vendredi 12 février 2016
Trudeau et la lune
Le premier ministre du CAnada, un certain Justin Trudeau m'a-t-on dit, a rencontré dernièrement le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon. En passant, il ne faut pas confondre ce dernier avec le regretté révérend Sun Myung Moon qui n'a avec lui aucun lien de parenté. Mais peut-être une certaine convergence politique.
M. Trudeau a profité de ladite rencontre pour exprimer son intention d'obtenir un siège au Conseil de sécurité de l'organisation internationale. On le comprend. Moi-même, j'avais exprimé le désir d'y siéger. D'abord, les fauteuils sont extrêmement confortables et d'une propreté irréprochable. Ensuite, le service de traiteur est de première qualité; le meilleur de New York. Enfin, les heures de travail sont brèves et les tâches elles-mêmes sont très légères. Il suffit de développer une facilité pour le chipotage et la perte de temps.
Malheureusement, l'autre soir, M. Ki-moon – ou est-ce M. Ban? – m'a téléphoné. Du moins, il me semble bien que c'est lui, ou alors était-ce peut-être le révérend Moon, le nouveau messie, qui me contactait d'outre-tombe. D'une politesse raffinée, voire même un peu cauteleuse, il m'a exprimé ses regrets à l'effet que ma candidature n'avait pas été retenue. En effet, l'Organisation avait préféré attribuer la place à un de mes voisins.
Alors bonne chance, M. Trudeau. Avant que mon voisin se désiste, il va couler du pétrole dans le pipeline Energy East!
jeudi 11 février 2016
USA, you essaies!
Vous connaissez le McGurk? Non, il ne s'agit pas d'une sorte de purgatif offert par une chaîne de restauration rapide yankee. Brett McGurk est «l'émissaire spécial du président Barack Obama pour la coalition internationale anti-djihadiste». En termes clairs, il s'agit d'un poste honorifique dépourvu de toute portée pratique en matière de politique internationale.
Et c'est fort heureux, car M. McGurk n'a pas l'air trop au fait de la réalité prévalant en Syrie, région dont il s'occupe tout particulièrement actuellement. En effet, il a déclaré – sans rire – que les frappes aériennes russes autour de la ville d'Alep (nord-ouest) favorisent directement l'essor de l'État islamique. Comment quelqu'un de – théoriquement – lucide peut-il affirmer une telle fausseté? Difficile à dire.
Il est vrai qu'il est un Yankee et que les Yankees ont passé une année à bombarder les positions de l'État islamique. Au cours de cette période, l'organisation terroriste n'a fait que se renforcer et gagner du terrain.
Dans ces circonstances, on peut comprendre que M. McGurk craigne que l'armée russe soit aussi inefficace que la sienne.
mercredi 10 février 2016
Eau-stérité
Que je sache, l'histoire n'a pas eu un grand retentissement du côté nord de la frontière. Cependant, elle a causé une certaine commotion aux Stazunis. Il s'agit de la question de l'eau potable à Flint, au Michigan.
Un peu d'histoire, d'abord. La ville, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Detroit, a longtemps été un centre de la production automobile, ce qui lui a conféré une solide prospérité. Cependant, au cours des années 1980, la compagnie General Motors a progressivement cessé ses activités industrielles, transformant de facto la municipalité en zone dévastée*.
Aujourd'hui, Flint cumule les records de chômage, de pauvreté et de criminalité. Quant à ce dernier aspect, il faut bien souligner que l'exacerbation de ladite criminalité n'est pas uniquement le fait d'individus démunis. Elle implique tout autant les dirigeants.
Évidemment, la décadence économique de Flint a entraîné d'insurmontables problèmes budgétaires. En conséquence, les autorités ont dû recourir à d'extrêmes mesures d'austérité afin de faire face à la crise. Ces mesures ont-elles permis de redresser la barre? Pas du tout. En définitive, et dans le meilleur des cas, l'austérité n'a fait que perdurer la situation catastrophique, quand elle ne l'a pas empirée.
À preuve, le scandale récent. Afin d'économiser un peu d'argent**, les responsables ont négligé les avis des scientifiques qui ont détecté la présence de plomb dans l'eau potable de la ville, apparemment due à la corrosion qui s'est attaquée aux conduits municipaux. Ils sont même allés jusqu'à empêcher l'information d'être diffusée dans les médias. Pendant 2 ans, la situation est restée sous le boisseau. Inévitablement, les problèmes de santé ont commencé à apparaître, ce qui a fait éclater toute l'affaire.
Aussi, permettez-moi un conseil. La prochaine fois que quelqu'un fera la promotion d'une éventuelle austérité budgétaire devant vous, dites-lui que cette personne n'a pas de plomb dans la tête.
