vendredi 13 mai 2022
mercredi 11 mai 2022
Démocratie, quand tu nous tiens bien
Qui n'est pas viscéralement attaché aux principes démocratiques? Rien n'est plus efficace afin de maintenir le statu quo que ce système, une fois que ce dernier est bien dévoyé par l'argent. En exigeant des millions et des millions afin de mener des campagnes électorales, il s'opère de facto une sélection parmi les candidats, de sorte que ce ne sont pas forcément les plus compétents – et encore moins les plus honnêtes – qui sont élus. En effet, il est avéré que, dans la large majorité des cas, ceux qui dépensent le plus d'argent afin de promouvoir leur candidature sont effectivement gagnants dans les urnes. Bref, en l'état actuel des choses, une élection est une question de pognon.
Songez un peu au tout récent exemple des Philippines. En 1986, Ferdinand Marcos Ier, le mari d'Imelda, est chassé du pouvoir par une contestation populaire après des élections truquées; l'argent peut aussi servir à cela. Il faut dire que sa présidence avait été marquée par la corruption et la mauvaise gestion, ce qui avait entraîné, on s'en doute, une forte grogne populaire.
Voici que son fils, Ferdinand II, vient d'être élu à la présidence avec une écrasante majorité. Dans son entourage, on compte les mêmes clans politiques qui avaient appuyé son père à l'époque. Bref, le peuple philippin n'en a pas eu assez d'une première rincée, il lui en faut une deuxième qui risque fort d'être gratinée.
Paradoxalement, la démocratie ne sert pas seulement de paravent à la corruption et à la gabegie. Elle peut aussi masquer des dictatures particulièrement violentes, comme c'est le cas en Ukraine. Nombre d'analystes se récrient lorsque des critiques mentionnent la présence de néonazis au pouvoir à Kiev. Ils en veulent pour preuve le faible nombre de députés d'extrême droite présents en chambre. Or, ces experts semblent avoir perdu de vue l'un des traits principaux du fascisme: ce dernier n'a cure de la composition des parlements. Il se contente d'agir, comme lors du massacre à Odessa en 2014, ou au Donbass par obus interposés, avec des disparitions d'opposants, l'abolition de droits civiques et la suspension des partis d'opposition, la plupart de gauche. Ce genre de choses qui se passe avec l'aval d'un gouvernement, fût-il de prétention démocratique, est effectivement la marque de l'extrême droite.
Les peuples semblent adorer l'extrême droite. Est-ce une passade propre à certaines époques?
Peut-être.
Une chose est sûre, cela n'a rien à voir avec une situation géographique. Il n'y a qu'à constater ce qui se prépare au sein même de l'Union européenne de nos jours.
Catalogue
Nuage noir
Sur le circuit Gilles-Villeneuve, un homme s’entraîne quotidiennement à vélo. Athlétique, il aime se griser de vitesse. Chaque jour le ramène en ce lieu où, grâce à l’effort physique, il parvient non seulement à oublier, mais également sublimer, ses soucis professionnels et sentimentaux. De plus en plus aliéné dans son travail – il est cadre intermédiaire dans un bureau d’ingénieur – , il craint d’être acculé à une mise à pied aussi proche qu’inévitable. En même temps, sa femme, qu’il soupçonne à juste titre d’infidélité, menace de le quitter et d’emmener leur fils et l’essentiel de leurs possessions. Ne trouvant d’évasion que dans la pratique du vélo, il se livre à cet exercice avec de plus en plus de détermination, presque de l’acharnement, à mesure que l’étau des contraintes se referme sur lui. Cette pratique physique prend, au fil des jours, une dimension spirituelle alors que la piste, fraîchement refaite, devient son interlocuteur avec lequel il partage le fruit de ses méditations et l’essentiel de ses craintes. D’abord en son for intérieur, puis à haute voix, le cycliste entame avec la piste un étrange monologue où, à chaque kilomètre, il raconte