jeudi 5 septembre 2019
mercredi 4 septembre 2019
Débat des bas
Il existe en ce bas monde une Commission des débats des chefs. Ainsi, dès que des élections se profilent à l’horizon au CAnada, ladite Commission se met en frais d’organiser un débat. Et puis, pour préserver les apparences, elle en organise un plus petit, en français.
Comme certaines personnes ne sont jamais soûlées par les lieux communs, des organismes indépendants en proposent d’autres. Le magazine MacLean’s, la Fondation Munk Debates et même le réseau TVA ont décidé d’inviter les chefs des principaux partis politiques à leurs propres débats.
Si la plupart des chefs ont accepté les cinq invitations, le fils de Pierre Elliott Trudeau entend, quant à lui, ne participer qu’aux deux débats organisés par la Commission et non aux trois autres.
Un stratège libéral qui a requis l’anonymat – on se demande pourquoi – a expliqué qu’il n’y avait pas d’avantages à ce que le fils de Pierre Elliott Trudeau participe à tous ces débats.
Il est vrai qu’il brille surtout lorsqu’il ferme sa jolie petite gueule.
Borisible
Avant d’être premier ministre à la place de la première ministre, Boris Johnson faisait sa grande gueule au sujet du Brexit. Tempêtant, menaçant, il répétait à qui en avait marre de l’entendre que, accord ou pas avec l’Union européenne, le Royaume-Uni allait en sortir coûte que coûte.
Résultat, il a tenté de faire reporter la sortie de l’Union pour négocier un nouvel accord avec Bruxelles afin de respecter l’échéance du 31 octobre. La manœuvre s’est retournée contre lui, car une vingtaine de ses propres députés ont voté contre cette initiative. Désormais, il n’a plus guère de solutions qui se présentent, sinon dissoudre le Parlement et déclencher des élections dans l’espoir d’être plébiscité par la population, laquelle hésite de plus en plus à se lancer dans l’aventure du Brexit.
Bref, Boris a encaissé un revers des plus humiliants. Finalement, ceux qui lui trouvaient des similitudes avec Donald Trompe étaient dans le vrai.
mardi 3 septembre 2019
Deuxième armement
Ce fut un des événements marquants de 2016. En effet, cette année-là, en novembre, les accords de La Havane mettaient un terme à la guerre civile entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement mafieux au pouvoir à Bogota.
Parmi les articles des Accords, il était prévu que les FARC remettent leurs armes, qu’une amnistie soit déclarée pour la guérilla, l’armée et les paramilitaires – ces derniers étant bien souvent des milices formées par les cartels de la drogue – et qu’un programme de réinsertion sociale soit mis sur pied pour les anciens combattants. Le but était évident: il s’agissait d’apporter la paix dans ce pays qui avait connu des décennies de guerre.
Moins de 3 ans plus tard, une autre nouvelle a été beaucoup moins diffusée, du moins par chez nous. En effet, les FARC viennent d’annoncer qu’elles reprenaient les armes. Nul doute que nos médias, lorsqu’ils s’empareront de cette information, vont souligner que la guérilla a manqué à sa parole et que son rejet des Accords démontre son incurie.
Ce qu’ils oublieront de mentionner, c’est que, depuis leur signature, le gouvernement a multiplié les assassinats d’anciens membres de la guérilla ainsi que de dirigeants sociaux. Par ailleurs, Bogota n’avait pas respecté les autres termes des Accords.
Bref, le commandant Ivan Marquez est apparu, entouré de personnes en armes, pour annoncer la reprise de la lutte en Colombie en affirmant le «droit universel de tous les peuples du monde à se soulever en armes contre l’oppression».
J’imagine que les Yankees seront contents de voir que d’autres à part eux respectent la philosophie de leur Deuxième amendement.
dimanche 1 septembre 2019
Le gibou
Tandis que je parcourais Montréal au sol, mon regard a été attiré par une bien curieuse installation au faîte d’une façade. Le propriétaire du lieu, sans doute dans l’espoir d’éloigner d’importuns pigeons, a fixé des équerres de métal auxquels pendent, chacun à l’extrémité d’une courte chaîne, deux statuettes de hibou*.