* À ce propos, voir le film documentaire de Michael Moore, Roger et moi.
** Selon les experts, il en aurait coûté 100 $ par jour à la municipalité pour enrayer le problème.
Un peu d'histoire, d'abord. La ville, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Detroit, a longtemps été un centre de la production automobile, ce qui lui a conféré une solide prospérité. Cependant, au cours des années 1980, la compagnie General Motors a progressivement cessé ses activités industrielles, transformant de facto la municipalité en zone dévastée*.
Aujourd'hui, Flint cumule les records de chômage, de pauvreté et de criminalité. Quant à ce dernier aspect, il faut bien souligner que l'exacerbation de ladite criminalité n'est pas uniquement le fait d'individus démunis. Elle implique tout autant les dirigeants.
Évidemment, la décadence économique de Flint a entraîné d'insurmontables problèmes budgétaires. En conséquence, les autorités ont dû recourir à d'extrêmes mesures d'austérité afin de faire face à la crise. Ces mesures ont-elles permis de redresser la barre? Pas du tout. En définitive, et dans le meilleur des cas, l'austérité n'a fait que perdurer la situation catastrophique, quand elle ne l'a pas empirée.
À preuve, le scandale récent. Afin d'économiser un peu d'argent**, les responsables ont négligé les avis des scientifiques qui ont détecté la présence de plomb dans l'eau potable de la ville, apparemment due à la corrosion qui s'est attaquée aux conduits municipaux. Ils sont même allés jusqu'à empêcher l'information d'être diffusée dans les médias. Pendant 2 ans, la situation est restée sous le boisseau. Inévitablement, les problèmes de santé ont commencé à apparaître, ce qui a fait éclater toute l'affaire.
Aussi, permettez-moi un conseil. La prochaine fois que quelqu'un fera la promotion d'une éventuelle austérité budgétaire devant vous, dites-lui que cette personne n'a pas de plomb dans la tête.
* À ce propos, voir le film documentaire de Michael Moore, Roger et moi.
** Selon les experts, il en aurait coûté 100 $ par jour à la municipalité pour enrayer le problème.
mardi 9 février 2016
Toute petite, la planète
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis que la planète est devenue toute petite avec l'avènement d'Internet, il s'est produit un étrange phénomène. Quand on raconte que la planète est devenue toute petite, on veut essentiellement dire que n'importe qui dans le monde peut désormais entrer en contact avec n'importe qui d'autre. À condition d'avoir une connexion au Web et d'avoir de l'électricité dans sa communauté. Ce n'est pas encore le cas de tout le monde dans le monde, mais de beaucoup de monde.
Or, depuis que la planète est devenue toute petite, et que conséquemment tous peuvent échanger – ou à tout le moins donner leur opinion –, la situation a évolué très rapidement. Graduellement, les autorités ont commencé à développer des techniques afin, sinon de contrôler, au moins d'espionner tout ce qui se dit. Dans le même temps, des sociétés de l'électronique ont offert des services axés sur les individus permettant de noyer dans un immense bruit de fond les messages signifiants circulant sur la Toile: Facebook, Tweeter, Instagram, etc.
L'un dans l'autre, répression et insignifiance tendent à juguler le discours revendicateur avec leurs moyens combinés, quoique fort différents. Évidemment, comme l'ont démontré certaines «révolutions de couleur», les réseaux sociaux sont abondamment utilisés par la droite, ce qui nous laisse penser que, au fond, le Web a un certain penchant politique vers un côté de l'éventail.
Certes, la liberté d'expression survit en ligne. Cependant, déjà espionnée à l'interne, elle commence à être muselée en amont, comme en témoignent de plus en plus d'initiatives de censure, comme ce qui se passe présentement en Israël. Finalement, on est droit de croire que, plus nous disposons de moyens d'expression, moins nous sommes appelés à dire le fond de notre pensée.
Oui, la planète est devenue plus petite; et de bien des façons...
lundi 8 février 2016
Kwangmyong 4
Personnellement, je trouve plutôt rassurant de constater qu'il existe encore des pays qui n'hésitent pas à tenir la dragée haute aux maîtres du monde. D'autant plus rassurant lorsqu'il s'agit de petits pays qui préfèrent courir le risque de sanctions économiques, plutôt que celui d'une invasion de leur territoire. À cet égard, l'exemple de l'Irak est patent: croyez-vous que les Yankees auraient osé l'envahir s'il avait vraiment disposé d'armes de destruction massive? Les Stazunis sont souvent crétins, mais ils ne sont pas encore fous.
