lundi 22 février 2016
dimanche 21 février 2016
Jeb!
C'est avec étonnement que les observateurs de la scène politique yankee ont appris hier le retrait de la course à l'investiture républicaine de John Ellis Bush, mieux connu sous le sobriquet de «Jeb». Dans les faits, il s'agit de la fin d'une dynastie, laquelle, à l'instar de la vaillante République démocratique populaire de Corée, avait vu le pouvoir exécutif transmis de génération en génération.
Pourtant, c'était avec une immense confiance que l'establishment républicain avait fondé ses espoirs en la personne de «Jeb». En effet, on croyait alors jouer sur les deux tableaux. Celui de la tradition, d'abord, puisqu'on pouvait compter sur le nom de Bush, derrière lequel se trouvait tout un réseau d'influence pouvant s'avérer profitable une fois son protégé bien assis dans le bureau ovale. Cela ne pouvait que plaire aux plus traditionalistes militants républicains.
Ensuite, il s'agissait d'un Bush nettement plus éveillé que son prédécesseur et pourtant aîné. Ainsi, laissant espérer que les gaffes passées ne se reproduiraient plus, il devenait envisageable qu'une frange moins conservatrice parmi les républicains se rallierait en masse à ce favori.
Enfin, ne négligeons pas non plus le fait que les moyens financiers mis à sa disposition furent colossaux, ce qui augurait au mieux pour sa campagne à l'investiture.
Ce fut la grande erreur des penseurs du parti et du clan Bush que de tabler sur – sinon l'intelligence – à tout le moins une moins grande ineptie de leur poulain. C'était méconnaître là, et ce profondément, la mentalité du militant républicain moyen. Non pas dépassé à gauche ou à droite quant à ses idées politiques, «Jeb» le fut par l'outrance et la bêtise. Donald Trump le condamna à un rôle secondaire et la baisse de régime que cela entraîna le vit être relégué, au final, à l'arrière-scène par les autres candidats.
Ainsi donc, l'establishment du Parti républicain n'a d'autre choix que de se rallier derrière un autre favori, surtout s'il est décidé à faire obstacle au mieux à Donald Trump qui, avec le tiers des voix républicaines, semble malgré tout en position relativement faible s'il veut s'imposer à l'encontre de la volonté des pontes.
Qui prendra la relève anti-Trump? Mystère. La question reste ouverte: «Quand est-ce qu'on dynastie?»
samedi 20 février 2016
Beau Lech Walesa
Qui ne se souvient avec émotion de l'épique combat du syndicat polonais Solidarnosc contre le méchant régime communiste du camarade Jaruzelski? Vous souvenez-vous que certains de vos potes avaient même collé une affiche rouge et blanche sur le mur de leur salon – leur chambre, s'ils voulaient impressionner les femmes – à la gloire de ce mouvement ouvrier et de la liberté qu'il prétendait défendre?
Le leader de ce syndicat s'appelait Lech Walesa. Son but avoué était la fin du communisme et il a combattu en ce sens jusqu'à la chute du socialisme en Europe de l'Est. Depuis, on l'a vu sur toutes les tribunes – et parfois sur place – pour défendre les révolutions dites «de couleur», que ce soit en Georgie, en Ukraine ou ailleurs. Il n'y a pratiquement pas un sujet, en Europe, en faveur duquel il n'a pas fait le pantin néolibéral.
Or, voici que des rumeurs persistantes sont attisées par des documents qui commencent à apparaître au grand jour et qui semblent étayer l'hypothèse que, pendant les années 1970 – soit avant la création de Solidarnosc –, il était un agent double des services secrets polonais, sous le charmant pseudonyme de «Bolek».
En bout de ligne, son acharnement à faire triompher le capitalisme l'a fait passer jusqu'ici pour un dilettante vendu. Mais, dans les faits, il n'aura peut-être été, finalement, qu'un traître professionnel.
vendredi 19 février 2016
jeudi 18 février 2016
mercredi 17 février 2016
Bombes pacifistes
De plus en plus, le débat porte sur la meilleure façon de combattre Daech, Al-Nosra et Al-Quaïda en Syrie.
Les Stazunis ont eu l'idée – qu'il faut au moins souligner pour son originalité – de bombarder, mais en visant à côté des cibles ou peut-être de bombarder avec de l'aide militaire. Élégant, mais pas très efficace si les terroristes sont vraiment les ennemis des Yankees. Un gros «si», en effet.
