samedi 24 octobre 2026

Trou de même…

 



À la suite des récentes élections au Québec, une nouvelle assemblée législative a été constituée. Pour la première fois dans l’histoire politique de la province, la totalité des membres de ladite assemblée ont refusé de prêter serment au monarque étranger et ont été assermentés au nom du peuple du Québec. Même les députés du Parti libéral! C’est tout dire…

Or, il se trouve qu’un avocat, qui manque visiblement de clientèle en ce moment, maître Lawrence David (prononcer «Laourenss Dévide»), veut forcer les législateurs à jurer fidélité au roi Charles Trois. Pour ce faire, maître David entend bloquer le début des travaux parlementaires à l’aide d’un recours auprès de la Cour supérieure du Québec.

Il me vient à l’esprit quelques remarques sur la question. 

D’abord, si les travaux parlementaires sont suspendus sine die, qui verra, dans les faits, la différence? À la limite, ce serait même pain bénit pour un gouvernement minoritaire d’être «paralysé» de cette manière. Et je suis fermement convaincu que maître David ne souhaite aucunement prêter main-forte au Parti québécois.

Ensuite, le meilleur moyen de secouer le joug cAnadien pour le Québec ne consiste pas en une action d’éclat du type référendaire. Ce processus, quoique démocratique, ne fait qu’embourber les efforts séparatistes. Au contraire, c’est par une succession de ruptures relativement anodines que, graduellement, le Québec pourrait accéder à une véritable souveraineté; ou à tout le moins une certaine autonomie, pour parler en langage fédéraliste. Ce serait là la véritable «troisième voie» que personne n’est parvenu à définir jusqu’à maintenant.

En effet, le vide juridique demeure le meilleur outil au service des indépendantistes et c’est de ce côté que doit s’orienter le mouvement souverainiste, bien plus que d’avoir recours aux interminables débats référendaires qui lassent tout le monde et qui n’accouchent de rien. Les vides juridiques, surtout sur le plan constitutionnel, représentent le trou de souris par lequel le Québec pourra s’enfuir sans tambour ni trompettes. Et il sera toujours temps de mener un autre référendum une fois le fait accompli; ce sera l’ultime condition gagnante.

Enfin, quant à maître David, admirons son indéfectible attachement à une couronne qui demeure étrangère même pour tout CAnadien bien né. Cet aveuglement consenti le place lui aussi dans une sorte de vide, ou trou, je ne sais trop. Une cavité, en tout cas, dont il est le digne représentant.

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