Alors voilà que la vaillante République démocratique populaire de Corée (c'est son nom véritable, «Corée du Nord» n'étant qu'un raccourci commode) vient de lancer un satellite en orbite portant le nom de Kwangmyong 4. La communauté internationale – les puissances occidentales, principalement – a condamné ce lancement. Était-ce un satellite militaire? Pas du tout. L'essai a-t-il représenté un danger pour des civils en quelque partie du monde? Non plus.
Alors pourquoi tout ce brouhaha? Parce qu'on avait interdit à la RDPC de le faire. Oui, car quand ce pays procède à la mise en orbite d'un engin, c'est forcément un essai déguisé du tir d'un missile balistique. Ce qu'il y a d'amusant avec l'attitude des maîtres du monde, c'est qu'ils décrient le retard de la Corée du Nord, un pays communiste orthodoxe, et qu'ils le critiquent vertement lorsqu'il cherche à progresser.
Or, les Occidentaux, Stazunis en tête, savent parfaitement que le jeu de la RDPC est purement défensif. Dès lors pourquoi les protestations sont-elles si fortes? Mais c'est tout simplement la réaction normale d'un fier-à-bras de cour d'école qui ne peut supporter qu'on lui tienne tête.
Si les petits refusent de plier devant lui, qu'en sera-t-il un jour des plus grands?
samedi 6 février 2016
Charité bien coordonnée
L'Église catholique demeure probablement l'organisation dont les ramifications hiérarchiques sont les plus développées. On trouve du catho à peu près partout, sur tous les continents et dans tous les pays; en proportions variables, il est vrai. Et qui dit hiérarchie, dit également constance du discours.
En ce moment, face à la crise des réfugiés dans laquelle l'Europe se trouve empêtrée, les réactions vont bon train. Par exemple, en Belgique, le gouverneur de Flandre occidentale appelait dernièrement à «ne pas nourrir les réfugiés», sous le prétexte qu'autrement d'autres migrants viendraient à leur tour.
Mais le foyer de la crise migratoire se trouve en Allemagne, le pays dont l'économie est la plus dynamique et donc la plus attirante pour ceux qui cherchent à refaire leur vie fracassée par la guerre et le terrorisme, entre autres. Là, les réactions sont plus extrêmes encore. À preuve, la déclaration de Frauke Petry, la présidente de Alternative für Deutschland (AfD), un parti allemand d'extrême droite, qui a jugé dernièrement que son pays devait pouvoir recourir aux armes pour protéger les frontières contre l'afflux de migrants.
Le pape, Frenchie One, de par les exigences de son boulot, a été plus conciliant. Il avait affirmé, en septembre dernier, qu'il fallait traiter le problème à sa source. Il s'en était suivi sa coutumière liste de vœux pieux – sans jeu de mots – où il suggérait de changer la donne socioéconomique et de cesser les conflits armés. Évidemment, sans jamais dire comment, et encore moins se retrousser les manches pour le faire, question de les garder immaculées. Il avait tout de même glissé dans son discours que les mouvements migratoires posaient un risque quant à la sécurité.
Eh bien, son employé, le président des la Conférence épiscopale allemande, le cardinal Reinhard Marx, a repris ce discours là où le pape l'a laissé et a signifié récemment que l'Allemagne ne pouvait pas «accueillir tous les nécessiteux du monde». Pour se donner bonne conscience, il a souligné qu'il s'inquiétait de ce que, si elle n'était pas contrôlée, l'immigration massive allait engendrer une montée de la xénophobie dans son pays qui a connu dans le passé une tendance vers l'extrémisme de droite (quel euphémisme!). C'est vrai et, à cette époque «d'extrémisme de droite», faut-il le rappeler, l'Église catholique marchait main dans la main avec le pouvoir.
Le cardinal Marx – ça fait tout de même drôle d'adjoindre ces deux mots... – a insisté sur le fait que la situation ne devait pas être considérée uniquement en fonction «de la charité, mais également de la raison». «Charité», le grand mot était lâché. En d'autres termes, selon le cardinal, combien cela allait-il coûter?
Qu'est-ce que ça peut lui foutre à lui? Jamais personne n'a vu l'Église catholique lâcher le moindre centime, elle qui ne paie déjà ni taxes ni impôts. Alors ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer, et encore moins en Allemagne!
mercredi 3 février 2016
CQFD sécurité
Au-delà de son aspect résolument émotif – tout au moins dans l'Ouwess du CAnada – la question du projet Energy East n'a certes pas été vraiment débattue, sinon par une minorité de gens.
