lundi 26 novembre 2018
L’aimée trop, en retard
C’est comme avoir toujours un métro en retard.
La maison Boileau de Chambly, un édifice patrimonial, avait été abandonnée par ses propriétaires. La municipalité, en 2016, avait en tête de la démolir en raison de la présence de moisissures et parce qu’elle présentait un risque d’effondrement. Devant la pression citoyenne, la Ville avait résolu d’acheter la maison et de la remettre en état. Cependant, devant le délabrement des lieux qui était encore pire qu’anticipé, il fut décidé par le directeur général de Chambly qu’il n’y avait d’autre recours que la démolition pure et simple, ce qui a été fait récemment.
Samedi soir dernier, après coup, des citoyens se sont rassemblés sur le lieu occupé par l’ancienne demeure afin de protester contre cette mesure délétère à l’endroit du patrimoine architectural québécois. Déjà que ce dernier n’est pas très fourni; s’il faut en plus le démolir au fur et à mesure…
Mais toute cette saga est pourtant représentative du patrimoine intellectuel québécois qui, fidèle à lui-même, attend toujours la vingt-cinquième heure avant de faire quelque chose qui ne pourra plus rien changer.
J’imagine d’ici les manifestations en faveur de la culture francophone lorsque, dans quelques générations, nous serons au bord de l’extinction.
Ce sera très inspirant.
dimanche 25 novembre 2018
samedi 24 novembre 2018
vendredi 23 novembre 2018
Mental environnemental
Après des années d’enquête et de procédures judiciaires ineptes, voici que deux entreprises pollueuses s’en tirent en toute impunité. Pendant très longtemps, elles avaient déversé illégalement des sols contaminés sur des sites de réception dans les Laurentides, lesquels sites sont devenus tellement pollués que, aujourd’hui, on craint que les animaux y subissent des malformations.
Comment se fait-il, en ces temps où on parle – mais seulement à voix basse – de «pollueur-payeur», que ces deux entreprises s’en sortent en toute impunité? C’est en fait une combinaison de négligence, de laxisme et d’impuissance de tout un système judiciaire aux yeux duquel, apparemment, les questions environnementales ne comptent guère.
D’ailleurs, est-ce vraiment si grave? Après tout, qui va écoper d’un environnement pourri dans quelques décennies? Seulement nos enfants. Alors à quoi sert de nous inquiéter*?
* À l'intention des outrés chroniques: Cette remarque en est une de sarcasme, l’auteur ne favorisant pas du tout l’incurie à l’endroit des enfants actuels ou futurs, en particulier s’ils ont atteint l’âge adulte.
jeudi 22 novembre 2018
Il a cru s’y fier
John Chau est un États-Unien de 27 ans, à la fois grand voyageur et missionnaire indépendant. Il a tenté d’aller évangéliser une population insulaire de l’océan Indien vivant en total isolement depuis des milliers d’années sur l’île Sentinel de l’archipel des Andaman. Il est mort le 16 novembre dernier lorsque les Sentinelles l’ont écharpé dès le moment où il a mis le pied sur leur île. Il a eu beau leur crier que Jésus les aimait, il semble que les Autochtones préféraient défendre leur farouche indépendance.
M. Chau, provenant d’un milieu profondément croyant, voulait s’en remettre à sa foi et à la protection divine afin de mener l’apostolat qu’il avait embrassé par lui-même. Visiblement, la prudence et, surtout, les interdictions des autorités l’eussent mieux servi s’il avait condescendu à les écouter.
Cette triste histoire a placé au premier plan de l’actualité l’étrange culture de l’île Sentinel où aucun étranger n’a pu mettre le pied sans le payer de sa vie. Selon toute évidence, la population de l’endroit, estimée à 150 individus, a un mode de vie primitif, sans doute le même depuis les temps reculés de la préhistoire.
Notons au passage que l’archipel des Andaman comptait encore au début du XIXe siècle cinq groupes humains distincts. Les Grands Andamanais occupaient la majorité du territoire dont ils n’ont plus qu’une minuscule enclave. Les Jarawa, quant à eux, existent toujours, mais ils ont dû migrer du sud au centre de leur île. Les Onge vivent toujours sur la leur, mais ont été refoulés dans deux petites enclaves. Quant aux Jangil, ils avaient disparu au début de la décennie 1920.