La chose tient bien davantage du gibet que de l’épouvantail, à vrai dire, et, compte tenu de son élévation, peu de piétons lui prêtent la moindre attention. Une bonne chose, car, encore une fois, le spectacle reste un tantinet morbide.
Cependant, quelques pas plus loin, l’ironie prend le dessus rapidement, et on se plaît à songer qu’il s’agit là, plutôt que d’une potence, d’un «gibou»; un gibet où on exécute les hiboux.
En 1027, sur une terre appartenant à Faucon – ainsi se prénommait le vicomte de Paris –, on érige – ou on reconstruit – le gibet qui prendra ce nom, c’est-à-dire, le sinistre gibet de Montfaucon, là où se termine le roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo. Ce lieu de supplice était réservé exclusivement à la justice royale. Ce n’est donc qu’en 1790, l’année suivant la prise de la Bastille, que le gibet fut détruit en tant que symbole de l’absolutisme. Il est tout de même à signaler que les dernières exécutions à y être pratiquées dataient quant à elles de 1629, environ. Quoiqu’il ne reste plus rien du gibet, on sait aujourd’hui qu’il se dressait à l’adresse parisienne actuelle du 57, rue de la Grange-aux-belles.
Eh bien, en lieu et place d’un gibet de Montfaucon, Montréal possède son gibet de Monthibou…
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| Dessin du gibet de Montfaucon |
*Aucun rapace n’a été maltraité pendant la rédaction de ce texte.
samedi 31 août 2019
Chocolat au laid
Sans doute avez-vous souligné l’événement avec votre sobriété habituelle. Le 15 août dernier était l’anniversaire de l’accession à l’indépendance de l’Inde.
De nos jours, l’occasion en soi est insuffisante, aussi faut-il que certains en profitent pour engranger un peu de pognon. C’est l’époque qui veut ça.
Dans ce cas-ci, c’est le confiseur Cadbury qui a lancé sur le marché, là-bas, la friandise Unity (unité). Il s’agit d’une tablette de chocolat comprenant 4 saveurs et qui se voulait représentative de la diversité indienne.
Tollé contre cette friandise qui – disait-on – banalisait d’importants enjeux propres non seulement à l’Inde elle-même, mais également à toute la planète.
Plus important encore, cette réaction négative nous fait comprendre qu’un jour viendra peut-être où les outrés chroniques finiront par se plaindre qu’ils n’ont plus de quoi se plaindre.
vendredi 30 août 2019
Coup de tête
Pendant deux siècles et demi, l’arrogance britannique a fait la leçon à la planète entière. Toute bouffie de ses prétendues valeurs supérieures, elle a pourfendu tous les gouvernements, régimes et sociétés qui n’ont pas su gagner sa faveur. Dans le même temps, la suffisance de la morale anglo-saxonne fut transmise à tous les pays issus de cette racine discutable, de sorte que, partout où l’Union Jack est passé et a fait des petits, le même orgueil a poussé ses héritiers à toujours regarder de haut «les autres».
Combien de fois, depuis l’île de l’Australie jusqu’à l’archipel britannique – en passant par toute l’Amérique du Nord –, n’a-t-on pas entendu quelque anathème dénonçant des carences démocratiques, dans tel ou tel pays? Très souvent, c’étaient d’anciennes colonies de ce fameux empire où le soleil ne se couchait jamais qui, de la sorte, ne reçurent pas l’aval de l’ancienne métropole et de ses rejetons.
On en sait quelque chose, au Québec; entre autres.
Tant que l’histoire est allée à leur avantage, les Britanniques et leurs héritiers ont été très fiers de mettre de l’avant leur attachement aux principes démocratiques et à la légitimité conférée par l’adhésion populaire. Pendant tout ce temps, cela n’a pas été présenté comme de l’opportunisme politique, mais bien comme un trait substantifique du caractère anglo-saxon, ce qui assurait de facto à ce dernier une supériorité morale absolue.
Ainsi, on s’est fait rebattre les oreilles avec des notions aussi fausses que celles du «foyer de la démocratie» pour le Royaume-Uni; de l’«exceptionnalisme états-unien» pour les Yankees; et du récent «premier État postnational» pour le CAnada. Tous ces titres portés comme des médailles en fer-blanc au revers d’un vêtement élimé.