Les Russes, eux, mauvais joueurs et pas originaux pour deux sous, ont pensé qu'il serait mieux de taper dans le tas et d'envoyer d'autres types au casse-pipe. Ces derniers, les Syriens fidèles au régime et leurs alliés, se sont chargé d'occuper le terrain systématiquement à la pointe du fusil.
Personne n'a pensé que la meilleure stratégie consistait à priver les forces rebelles de leurs sources d'approvisionnement, lesquelles provenaient de la Turquie. En d'autres termes, si les autres nations voulaient vraiment venir à bout du terrorisme dans cette région du monde, c'est la Turquie qu'il leur faudrait bombarder de bout en bout, et pas avec des colis de la Croix-Rouge.
Or, la Turquie est un membre de l'OTAN. La charte de cette organisation stipule que, si un pays membre est attaqué, les autres doivent se porter à sa défense. Donc, si les Occidentaux bombardent la Turquie, il faudrait qu'ils se bombardent eux-mêmes aussi.
En n'ayant plus à déplacer leurs avions si loin, CAnada, Royaux-Munis, France et Stazunis pourront faire de colossales économies de carburant, ce qui les affranchira du besoin de tant contrôler les sources de pétrole et donc d'intervenir militairement à l'étranger.
Ainsi, les gens se bombardant eux-mêmes, la paix finirait par venir toute seule
mardi 16 février 2016
Quelle poutine!
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| Sur la photo ci-dessus, Vladimir Putin rigole intérieurement |
Selon les derniers chiffres publiés par l'Institut Bloomberg, il appert que la Russie a vu sa situation économique s'améliorer au cours des derniers mois. Voilà qui donne une riche idée de l'efficacité des sanctions économiques. Dans le même temps – et dans la même aire géographique – celle de l'Ukraine, pays politiquement, militairement et économiquement «appuyé» par les Stazunis, l'Europe et l'OTAN, s'est grandement dégradée. Non seulement l'économie accuse-t-elle un retard catastrophique, mais la corruption a atteint des niveaux jamais égalés dans ce pays livré au fascisme. Et dire que la corruption a été le prétexte choisi pour déboulonner l'ancien président Yanoukovitch!
Il est vrai que la chute concoctée des prix du pétrole a littéralement démoli d'autres ennemis des Yankees – le Venezuela, pour ne pas le nommer –, mais pas un des autres objectifs – comme saper les rentrées de devises de la Russie – n'ont été atteints.
Plus grave encore, toujours selon la même étude de l'Institut Bloomberg, si la situation économique – i.e.: l'indice de misère – s'était redressé aux Stazunis en 2014, passant de 11,0 à 4,6, la situation s'est de nouveau détériorée en 2015 avec un indice de 6,4.
Si Washington comptait sur les sanctions économiques pour saper le potentiel d'intervention à l'étranger de la Russie, il se pourrait bien qu'il se soit enferré dans son propre piège.
Curieux, avec l'Afghanistan, l'Irak et la Syrie, ce n'était pas leur genre…
vendredi 12 février 2016
Trudeau et la lune
Le premier ministre du CAnada, un certain Justin Trudeau m'a-t-on dit, a rencontré dernièrement le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon. En passant, il ne faut pas confondre ce dernier avec le regretté révérend Sun Myung Moon qui n'a avec lui aucun lien de parenté. Mais peut-être une certaine convergence politique.
M. Trudeau a profité de ladite rencontre pour exprimer son intention d'obtenir un siège au Conseil de sécurité de l'organisation internationale. On le comprend. Moi-même, j'avais exprimé le désir d'y siéger. D'abord, les fauteuils sont extrêmement confortables et d'une propreté irréprochable. Ensuite, le service de traiteur est de première qualité; le meilleur de New York. Enfin, les heures de travail sont brèves et les tâches elles-mêmes sont très légères. Il suffit de développer une facilité pour le chipotage et la perte de temps.
Malheureusement, l'autre soir, M. Ki-moon – ou est-ce M. Ban? – m'a téléphoné. Du moins, il me semble bien que c'est lui, ou alors était-ce peut-être le révérend Moon, le nouveau messie, qui me contactait d'outre-tombe. D'une politesse raffinée, voire même un peu cauteleuse, il m'a exprimé ses regrets à l'effet que ma candidature n'avait pas été retenue. En effet, l'Organisation avait préféré attribuer la place à un de mes voisins.
Alors bonne chance, M. Trudeau. Avant que mon voisin se désiste, il va couler du pétrole dans le pipeline Energy East!
jeudi 11 février 2016
USA, you essaies!