Aujourd’hui, il n’y a que les Sentinel qui se sont maintenus contre vents et marées et continuent de le faire. S’il y a une leçon que nous pouvons tirer de toute cette histoire, c’est de se demander à quoi on peut se fier. À la puissance divine ou à ses propres forces?
mercredi 21 novembre 2018
mardi 20 novembre 2018
Singh-ulier
Quatre circonscriptions électorales sont présentement vacantes, au CAnada: Leeds-Grenville-Thousand-Islands and Rideau Lake (non, ce ne sont pas les quatre; ce n’en est qu’une malgré la longueur du nom), Outremont, York-Simcoe et Burnaby-Sud. Vous me direz que, par les temps qui courent, elles toutes l’air vacantes. Je vous répondrais que vous êtes un mauvais esprit et que vous avez raison.
Ce qui fait porter l’attention sur Burnaby-Sud, c’est que le chef du Nouveau Démocratic Party, le sémillant Jagmeet Singh, entend s’y présenter afin de faire ainsi – pas trop tôt – son entrée à la Chambre des communes.
Or, on apprend aujourd’hui que les sondages ne lui sont pas du tout favorables. Bien au contraire, il arrive au troisième rang, derrière les Libéraux et les Conservateurs. Une défaite de cette envergure entraînerait probablement sa démission, ce qui serait singulier, lui qui n’aurait, dans un tel cas, jamais siégé en Chambre.
Mais que monsieur Singh se rassure. Le premier ministre, le fils de Pierre Elliott Trudeau, n’a pas annoncé de date pour une élection partielle dans Burnaby-Sud. Donc, il a tout le temps de se prendre la tête.
lundi 19 novembre 2018
Papous et pipeau
Depuis le fin fond du sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC), tenu en Papouasie–Nouvelle-Guinée cette année, le fils de Pierre Elliott Trudeau s’est lancé à la défense de la francophonie, récemment. Et pas n’importe laquelle: la sienne. Aussi s’est-il empressé de donner son habituel concert de pipeau, celui qu’il réserve toujours dans de telles circonstances.
À l’origine de toute l’affaire, on retrouve le premier ministre de l’Ontario, le très charismatique Doug Ford, le frère du regretté Rob, lequel était, de son propre aveu, à la fois maire de Toronto, drogué et alcoolique. Doug a décidé récemment de sabrer dans les services offerts aux francophones de sa province, celle-là même qui est le vaisseau phare de l’hypocrite multiculturalisme cAnadien. Tellement sabrer, en fait, que, entre autres choses, la seule université francophone ontarienne devra cesser ses activités complètement.
Inutile de préciser que, dans ces circonstances, le sang de navet du fils de Pierre Elliott Trudeau n’a fait qu’un tour, tellement il a été déçu de la chose. Il a aussitôt mandaté sa ministre responsable des langues de rencontrer le gouvernement ontarien afin de «comprendre la décision». Avec une attitude aussi déterminée, nul doute que la situation sera corrigée rapidement.
Sans compter que la ministre en question n’est nulle autre que Mélanie Joly, un monument de compétence et de fiabilité.
dimanche 18 novembre 2018
Montréal vue du sol
Il n'y a pas à dire: l'esprit des fêtes fait ressortir le meilleur chez le contemporain. À preuve, les décorations qui ornent les balcons, comme ici le père Noël en soutien-gorge.
vendredi 16 novembre 2018
Bien fait pour leur gueule!
Je présume que vous n’êtes pas sans avoir entendu parler de l’affaire Jamal Khashoggi. Vous savez, ce journaliste saoudien, très critique à l’endroit du pouvoir dans son pays, qui a été assassiné à l’intérieur du consulat d’Arabie à Istanbul. Il paraît même qu’on aurait ensuite découpé le corps afin de le faire dissoudre pour ne pas laisser de traces.
Cela se serait passé le 2 octobre dernier et, depuis, la nouvelle a fait le tour du monde, suscitant d’ailleurs immédiatement des reproches virulents de la part de la communauté internationale, les Stazunis en moins.