Mais, bien évidemment, le vent finit toujours par tourner et c’est alors que la morale anglo-saxonne révèle son véritable visage: celui de l’abus de pouvoir, comme partout ailleurs. Ces derniers temps, empêtré dans le bourbier du Brexit, le Royaume-Uni n’en finit plus de chercher le moyen de s’extraire de cette crise qu’il s’est fabriquée de toutes pièces. Le plus récent chapitre met en scène un premier ministre pour lequel personne n’a voté qui, avec l'assentiment tacite d’un monarque pas davantage élu, décide unilatéralement de proroger une assemblée souveraine afin d’imposer une mesure impopulaire.
Le dernier, en Grande-Bretagne, à avoir tenté ce genre de chose s’appelait Charles Ier et il a fini décapité en place publique.
Il semblerait que Boris Johnson, lui, a plutôt commencé par perdre la tête.
(Parlant de tête, celle de Cromwell a été empruntée à sa statue érigée à Saint-Ives, au Royaume-Uni.)
jeudi 29 août 2019
L’oxymore vivant
Le président des Stazunis, M. Donald Trompe, est attendu à Varsovie, ce dimanche. En effet, le 1er septembre, on soulignera le début de la Deuxième Guerre mondiale, alors que la Pologne était envahie par l’Allemagne.
Déjà, cela est une fausseté historique, car la guerre ne commencera véritablement que le 3 septembre quand Britanniques et Français la déclareront à l’Allemagne. Et encore, nombre d’historiens ne parleront alors que d’un conflit typiquement européen. Pour eux, ce ne sera qu’en décembre 1941 que la guerre deviendra mondiale, alors que l’empire du Japon attaque Pearl Harbor et qu’Adolf Hitler déclare la guerre aux Stazunis.
Bref, tout ce cérémonial du 1er septembre 2019 n’est que la poudre aux yeux dans un pays qui, depuis sa création en 1919, n’a cessé d’être sous la coupe de régimes autoritaires de droite, sauf, évidemment, de 1945 à 1989.
Un des ténors du retour de la droite – voire de l’extrême droite – en Pologne, M. Lech Walesa, est encore vivant. Chaque fois qu’un pays européen a été la proie d’un soulèvement fomenté par des néo-fascistes, et financé en sous-main par les Yankees, il s’est pointé pour servir d’étendard vivant à cette cause qui lui tient à cœur: le triomphe de la droite la plus autoritaire possible.
Aujourd’hui, il veut inciter les Stazunis à «redevenir l’empire du bien», une modeste demande qu’il entend adresser à Donald Trompe, ce week-end.
L’«empire du bien»… Tu parles d’un oxymore!
(Sans compter que, avant de le «redevenir», il aurait fallu commencer par l’être.)
mercredi 28 août 2019
Le petit bout de la matraque
Vendredi soir dernier, deux policiers fêtaient la fin de leur harassant quart de travail au restaurant, près de la place Émilie-Gamelin, à Montréal. Alors que, vêtus en civil, ils déambulaient tentant de récupérer après ces heures de dur labeur éreintant qui est le leur, ils furent abordés par un «groupe d’individus» – leur nombre est encore inconnu – qui leur aurait asséné plusieurs coups de poings et de pieds.
Il semble que lesdits vidus auraient reconnu les policiers en civil et auraient décidé de les attaquer. Déjà, ce scénario comporte sa part d’invraisemblances. D’abord, pour «reconnaître» quelqu’un, encore faut-il l’avoir connu précédemment; et qui sait dans quelles circonstances? Autrement dit, si les agresseurs connaissaient les flics aussi bien, les flics devaient en toute logique connaître leurs agresseurs. Ensuite, même s’il s’agit de flics, on n’attaque pas des gens sans raison ni provocation. Alors pourquoi ont-ils été malmenés?
Évidemment, les relations publiques de la flicaille sont montées au créneau pour dénoncer un acte «intolérable et inacceptable». On comprend que, puisqu’il s’agit d’autres flics, ils ne voient – dans ce cas-ci – les choses que par le petit bout de la matraque.
