mercredi 21 juin 2017
Les tigres de l'Euphrate
Il y a 3 jours, les forces yankees en Syrie ont abattu un avion gouvernemental près de la ville de Raqqa où des combats font rage, présentement.
Évidemment, pas moyen de savoir le fond de l'affaire. Selon Damas, il s'agirait d'un geste délibéré, d'une agression inqualifiable. Selon l'armée US, il s'agirait d'une mesure défensive, puisque l'appareil en question aurait lâché des bombes à proximité de combattants qu'elle soutenait.
Quoi qu'il en soit, la réaction ne s'est pas fait attendre. Les Russes, qui sont également présents dans le pays comme on sait, ont décidé de sortir leurs griffes. Ainsi, ils ont prévenu que, désormais, tout appareil survolant le territoire compris dans «les zones d'intervention de la flotte aérienne russe» serait abattu, fût-il, comme le précise le communiqué, un avion de la coalition. En d'autres termes, tout objet volant à l'ouest de l'Euphrate sera considéré de facto comme une cible.
Bref, désormais, la tension vient de monter d'un cran, ou même de deux. Une bavure sera-t-elle suffisante pour déclencher un conflit majeur entre Russes et Yankees? La menace russe n'est-elle qu'un bluff émanant d'un tigre de papier? C'est ce que nous saurons bientôt.
Si nous sommes encore là…
lundi 19 juin 2017
Austérité, quand tu nous tues
Beaucoup de gens encensent les programmes d'austérité gouvernementaux qui doivent parvenir, dans un avenir mal défini, à assainir les finances publiques et – comme tout le reste qui se fait à nos dépens – nous assurer éventuellement une vie bien meilleure. À cet effet, peu d'exemples sont plus éloquents que la catastrophe de la tour Grenfell dans un quartier londonien.
Le 14 juin dernier, la tour en question a pris feu, causant ainsi près de 80 morts, et ce bilan est encore provisoire puisque, depuis, le chiffre est sans cesse revu à la hausse. Mentionnons que la majorité des résidants de Grenfell étaient des gens de couleur et que l'édifice était en fait une habitation pour personnes avec des revenus modestes. L'ironie, c'est qu'il avait été bâti dans un quartier de Londres plutôt fortuné.
Les reproches ont fusé, car on a jugé, avec raison, que le gouvernement avait été lent à réagir. Il fallut 3 jours à la première ministre avant qu'elle consente à visiter le site; il en fallu 4 avant qu'un centre soit mis sur pied afin de répondre aux questions des parents et amis à la recherche des leurs, tout au moins ceux qui avaient survécu au drame.
Mais là où le bât a surtout blessé, ce fut avant le désastre. Au cours des années qui ont précédé, les politiques d'austérité, telles que pratiquées partout, avaient eu raison de ce qui aurait pu prévenir la conflagration. Les compressions budgétaires avaient réduit les capacités d'intervention du service des incendies. De même, la privatisation de l'entretien des espaces locatifs avaient sans doute généré de juteux profits pour les entreprises, mais laissé les locaux dans un état lamentable.
À preuve, dès le mois de mai 2013, les locataires avaient été inquiétés de voir de la fumée produite par leurs appareils électriques; ils avaient alerté les responsables, mais pratiquement rien n'avait été fait. Il faut dire que la privatisation avait également restreint l'accès à ces responsables, lesquels, le plus souvent, retraitaient derrière des répondeurs téléphoniques et de la messagerie électronique plutôt que de résoudre ce genre de problèmes.
Combien y a-t-il encore de «tours Grenfell» dans le monde? Où se trouvent-elles? Sans doute, prochainement, les manchettes vont nous l'apprendre.
Trois semaines avant la catastrophe de Grenfell, un attentat à la bombe faisait 22 morts à Manchester. Le tollé fut unanime pour dénoncer, avec raison, le terrorisme qui avait commis cet inqualifiable forfait.
Mais s'il fallait juger à l'aune du nombre de victimes, on pourrait certes se demander ce qui est pire, du terrorisme ou de l'austérité.
Le 14 juin dernier, la tour en question a pris feu, causant ainsi près de 80 morts, et ce bilan est encore provisoire puisque, depuis, le chiffre est sans cesse revu à la hausse. Mentionnons que la majorité des résidants de Grenfell étaient des gens de couleur et que l'édifice était en fait une habitation pour personnes avec des revenus modestes. L'ironie, c'est qu'il avait été bâti dans un quartier de Londres plutôt fortuné.
