Eh bien, voilà; je ne sais plus. Je n'arrive plus à voir si c’est orwellien ou kafkaïen.
Alors, nous en sommes à deux mois de confinement et encore au point où on ne sait pas trop si l’épidémie achève ou non. En fait, on ne sait rien, parce qu’on a entendu tout et son contraire. Là-dessus, je ne vous fais pas le résumé; vous le connaissez déjà par cœur.
Bref, au bout de huit semaines, on nage encore dans le brouillard. Mais, pour la première fois depuis une soixantaine de jours, quelqu’un, quelque part, a décidé que ce ne serait peut-être pas aussi idiot qu’on serait en droit de le penser de faire un dépistage pour aider à traiter au moins un des points chauds de la Covid-19.
Si c’est un début, c’est très bien. Mais si on ne dépiste pas dans d’autres secteurs, on ne pourra faire aucune estimation. Comment savoir si c’est pire ou mieux qu’ailleurs?
Vous voyez, c’est en établissant des comparaisons, entre autres choses, que le savoir avance.
Ainsi, en voici une, de comparaison: «Nos dirigeants ont parfois l’air d’agir comme des…»
L'exceptionnalisme est ce qui fait qu'une nation se distingue des autres, toujours pour le mieux. C'est un outil de propagande incomparable, plus qu'une réalité palpable.
Dans une chronique récente, je m’étais permis une sortie sarcastique dans laquelle je décrivais une situation imaginaire où des gens se présentaient aux urgences hospitalières après avoir ingéré divers désinfectants.
Évidemment, la blague tenait pour acquis que personne n’irait à cet extrême, surtout en songeant que la recommandation provenait d’un idiot patenté et d’un menteur compulsif.
Eh bien, fini de rire, mes gaillards! Car le nombre de cas d’empoisonnement avec des désinfectants a connu une hausse de 58% au CAnada.
Que des gens soient assez obtus pour suivre les recommandations de Donald Trompe me sidère déjà. Là où je suis complètement soufflé, c’est que, même en temps normal, il se trouve des contemporains qui s’empoisonnent avec des produits ménagers.
Enfin, quand je dis «normal», c’est une façon de parler…
Il y a de ces traditions qui restent. Prenez l’attitude des Yankees face à leur glacis sud-américain.
En avril 1961, une troupe de 1400 exilés cubains équipés par les Stazunis débarquait à Playa Giron, à Cuba, lieu appelé Baie des cochons en français. L’attaque fut repoussée par les forces castristes et l’opération vira au désastre.
Rendons hommage à la lourdeur de l’esprit yankee qui ne semble jamais apprendre de ses gaffes. En effet, le 3 mai dernier, un groupe de 300 paramilitaires vénézuéliens a tenté de débarquer à proximité de Caracas afin de renverser le régime socialiste du président Maduro. Le groupe d’agresseurs fut lui aussi repoussé au terme d’une opération encore plus bâclée que celle de la Baie des cochons. Et pourtant ce ne furent pas les tentatives de déstabilisation – chapeautées par Juan Guaido, le faux président autoproclamé – qui manquèrent juste avant l’invasion.
Décidément, les impérialistes ont de bien piètres servants de messe. Comment peut-il en être autrement, avec de si mauvais maîtres?
Ça ne vous a pas frappé? Moi, si. Et en pleine gueule, encore!
Faites le compte des pays les plus durement touchés par l’omniprésent virus. Dans l'ordre: Stazunis, Espagne, Italie, Royaume-Uni, Allemagne et France. Tous des pays considérés comme riches. Bon d’accord, pas tous aussi riches les uns que les autres. Mais si on considère la planète dans sa totalité, ils font tous partie du peloton de tête.
Pour le meilleur comme pour le pire.
Évidemment, me direz-vous, ce n’est pas étonnant qu’ils comptent parmi les plus touchés. Ils ont les moyens de dépister les malades et ils contrôlent les grands médias de masse, de sorte qu’il n’y a qu’eux dont on entend parler.
C’est vrai. Quand même, on peut se demander à quoi sert leur pognon s’ils ne sont pas capables de faire face à une épidémie sans en subir des contrecoups majeurs. Avec tout cet argent, ils n’ont pas pu trouver les masques nécessaires, les tests de dépistage et suffisamment de places dans les hôpitaux pour rendre efficace un confinement?
Bref, à quoi ça sert avoir du pognon si ça ne garde pas en santé?
Tout d’abord, ce qui est frappant, c’est que, après qu’on l’a gagné, ça n’est déjà plus vraiment notre pognon.
Et ensuite, tout ça semble bien fait pour notre gueule.
Dans un article assez révélateur, en anglais seulement pour l'instant, Michel Chossudovsky lance une mise en garde. Déjà – ce en quoi il a probablement raison –, il flaire une gigantesque arnaque au vaccin, pareille à celle dont nous avons été victimes en 2009. Un vol qui a profité aux pharmaceutiques, avec bien entendu la complicité de l’Organisation mondiale de la santé (WHO, en anglais). Indirectement, ce sont des décideurs au sein de cette organisation qui s’en sont également mis plein les poches.
