vendredi 1 avril 2016

Code vestimentaire



À l'époque du régime conservateur au CAnada, le premier ministre s'appelait Stephen J. Harper.

Le J était pour John.

Lorsque M. Harper voulait avoir l'air relax – cool, comme on dit en anglais –, ce qui n'arrivait presque jamais, il empochait sa cravate et se baladait en chemise-complet afin que l'on constatât à quel point il pouvait être près des gens.

Drôle de méthode, mais enfin…

De nos jours, le premier ministre libéral du CAnada s'appelle Justin P.J. Trudeau.

Le P.J. est pour Pierre James.

Lorsque M. Trudeau veut avoir l'air cool, ce qui arrive presque tout le temps, il retire son veston, mais garde sa cravate, ce qui donne l'impression qu'il est près du vestiaire.

Drôle de méthode aussi, mais bon…

Tout cela me laisse quand même perplexe. Lorsqu'il s'agira de séduire l'électorat que fera le prochain premier ministre cAnadien? Porter son complet avec la cravate, mais sans la chemise?






jeudi 31 mars 2016

On n'est pas sortis du bois



Dans le sillage de l'historique visite de Barack Obama à Cuba, le site Global Research, sous la plume de Michel Chossudovsky, a publié un article des plus intéressants, quoiqu'en anglais seulement, concernant l'opération Northwoods.

Cette dernière avait été conçue par le grand quartier général de l'armée yankee (Joint Chiefs of Staff), en 1962. Le plan était simple; il consistait à faire assassiner des membres de la communauté cubaine de Miami – peut-être pas parmi les mieux nantis, cependant – et d'imputer, dans les médias, ces crimes au régime castriste. Le but était de susciter dans la population stazunienne un «sentiment d'indignation utile» afin qu'elle accepte d'appuyer une éventuelle guerre contre Cuba. Finalement, la Maison Blanche refusa de mener à bien ce projet et l'opération fut abandonnée.

Si elle ne l'avait été, nul doute que quiconque l'eût dénoncée se serait fait taxer de «conspirationnisme» et eût été écarté comme étant un simple illuminé indigne d'intérêt. Honnêtement, j'aurais moi-même abondé dans le même sens, comme je le fais lorsqu'il est question d'autres conspirations gouvernementales qui apparaissent insensée de prime abord. Et pourtant – on en a la preuve maintenant –, l'opération Northwoods, quoique avortée, a bien germé dans des esprits froidement calculateurs et malfaisants.

Alors, on est en droit de se poser la question afin de savoir ce qui est le plus improbable de la part d'un gouvernement. Ourdir des conspirations meurtrières ou refuser chaque fois de les réaliser?

mercredi 30 mars 2016

Ç'te fan Stéphane



Décidément, il n'y a que lorsqu'il cassait du séparatiss que Stéphane Dion n'avait pas des allures de grand dadais. À l'époque où il était ministre des Affaires intergouvernementales sous le brillant et disert Jean Chrétien, il ne manquait jamais une occasion de distiller son fiel acide aux dépens des souverainistes québécois qu'il traitait avec une morgue n'ayant d'égale que la hauteur de son mépris à leur endroit. Toujours en contrôle, rien ne semblait l'ébranler et il restait imperméable à toutes les attaques, ne laissant à ses adversaires pas la moindre contradiction dans son discours, pas le plus petit interstice par lequel il eût pu être possible de le prendre en défaut.

Et puis, patatras!, la catastrophe: il est devenu chef du Parti libéral du CAnada (PLiC) et, tout de suite, il a été propulsé à son niveau d'incompétence. Immédiatement, il s'est mis à bredouiller des réponses évasives et déjantées sous le feu des projecteurs des journalistes. Il s'est mis à emmêler ses pinceaux à répétition pratiquement chaque fois qu'on lui posait des questions ou qu'on répondait aux siennes en Chambre. Il s'est mis à échafauder des projets fantasques, comme la taxe sur le carbone. lesquels – dans le meilleur des cas – ont achevé de le ridiculiser.

Mais, à titre d'ancien chef, il s'est avéré impossible pour Ti-PET de ne pas lui confier un portefeuille, après les dernières élections. Lequel présentait le moindre risque, maintenant que le ridicule semblait lui coller aux basques comme une teigne? Quelqu'un, quelque part, a pensé – on ne sait pourquoi – que, aux Affaires étrangères, il ne pourrait faire trop de dégâts.

Erreur!

Bon, on aura sans doute cru qu'il serait étroitement encadré par la politique étrangère du CAnada telle que décidée à Torontow et que, finalement, il ne serait appelé qu'à la défendre avec sa verve d'intello déconnecté qui est habituellement la sienne.