Les reproches ont fusé, car on a jugé, avec raison, que le gouvernement avait été lent à réagir. Il fallut 3 jours à la première ministre avant qu'elle consente à visiter le site; il en fallu 4 avant qu'un centre soit mis sur pied afin de répondre aux questions des parents et amis à la recherche des leurs, tout au moins ceux qui avaient survécu au drame.
Mais là où le bât a surtout blessé, ce fut avant le désastre. Au cours des années qui ont précédé, les politiques d'austérité, telles que pratiquées partout, avaient eu raison de ce qui aurait pu prévenir la conflagration. Les compressions budgétaires avaient réduit les capacités d'intervention du service des incendies. De même, la privatisation de l'entretien des espaces locatifs avaient sans doute généré de juteux profits pour les entreprises, mais laissé les locaux dans un état lamentable.
À preuve, dès le mois de mai 2013, les locataires avaient été inquiétés de voir de la fumée produite par leurs appareils électriques; ils avaient alerté les responsables, mais pratiquement rien n'avait été fait. Il faut dire que la privatisation avait également restreint l'accès à ces responsables, lesquels, le plus souvent, retraitaient derrière des répondeurs téléphoniques et de la messagerie électronique plutôt que de résoudre ce genre de problèmes.
Combien y a-t-il encore de «tours Grenfell» dans le monde? Où se trouvent-elles? Sans doute, prochainement, les manchettes vont nous l'apprendre.
Trois semaines avant la catastrophe de Grenfell, un attentat à la bombe faisait 22 morts à Manchester. Le tollé fut unanime pour dénoncer, avec raison, le terrorisme qui avait commis cet inqualifiable forfait.
Mais s'il fallait juger à l'aune du nombre de victimes, on pourrait certes se demander ce qui est pire, du terrorisme ou de l'austérité.
samedi 17 juin 2017
vendredi 16 juin 2017
Propagande haineuse
Dans un article récent, publié sous la plume de Mme Hélène Buzetti, Le Devoir a révélé l'étendue des crimes à caractère haineux au CAnada. Par «crime haineux», on entend des délits commis aux dépens des personnes en fonction de l'appartenance de ces dernières à une race, une culture ou une religion. Il est à noter que les crimes haineux imputables à l'orientation sexuelle sont en baisse, mais que les autres sont en nette augmentation partout au CAnada.
Là où les révélations intéressent particulièrement, c'est par rapport au classement des villes et régions dans ce palmarès assez peu reluisant. Par exemple, il est notable que 7 des 10 villes où des crimes de ce type ont été déclarés se situent en Ontario-la-pure. Par ailleurs, en gardant le chiffre 10 à l'esprit, on remarque qu'aucune des 10 villes où sont commis le plus de crimes haineux ne se trouvent au Québec, Montréal tombant au 11e rang.
Plus fort encore, Ottawa, cette ville symbolisant la diversité et le multiculturalisme tolérants cAnadiens occupe de 5e rang, tandis que sa vis-à-vis de l'autre côté de la rivière des Outaouais, Gatineau, arrive au 19e rang.
Désormais, vous saurez quoi répondre lorsqu'un pharisien de passage décriera le Québec au sujet de sa prétendue xénophobie. C'est au CAnada qu'on observe le plus de d'intolérance.
Et l'étude dont parle Le Devoir n'aborde même pas la question de l'intolérance aux dépens des francophones. Curieusement, il appert que cela ne concerne pas la criminologie.
Cela relève davantage de l'ethnologie, dirait-on.
jeudi 15 juin 2017
Échec et Mattis
Le chef du Pentagone s'appelle James Mattis. Autre fait méconnu, dernièrement celui-ci a fait une sortie à propos de l'état d'impréparation de l'armée yankee. Devant la Commission des forces armées de la Chambre des représentants, il s'est fendu d'une diatribe où il a souligné la faible aptitude au combat de l'armée US.
Notons en passant que, après les prestations assez peu convaincantes de cette immense machine de guerre, depuis le Vietnam jusqu'à la Syrie, en passant – est-il besoin de le rappeler? – par l'Afghanistan et l'Irak, il était temps que quelque quidam s'en rende compte.
Là où il a commencé à déraper, c'est lorsqu'il a évoqué les causes de cette évidente impuissance. Selon lui, il s'agirait de la limitation des budgets qui aurait amené la baisse d'efficacité des forces armées de son pays. Or, ce bon M. Mattis semble perdre de courte vue que les budgets des Stazunis à eux seuls représentent plus du tiers des dépenses militaires de la planète tout entière! Si on additionne celles de la Chine, de l'Arabie saoudite, de la Russie, du Royaume-Uni, de l'Inde, de la France et du Japon (par ordre décroissant d'importance), on arrive à l'équivalent de ce que les Stazunis dépensent. Alors – et sans vouloir contredire le bon M. Mattis –, il est difficile de croire que l'inefficacité de l'armée US est due à un manque de moyens.