non plus seulement ses craintes et ses troubles, mais également où il se livre tout entier, sans tricherie ni fausse pudeur. Progressivement, cet étrange rapport devient davantage intime alors que, littéralement aspiré dans un état second, le coureur a l’impression que la piste l’entoure comme le ferait un nuage noir irradiant une chaleur qu’il ne trouve plus nulle part auprès des humains. Un jour, au creux du nuage, une voix l’appelle. Il s’engage alors entre lui et cette voix lointaine un dialogue curieux où les pensées du cycliste sont anticipées par la voix qui, apparemment, écoute sa complainte solitaire depuis un certain temps. Graduellement, la voix prend corps. Les pressions extérieures le rebutant de plus en plus, le cycliste étire ses sessions d’entraînement, prolongeant le dialogue avec la créature du nuage noir. Bien qu’il soit durement éprouvé par les circonstances, son attitude devient de plus en plus sereine envers et contre tout. Alors que ses collègues et sa femme, décontenancés devant son comportement apparemment déconnecté de la réalité, songent sérieusement à le faire interner, le cycliste multiplie les escapades au cours desquelles son entourage cherche en vain à le localiser. Pendant ce temps, le personnage du nuage prodigue au coureur son réconfort, dont le principal est de venir habiter le nuage avec lui, ce que le cycliste ne peut se résoudre à faire. Alors qu’il est dépossédé de sa maison, de sa famille et de son travail, il comprend que sa liberté est même menacée. La police retrouve son vélo abandonné sur la piste Gilles-Villeneuve.
– Jules Monette – 222 p. – 1995 – Moins un récit que l’établissement d’un climat, ce roman a été annoncé par la critique comme représentant à lui seul la renaissance du « nouveau roman » québécois. Devenu un incontournable en études contemporaines, il a longtemps été l’ambassadeur de notre littérature à l’étranger.
mardi 10 mai 2022
Tuez-les tous! Dieu reconnaîtra les siens.*
Laissez-moi vous présenter Yahya Sinwar. Il est le chef du Hamas, un mouvement palestinien actif principalement dans la bande de Gaza où il résiste au sionisme israélien. Nombre de pays ont déclaré ce mouvement terroriste de ce fait, et aussi parce qu'il se réclame comme étant résolument musulman.
En conséquence, faut-il s'étonner que tout le monde, en Israël – politiciens, journalistes et autres –, appelle à l'élimination physique de M. Sinwar, que ce soient des voix de la gauche ou de la droite, pour ne rien dire du centre?
Non, bien sûr.
S'il n'en tenait qu'au sionisme le plus strict, celui qui fut développé dans le cadre du fameux «Grand Israël», il n'y aurait personne qui ne soit juif subsistant entre le Nil et l'Euphrate, entre l'Oronte et la mer Rouge.
Alors, un Yahya de plus ou de moins, vous pensez…
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| Projet sioniste du «Grand Israël» |
lundi 9 mai 2022
Catalogue
La nounou du chien malade
Les Auppell, l’aïeule, les grands-parents, leur fille et son mari, et les enfants de ces derniers, forment une famille cossue et en sont rendus à s’ignorer la plupart du temps. Dans cet univers étouffant où les parents n’arrivent plus à se faire respecter de leurs enfants, quatre générations cohabitent dans une atmosphère glaciale où les attitudes, les comportements et les façons de faire sont, semble-t-il, figées pour toujours. Le seul membre de cette famille qui tient lieu de trait d’union pour cette humanité désarticulée est le chien de la maison. Or, un jour, l’animal tombe malade. Bien que la famille s’en trouve ébranlée, personne ne pense un instant changer d’attitude, mais l’inquiétude demeure tangible. Le vétérinaire que l’on fait venir à fort prix, de peur qu’un déplacement n’empire l’état de l’animal, diagnostique une maladie assez grave exigeant des soins constants. Dans la plupart des