D’abord, en annonçant qu’un virus de la grippe (le fameux H1N1) allait contaminer des milliards de personnes et causer la mort de centaines de milliers de gens si un vaccin n’était pas immédiatement distribué à l’ensemble de la planète. Puis, à 10$ la dose, inutile de préciser que les pharmaceutiques ont réalisé l'escroquerie du siècle.
Eh bien, ce siècle a été bref, car on nous prépare le même scénario dans le sillage de la Covid-19, ce qui permettra aux pharmaceutiques de refaire le coup dans quelques mois.
Pas plus tard qu’aujourd’hui, La Presse a publié un article dénonçant la lourdeur bureaucratique du système de santé québécois. Ce genre de critique provenant d’autres personnes pourrait signifier que, en maintenant les budgets de la santé tels quels, un petit ménage administratif pourrait dégager des marges afin d’investir ces surplus dans les secteurs qui éprouvent des besoins criants. C’est-à-dire tous.
Mais ce genre de critique émanant d’un quotidien inféodé à l’ultralibéralisme le plus débridé signifie dans les faits que La Presse, en pleine crise de la Covid-19, s’apprête à demander des compressions additionnelles dans le réseau. Comme si l’incapacité des services à répondre adéquatement à l’infection, en particulier dans les établissements de soins de longue durée, n’était pas justement due à des coupures mal avisées dans les ressources allouées à notre système de santé chroniquement à bout de souffle.
On est à deux doigts de voir le quotidien monter aux barricades pour encourager la privatisation à outrance dans ce domaine. Cette feuille de chou ne fera jamais remarquer une réalité incontournable: là où les soins sont le plus privatisés – aux Stazunis, par exemple – c'est aussi l’endroit où les dépenses relativement à la santé, toutes origines confondues, sont les plus élevées.
Il paraît que des militants d’extrême gauche – des anarchistes – ont volontairement inondé les locaux de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).
Faut-il être complètement désaxé pour se livrer à une agression pareille envers d’innocents rupins!
Un porte-parole de la CORPIQ n’a d’ailleurs pas mâché ses mots pour condamner l’attaque à main armée d’un boyau d’arrosage. Il a indiqué que de tels actes étaient «inacceptables et condamnables dans une société comme le Québec». Tout le contraire des reprises frauduleuses de logements, des augmentations indécentes, de l’insalubrité assumée et des expulsions arbitraires, lesquelles sont des fleurons que le monde nous envie.
En tout cas, il était injuste qu’on inonde les propriétaires, alors que ces derniers ne font que laisser sécher leurs locataires.
Elon Musk est un ingénieur et chef d’entreprise qui, entre autres grâce à PayPal, est aussi devenu un multimilliardaire. Il n’en fallait pas plus pour qu’on le qualifie de génie.
Entre autres grands projets qui n’ont, à cette date, mené nulle part, il y a sa société SpaceX et son projet Hyperloop. En fait, une de ses plus grandes réalisations fut d'envoyer vers Mars une de ses voitures électriques.
Néanmoins, les buts qu’il poursuit sont hautement louables, car, en développant ainsi le high-tech, il cherche à protéger l’environnement des effets délétères de la technologie. De son propre aveu, il veut «réduire le risque de l’extinction humaine».
Saviez-vous que certains individus ont tenté de profiter de la crise du coronavirus?
Un cas particulièrement ignoble est apparu dans les médias dernièrement – et ce ne sera certainement pas le seul – où un homme d’affaires que nous ne nommerons pas a mis sur pied une fraude afin d’extorquer 45,4 millions de dollars au gouvernement québécois. Essentiellement, l’arnaque consistait à faire croire que l’escroc disposait d’un stock de masques médicaux et qu’il était disposé à le vendre. L’inqualifiable tricherie a été éventée in extremis, de sorte que le dossier se retrouve maintenant devant les tribunaux.
Évidemment, l’histoire remet en question les procédures d’achat gouvernementales qui, même en situation d’urgence, doivent être respectées, ce qui n’a pas été le cas. Mais, au-delà d’une vérification des procédures organisationnelles, il y a ici un aspect moral qui est soulevé.
Que reste-t-il à dire de ces gens d’affaires qui se lancent dans de telles combines? Sont-ils vraiment affranchis de toute fibre morale? La quête de l’argent les a-t-elle déshumanisés à ce point? Vraiment?
Je sais bien ce que vous allez me rétorquer, que tous les entrepreneurs ne sont pas aussi corrompus. C’est sans doute vrai. Mais il y en a une quantité importante qui tente sans cesse de contourner les règles et les lois visant à garantir une qualité raisonnable relativement aux produits et services qu’ils sont censés fournir. Contourner n’est pas enfreindre, les défendrez-vous encore. Certes, mais lorsque cela est élevé au stade du réflexe conditionné, la chose est assez révélatrice quant au fond.
Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que ce sont ces mêmes cocos qui remplissent les caisses électorales, quand ils ne siègent pas au conseil des ministres ou quelque part dans l’ombre du gouvernement. Cela expliquant peut-être les entorses aux procédures administratives.
Vous êtes toujours partant pour les partenariats public-privé, les privatisations, la mondialisation et le capitalisme sauvage?
Bref, quand les coquins sont les premiers à se servir dans la caisse.