Sur le plan de la désinformation, quantité d'arguments ont été avancés par les apologistes du projet. Il a été question de richesse collective, d'unité nAtionale, d'avenir commun et de respect réciproque – quoique, dans ce dernier cas et de manière antinomique, exclusivement à sens unique.
On a fait valoir, en outre, un argument environnemental et sécuritaire. En effet, les défenseurs des sociétés pétrolières de l'Alberta insistent sur le fait qu'il est moins dangereux de transporter leur produit par pipeline que par train.
Tout d'abord, la chose demeure à prouver.
En effet, les dégâts environnementaux occasionnés par des fuites dans des pipelines ont été beaucoup plus destructeurs pour l'environnement que les déraillements de wagons citernes. J'en veux pour exemple celui de Kalamazoo.
Ensuite, s'il était vrai que le transport par pipeline est moins risqué, c'est peut-être parce que la sécurité ferroviaire a été plus que négligée au fil des ans. Aujourd'hui, le matériel roulant, les tristement célèbres DOT-111, sont d'un modèle dont la conception remonte à plusieurs décennies. Ses lacunes, justement sur le plan de la sécurité, sont connues depuis plus de 20 ans. Et passons sous silence la question de leur entretien, sur laquelle je ne possède pas de données fiables. Ça vaut peut-être mieux; il y a une ligne de chemin de fer passant à 500 m de chez moi…
Et puisqu'il est question d'entretien, n'oublions pas de mentionner que celui des voies de chemin de fer a aussi subi le contrecoup des compressions budgétaires.
Or, si des négligences sont à noter quant au transport ferroviaire, qui peut garantir que les infrastructures relatives au transport par pipeline ne seront pas à leur tour négligées au bout de une ou deux décennies? Nous savons déjà qu'elles le seront.
Enfin, personne n'a posé la question qui tue aux responsables. Admettons que le transport par pipeline présentera moins de risques quant à l'acheminement du pétrole. Est-ce qu'il se substituera au transport ferroviaire ou ne fera-t-il que s'y ajouter?
CQFD sécurité.
mardi 2 février 2016
Un nouveau record!
Le «nouveau» ministre de l'Éducation du Québec, le très cultivé Pierre Moreau, a annoncé, par la bouche d'une porte-parole, qu'il était en congé forcé.
On se souviendra que, la semaine dernière, il avait eu un malaise le jour de l'assermentation des ministres, au lendemain du remaniement tenu par le plus que clairvoyant Philippe Couillard (le nom est marrant). En fait, M. Moreau avait quitté, inconscient, le salon rouge de l'édifice de l'Assemblée nationale sur une civière à la suite, semble-t-il, d'une chute de pression.
J'ai eu beau chercher, mais je n'ai pu trouver de confirmation à l'effet qu'il aurait subi son malencontreux malaise avant ou après avoir prêté serment. Si ce fut avant, notons que, techniquement, il n'est pas encore ministre. Si c'est après, il s'agit d'un record dans le domaine: le plus court laps de temps où un ministre de l'Éducation est resté en poste avant de devoir prendre du repos. (Qu'on se souvienne de ce qui advint de la surette Line Beauchamp et de la crispée Michelle Courchesne.)
Son bureau nous assure que M. Moreau sera en poste sous peu. Nos meilleurs vœux l'accompagnent et nous formulons tous les espoirs que son retour sera prompt, car il est incontestable qu'il fera des étincelles à l'Éducation.
Qu'il ait soin tout de même de ne pas mettre le feu, comme cela arrive à certains inconscients.
On se souviendra que, la semaine dernière, il avait eu un malaise le jour de l'assermentation des ministres, au lendemain du remaniement tenu par le plus que clairvoyant Philippe Couillard (le nom est marrant). En fait, M. Moreau avait quitté, inconscient, le salon rouge de l'édifice de l'Assemblée nationale sur une civière à la suite, semble-t-il, d'une chute de pression.
J'ai eu beau chercher, mais je n'ai pu trouver de confirmation à l'effet qu'il aurait subi son malencontreux malaise avant ou après avoir prêté serment. Si ce fut avant, notons que, techniquement, il n'est pas encore ministre. Si c'est après, il s'agit d'un record dans le domaine: le plus court laps de temps où un ministre de l'Éducation est resté en poste avant de devoir prendre du repos. (Qu'on se souvienne de ce qui advint de la surette Line Beauchamp et de la crispée Michelle Courchesne.)
Son bureau nous assure que M. Moreau sera en poste sous peu. Nos meilleurs vœux l'accompagnent et nous formulons tous les espoirs que son retour sera prompt, car il est incontestable qu'il fera des étincelles à l'Éducation.