Tout de même, il fait chaud au cœur de constater que les sensibilités des forces de l’ordre peuvent être froissées à ce point lorsque des personnes sont ainsi brutalisées. Il reste à voir comment elles agiront lors de la prochaine manifestation pacifique d’étudiants ou de syndiqués.
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| Francis Grenier, mars 2012 |
mardi 27 août 2019
Trou d’UQ
Vous n’êtes pas sans savoir que le premier ministre de l’Ontario, M. Doug Ford, avait pratiquement lancé son mandat en annulant le projet de fondation de l’Université de l’Ontario français (UOF), une sorte d’équivalent de l’Université du Québec (UQ). Le motif sous-tendant son geste de mépris à l’endroit des francophones de son pays était que la création d’une telle institution allait créer un énorme trou budgétaire.
Vous vous rappelez aussi le tollé qui avait suivi l’annonce, ainsi que la cabale qui avait vu une des députés du gouvernement quitter le Parti conservateur de l’Ontario avec fracas. Un tel branle-bas, que M. Ford avait dû surseoir à sa décision et remettre le projet de l’UQ ontarienne sur les rails.
Alors, maintenant, suivez le raisonnement.
En ce moment, M. Ford fait des pieds et des mains afin de régler ce dossier auprès d’Ottawa. C’est-à-dire qu’il tente d’en venir à un accord avec le fédéral afin que ce dernier accepte de financer une bonne part de l’Université durant les 8 premières années*.
Pourquoi tant d’empressement? Parce qu’il y aura bientôt des élections au CAnada et que M. Ford, en bon conservateur, sait que si la question n’est pas réglée pour les 8 prochaines années, cela risque de constituer une épine dans le flanc du chef du Parti conservateur du CAnada, M. Andrew Scheer, ce dernier ayant déjà commencé à tapiner au Québec qui se soucie tout de même du sort du français, à tout le moins dans les autres provinces.
Bref, il s’agit de faire payer les libéraux afin de faciliter l’élection des conservateurs.
M. Ford est peut-être obtus, égoïste, exclusif et xénophobe, mais il n’est pas aussi idiot qu’il en a l’air.
À moins, bien entendu, que l’idée vienne d’un de ses conseillers…
*Pourquoi pendant 8 ans? Parce que, après deux mandats, un éventuel gouvernement conservateur aura probablement perdu le pouvoir et la patate chaude de la question linguistique reviendra aux libéraux.
lundi 26 août 2019
Bol-snoreau
Grosse tempête sur les réseaux sociaux, dernièrement, avec, comme principaux protagonistes, Jaim Bolsonaro, président du Brésil, et Emmanuel Macron, président français ainsi que, accessoirement, clone du fils de Pierre Elliott Trudeau.
Tout a commencé quand M. Macron a mis en garde contre les incendies qui ravagent la forêt amazonienne, laquelle se situe principalement en territoire brésilien.
Réaction immédiate de Brasilia qui a traité Emmanuel de «colonialiste», sans doute parce qu’il se mêlait des affaires internes d’un autre pays. Soulignons en passant que, tandis que la jungle partait en fumée, M. Bolsonaro s’appliquait à faire ce que les fascistes dans son genre font le mieux: attendre que le problème finisse par disparaître de lui même; quel que soit l'incendie, les matraques n’éteignent rien du tout.
Rebelote lors du sommet du G7, alors que la question des feux de forêt a été ramenée sur la table, ce qui a attisé – sans mauvais jeu de mots – la fureur du président Bolsonaro et de son entourage.
Résultat, tout ce petit monde est monté au créneau pour traiter Emmanuel Macron de tous les noms: «crétin», «idiot», «tricheur». Même la compagne de ce dernier a fait l’objet de remarques désobligeantes.
Il n’empêche, depuis, le Brésil s’est résolu, à contrecœur, à accepter l’aide internationale et à tenter, bien tard, de combattre l’élément destructeur.
En conclusion, on comprend qu’un gouvernement goûte peu qu’on lui dicte sa ligne de conduite. Cela ne l’excuse pas pour autant de révéler sur la place publique des secrets, fussent-ils de Polichinelle.
dimanche 25 août 2019
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