La ville de Montréal a voté récemment un règlement interdisant les insultes et les injures envers ses représentants, en particulier les pauvres petits policiers sans défense et à la sensibilité à fleur de peau.
Au moins, l’opposition a-t-elle soulevé l’aspect extrêmement flou de cette interprétation. En effet, le règlement ne définit pas clairement ce qui constitue une injure. La mairesse, Mme Soraya Martinez Ferrada, a précisé en revanche que le nouveau règlement n’interdit en aucune manière de critiquer la police. Seulement, il revient, semble-t-il, aux représentants de la ville, en particulier les pauvres petits policiers sans défense, de décider par eux-mêmes ce qui constitue une injure et ce qui est acceptable.
Quand on connaît la grande ouverture d’esprit de nos représentants de la loi et leur haut seuil de tolérance lors de leurs interactions avec la population, il y a de quoi nous convaincre quant à savoir si des abus sont à craindre ou pas.
Déjà soucieuse d’établir des balises auxquelles les gens peuvent se référer, Mme Ferrada aurait encouragé – si j’ai bien compris – les gens à faire des «doigts d’honneur». Elle n’a cependant pas précisé si cela serait acceptable envers les pauvres petits policiers; on pourra toujours vérifier à l’avenir si cela sera acceptable envers elle.
Et puis, dans ce dernier cas, si ça nous mène en taule, ça en vaudra peut-être la peine.

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