monté au créneau pour traiter Emmanuel Macron de tous les noms: «crétin», «idiot», «tricheur». Même la compagne de ce dernier a fait l’objet de remarques désobligeantes.

Il n’empêche, depuis, le Brésil s’est résolu, à contrecœur, à accepter l’aide internationale et à tenter, bien tard, de combattre l’élément destructeur.

En conclusion, on comprend qu’un gouvernement goûte peu qu’on lui dicte sa ligne de conduite. Cela ne l’excuse pas pour autant de révéler sur la place publique des secrets, fussent-ils de Polichinelle.


dimanche 25 août 2019

samedi 24 août 2019

Boristifié


vendredi 23 août 2019

Truc qui


Une vidéo est devenue virale sur la Toile ce vendredi. En Turquie, une femme a été poignardée par son ex dans un lieu public et sous le regard de sa fille de 10 ans. La scène a été filmée alors qu’on entend la victime dire qu’elle ne veut pas mourir et la fillette supplier sa mère de rester en vie. Cette dernière a expiré peu après.

On imagine l’émotion que cela a provoquée, en particulier en Turquie, où des voix se sont élevées afin que des mesures soient prises afin de lutter contre les violences faites aux femmes dans ce pays*.

Hélas, il est à craindre que ce discours ressemble à celui, aux Stazunis, concernant le contrôle des armes à feu: tout le monde va en parler, mais personne ne fera quoi que ce soit.

Toujours le même truc, quoi...



* 214 femmes ont été assassinées en Turquie au cours des 6 premiers mois de l’année, et ce, sans compter les violences domestiques qui sont rarement rapportées.


jeudi 22 août 2019

Liberté pour (presque) tous




Agence G7




Cette fin de semaine («week-end», en français), on tiendra un autre de ces assommants sommets du Groupe des sept (G7), en France; plus précisément, à Biarritz. 

Ah! Biarritz...

Lors d’un G7, les chefs de gouvernement des principaux pays industrialisés (France, Italie, Japon, Allemagne, Royaux-Munis, Stazunis, CAnada) vont revêtir leurs beaux habits neufs et s’asseoir placidement autour d’une table en faisant les importants. Pendant ce temps, les sans-culottes, dehors, vont se faire tabasser par leur police, tandis qu’eux-mêmes ne feront rien d’utile.

À la fin, ils poseront pour la postérité, qui n’en a rien à foutre, et publieront un communiqué conjoint tout pétri de bonnes intentions, lesquelles seront promptement tablettées. Il est possible qu’un gros con orangé fasse de l’esclandre à nouveau, mais cela sera également oublié en l’espace de quelques jours.

Alors, à quoi sert véritablement ce genre de sommet? Comme l’a si bien dit le collectif auquel appartient Aurélie Trouvé, ingénieure agronome, membre d’Alternative G7: «[Le] G7 est une arme de séduction massive pour imposer idéologiquement un capitalisme de plus en plus brutal.»

Cette partie-là d’un sommet du G7, on ne peut jamais l'oublier.


mercredi 21 août 2019

Vive le privé!




Crise dans les médias, en ce moment; le Web est en train de tuer l’écrit. Curieusement, maintenant que les gens ont à portée du doigt tous les organes d'information de la planète, jamais ils n’ont été si peu au courant des choses.

Maintenant que quantité de quotidiens québécois sont menacés de disparition, grâce à l’extrême compétence du secteur privé, voici que le gouvernement est sollicité afin de les sauver de la disparition. L’argent public est désormais exigé pour sauver l’information «indépendante» des médias de masse. 

Déjà, on savait que le haut-parleur du gouvernement cAnadien au Québec – le quotidien La Presse – avait été élevé au rang de société à but non lucratif – et non sans but… lucratif. Mais on ne peut s’attendre à ce que tous les autres journaux connaissent le même sort. D’autant moins qu’ils sont parfois critiques du fédéralisme – et même des libéraux.

Bref, c’est votre fric qui va les garder en vie; il faudra vous priver un peu plus. Mais que vous importe, puisque vous êtes déjà si mal informés…


mardi 20 août 2019

Honneur au grand héros cAnadien!


Transit de Transat transi




C’est un long et pénible processus qui n’en finit plus de ne pas finir. Quand on pense que la vente de la fameuse Série C s’est conclue en deux coups de cuillère à pot, on se demande ce qui peut bien faire que tout cela coince à ce point.

Bref, Air Transat, qui était en difficulté financière, s’est mise en vente au plus offrant. Air CAnada, qui est en difficulté financière depuis des lustres, a décidé de l’acheter.

Mais – coup de théâtre – Pierre Karl Péladeau (PKP), le magnat de la presse, dont l’empire bat de l’aile en ce moment, a voulu se porter acquéreur de Transat. On comprend pourquoi: il ne connaît rien au transport aérien. D’aucuns murmurent qu’il ne connaît pas grand-chose au monde de l’édition. Bref, il était un futur dirigeant tout désigné.

Mais il a eu beau s’opposer comme il a pu à la vente au bénéfice d’Air CAnada, Transat lui a finement expliqué, avec les politesses d’usage, de se mêler de ses affaires et que la transaction était pratiquement conclue.

On comprend mal les gestionnaires d’Air Transat. Ils devraient songer un instant que PKP pourrait remettre leur société sur les rails de la même manière qu’il a remis le Parti québécois sur les siens.


lundi 19 août 2019

dimanche 18 août 2019

Chick type




Il s’appelait Jack Letts et son surnom n’était pas «Chick», contrairement à ce que de mauvaises langues ont pu prétendre.

Il avait, comme l’a si sommairement expliqué La Presse, la double nationalité cAnadienne et britannique on ne sait trop pourquoi. Personnellement, les deux se ressemblent tellement que je ne savais pas que posséder l’une et l’autre représentait un véritable cas de double nationalité.

Bref, toujours est-il que Jack «Chick» Letts, en 2014, a rejoint les rangs de Daech, semble-t-il. Désormais présent au sein de l’organisation terroriste, il y aurait été impliqué dans on ne sait trop quelles activités. Capturé par les Kurdes dans le nord de la Syrie, il a été détenu jusqu’à on ne sait trop quand. Par la suite, il a été – apparemment – rapatrié on ne sait trop comment.

Enfin, il a été déchu de sa nationalité britannique et il ne lui reste plus que son autre nationalité. Une suggestion pour lui: avant de débarouler au CAnada, il devrait changer de nom. Pourquoi ne pas se faire appeler Jack Union ?

Il serait très populaire s’il décidait d’aller s’établir à l’ouest de la rivière des Outaouais.