Vous connaissez le McGurk? Non, il ne s'agit pas d'une sorte de purgatif offert par une chaîne de restauration rapide yankee. Brett McGurk est «l'émissaire spécial du président Barack Obama pour la coalition internationale anti-djihadiste». En termes clairs, il s'agit d'un poste honorifique dépourvu de toute portée pratique en matière de politique internationale.
Et c'est fort heureux, car M. McGurk n'a pas l'air trop au fait de la réalité prévalant en Syrie, région dont il s'occupe tout particulièrement actuellement. En effet, il a déclaré – sans rire – que les frappes aériennes russes autour de la ville d'Alep (nord-ouest) favorisent directement l'essor de l'État islamique. Comment quelqu'un de – théoriquement – lucide peut-il affirmer une telle fausseté? Difficile à dire.
Il est vrai qu'il est un Yankee et que les Yankees ont passé une année à bombarder les positions de l'État islamique. Au cours de cette période, l'organisation terroriste n'a fait que se renforcer et gagner du terrain.
Dans ces circonstances, on peut comprendre que M. McGurk craigne que l'armée russe soit aussi inefficace que la sienne.
mercredi 10 février 2016
Eau-stérité
Que je sache, l'histoire n'a pas eu un grand retentissement du côté nord de la frontière. Cependant, elle a causé une certaine commotion aux Stazunis. Il s'agit de la question de l'eau potable à Flint, au Michigan.
Un peu d'histoire, d'abord. La ville, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Detroit, a longtemps été un centre de la production automobile, ce qui lui a conféré une solide prospérité. Cependant, au cours des années 1980, la compagnie General Motors a progressivement cessé ses activités industrielles, transformant de facto la municipalité en zone dévastée*.
Aujourd'hui, Flint cumule les records de chômage, de pauvreté et de criminalité. Quant à ce dernier aspect, il faut bien souligner que l'exacerbation de ladite criminalité n'est pas uniquement le fait d'individus démunis. Elle implique tout autant les dirigeants.
Évidemment, la décadence économique de Flint a entraîné d'insurmontables problèmes budgétaires. En conséquence, les autorités ont dû recourir à d'extrêmes mesures d'austérité afin de faire face à la crise. Ces mesures ont-elles permis de redresser la barre? Pas du tout. En définitive, et dans le meilleur des cas, l'austérité n'a fait que perdurer la situation catastrophique, quand elle ne l'a pas empirée.
À preuve, le scandale récent. Afin d'économiser un peu d'argent**, les responsables ont négligé les avis des scientifiques qui ont détecté la présence de plomb dans l'eau potable de la ville, apparemment due à la corrosion qui s'est attaquée aux conduits municipaux. Ils sont même allés jusqu'à empêcher l'information d'être diffusée dans les médias. Pendant 2 ans, la situation est restée sous le boisseau. Inévitablement, les problèmes de santé ont commencé à apparaître, ce qui a fait éclater toute l'affaire.
Aussi, permettez-moi un conseil. La prochaine fois que quelqu'un fera la promotion d'une éventuelle austérité budgétaire devant vous, dites-lui que cette personne n'a pas de plomb dans la tête.
* À ce propos, voir le film documentaire de Michael Moore, Roger et moi.
** Selon les experts, il en aurait coûté 100 $ par jour à la municipalité pour enrayer le problème.
Un peu d'histoire, d'abord. La ville, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Detroit, a longtemps été un centre de la production automobile, ce qui lui a conféré une solide prospérité. Cependant, au cours des années 1980, la compagnie General Motors a progressivement cessé ses activités industrielles, transformant de facto la municipalité en zone dévastée*.
Aujourd'hui, Flint cumule les records de chômage, de pauvreté et de criminalité. Quant à ce dernier aspect, il faut bien souligner que l'exacerbation de ladite criminalité n'est pas uniquement le fait d'individus démunis. Elle implique tout autant les dirigeants.
Évidemment, la décadence économique de Flint a entraîné d'insurmontables problèmes budgétaires. En conséquence, les autorités ont dû recourir à d'extrêmes mesures d'austérité afin de faire face à la crise. Ces mesures ont-elles permis de redresser la barre? Pas du tout. En définitive, et dans le meilleur des cas, l'austérité n'a fait que perdurer la situation catastrophique, quand elle ne l'a pas empirée.