Prenons par exemple les Talibans, qui tiennent tête aux Yankees et à leurs alliés, afghans et autres, depuis 16 ans. Je me demande à combien se chiffre leur budget militaire, eux.
mercredi 14 juin 2017
mardi 13 juin 2017
Victoire facile
La guerre contre le terrorisme que mènent actuellement les Stazunis a connu un tournant. En effet, un groupe combattant en Syrie a été rayé de la liste des organisations terroristes par Washington. Quelle belle victoire, n'est-ce pas?
Il s'agit ici du tristement célèbre Front al-Nusra ayant fait partie de l'État islamique jusqu'en avril 2013, époque à laquelle il s'en est séparé pour joindre ce qui est connu en ce moment sous le nom de Daech. Depuis ce moment, le Front al-Nusra a progressivement montré patte blanche, affirmant entre autres que ses ambitions se limitaient au renversement de régime en Syrie et changeant de nom à deux reprises (Jabhat Fateh al-Sham, en 2016, et Hayat Tahrir al-Sham, récemment).
Dans un dernier temps, rompant en apparence avec Daech, le Front al-Nusra s'est affilié à la Brigade Zenki, une unité jugée «modérée» par les Yankees, de sorte que le Front a été retiré de la liste des organisations terroristes. A-t-il pour autant cessé ses activités? A-t-il pour autant changé ses méthodes? La réponse est clairement non.
Mais c'est un vieux truc lorsqu'il s'agit de combattre le crime: le plus facile est de rendre la loi plus laxiste.
lundi 12 juin 2017
Marre!
Comme vous le savez sans doute, le président des Stazunis, M. Donald Trompe, a unilatéralement retiré son pays des accords de Paris sur le climat. Tel que son discours annonçant cette décision dans le jardin de roses de la Maison Blanche l'avait indiqué, il en avait marre. Marre de voir le développement de son pays entravé par des décisions étrangères; marre de voir des nations profiter des accords pour continuer à se développer avec des énergies non renouvelables; marre de voir d'autres rire aux dépens des Stazunis.
Au prétexte de vouloir restaurer des emplois dans l'extraction du charbon, M. Trompe avait donc décidé de ne plus se conformer aux accords visant à restreindre le réchauffement climatique.
Tout d'abord, lesdits accords n'étaient en aucune façon contraignants, car ils avaient été signés sur une base volontaire. Si peu contraignants, en fait, que les grandes sociétés multinationales polluantes voulaient que les Stazunis demeurent partie prenante à ces accords afin de leur fournir la feuille de vigne nécessaire pour qu'elles puissent continuer leurs activités comme si de rien n'était.
Ensuite, s'il est vrai que des emplois avaient été perdus dans le domaine du charbon, quantité d'autres avaient été créés par l'industrie des énergies dites vertes. En fait, la proportion des emplois entre les industries du gaz et du charbon combinées et ceux générés par les énergies propres sont, respectivement, de 1 contre 5, selon le Sierra Club.
Le président Trompe en a marre de subir les décisions des autres. Eh bien, appelons ça un retour d'ascenseur.
samedi 10 juin 2017
Trompe éléphantesque
Vous avez bien de la chance si vous n'êtes pas au courant de ce qui secoue présentement les Stazunis. Je vais tenter de vous résumer la situation succinctement, mais ce n'est pas facile de condenser ce qui se passe sur la piste d'un cirque où les clowns côtoient les éléphants, spectacle à la fois loufoque et lourd.
Nouvellement arrivé en poste, le président des Stazunis, M. Donald Trompe, avait tôt fait l'objet de suspicions quant à une éventuelle collusion avec une puissance étrangère – la Russie, pour ne pas la nommer. De manière assez pesante, la subtilité n'étant pas son genre, il avait fait pression sur le directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), la police fédérale, M. James Comey, afin que l'enquête menée aux dépens d'un de ses acolytes, Mike Flynn, soit abandonnée. James Comey ayant été réfractaire à ces pressions, le président l'avait finalement relevé de ses fonctions, d'autant plus que l'enquête sur les liens de M. Flynn avec la Russie était en train de faire tache d'huile dans l'entourage de M. Trompe, risquant de venir très près de sa personne. À quel point? Je l'ai écrit: très près de sa personne.