Qu'il ait soin tout de même de ne pas mettre le feu, comme cela arrive à certains inconscients.
lundi 1 février 2016
L'indépendance libérale
![]() |
Ainsi, le Québec a été accusé de tous les maux – avec tous les mots –, depuis celui d'«égoïste» jusqu'à celui d'«inconscient», et ce, même par les défenseurs les plus tonitruants de l'environnement.
Justin Trudeau, par la grâce de dieu et l'incompétence des électeurs, premier ministre du CAnada, y est même allé de déclarations se voulant à la fois lénifiantes et plutôt favorable au projet.
Philippe Couillard (le nom est marrant), par la grâce de dieu et l'amnésie des électeurs, premier ministre du Québec, a affirmé que sa province jouissait de sa pleine indépendance décisionnelle. De surcroît, il a souligné que son gouvernement allait évaluer soigneusement le projet Énergie-Est.
Il n'en sera que plus crédible, dans quelques mois, lorsqu'il lui donnera son approbation pleine et entière en cédant encore une fois sur toute la ligne face au CAnada.
samedi 30 janvier 2016
vendredi 29 janvier 2016
La manie du remaniement
On assiste souvent dans les officines gouvernementales au processus pudiquement appelé «remaniement ministériel». L'exercice consiste à changer les portefeuilles de certains ministres, d'en rétrograder quelques-uns et de promouvoir des députés d'arrière-ban.
Le jeu de chaises musicales intéresse au plus haut point les journalistes qui, en temps normal, n'ont que des platitudes à nous mettre sous la dent. Effectivement, le procédé donne lieu à quantité de commentaires et d'analyses toutes plus empreintes de virtualités les unes que les autres.
Cependant, on oublie trop facilement qu'un remaniement ministériel est d'abord et avant tout un constat d'échec à demi-mot. Sans l'admettre, on signifie que l'équipe telle que constituée n'arrive pas à faire le travail qu'on attend d'elle. Il importe alors, afin de chercher à rebâtir la crédibilité d'un gouvernement en mal d'orientation, de la réorganiser afin de se donner une chance de succès accrue relativement aux dossiers à traiter. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer.
Il est d'ailleurs assez facile d'estimer dans quelle mesure un gouvernement prend conscience de sa propre incapacité lorsqu'on établit un pourcentage du nombre de ministres qui sont remplacés ou tout simplement déplacés. A contrario, ce pourcentage donne la note que s'attribue le pouvoir en place. Par exemple, si le remaniement touche 40% des ministres, cela signifie que le gouvernement mérite une note de 60%. Bah! c'est quand même la note de passage! Quantité de cancres en seraient très heureux*.
Ce qu'on oublie surtout de souligner, c'est que l'équipe d'origine, celle qui disparaît dans la tourmente, a bel et bien été choisie par le chef, lequel aurait dû être suffisamment compétent pour mettre en place les personnes les plus capables du premier coup. Je sais bien que les contraintes des tractations de coulisse et les choix discutables de l'électorat ne garantissent pas toujours que les meilleurs cerveaux sont mis à contribution. Cependant, qui dit remaniement dit également que ce sont grosso modo les mêmes qui continuent à servir, quoique à des postes différents. Si l'un – ou l'une – a été incompétent au sein d'un ministère considéré comme sa spécialité, quelles sont les chances qu'il se mette à briller ailleurs?
Finalement, que conclure? Eh bien, si le premier choix n'a pas été le bon, les possibilités que le suivant fonctionne demeurent encore plus faibles. Par ailleurs, on est en droit de craindre que si l'équipe ministérielle n'arrive pas à «livrer la marchandise», comme on dit, le problème véritable se trouve ailleurs.
Probablement au-dessus.
* Dans le cas qui nous occupe, sur les 27 ministres que comptait le gouvernement avant le «remaniement», 14 ont été mutés, ce qui représente 51,9 % des ministres. A contrario, cela signifie que la note du gouvernement Couillard (le nom est marrant) est de 48,1 %. Pas de quoi pavoiser, mon Philippe.
jeudi 28 janvier 2016
Bonne Vénus et malvenus
En ce moment, le président de l'Iran, Hassan Rohani, est en train de «guidouner» en Europe. On sait que, dernièrement, un accord relativement au nucléaire avait été conclu, ce qui a permis d'alléger – voire d'abolir – les restrictions commerciales envers ce pays. Même le CAnada entend normaliser ses relations avec l'Iran; c'est tout dire.
Présentement, M. Rohani est en Italie où il compte signer une quinzaine d'accords représentant des milliards de dollars. Afin de prévenir la crampe de l'écrivain, il entrecoupe les séances de signature avec des visites de certains sites romains, dont le Capitole.