À preuve, le scandale récent. Afin d'économiser un peu d'argent**, les responsables ont négligé les avis des scientifiques qui ont détecté la présence de plomb dans l'eau potable de la ville, apparemment due à la corrosion qui s'est attaquée aux conduits municipaux. Ils sont même allés jusqu'à empêcher l'information d'être diffusée dans les médias. Pendant 2 ans, la situation est restée sous le boisseau. Inévitablement, les problèmes de santé ont commencé à apparaître, ce qui a fait éclater toute l'affaire.
Aussi, permettez-moi un conseil. La prochaine fois que quelqu'un fera la promotion d'une éventuelle austérité budgétaire devant vous, dites-lui que cette personne n'a pas de plomb dans la tête.
* À ce propos, voir le film documentaire de Michael Moore, Roger et moi.
** Selon les experts, il en aurait coûté 100 $ par jour à la municipalité pour enrayer le problème.
mardi 9 février 2016
Toute petite, la planète
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis que la planète est devenue toute petite avec l'avènement d'Internet, il s'est produit un étrange phénomène. Quand on raconte que la planète est devenue toute petite, on veut essentiellement dire que n'importe qui dans le monde peut désormais entrer en contact avec n'importe qui d'autre. À condition d'avoir une connexion au Web et d'avoir de l'électricité dans sa communauté. Ce n'est pas encore le cas de tout le monde dans le monde, mais de beaucoup de monde.
Or, depuis que la planète est devenue toute petite, et que conséquemment tous peuvent échanger – ou à tout le moins donner leur opinion –, la situation a évolué très rapidement. Graduellement, les autorités ont commencé à développer des techniques afin, sinon de contrôler, au moins d'espionner tout ce qui se dit. Dans le même temps, des sociétés de l'électronique ont offert des services axés sur les individus permettant de noyer dans un immense bruit de fond les messages signifiants circulant sur la Toile: Facebook, Tweeter, Instagram, etc.
L'un dans l'autre, répression et insignifiance tendent à juguler le discours revendicateur avec leurs moyens combinés, quoique fort différents. Évidemment, comme l'ont démontré certaines «révolutions de couleur», les réseaux sociaux sont abondamment utilisés par la droite, ce qui nous laisse penser que, au fond, le Web a un certain penchant politique vers un côté de l'éventail.
Certes, la liberté d'expression survit en ligne. Cependant, déjà espionnée à l'interne, elle commence à être muselée en amont, comme en témoignent de plus en plus d'initiatives de censure, comme ce qui se passe présentement en Israël. Finalement, on est droit de croire que, plus nous disposons de moyens d'expression, moins nous sommes appelés à dire le fond de notre pensée.
Oui, la planète est devenue plus petite; et de bien des façons...
lundi 8 février 2016
Kwangmyong 4
Personnellement, je trouve plutôt rassurant de constater qu'il existe encore des pays qui n'hésitent pas à tenir la dragée haute aux maîtres du monde. D'autant plus rassurant lorsqu'il s'agit de petits pays qui préfèrent courir le risque de sanctions économiques, plutôt que celui d'une invasion de leur territoire. À cet égard, l'exemple de l'Irak est patent: croyez-vous que les Yankees auraient osé l'envahir s'il avait vraiment disposé d'armes de destruction massive? Les Stazunis sont souvent crétins, mais ils ne sont pas encore fous.
Alors voilà que la vaillante République démocratique populaire de Corée (c'est son nom véritable, «Corée du Nord» n'étant qu'un raccourci commode) vient de lancer un satellite en orbite portant le nom de Kwangmyong 4. La communauté internationale – les puissances occidentales, principalement – a condamné ce lancement. Était-ce un satellite militaire? Pas du tout. L'essai a-t-il représenté un danger pour des civils en quelque partie du monde? Non plus.
Alors pourquoi tout ce brouhaha? Parce qu'on avait interdit à la RDPC de le faire. Oui, car quand ce pays procède à la mise en orbite d'un engin, c'est forcément un essai déguisé du tir d'un missile balistique. Ce qu'il y a d'amusant avec l'attitude des maîtres du monde, c'est qu'ils décrient le retard de la Corée du Nord, un pays communiste orthodoxe, et qu'ils le critiquent vertement lorsqu'il cherche à progresser.
Or, les Occidentaux, Stazunis en tête, savent parfaitement que le jeu de la RDPC est purement défensif. Dès lors pourquoi les protestations sont-elles si fortes? Mais c'est tout simplement la réaction normale d'un fier-à-bras de cour d'école qui ne peut supporter qu'on lui tienne tête.