Eh bien, on a eu tort.

La vente de blindés cAnadiens – oui, le CAnada est un marchand d'armes; je parie que vous ne le saviez pas – à l'Arabie saoudite a fait réagir les observateurs politiques à Tawa. Depuis, compte tenu du fait que le royaume proche-oriental ne respecte pas les plus élémentaires droits humains, qu'il se livre présentement à une guerre illégale au Yémen, qu'il finance et équipe Daech entre autres groupes terroristes, certains esprits un peu moins complaisants se sont récriés devant cette vente.

Je crois que le terme en anglais est damage control. C'est ce que le gouvernement cAnadien a dû faire dans ce dossier. Pas de chance, la corvée est tombée dans le giron de ç'te flandrin Dion. Ce dernier en a trouvé une bonne pour ne rien dire et faire semblant de se laver les mains de toute l'affaire et a déclaré que son ministère entendait suivre dans cette histoire la doctrine de la «conviction responsable».

Qu'est-ce que ça veut dire? Personne ne le sait, sinon le plus grand fan encore vivant de Stéphane Dion: Stéphane Dion.

lundi 28 mars 2016

vendredi 25 mars 2016

Vertes et Palmyre


On peut certes imaginer sans peine qu'une ville fondée vers le XVIIIe siècle avant notre ère en aura vu des vertes et des pas mûres au cours de sa longue histoire. C'est bien entendu le cas de Tedmor, en Syrie. Cependant, comme cela arrive souvent, sa renommée a dû attendre quelque temps et, surtout, elle ne devint manifeste qu'avec son nouveau nom, lequel, en grec, se prononçait «Palmûra», pour devenir finalement Palmyre. C'est au Ier siècle de notre ère que la ville commence son essor, alors qu'elle est intégrée à un important réseau marchand du monde greco-romain.

Inutile de dire que, au fil des siècles, elle a vu passer bien des envahisseurs et qu'elle a changé de mains quantité de fois. Cela n'avait rien de particulièrement surprenant puisque la ville, outre son importance commerciale, était un joyau architectural des plus enviables. Bref, Grecs, Romains, Perses, Arabes et Turcs ottomans s'en sont emparés ou ont tenté de le faire. Notons au passage que ces deux derniers peuples étaient de fervents musulmans et que, à titre d'occupants, ils ont respecté les monuments de la ville, bien qu'ils les aient «adaptés» à leur religion en faisant disparaître toute trace de paganisme. Cependant, quoiqu'il fût de bonne guerre – sans jeu de mots – de transformer les temples et les églises en mosquées, pour l'essentiel, la ville demeura intacte.

Avec les ans, cependant, elle tomba dans une période de déclin au cours de laquelle ses monuments furent progressivement réduits à l'état de ruines. Au XVIIe siècle, des marchands anglais la «découvrent» et leurs descriptions suscitent en Occident un engouement envers Palmyre. Mais ce ne sera qu'au XIXe siècle que de véritables fouilles archéologiques commenceront à être menées sur le site.

Paradoxalement, il aura fallu attendre le XXIe siècle pour que des barbares décident finalement d'éradiquer les vestiges de la surface de la terre. Des individus se proclamant les héritiers directs des premiers califes d'autrefois, ceux-là qui avaient jalousement préservé Palmyre, décidèrent qu'il fallait faire disparaître des monuments évoquant le paganisme.

Ils auraient pu ficher une sculpture en forme de lune dessus, les draper de noir ou autre chose. Mais non, ils décidèrent de les dynamiter. Apparemment, les ruines étaient encore en trop bon état.

Hier, les forces syriennes ont repris le site archéologique, quoique des combats se poursuivent dans et autour de la ville proprement dite. Attendons les photos pour voir l'étendue des dégâts. Et, surtout, songeons à quel point la religion est un moteur de la civilisation.




jeudi 24 mars 2016

La question qui tue

L'attaque terroriste qui a frappé Bruxelles a été revendiquée par Daech. Rien de très original là-dedans; tout le monde accusait déjà la mouvance islamique. On fait la même chose chaque fois, depuis le fameux 11 septembre 2001. Sauf que, dans ce dernier cas, personne n'a «officiellement» revendiqué la destruction des tours ni tout le reste. Ce sont les Stazunis qui avaient décidé qui était responsable.