cas, explique-t-il, le seul traitement est l’euthanasie. Mais, devant les protestations que soulève la famille, il explique que, avec un traitement coûteux, il est possible de soigner le chien. Aussi suggère-t-il d’engager une infirmière, une jeune stagiaire en médecine vétérinaire qui, à ce moment-ci, a besoin d’un travail afin de compléter ses études. Dès son arrivée, la jeune femme ne laisse personne indifférent. Fort jolie, elle charme les hommes de la famille au grand déplaisir des femmes. Si la cadette se réjouit pendant un temps de la présence d’une personne à peine plus vieille qu’elle, elle prend vite la mouche lorsqu’elle constate l’intérêt de son père pour la nouvelle venue et qu’elle commence, à l’instigation de sa mère et de sa grand-mère, à craindre pour l’héritage. L’hostilité envers l’étudiante grandit en sourdine, car le sort du chien rejette au second plan toutes les autres considérations. Cependant, dans le secret de leur coeur les Auppell attendent avec impatience le plus petit signe de rétablissement de l’animal afin de mettre l’intrigante à la porte. Or, un soir où la tension est à son comble, l’altercation éclate entre la mère et la jeune femme. Alors que l’échange devient de plus en plus virulent, le clan apprend avec stupéfaction que la jeune femme est enceinte d’un des deux hommes de la famille, mais, satisfaite de son effet, refuse de préciser lequel. De difficile, la vie dans la grande maison devient rapidement intenable. De guerre lasse, la famille accepte de donner à la jeune femme un substantiel montant d’argent afin qu’elle aille se faire avorter, qu’elle ne remette plus jamais les pieds chez les Auppell et, surtout, qu’elle garde le silence sur toute cette affaire. Comme par miracle, le départ de la stagiaire semble permettre à cette famille déchirée de reprendre un semblant de vie normale. Un après-midi qu’ils ont décidé très exceptionnellement d’aller faire des courses au chef-lieu, ils aperçoivent la stagiaire et le vétérinaire occupés à rouler une poussette devant eux.
– Marina Sionnal – 296 p. – 1990 – C’est avec une patience d’horloger que l’auteur démonte ici les rouages d’une famille dysfonctionnelle auxquels l’intrigue ne sert finalement que de révélateur, mais un révélateur dangereusement efficace.
dimanche 8 mai 2022
Tiocfaidh àr là*
Il y a, comme ça, des élections qui passent totalement sous le radar. Ce n'est pas étonnant lorsqu'une guerre qui peut tout à fait dévisser en holocauste nucléaire fait rage.
Pourtant, ce qui s'est passé en Irlande du Nord est historiquement très significatif. En effet, avec en arrière-plan un Brexit des plus impopulaires, le parti des catholiques nord-irlandais, lesquels ont longtemps constitué une minorité, est sorti vainqueur du scrutin. Certes, par une marge très mince, mais il est significatif que, afin de préserver la paix et de contrer les effets délétères du Brexit, il dût y avoir des protestants nord-irlandais qui votèrent pour le parti voulant unir l'Ulster à la république d'Irlande.
L'île d'émeraude est-elle en voie d'être unie et indépendante pour la première fois depuis un millénaire? Espérons que ce jour viendra, ne serait-ce que pour montrer aux indépendantistes de tous les pays que la patience dans l'acharnement finit par payer.
* Notre jour viendra
samedi 7 mai 2022
Cas burqa
Coup de tonnerre dans le ciel de la condition féminine, aujourd'hui. On apprend que les talibans ont de nouveau imposé le port du voile intégral, c'est-à-dire la burqa, pour toutes les Afghanes.
Selon les militantes féministes d'ici, il s'agirait d'une atteinte à la liberté des femmes de là-bas, ce qui n'empêche pas ces mêmes militantes de défendre le port du voile islamique ailleurs dans le monde.
Par ailleurs, dans un tout autre ordre d'idées, je n'ai jamais rencontré une militante féministe prénommée Constance.