Le bureau de l'État responsable du protocole a pris l'initiative d'y masquer les statues représentant la déesse Vénus avec des paravents. Déjà que Vénus était une représentation du corps humain, celui de femmes nues de surcroît, et de divinités païennes par-dessus le marché. Bref, couvrez cet art qu'il ne saurait voir...
La peur a dû saisir les responsables italiens que la chose pût coûter un ou deux millions par mamelle. Dans le même ordre d'idées, les repas protocolaires sont servis sans vin ni aucune autre boisson alcoolisée, de peur que ça coûte quelques millions par gamelle, sans doute. Décidément, les pauvres musulmans ne savent pas ce qu'ils manquent.
Quoique l'hypocrisie religieuse fait bien souvent en sorte qu'ils ne le manquent peut-être pas autant qu'on pense.
Présentement, M. Rohani est en Italie où il compte signer une quinzaine d'accords représentant des milliards de dollars. Afin de prévenir la crampe de l'écrivain, il entrecoupe les séances de signature avec des visites de certains sites romains, dont le Capitole.
Le bureau de l'État responsable du protocole a pris l'initiative d'y masquer les statues représentant la déesse Vénus avec des paravents. Déjà que Vénus était une représentation du corps humain, celui de femmes nues de surcroît, et de divinités païennes par-dessus le marché. Bref, couvrez cet art qu'il ne saurait voir...
La peur a dû saisir les responsables italiens que la chose pût coûter un ou deux millions par mamelle. Dans le même ordre d'idées, les repas protocolaires sont servis sans vin ni aucune autre boisson alcoolisée, de peur que ça coûte quelques millions par gamelle, sans doute. Décidément, les pauvres musulmans ne savent pas ce qu'ils manquent.
Quoique l'hypocrisie religieuse fait bien souvent en sorte qu'ils ne le manquent peut-être pas autant qu'on pense.
![]() |
| La Jocrisse |
mardi 26 janvier 2016
Le passif de l'actif
Depuis qu'il s'est lancé en politique, Pierre-Karl Péladeau, dit «PKP», n'a jamais été aussi actif. Or, de tous les chefs que le Parti québécois (PQ) a eus, c'est sans doute ce cher bon, gros, vieux PKP qui traîne le plus lourd passif.Passif auprès des syndicats, d'abord, la clientèle privilégiée du PQ. Le passé anti-syndical de PKP, avec ses lock-outs à répétition ne lui a pas fait gagner des points auprès de la base. Pas plus que des syndiqués amers et méfiants ne seront jamais portés à voter pour lui.
Passif auprès du vote progressiste, ensuite. Il ne faut pas oublier que Quebecor (oui, oui, sans accent) était propriétaire du groupe de presse Sun News Network, au CAnada, qui a activement moussé les candidatures conservatrices lors des campagnes électorales ayant porté – puis maintenu – Stephen J. Harper au pouvoir. Sans compter ses appuis à tout ce que l'ouest du CAnada eût pu comporter comme mouvements de droite (lire: le tristement célèbre parti «Wildrose» albertain, entre autres). Cela sans compter les multiples prises de position ayant semé la controverse. Finalement, les ennuis financiers vinrent à bout du groupe dont le permis d'exploitation lui fut retiré en mars 2015.
Passif financier, également, pour faire suite à ce qui précède. En effet, quoique fils à papa, PKP n'a peut-être pas hérité de toute la détermination du paternel en affaires. Soulignons tout de même que ce dernier a connu ses revers et que, comme elles l'ont fait plus tard pour le fils, les institutions québécoises se sont précipitées à son secours en plus d'une occasion. Dans une large mesure, l'empire Quebecor s'est constitué, et surtout maintenu, avec des fonds publics.
À tout cela s'ajoute un passif de crédibilité. À savoir que sa réputation en tant qu'«évadeur fiscal» le place dans une position de faiblesse face à ses adversaires politiques, surtout lorsque viendra le moment de mettre sur la sellette l'incurie gouvernementale sur le plan de l'administration des finances. Et puis, l'autre passif de crédibilité tient à ce que certains d'entre nous se demandent toujours où diable était ce grand patriote québécois lors des deux référendums? Et de toutes ces élections provinciales et fédérales au cours desquelles il est resté coi comme une huître?