Mais cette fois il y a eu revendication pleine et entière de la part de l'État islamique au Levant et de son anachronique califat. Or – et il s'agit maintenant d'un secret de Polichinelle – ce sont justement les Stazunis qui ont contribué à former, entraîner et équiper Daech. Bien sûr, le tout sous le couvert d'appuyer une opposition «modérée» à Bachar el-Assad, mais tout de même on a bien vu dans quelles mains aboutissaient les armes. Ça leur a même joué un sale tour, aux Yankees, parce que Daech a fini par déborder de la casserole, comme du lait qu'on a trop chauffé, et s'est répandu en Irak. Avec les résultats que l'on sait.

Sauf que…

On peut certes imaginer que Daech, malgré l'appui – pas toujours tacite – dont il bénéficie de la part des Stazunis et de leurs alliés (Arabie saoudite, Qatar, etc.), pratique une politique indépendante, parfois même à contre-courant de celle de ses commanditaires. Un peu comme une sorte d'Israël arabe.

Mais on peut aussi imaginer que Daech est pratiquement télécommandé par Washington, un peu comme une sorte d'ONG au couteau entre les dents. Et si cette théorie était vraie, cela voudrait dire que des opérations à la bruxelloise ou à la parisienne, en attendant la suite, ont été approuvées – sinon initiées – par les Yankees.

Mais voyons, me direz-vous, quel intérêt auraient-ils de faire exécuter de tels carnages en Europe? Tout d'abord, parce qu'ils préfèrent que ça ne se passe plus chez eux. Ensuite, parce que cela amène de l'eau à leur moulin autoritaire. De nos jours, ce ne sont plus seulement des simplets à la Donald Trompe qui exigent plus de flics, plus de soldats et moins de droits individuels. Des intellectuels, et pas seulement ceux qui seraient dignes des pages éditoriales de La Presse, ont commencé à unir leurs voix en ce sens.

Plus de flics, de soldats et de mercenaires, sans compter tout l'appareil répressif derrière, cela se traduit par des sommes d'argent colossales, surtout aux Stazunis où les budgets militaires représentaient – dans ce seul pays et avant le début de la guerre au terrorisme – plus de la moitié des dépenses en armement de toute la planète.

Est-il imaginable, puisqu'on s'amuse à échafauder des scénarios ridicules, que quelqu'un aux Stazunis se soit demandé, il n'y a pas si longtemps, comment on pourrait faire pour détourner encore plus d'argent public afin de l'engloutir dans le puits sans fond des dépenses militaires?

Et, afin d'éviter les remises en question, il faut bien rappeler une fois de temps en temps aux citoyens sous quel prétexte on le fait.

mardi 22 mars 2016

Je suis marre!


Droits de personne



La grande nouvelle, cette semaine, c'est sans contredit la visite officielle que fait présentement Barack Obama, encore pour un temps président des Stazunis, à Cuba. On a beau dorer la pilule, le simple fait qu'un président yankee en soit rendu à se rendre personnellement dans l'île représente un réel constat d'échec pour un vaste pan de la politique étrangère yankee. Il est vrai que ce n'est pas le seul dans ce cas.

Si l'événement est maquillé afin qu'il apparaisse comme une marque de bonne volonté de la part de Washington vis-à-vis son voisin continental, c'est pour faire oublier que, après le boycott économique, puis le blocus, puis la tentative d'invasion, l'appui à la guérilla contre-révolutionnaire, le sabotage et les attaques terroristes, Washington s'est, au cours des presque six dernières décennies, cassé toutes ses belles dents blanches sur la question cubaine.

Tout de même, la visite se déroule dans une atmosphère tendue, tant Barack Obama et Raul Castro marchant bien évidemment sur des œufs lors de leurs présentations communes devant la presse. Le malaise est véritablement palpable. À tel point que le président cubain a même affiché une évidente irritation lorsque des journalistes lui ont posé des questions relativement aux prisonniers politiques détenus par son gouvernement.

Sur un ton assez cassant, il a déclaré, entre autres choses, qu'il mettait ses interlocuteurs au défi de produire une liste de prisonniers et que, lui le président, s'engageait à les faire libérer le soir même. Évidemment, personne n'a présenté quelque liste que ce soit. Peut-être que, par pure ignorance des faits, il n'y avait pas de noms qui puissent venir à l'esprit des journalistes, ou alors ils se sont tout simplement dégonflés.

Quoi qu'il en soit, il fallait quand même une certaine dose de mauvaise foi pour adresser une question relative aux droits humains uniquement à Raul Castro, tandis que le président des Stazunis se tenait debout à ses côtés.