Ça viendra peut-être un jour.
vendredi 6 mai 2022
Catalogue
Notions après rasage
Dans un hôpital menacé de fermeture, le personnel se retrouve démobilisé devant les tâches qu’il a à accomplir. Dans un effort désespéré pour à tout le moins sauver les apparences devant la clientèle, l’hôpital décide d’installer des appareils d’écoute dans les aires où le personnel est au contact des patients. L’un des rares endroits encore à l’abri des oreilles électroniques est la salle d’opération. Un patient sous sédatif est amené auprès de deux préposés aux bénéficiaires, un homme et une femme, qui doivent procéder à son rasage. Tandis que les deux personnes s’affairent, il devient évident à leur attitude qu’il plane une certaine animosité entre eux. Lorsque le calme revient, on découvre que, sans que leurs collègues ne le sachent, ils sont amants et que leur couple traverse une période assez délicate où les récriminations vont bon train et où les soupçons, même les plus improbables en apparence, sont de mise. Comme le ton monte de plus en plus et que le rasoir, fût-il électrique, est manié de manière assez brusque, le patient sort de sa torpeur et s’adresse, au cours de la discussion, alternativement à l’un et à l’autre afin d’obtenir des éclaircissements. C’est ainsi que, au fil de ce jeu de questions et réponses, on assiste à toute l’histoire amoureuse du couple qui défile ainsi en une sorte de flash-back segmenté et soumis à des éclairages différents selon que l’on a droit à la version de l’homme ou à celle de la femme. Progressivement, le patient commence à porter des jugements et à attribuer les torts à l’un ou à l’autre. Lorsque le patient entre enfin en chirurgie, les deux protagonistes retirent une impression quelque peu irréelle de cette rencontre avec un inconnu qui a officié, le temps d’un rasage, comme l’aurait fait un psychologue. Quelques semaines plus tard, alors que le couple vient tout juste de rentrer du travail, la sonnette se fait entendre et, à son grand étonnement, le couple trouve sur le pas de la porte le patient de l’autre jour. L’intrus réussit à se faire inviter à passer la nuit, mais, évidemment, il s’incruste jusqu’à ce que, un matin, tandis que les deux hommes se font la barbe, le maître des lieux lui demande très civilement de partir. C’est alors que l’intrus explique qu’en échange du gîte et du couvert, il réussira à sauver la relation défaillante où est en train de s’abîmer le couple. Intrigué, l’homme, qui ne désire rien d’autre, se prête au jeu avec l’énergie du désespoir. Il se dessine alors une relation chargée d’érotisme au cours de laquelle ce triangle amoureux explore quantité de fantaisies licencieuses au sortir desquelles l’homme et la femme se retrouvent comme transfigurés. Un matin, alors qu’ils s’éveillent après une nuit de passion en compagnie de leur amant, ils ne trouvent de trace de lui que son rasoir laissé en évidence sur le rebord de l’évier de la salle de bains.
– Martin Gall – 308 p. – 1990 – Étrange allégorie axée autour du processus de rasage. Avec des accents irréels très marqués, c’est pourtant à une descente dans la banalité de la notion de couple que le lecteur assiste, jusqu’à ce que, sauvé par un érotisme débridé, l’amour resurgisse du gouffre où il s’était abîmé.