Face à tout cela, les militants placés devant leur bulletin de vote lors de la course à la chefferie ont dû se livrer à un calcul pragmatique, une excellente initiative en politique. PKP étant millionnaire, et à la tête d'un important groupe de presse de surcroît, lesdits militants ont sûrement cru que ces ressources allaient être mises à la disposition du mouvement souverainiste. Or il ne fut rien de tout cela. La feuille de chou quotidienne – celle de Montréal autant que celle de Québec – ne fait pas davantage de place au discours indépendantiste qu'aux prises de position résolument fédéralistes. Seul «avantage», quelque lèche-bottes de service – populiste et fascisant – a changé son fusil d'épaule dans sa colonne et a cessé de tirer à boulets rouges sur le PQ. C'est bien peu.
En définitive, pourquoi PKP est-il chef du PQ? Personnellement, je n'en ai aucune idée. J'espère que PKP lui-même soit au courant.
Lui et le président de son conseil d'administration; un certain Brian Mulroney, m'a-t-on dit…
lundi 25 janvier 2016
Pire équation
Le temps a beau passer, nous sommes toujours englués dans le glissant dossier Énergie-Est. Vous savez, le fameux pipeline qui doit acheminer le pétrole sale – quel pléonasme donnant une riche idée de ce que c'est… – de l'Ouest cAnadien jusqu'aux raffineries et terminaux de la côte est. En particulier ceux appartenant aux seigneurs des Maritimes, la famille Irving.
La semaine passée, des maires de la région de Montréal, incluant l'inébranlable Denis «de poule» Coderre, ont exprimé leur refus de voir le fameux pipeline passer sur les territoires de leurs municipalités.
Coup de tonnerre dans l'azur fuligineux des Prairies!
De l'Alberta à la Saks…, la Sawek…, la Sektwan… – en tout cas, l'autre province de l'Ouest, là –, ce fut le tollé. Qu'il s'agisse de maires de ministres ou même de premiers ministres, le concert de commentaires outrés n'a pas eu de cesse pour blâmer le sempiternel égoïsme du Québec (comprendre: des maudits french pea soup). Comment cette province, gâtée-pourrie à coups de péréquation – on nous a rebattu les oreilles avec ce cliché –, pouvait-elle oser refuser un tout petit pipeline de rien du tout et condamner ainsi la croissance pétrolière éhontée de l'Ouest?
D'abord, et ceci dit sans vouloir la ramener, il faut bien admettre que la prospérité de l'Ouest amenée par le pétrole a artificiellement gonflé la valeur du dollar cAnadien et, de ce fait, a considérablement nui aux exportations de l'industrie manufacturière du Québec. Mais ça, évidemment, tout le monde s'en foutait à l'époque où le prix du baril de pétrole s'envolait.
Ensuite, il faudrait expliquer ce qui fait que nous devrions être si solidaires de ces gens. N'oublions pas que le pétrole consommé au Québec est importé de l'étranger, principalement de la mer du Nord. Personne, jamais, au CAnada, n'a songé nous offrir des tarifs préférentiels afin que nous puissions acheter du pétrole à meilleur prix. Comme d'habitude, il a fallu se démerder nous-mêmes, sans l'aide de ces chers compatriotes qui nous aiment tant les veilles de référendum.
Et puis, que je sache, la Colombie-Britannique a refusé, elle aussi, le passage d'un pipeline sur son territoire et personne n'a accusé cette province de tous les défauts. Ou est-ce que la bisbille pan-cAnadienne n'est pas parvenue à nos oreilles? C'est possible, mais j'en doute.
Enfin, lorsque leur pipeline finira par laisser fuir la saloperie, qui sont ceux qui ramasseront la facture? Les provinces de l'Ouest? Ça m'étonnerait! Le Québec se fera encore accuser d'égoïsme si, alors, il devait demander que les rednecks des Prairies paient l'écot de leur incurie.
Que répondre à ce déballage hypocrite fleurant le racisme à la sauce anglo-saxonne, auquel nous assistons présentement?
Commençons par cesser de payer notre part du fédéralisme cAnadien. Nous verrons ensuite si nous avons encore besoin de leur saleté de péréquation...
La semaine passée, des maires de la région de Montréal, incluant l'inébranlable Denis «de poule» Coderre, ont exprimé leur refus de voir le fameux pipeline passer sur les territoires de leurs municipalités.
Coup de tonnerre dans l'azur fuligineux des Prairies!
De l'Alberta à la Saks…, la Sawek…, la Sektwan… – en tout cas, l'autre province de l'Ouest, là –, ce fut le tollé. Qu'il s'agisse de maires de ministres ou même de premiers ministres, le concert de commentaires outrés n'a pas eu de cesse pour blâmer le sempiternel égoïsme du Québec (comprendre: des maudits french pea soup). Comment cette province, gâtée-pourrie à coups de péréquation – on nous a rebattu les oreilles avec ce cliché –, pouvait-elle oser refuser un tout petit pipeline de rien du tout et condamner ainsi la croissance pétrolière éhontée de l'Ouest?