Or, voici que, un mois et demi plus tard, la réaction cAnadienne ne se fait plus attendre. Ottawa, par la bouche sexée de sa ministre des Affaires étrangères, la séduisante Chrystia Freeland – vous savez celle qui a son pied-à-terre en Ukraine –, a fait savoir qu’il serait possible que, éventuellement, le gouvernement puisse envisager l’hypothèse de peut-être avoir recours à des sanctions.
On se souvient que le CAnada a vendu, il y a quelque temps, des blindés à l’Arabie saoudite et leur livraison n’est pas encore complétée. Eh bien, il paraît que, lors de la prochaine vente d’armes, Ottawa pourrait négocier le prix à la hausse, allant même jusqu’à l’augmenter de 1,5 %.
Les Saoudiens ne l’auront pas volée, celle-là!
mercredi 14 novembre 2018
Israël lien
Toujours fidèles à leur approche biaisée sur l’éternel conflit israélo-palestinien, les médias occidentaux ont repris leur ânonnement dans le sempiternel registre. Encore une fois, ils ont tronqué la nouvelle afin de présenter Israël comme l’innocente victime devant les méchants Palestiniens; en particulier ceux du Hamas.
On a appris dernièrement que Tsahal, l’armée de l’État hébreu, avait mené une expédition punitive contre la bande de Gaza après que des roquettes – plus de 400, a-t-on dit – ont été tirées en direction d’Israël. Bref, encore une agression palestinienne. Quand donc ces gens-là vont-ils enfin comprendre?
Ce qu’on apprend aujourd’hui, c’est que le tir de roquettes avait été déclenché à la suite d’une opération d’infiltration – totalement illégale, par ailleurs – de militaires de Tsahal dans la bande de Gaza. Mais de cela, évidemment, chut! Pas un mot dans les journaux ou ailleurs dans les comptes rendus de l’actualité. Il s’agit de tout faire afin que l’État sioniste impérialiste n’apparaisse pas sous les traits de l’agresseur qu’il est.
Pourquoi est-ce si important de masquer cette réalité? Au-delà du fait qu’Israël est un allié des Stazunis et qu’il contribue à déstabiliser la région entière, ce qui permet aux Yankees de jouer aux arbitres auprès des pays du pétrole?
Je n’arrive pas à faire le lien.
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| Ali Hassan/Anadolu/Getty Images |
mardi 13 novembre 2018
Absconnerie
Lors des cérémonies soulignant la fin de la Première Guerre mondiale, il y a 100 ans ce 11 novembre, le président de la France, mon pote Emmanuel Macron, a livré un discours émouvant. Il a créé par le fait même un autre de ses sempiternels macronismes si abscons. Il a décidé que le mot «nationalisme» était mauvais, car il renfermait la notion d’exclusion, tandis que le terme «patriotisme» était bénéfique, car il représentait la fierté.
On peut laisser de côté ce genre d’ergotage, car on ne met dans un mot que le sens qu’on veut, et combien de discussions enflammées se sont avérées totalement stériles, car elles se sont contentées de présenter un dialogue de sourds, alors que les interlocuteurs n’accordaient pas le même sens aux termes employés.
Par contre, il existe des instances où l’écart entre les sens acceptables et celui qu’un intervenant leur donne est clairement fautif. C’est bien souvent le cas de personnes cherchant à manipuler l’auditoire à leur profit. Ainsi en était-il, dernièrement, d’une opinion qui a été exprimée – je ne me souviens plus dans quel média – où on insistait sur le fait que la guerre est causée par le nationalisme, lequel prenait dès lors des airs carrément génocidaires.
Or, c’est faux. Les guerres ne sont pas causées par le nationalisme. Elles éclatent lorsque l’impérialisme – quel qu’il soit – prend le pas sur le nationalisme et déborde de ses frontières afin d’asservir des peuples étrangers. D’ailleurs, le premier rempart contre l’impérialisme est justement le nationalisme. À preuve, lors de la décolonisation, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, c’est justement le nationalisme qui a permis de secouer le joug des grandes puissances impérialistes, France et Royaume-Uni en tête.
Évidemment, les grandes puissances et leurs laquais ne l’ont pas oublié, car ils font la différence, eux.
lundi 12 novembre 2018
dimanche 11 novembre 2018
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