jeudi 5 mai 2022
mercredi 4 mai 2022
Catalogue
Ninon Niwi
Jeune femme au grand coeur, Ninon Niwi habite la réserve amérindienne. Elle fait partie d’une famille nombreuse et, bien qu’elle soit l’aînée, garde suffisamment de fraîcheur et de naïveté, malgré la pauvreté et l’hypocrisie qui l’entourent, pour continuer à croire au bonheur. Ninon n’est, en fait, qu’une enfant dans un corps d’adolescente. Cependant, son monde est vite chambardé lorsque sa mère meurt en couches et que Ninon doit assumer la responsabilité de la maisonnée, alors qu’elle commence à prendre soin de ses frères et soeurs ainsi que de son père. Pendant quelques années, elle remplit ainsi le rôle de mère de famille avec les soucis de tous ordres, financiers et autres, que cela suppose. Précocement usée par le travail, elle paraît très tôt plus vieille que son âge et, bien qu’acculée par la vie, elle continue à croire en un bonheur fuyant et insaisissable. Un soir, son père ne rentre pas du travail ; elle apprend des policiers venus sonner à la porte qu’il a succombé à un accident de travail. Désormais seule et privée de toute ressource, elle ne sait plus comment faire face à l’adversité. Ninon se laisse courtiser par un homme beaucoup plus vieux qu’elle, Mike, qui est un contrebandier notoire ayant des relations très étroites au sein du conseil de bande et de la police locale. Considérée comme un bon parti par les gens peu scrupuleux de l’endroit, Ninon ne lui accorde ses faveurs que pour subvenir aux besoins de sa famille. La vie se réorganise avec à sa tête Ninon qui, lors des absences répétées de son mari, assume l’autorité. Cependant, lorsque ce dernier est à la maison, elle constate avec étonnement que son rôle à elle se modifie selon les circonstances. Mais, progressivement, le conflit d’autorité s’installe dans la maison. Ninon, habituée à diriger lorsqu’elle est délaissée par son mari, accepte mal que celui-ci reprenne péremptoirement l’autorité au cours de ses brèves présences, d’autant plus que ses frères et soeurs refusent de le reconnaître en tant que chef de famille. Mike décide, contre l’avis de Ninon, de mêler le cadet à ses affaires louches. Lorsque le jeune homme est arrêté par la police, le conflit, jusque-là larvé, éclate. Mike, qui révèle alors ses dehors violents, menace Ninon de la tuer et de faire disparaître son corps de telle façon que nul ne la retrouve jamais. Battue, terrorisée, elle s’enfuit de la maison pendant plusieurs jours. À la fin, désemparée, démunie, elle rentre au bercail pour constater que son mari est absent. Pendant des jours, Ninon attend de ses nouvelles, en vain. Même les associés de ce dernier sont à sa recherche. Mike a disparu pendant l’absence de Ninon et, tandis que la police fait enquête dans la réserve, elle tente de découvrir la vérité au sein de sa propre famille.
– Judes Oka – 238 p. – 1989 – Pamphlet décapant contre l’hypocrisie d’une société aveuglément ploutocrate, le roman a d’abord été écrit pour la scène, au bénéfice d’un groupe de comédiens amateurs. La popularité de la pièce a cependant, depuis lors, été largement dépassée par celle du roman.
mardi 3 mai 2022
Cadieu ne plaise
On n'en a guère parlé – merci virus – mais, en 2021, l'armée du CAnada, et avec elle le gouvernement du pays susnommé, a été secouée par une pléthore de dénonciations de hauts gradés ayant été soupçonnés d'inconduite sexuelle. Il s'en est suivi une série de démissions, ce qui avait permis au Figaro, une publication française tout à fait crédible puisque très à droite, de titrer «L'armée canadienne décimée par des scandales sexuels.»
Afin de préserver leur réputation, certains militaires ont préféré démissionner, espérant ainsi éviter des poursuites. Le cas le plus connu fut celui de Trevor Cadieu – souvent appelé dans les médias Trevor Kadier (sic) – qui avait atteint le grade de lieutenant-général et qui, avant que des accusations soient déposées contre lui, devait occuper le rôle de commandant en chef de l'armée. Or, en avril dernier, M. Cadieu a décidé de prendre sa retraite en clamant son innocence. Cependant, comme l'affirme un article de la Corporation de radiodiffusion cAnadienne (CBC), le fait de prendre sa retraite ne le mettait pas de facto à l'abri d'une éventuelle cour martiale.
C'est ainsi que M. Cadieu a été nommé responsable d'un biolaboratoire ukrainien effectuant des recherches à caractère militaire pour le compte d'une agence du Pentagone. Il est à noter que, bien entendu, le principal intéressé n'était aucunement en mission pour le compte du gouvernement cAnadien.