Si les petits refusent de plier devant lui, qu'en sera-t-il un jour des plus grands?
samedi 6 février 2016
Charité bien coordonnée
L'Église catholique demeure probablement l'organisation dont les ramifications hiérarchiques sont les plus développées. On trouve du catho à peu près partout, sur tous les continents et dans tous les pays; en proportions variables, il est vrai. Et qui dit hiérarchie, dit également constance du discours.
En ce moment, face à la crise des réfugiés dans laquelle l'Europe se trouve empêtrée, les réactions vont bon train. Par exemple, en Belgique, le gouverneur de Flandre occidentale appelait dernièrement à «ne pas nourrir les réfugiés», sous le prétexte qu'autrement d'autres migrants viendraient à leur tour.
Mais le foyer de la crise migratoire se trouve en Allemagne, le pays dont l'économie est la plus dynamique et donc la plus attirante pour ceux qui cherchent à refaire leur vie fracassée par la guerre et le terrorisme, entre autres. Là, les réactions sont plus extrêmes encore. À preuve, la déclaration de Frauke Petry, la présidente de Alternative für Deutschland (AfD), un parti allemand d'extrême droite, qui a jugé dernièrement que son pays devait pouvoir recourir aux armes pour protéger les frontières contre l'afflux de migrants.
Le pape, Frenchie One, de par les exigences de son boulot, a été plus conciliant. Il avait affirmé, en septembre dernier, qu'il fallait traiter le problème à sa source. Il s'en était suivi sa coutumière liste de vœux pieux – sans jeu de mots – où il suggérait de changer la donne socioéconomique et de cesser les conflits armés. Évidemment, sans jamais dire comment, et encore moins se retrousser les manches pour le faire, question de les garder immaculées. Il avait tout de même glissé dans son discours que les mouvements migratoires posaient un risque quant à la sécurité.
Eh bien, son employé, le président des la Conférence épiscopale allemande, le cardinal Reinhard Marx, a repris ce discours là où le pape l'a laissé et a signifié récemment que l'Allemagne ne pouvait pas «accueillir tous les nécessiteux du monde». Pour se donner bonne conscience, il a souligné qu'il s'inquiétait de ce que, si elle n'était pas contrôlée, l'immigration massive allait engendrer une montée de la xénophobie dans son pays qui a connu dans le passé une tendance vers l'extrémisme de droite (quel euphémisme!). C'est vrai et, à cette époque «d'extrémisme de droite», faut-il le rappeler, l'Église catholique marchait main dans la main avec le pouvoir.
Le cardinal Marx – ça fait tout de même drôle d'adjoindre ces deux mots... – a insisté sur le fait que la situation ne devait pas être considérée uniquement en fonction «de la charité, mais également de la raison». «Charité», le grand mot était lâché. En d'autres termes, selon le cardinal, combien cela allait-il coûter?
Qu'est-ce que ça peut lui foutre à lui? Jamais personne n'a vu l'Église catholique lâcher le moindre centime, elle qui ne paie déjà ni taxes ni impôts. Alors ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer, et encore moins en Allemagne!
mercredi 3 février 2016
CQFD sécurité
Au-delà de son aspect résolument émotif – tout au moins dans l'Ouwess du CAnada – la question du projet Energy East n'a certes pas été vraiment débattue, sinon par une minorité de gens.
Sur le plan de la désinformation, quantité d'arguments ont été avancés par les apologistes du projet. Il a été question de richesse collective, d'unité nAtionale, d'avenir commun et de respect réciproque – quoique, dans ce dernier cas et de manière antinomique, exclusivement à sens unique.
On a fait valoir, en outre, un argument environnemental et sécuritaire. En effet, les défenseurs des sociétés pétrolières de l'Alberta insistent sur le fait qu'il est moins dangereux de transporter leur produit par pipeline que par train.
Tout d'abord, la chose demeure à prouver.
En effet, les dégâts environnementaux occasionnés par des fuites dans des pipelines ont été beaucoup plus destructeurs pour l'environnement que les déraillements de wagons citernes. J'en veux pour exemple celui de Kalamazoo.
Ensuite, s'il était vrai que le transport par pipeline est moins risqué, c'est peut-être parce que la sécurité ferroviaire a été plus que négligée au fil des ans. Aujourd'hui, le matériel roulant, les tristement célèbres DOT-111, sont d'un modèle dont la conception remonte à plusieurs décennies. Ses lacunes, justement sur le plan de la sécurité, sont connues depuis plus de 20 ans. Et passons sous silence la question de leur entretien, sur laquelle je ne possède pas de données fiables. Ça vaut peut-être mieux; il y a une ligne de chemin de fer passant à 500 m de chez moi…
Et puisqu'il est question d'entretien, n'oublions pas de mentionner que celui des voies de chemin de fer a aussi subi le contrecoup des compressions budgétaires.