D'abord, et ceci dit sans vouloir la ramener, il faut bien admettre que la prospérité de l'Ouest amenée par le pétrole a artificiellement gonflé la valeur du dollar cAnadien et, de ce fait, a considérablement nui aux exportations de l'industrie manufacturière du Québec. Mais ça, évidemment, tout le monde s'en foutait à l'époque où le prix du baril de pétrole s'envolait.
Ensuite, il faudrait expliquer ce qui fait que nous devrions être si solidaires de ces gens. N'oublions pas que le pétrole consommé au Québec est importé de l'étranger, principalement de la mer du Nord. Personne, jamais, au CAnada, n'a songé nous offrir des tarifs préférentiels afin que nous puissions acheter du pétrole à meilleur prix. Comme d'habitude, il a fallu se démerder nous-mêmes, sans l'aide de ces chers compatriotes qui nous aiment tant les veilles de référendum.
Et puis, que je sache, la Colombie-Britannique a refusé, elle aussi, le passage d'un pipeline sur son territoire et personne n'a accusé cette province de tous les défauts. Ou est-ce que la bisbille pan-cAnadienne n'est pas parvenue à nos oreilles? C'est possible, mais j'en doute.
Enfin, lorsque leur pipeline finira par laisser fuir la saloperie, qui sont ceux qui ramasseront la facture? Les provinces de l'Ouest? Ça m'étonnerait! Le Québec se fera encore accuser d'égoïsme si, alors, il devait demander que les rednecks des Prairies paient l'écot de leur incurie.
Que répondre à ce déballage hypocrite fleurant le racisme à la sauce anglo-saxonne, auquel nous assistons présentement?
Commençons par cesser de payer notre part du fédéralisme cAnadien. Nous verrons ensuite si nous avons encore besoin de leur saleté de péréquation...
![]() | |
| Superbe paysage du nord de l'Alberta |
vendredi 22 janvier 2016
K 7
Yves Richard vit un profond deuil. Sa conjointe, Maude Carrier, comptait au nombre des victimes de l'attentat de Ouagadougou. Dans ces moments, si on apprécie les gestes et les paroles réconfortantes sincères que prodiguent parents et amis, on se trouve toujours – et avec raison – outré par les témoignages artificiels.
M. Richard a reçu, lundi dernier, un appel de condoléances du premier ministre du CAnada qui, selon ses propres dires, semblait être une succession de phrases toutes faites; «une formule tout à fait “cassette”», pour reprendre l'expression de M. Richard. En définitive, ce dernier a raccroché au nez de son interlocuteur.
Justin Trudeau avait essuyé des reproches relativement à son manque d'empathie dans ce dossier. Il lui reste à comprendre que la récitation de textes réchauffés suffit peut-être à se faire élire quand l'électorat manque de choix, mais pas lorsqu'il s'agit de faire preuve de sincérité.
Il est vrai que la sincérité dans sa famille...
jeudi 21 janvier 2016
Pas des noces d'argent
Une petite coupe de champagne? Pourquoi pas? allez…
L'occasion? Mais c'est le 25e anniversaire du début du fiasco proche-oriental auquel nous sommes encore conviés, chaque soir, au bulletin de nouvelles. Sauf qu'il n'est plus besoin d'aller le chercher très loin; les acteurs de ce film d'horreur ont décidé de faire de la livraison à domicile. New York, Londres, Madrid et Paris, entre autres, ont tous écopé.
Je présume que notre tour viendra et pas sous la forme d'adolescents à la dérive se laissant embrigader dans un service militaire inspiré de la légion: abattre des inconnus pour le compte d'étrangers. Il faudra alors plus qu'un service de surveillance dans des couloirs de cégep.
Comment mettre un terme à ce flot de sang et de larmes? Plus personne ne le sait. La seule solution que proposent les initiateurs de cette guerre interminable qui a débordé chez tous ses voisins comme un torrent en crue est d'engloutir encore davantage de ressources et de multiplier les morts en espérant que la mécanique s'enraye. Nous savons déjà que tout ce que cela accomplira sera de l'emballer.
Je suppose que, comme pour toutes les guerres d'usure qui ont laminé l'espèce humaine dans le passé, l'épuisement finira par étouffer le brasier sous le monceau de cadavres. Mais dans combien de temps? Nul ne le sait.
Et combien de temps avant que ça recommence ailleurs?
Inscription à :
Articles (Atom)



















