lundi 18 septembre 2023
Ta YUL
Il y a un curieux phénomène, à Montréal. On dirait que le lien entre son aéroport et le centre-ville demeure un problème insoluble.
On a eu beau rapprocher les pistes depuis Mirabel – le site imposé par le père du fils de Pierre Elliott Trudeau – jusqu'à Montréal-Trudeau, à Dorval, rien n'y fait. C'est toujours un problème majeur quand vient le temps d'accéder aux installations ou d'en sortir. Qu'il s'agisse de la distance, des travaux routiers interminables ou de l'absence d'infrastructures, il demeure difficile, voire aléatoire, d'aller prendre son vol ou de rentrer chez soi.
Cherche-t-on à décourager les voyageurs? Sûrement pas: il y a de l'argent à leur soutirer. Est-on incapable de planifier en fonction de l'affluence? Ce serait étonnant, depuis que l'aéroport est là, on connaît son degré de fréquentation. Alors?
Qu'on soit hésitant à financer une liaison ferroviaire efficace, ça se comprend. Qu'on soit incapable d'assigner un nombre suffisant d'autobus et de leur attribuer une simple voie réservée, c'est moins concevable.
C'est à se demander si le code international pour l'aéroport sis à Dorval, YUL, n'a pas été choisi par l'anglosphère pour sous-entendre «YUL have fun…»
Sur un ton sarcastique, bien entendu.
dimanche 17 septembre 2023
Au poil
Le 10 septembre dernier, alors que s'était terminé le retentissant congrès du Parti conservateur du CAnada à Québec, un vol de la compagnie WestJet quittait la Capitale nationale pour Calgary.
Ce que les passagers ignoraient, et qu'une brutale intervention leur a appris, c'est que M. Pierre Poilievre, chef de la formation politique de droite, était à bord. Probablement s'ennuyait-il profondément. Il demanda la permission, qui lui fut accordée, d'adresser quelques mots aux passagers du vol en utilisant le système de communication de l'avion. Vous savez cet interphone grâce auquel les seules paroles intelligibles sont: «… un message de votre capitaine…».
Évidemment, M. Poilievre voulait sans doute s'adresser à ses partisans qui retournaient comme lui dans leur cambrousse, sauf qu'il y avait certainement à bord des gens qui n'avaient pas participé au congrès, qui n'étaient pas membres du Parti conservateur, qui n'en avaient rien à cirer de la droite ou même de la politique. Bref, des gens qui se sont emmerdés tout le temps que M. Poilievre s'est fait aller le clapet. Déjà, voyager à bord d'un avion met suffisamment la patience de l'humain moyen à rude épreuve sans en ajouter une couche.
Toujours est-il que ce ne fut pas le principal intéressé qui a été critiqué par nombre de personnes, dont le syndicat de WestJet, mais bien la compagnie aérienne qui a promis être plus restrictive dans ce genre de situation à l'avenir.
Dans le même ordre d'idées, certaines personnes se demandent comment il se fait que son nom est Pierre Poilievre. Eh bien, c'est parce que, tout anglo-saxon qu'il soit, il a été adopté par une famille fransaskoise. D'ailleurs – et si je puis me permettre un conseil éclairé –, compte tenu de l'ouverture d'esprit du CAnada, je lui recommande fortement d'angliciser son patronyme. Pour le prénom, c'est facile: Pierre devient Peter. Pour le nom de famille, c'est plus délicat, à moins de le décomposer. Poillievre est en fait deux mots: «poil» et «lièvre». En anglais cela se traduit respectivement par hair et hare. Bref, il faudrait l'appeler M. Hairhare.
Ridicule, me direz-vous? Par les temps qui courent, infiniment moins que Trudeau.
vendredi 15 septembre 2023
jeudi 14 septembre 2023
mercredi 13 septembre 2023
Autour du retour
Pas particulièrement triomphal, le fils de Pierre Elliott Trudeau est de retour au CAnada. On se souviendra qu'il était en Inde, alors qu'il y participait au sommet du G20 lors duquel il a une fois de plus brillé par son insuffisance.
Par la suite, il a voulu rentrer à Ottawa où siège le gouvernement qui le dirige, mais son avion n'a pu décoller à cause d'un obscur problème technique. C'est donc avec deux jours de retard que le premier ministre a pu revenir dans son pays.
Il aurait pu s'en remettre à un vol commercial sur les ailes d'Air CAnada, par exemple. Dans ce dernier cas, mon expérience personnelle m'a appris que cela aurait limité ce retard à 7 heures plutôt que 48.
Dans sa sagesse, le fils de Pierre Elliott Trudeau a préféré attendre tant était justifiée sa crainte que les agents de bord ne crachent dans son jus d'orange.
mardi 12 septembre 2023
lundi 11 septembre 2023
samedi 9 septembre 2023
Cocorico!
Il fallait bien que le premier ministre du Québec, M. François le Gault*, rattrape sa gigantesque bourde concernant le «troisième lien» à Québec. Ledit troisième lien, si j'ai compris quelque chose à cette inénarrable saga, était un tunnel entre Québec – la ville – et Lévis, de l'autre côté du fleuve Saint-Laurent. Troisième, après le traversier – on dit «ferry», en français – et les ponts – car il y en a deux qu'on ne parvient pas à entretenir correctement ni l'un ni l'autre.