Quand on pense au bagne de Guantanamo, aux prisons secrètes gérées dans la plus grande opacité par la CIA, au recours constant à la torture par noyade simulée, aux listes rouges d'individus à abattre sans procès à coup de drones ou autrement, aux populations civiles bombardées sans distinction un peu partout dans le monde, aux coups d'État fomentés afin de placer au pouvoir des dictateurs sanguinaires, aux invasions militaires décidées unilatéralement, aux appuis inconditionnels donnés à des pays qui se préoccupent des droits humains comme d'une guigne – pour ne citer que cela –, on s'étonne que, lorsque le sujet a été amené, Raul n'a pas tout de suite cédé la parole à son voisin d'estrade.

Il ne suffisait pas que les journalistes présents dans la salle soient des ignorants ou des dégonflés, il fallait aussi, semble-t-il, qu'ils soient particulièrement bornés.



lundi 21 mars 2016

V'là l'printemps


L'hymne au printemps, avec Félix, dans le temps où il rrroulait ses «R».

samedi 19 mars 2016

Exégétique 401


vendredi 18 mars 2016

Loin des yeux…



Avec le coup de tonnerre qui a ébranlé le monde politique québécois, hier, avec l'arrestation de Mme Nathalie Normandeau et de M. Marc-Yvan Côté, il fallait s'attendre à quantité de réactions, en particulier au sein du Parti libéral du Québec (PLiQ).

Connaissant le dynamisme inné de M. Philippe Couillard (le nom est marrant), lequel ne manque jamais de donner l'heure juste, en particulier quand vient le moment de noyer le poisson, ladite réaction n'a pas tardé. Négligeant le fait que l'équipe au pouvoir n'a que bien peu changé, le premier ministre s'est empressé de se distancer du précédent gouvernement du PLiQ, lequel – on ne peut manquer de s'en souvenir – était dirigé à la va comme je te pousse par un certain John James Charest.

Cette attitude courageuse de sa part portera-t-elle ses fruits? La chose n'est pas certaine. Ce qui est certain, par contre, c'est qu'on n'est pas à la veille de voir mon pote John James de sitôt devant les caméras de télévision. Même que le cabinet McCarthy Tétrault risque de l'enfermer dans son bureau chaque soir afin d'éviter qu'il nuise davantage.

jeudi 17 mars 2016

UPAC à l'aube

Très tôt ce matin, l'Unité permanente anti-corruption a mené une série d'arrestations. En soi, la chose serait demeurée relativement anodine. Cela n'aurait pas été la première fois que quelques exécutants mineurs auraient été amenés pour interrogatoire relativement à cette question.

Mais ce matin, l'événement était passablement différent. En effet, ce n'était pas du menu fretin que les représentants de la justice ont ramené dans leurs filets, mais de grosses prises, dont, entre autres, deux ex-ministres libéraux. En effet, Nathalie Normandeau, qui avait jusque-là – et contre toute attente – évité les poursuites, et Marc-Yvan Côté, dont la carrière de ministrable remontait jusqu'à l'époque de Bob-la-Job, ont été mis sous les verrous.

Le choc en a laissé plus d'un estomaqué, ce matin, lorsque la nouvelle a été publiée et d'aucuns se sont demandé ce qui adviendrait de ces personnalités bien connues. Qu'on se rassure, des rumeurs tenaces laissent entendre que les principaux intéressés, faisant en cela preuve d'une résilience exemplaire, ont débuté derrière les barreaux de lucratifs commerces de cigarettes et de papier de toilette, respectivement, dont 4% des profits nets seront remis à la caisse électorale d'un parti politique de leur choix.

Gaétan sans tanguer



Il faut tout de même une bonne dose de courage et de volonté pour admettre qu'on pût avoir eu tort. Avouez que le cas est loin d'être fréquent, surtout sur la scène politique.

Dernièrement, une prise de bec assez virulente avait opposé le ministre de la Santé, M. Gaétan Barrette, et la député péquiste Diane Lamarre. Mentionnons, sans entrer dans de sordides détails, que les insultes avaient fusé, et volé assez bas.

Il est inutile de chercher à savoir qui avait raison et qui avait tort. Contentons-nous de signaler que le ministre a présenté des excuses à la député et celle-ci les a acceptées de bonne grâce.

Revenons sur le fait qu'il fallait, de la part du docteur Barrette, beaucoup de volonté, de détermination, de ténacité, de fermeté et de résolution pour mener à bien cette démarche.

Pour cette force de caractère, il mérite toute notre admiration.

mercredi 16 mars 2016

Déjà vu

Un épisode de déjà vu, mais qui ne passera pas à l'histoire. Il sera probablement ignoré par la majorité et restera lettre morte.

Nathalie Roy, une député de la Coalition avenir Québec (CAQ), a reproché au gouvernement libéral de M. Philippe Couillard (le nom est marrant) de vouloir augmenter le nombre d'immigrants pour des motifs bassement électoralistes.