Or, si des négligences sont à noter quant au transport ferroviaire, qui peut garantir que les infrastructures relatives au transport par pipeline ne seront pas à leur tour négligées au bout de une ou deux décennies? Nous savons déjà qu'elles le seront.
Enfin, personne n'a posé la question qui tue aux responsables. Admettons que le transport par pipeline présentera moins de risques quant à l'acheminement du pétrole. Est-ce qu'il se substituera au transport ferroviaire ou ne fera-t-il que s'y ajouter?
CQFD sécurité.
mardi 2 février 2016
Un nouveau record!
Le «nouveau» ministre de l'Éducation du Québec, le très cultivé Pierre Moreau, a annoncé, par la bouche d'une porte-parole, qu'il était en congé forcé.
On se souviendra que, la semaine dernière, il avait eu un malaise le jour de l'assermentation des ministres, au lendemain du remaniement tenu par le plus que clairvoyant Philippe Couillard (le nom est marrant). En fait, M. Moreau avait quitté, inconscient, le salon rouge de l'édifice de l'Assemblée nationale sur une civière à la suite, semble-t-il, d'une chute de pression.
J'ai eu beau chercher, mais je n'ai pu trouver de confirmation à l'effet qu'il aurait subi son malencontreux malaise avant ou après avoir prêté serment. Si ce fut avant, notons que, techniquement, il n'est pas encore ministre. Si c'est après, il s'agit d'un record dans le domaine: le plus court laps de temps où un ministre de l'Éducation est resté en poste avant de devoir prendre du repos. (Qu'on se souvienne de ce qui advint de la surette Line Beauchamp et de la crispée Michelle Courchesne.)
Son bureau nous assure que M. Moreau sera en poste sous peu. Nos meilleurs vœux l'accompagnent et nous formulons tous les espoirs que son retour sera prompt, car il est incontestable qu'il fera des étincelles à l'Éducation.
Qu'il ait soin tout de même de ne pas mettre le feu, comme cela arrive à certains inconscients.
On se souviendra que, la semaine dernière, il avait eu un malaise le jour de l'assermentation des ministres, au lendemain du remaniement tenu par le plus que clairvoyant Philippe Couillard (le nom est marrant). En fait, M. Moreau avait quitté, inconscient, le salon rouge de l'édifice de l'Assemblée nationale sur une civière à la suite, semble-t-il, d'une chute de pression.
J'ai eu beau chercher, mais je n'ai pu trouver de confirmation à l'effet qu'il aurait subi son malencontreux malaise avant ou après avoir prêté serment. Si ce fut avant, notons que, techniquement, il n'est pas encore ministre. Si c'est après, il s'agit d'un record dans le domaine: le plus court laps de temps où un ministre de l'Éducation est resté en poste avant de devoir prendre du repos. (Qu'on se souvienne de ce qui advint de la surette Line Beauchamp et de la crispée Michelle Courchesne.)
Son bureau nous assure que M. Moreau sera en poste sous peu. Nos meilleurs vœux l'accompagnent et nous formulons tous les espoirs que son retour sera prompt, car il est incontestable qu'il fera des étincelles à l'Éducation.
Qu'il ait soin tout de même de ne pas mettre le feu, comme cela arrive à certains inconscients.
lundi 1 février 2016
L'indépendance libérale
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Ainsi, le Québec a été accusé de tous les maux – avec tous les mots –, depuis celui d'«égoïste» jusqu'à celui d'«inconscient», et ce, même par les défenseurs les plus tonitruants de l'environnement.
Justin Trudeau, par la grâce de dieu et l'incompétence des électeurs, premier ministre du CAnada, y est même allé de déclarations se voulant à la fois lénifiantes et plutôt favorable au projet.
Philippe Couillard (le nom est marrant), par la grâce de dieu et l'amnésie des électeurs, premier ministre du Québec, a affirmé que sa province jouissait de sa pleine indépendance décisionnelle. De surcroît, il a souligné que son gouvernement allait évaluer soigneusement le projet Énergie-Est.
Il n'en sera que plus crédible, dans quelques mois, lorsqu'il lui donnera son approbation pleine et entière en cédant encore une fois sur toute la ligne face au CAnada.
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