Après des années de tergiversations, le gouvernement a fini par admettre qu'il renonçait à ce projet pharaonique, admission qui avait attendu bien sûr la période postélectorale. Encore une fois, à quoi bon creuser un tunnel qu'on ne parviendra pas à maintenir dans un état satisfaisant? Voyez l'exemple du tunnel Louis-Hyppolite-Lafontaine, à Montréal.
Mais devant tant de cynisme et d'opportunisme, la grogne dans la région de Québec est palpable. Quand on songe qu'elle est avant tout une ville de fonctionnaires, que dire de l'insatisfaction généralisée face au gouvernement? C'est des coups pour faire élire un séparatiss dans Jean-Talon à la prochaine élection partielle.
Bref, ce cher, bon, gros, vieux premier ministre se sentait tenu de calmer le jeu et de redorer un blason plutôt terni par l'aventure. Aussi s'est-il porté à la défense d'un autre projet tout aussi improbable, le fameux tramway dont il avait été question dans le passé.
Quiconque est familier des charmes de Québec sait à quel point le site est enchanteur. Le centre trône majestueusement au sommet du cap Diamant, la vieille ville se blottit à ses pieds, les autres quartiers tout autour et à différentes dénivellations. Bref, l'endroit idéal, surtout en hiver, pour avoir un système de tramways à l'efficacité restreinte.
Vous vous souvenez ce qui est advenu après que saint Pierre eut renié le Christ trois fois? Le coq se mit à chanter. M. le Gault vient de s'engager dans la voie de son second reniement. J'ai hâte au troisième…
Cocorico!
* Le gault, ou argile de Gault (dite parfois «argile albienne»), est une formation d’argile raide de teinte gris-bleu à gris foncé, qui s'est déposée à profondeur moyenne dans des eaux marines calmes, au cours du Crétacé inférieur. [… Il] contient souvent des nodules phosphatiques en grande quantité, dont une partie est classée comme coprolithes, c’est-à-dire un excrément minéralisé, fossilisé.
(https://fr.wikipedia.org/wiki/Argile_du_Gault).
vendredi 8 septembre 2023
Adepte habileté
C'est une chose qui me fascine à tous les coups.
Tenez, par exemple, quand le socialisme s'est éteint en Europe de l'Est, on avait expliqué la chose par le fait qu'il s'agissait d'un système économique non viable. À preuve, l'économie, en Union soviétique, était en crise.
Si l'état de crise est un révélateur de la fragilité et de l'imminente disparition d'un système économique, alors préparons le cercueil du capitalisme. En effet, aux 10 ou 15 ans (la dernière fois, c'était en 2008; faites le calcul…), les marchés se grippent, les investissements se raréfient et les pertes financières s'accumulent. En général, dans ce dernier cas, pour ceux qui ont moins d'argent.
Depuis, le biais demeure. Dès qu'un régime socialiste va demander de l'aide à l'étranger, les médias – certains d'entre eux le font avec habileté, en tout cas – aiment bien monter la chose en épingle avec un gloussement dans la voix afin de souligner l'inefficacité de ce type d'économie.
Évidemment, quand c'est un pays rigoureusement capitaliste et néolibéral qui le fait, c'est la preuve de l'adaptabilité, de la souplesse et de la qualité intrinsèque du système.
Ah bin! là, on parle pas du tout de la même chose!
jeudi 7 septembre 2023
mercredi 6 septembre 2023
mardi 5 septembre 2023
L'emPLiQ* contre-attaque ou La Bonne Chanson
Si le Parti québécois est élu dans Jean-Talon, le sang va couler dans les rues, les sièges sociaux vont déménager, les aînés perdront leur chèque de pension, les gens n'auront plus leur passeport cAnadien ni leurs Rocheuses et le fantôme de Pierre Elliott Trudeau va venir leur tirer les orteils pendant la nuit!
Air connu.
* Parti libéral du Québec
lundi 4 septembre 2023
La fête, c'est du travail
Aujourd'hui, le 4 septembre 2023, c'est la fête du Travail.
Elle tombe à pic, cette fête. Juste après les vacances, on a tous besoin d'une journée de congé pour se remettre dans le bain, avant de «reprendre le collier», comme on dit. Ce «collier», au sens figuré, évoque le joug des bêtes de somme. Vous savez, ces braves bêtes sans lesquelles on ne peut rien produire, mais que l'on tend toujours à négliger. Surtout lorsqu'elles renâclent.
Comprenez bien: je n'ai pas dit la fête des travailleurs. Non, non; c'est des affaires de communiss revendicateurs et mauvais sujets, ça. C'est la fête du Travail dans le sens de: «Tu as bien de la chance. Tu as un travail, toi.» Sous-entendu, nous t'employons, mais tu ne le mérites peut-être pas. Bref, sous bénéfice d'inventaire. En d'autres termes, ton boulot est une faveur que l'on t'accorde. Alors, t'as pas intérêt à faire le malin…
Alors, fêtons, tant que ça dure. Dur, dur.

