Maintenant, c'est le renvoi de M. Comey qui fait l'objet d'un enquête sénatoriale avec, en tête d'affiche, le témoignage de James Comey lui-même. Celui-ci, ces dernier jours, a donc raconté, en termes clairs quoique soigneusement mesurés, à quel point le président des Stazunis est un menteur compulsif, ce qui n'accroîtra guère sa crédibilité sur les scènes nationale et internationale.
Seul avantage pour la Maison Blanche, le témoignage de l'ex-directeur a confirmé que M. Trompe n'était pas personnellement visé par l'enquête sur M. Flynn. Le point principal dans cette histoire, que personne n'a encore soulevé – the elephant in the room, comme on dit en anglais –, est que le président des Stazunis n'est pas encore lui-même sous enquête. Cependant, rien n'indique que cela n'arrivera pas dans un avenir plus ou moins rapproché.
En tout cas, une chose est sûre, la chanson enfantine est de circonstance comme jamais: «Un éléphant, ça Trompe énormément.»
jeudi 8 juin 2017
mercredi 7 juin 2017
mardi 6 juin 2017
lundi 5 juin 2017
Cuillère d'argent
Dernièrement, il y a eu tout un battage à l'effet que Philippe Couillard (le nom est marrant), l'actuel premier ministre du Québec (PLiQ), a entretenu une relation étroite et amicale avec M. Côté, même après que celui-ci eut été banni du Parti libéral du CAnada (PLiC) en relation avec le scandale des commandites et qu'il fût devenu persona non grata dans le paysage politique. M. Couillard (ha! ha!) avait affirmé depuis qu'il avait coupé les ponts avec lui, ce qui, visiblement n'est pas le cas.
Donc, le premier ministre du Québec a eu à se défendre de cette liaison, ce qui m'apparaît exagéré, quand même. Est-on forcément coupable parce qu'on fréquente Marc-Yvan Côté ou qu'on l'invite chez soi? Tenez, moi, par exemple, je l'ai reçu à manger, l'autre soir. Le repas fut des plus agréables et j'ai été bien content de le voir. Nous avons parlé de choses et d'autres, et ri de bon cœur toute la soirée. Quel boute-en-train, ce Marc-Yvan!
Seul bémol, j'ai été incapable de retrouver une de mes cuillères en argent. Il m'a bien aidé à la chercher, avant de partir, mais nous ne l'avons trouvée nulle part.
dimanche 4 juin 2017
Wandering CAnadian
![]() |
| La chanson est ici. |
Pauvre ministre Barrette! L'idée qu'il se trouve si malheureux lorsqu'il erre au CAnada me chavire. Quand on pense qu'il suffirait d'une toute petite signature sur un acte constitutionnel que l'on a tenté de nous imposer par force pour qu'il puisse s'y épanouir pleinement dans toute sa cAnadianité cAnadienne multiculturelle, et le tout dans une seule langue...
Mon estomac se noue.
Libellés :
• Lou Skannen,
C'est ça qui est ça,
Coulis de gazette
samedi 3 juin 2017
vendredi 2 juin 2017
Générosité bien ordonnée
Le premier ministre Philippe Couillard (le nom est marrant) entendait se présenter au CAnada avec, dans une main, quelques broutilles insignifiantes à demander à Ottawa en échange de l'adhésion du Québec à l'acte constitutionnel de 1982 et un stylo bien affûté dans l'autre paluche qui lui démangeait du besoin irrésistible de signer. Seul bémol de la part du quémandeur, il lui fallait obtenir un petit, tout petit, quelque chose afin de ne pas donner l'impression que, comme d'habitude, il avait cédé sur toute la ligne.
Avant même qu'il ait eu le temps de présenter sa modeste petite sébile cabossée, le premier ministre québécois a reçu une fin de non recevoir de la part du fils de Pierre Elliott Trudeau qui lui a coupé le sifflet en affirmant que la constitution cAnadienne ne souffrirait aucune modification.
Bref, même quand les fédéralistes québécois sont disposés à tout lâcher en échange de trois fois rien, c'est encore trop pour ce grand plusse beau pays ouvert et généreux qu'est le CAnada.
Généreux, sans aucun doute; à condition de ne rien lui demander.
Avant même qu'il ait eu le temps de présenter sa modeste petite sébile cabossée, le premier ministre québécois a reçu une fin de non recevoir de la part du fils de Pierre Elliott Trudeau qui lui a coupé le sifflet en affirmant que la constitution cAnadienne ne souffrirait aucune modification.
Bref, même quand les fédéralistes québécois sont disposés à tout lâcher en échange de trois fois rien, c'est encore trop pour ce grand plusse beau pays ouvert et généreux qu'est le CAnada.
Généreux, sans aucun doute; à condition de ne rien lui demander.
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