Quel rapport entre l'immigration et les calculs électoralistes? Mme Roy a candidement expliqué que les immigrants votent «généralement pour le Parti libéral du Québec» (PLiQ). Elle en a même ajouté une tranche en affirmant: «Parce qu'ils sont accueillis ici lorsque c'est le Parti libéral qui est au pouvoir et c'est comme une tradition, probablement.»

De là à dire qu'un parti politique du Québec perd un scrutin à cause du vote ethnique, il n'y a qu'un pas. Mais que Mme Roy se rassure, personne ne songerait un instant que ce genre de discours puisse être intolérant.

Pas de la part d'une fédéraliste cAnadienne, en tout cas.

Sharapauvrelle



Lorsque l'ONU n'est pas foutue de faire les choses elle-même, qu'elle est trop paresseuse ou tout simplement impuissante à améliorer le sort des humains, quel que soit le lieu à la surface de la planète, elle se contente d'ignorer ce qui se passe ou de s'en laver les mains. Avec toutes celles qui trempent dans l'assiette au beurre, ce n'est pas du luxe... Évidemment, elle ne peut jeter tout simplement l'éponge, alors elle trouve des manières originales de faire semblant de ne pas s'en foutre entièrement, tout en s'en foutant entièrement.

Un des trucs, à part laisser certaines puissances régionales fouler au pied ses résolutions sans réagir, consiste à nommer des «ambassadeurs de bonne volonté». Grand pas en avant de la diplomatie, l'exercice consiste à choisir un quidam quelconque qui n'y connaît rien, mais qui est célèbre. Le quidam – qui est plus souvent une femme, dirait-on – sert de devanture, généralement élégante, afin que personne ne soit tenté outre mesure de regarder ce qui se passe derrière. Le tout sous prétexte de donner de la visibilité à un dossier qui n'évolue jamais.

Un exemple actuel de cela est le cas de la pauvre Maria Sharapova. Fille de parents belarus née en Russie, elle était ambassadrice de bonne volonté de l'ONU en Ukraine concernant la catastrophe de Tchernobyl; laquelle était infiniment pire que celle de Fukushima, faut-il le souligner.

Avec les soupçons de dopage pesant sur elle, Mme Sharapova a maintenant été abandonnée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui a provisoirement récusé son statut d'ambassadrice.

Bref, petit pays ou grande personne, si vous avez des ennuis, ne comptez pas sur l'ONU.


P.-S.: Qu'est-ce que ça fait distingué, tout de même, une femme avec une barbe bien taillée.
 

lundi 14 mars 2016

Fukushima, mon amour II



Cette semaine, les autorités japonaises ont souligné un triste anniversaire, soit le fameux tsunami qui s'est abattu sur la centrale nucléaire de Fukushima, entraînant la catastrophe que l'on sait. Mais au moins, nous a-t-on dit et répété, c'était bien moins grave que Tchernobyl!

C'était habile de la part du gouvernement nippon, cette façon de souligner l'événement. On ne pouvait dire qu'il tentait de balayer la chose sous le tapis, au contraire. Mais en soulignant un cinquième anniversaire de la sorte, cela laissait l'impression au sein du public que la chose faisait maintenant partie du passé.

Or, il n'en est absolument rien. La catastrophe nucléaire de Fukushima ne remonte pas à il y a 5 ans; elle est toujours d'actualité. En fait, la compagnie propriétaire des installations, la Tokyo Electric Power Company (Tepco), ne sait toujours pas que faire afin de décontaminer le site. Les problèmes à cet effet sont quasi insurmontables, à tel point qu'il est prévu qu'il faudra compter au moins 30 ans, selon les estimations les plus optimistes, avant de parvenir à contenir la contamination. Quant à l'éliminer, personne ne veut même risquer une prévision.

Pour donner une idée de la gravité de ce qui est bien moins pire que Tchernobyl, les gestionnaires de Tepco hésitent maintenant à envoyer des robots retirer les éléments dangereux – barres de combustible et autres –, car ces robots coûtent extrêmement cher et que les radiations sont telles qu'elles les «tuent» en un temps record.

À date, on nous dit que 10% du site a été nettoyé. Cela est-il rassurant? Pas vraiment, puisque les réacteurs continuent de contaminer les eaux souterraines, lesquelles finissent dans l'océan Pacifique. En d'autres termes, la situation là-bas demeure sur la corde raide et peut dégénérer du jour au lendemain.

Mais heureusement, c'est bien moins grave qu'à Tchernobyl!

dimanche 13 mars 2016

Plateau boutte!