Toujours est-il que l'ex-lieutenant-général a été capturé par l'armée russe la nuit passée à Marioupol, d'où il a été transféré à Moscou afin d'y être jugé. Cela signifie deux choses. Tout d'abord, que, si les Russes commencent à capturer des généraux, fussent-ils étrangers à l'Ukraine, c'est que les choses ne vont pas très bien pour ce pays. Ensuite, que les Russes parviendront peut-être à faire justice là où le CAnada a si lamentablement échoué.
lundi 2 mai 2022
Complot est-ce?
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| L'article ici |
Est-il complotiss que de s'en remettre aux statistiques? Si oui, ne lisez pas ceci. Sinon, imaginez l'hécatombe quand on en sera rendus à la septième dose.
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Nenf Eckneff
Blaise Saint-Just est un marin blanchi sous le harnais qui, presque arrivé à l’âge de la retraite, revient dans son village natal au hasard d’une escale de son cargo, le Nenf Eckneff, dans un port proche. Son village s’est mué, depuis son départ plus de vingt ans auparavant, en une ville prospère qui tire sa richesse de la pêche côtière et hauturière, mais qui commence déjà à éprouver les contrecoups de la rareté des stocks alors que les prises ont tendance à se raréfier et que la coopérative locale, qui n’est en fait qu’une compagnie exploitant honteusement le travail des pêcheurs, impose des quotas minimaux de plus en plus difficiles à atteindre. Blaise, à son arrivée, retrouve sa soeur et ses amis d’antan avec joie, quoiqu’il apprenne avec chagrin la mort de son plus proche ami, Miguel, l’équivalent du frère qu’il n’a jamais eu, lors d’un naufrage. Hésitant quant à son avenir, il n’arrive pas à se décider s’il restera dans cette ville qu’il ne connaît plus, ou s’il retournera à bord de son cargo. Il s’engage temporairement à la coopérative grâce aux bons offices d’un de ses amis, Target, fondateur et président de la compagnie. Au hasard de ses nuits d’errance sur le bord de la mer, alors que son choix commence à poindre et qu’il envisage de retourner à bord du Nenf Eckneff, il rencontre par hasard Zoot, une connaissance de sa jeunesse, devenu clochard hantant les docks et le port de pêche. Alors qu’ils vident tranquillement dans l’obscurité une bouteille de mauvais gin, Zoot raconte à Blaise que son ami Miguel a succombé à un sabotage de son navire orchestré par nul autre que Target. Horrifié, Blaise ne sait que faire. À la suite d’une sortie en mer, le bateau de pêche sur lequel il travaille vient près de sombrer et il le sauve en prenant les commandes. Dès lors, il mène sa propre enquête et découvre que Miguel, à l’époque de la création de la compagnie, avait tenté de rallier les pêcheurs au sein d’un syndicat, tentative qui avait avorté au moment de sa mort. Comprenant enfin les mobiles qui ont poussé à l’affrontement ses amis d’hier, Blaise ne peut réprimer son dégoût devant la machination ourdie par Target. À l’occasion d’une sortie en mer aux commandes du chalutier amiral de la flotte de pêche, le navire qui assure encore la survie de la compagnie, Blaise réussit à prendre les commandes seul en compagnie de Target. Il lui raconte alors ce qu’a été sa vie jusqu’à ce moment, une existence faite de déceptions et d’occasions brisées par le sort, une vie où les échecs ne l’avaient préparé qu’à ce moment, l’instant de la justice. Rendu impuissant par un fort sédatif, Target ne peut ni appeler à l’aide ni intervenir lorsque Blaise jette le chalutier contre un récif. Lorsqu’il retourne à bord du Nenf Eckneff, l’équipage ne parle que de cet étrange naufrage où un seul homme a perdu la vie : le président de la compagnie.
– Pierre Roffoi – 192 p. – 1989 – Roman fait de la grisaille du large et d’une insaisissable immanence qui plane à chaque page. Il emporte le lecteur et lui communique, en même temps qu’une grande soif de justice, le désir de larges horizons.



















