mardi 17 mars 2015

Pluie Nord



Le gouvernement du PLiQ, inébranlablement en poste à Québec, a déniché un autre 120 millions $ à donner aux entreprises qui pillent nos ressources. Bref, encore un tour dans la manivelle à serrer la ceinture.

L'austérité n'aura jamais si belle allure, tandis que les dollars vont pleuvoir dans les régions septentrionales, avant de couler doucement vers la Barbade, ou un autre paradis fiscal, avant même d'avoir touché le sol.

Il paraît que la mine Arnaud est, selon les responsables, «un projet exemplaire de développement durable».

Le développement, je n'en suis pas convaincu. Mais ce qui sera certainement durable, ce seront les monticules de déchets miniers qui vont suppurer leurs poisons dans les cours d'eau longtemps après que le «développement» se sera rendu au bout de ses subventions.

Ça, ça ne coulera pas jusqu'à la Barbade.

lundi 16 mars 2015

Bingo!



Vous ne trouvez pas que l'actualité répressive évoque de plus en plus un jeu de société?

Loi 78, règlement P-6, C-51. Bingo!

Remarquez que le terme «bingo» désigne aussi les émeutes qui se produisent à intervalles réguliers dans l'univers carcéral.

Amusant de constater que, si ça continue, la prison sera le seul endroit où nous pourrons encore nous exprimer librement.

vendredi 13 mars 2015

Royaume pelleté




Ça brasse au Royaume.

En effet, l'industrie forestière occupe en ce moment l'avant-scène. La papetière PFR (Produits Forestiers Résolu), gros employeur du Saguenay–Lac-Saint-Jean, a perdu sa certification FSC (Forest Stewardship Council). En d'autres termes, elle a démontré au cours de ces dernières années qu'elle n'avait pas la capacité – ou peut-être la volonté – d'exploiter la ressource (lire: la forêt) dans une perspective de développement durable.

L'organisation Greenpeace est aussitôt entrée en action en menant une campagne de sensibilisation afin que les clients de ladite papetière changent de fournisseur. Évidemment, ce genre de chose ne fait pas un pli sur la différence, puisque ces campagnes restent d'ordinaire lettre morte. Or, cette fois – qui n'est pas coutume –, un gros client a décidé de s'approvisionner ailleurs, au point qu'on craint maintenant pour l'avenir des trois usines à papier de PFR.

C'est ce qui explique pourquoi le clown de Saguenay (la ville, pas la rivière) est monté au créneau dernièrement pour s'en prendre aux «intellectuels et aux écologiss, là-là», deux catégories auxquelles il n'appartiendra jamais.

Comme la situation semble préoccupante, le révérend père Couillard (le nom est marrant) est également intervenu dans ce dossier. Plus mesuré, paternaliste et quelque peu réducteur, il a appelé Greenpeace à penser aux travailleurs qui risquent maintenant de perdre leur emploi. Évidemment, le but des écologistes n'est pas de reléguer au chômage les travailleurs, mais d'inciter les papetières à adopter un comportement éco-responsable. Mais bien entendu, le révérend père n'ira jamais aussi loin que de faire la leçon aux exploiteurs.

Lorsque Philippe Couillard (le nom est marrant) demande à quelqu'un de penser aux travailleurs, on a comme qui dirait l'impression qu'il pellette ses responsabilités dans la cour du voisin.

jeudi 12 mars 2015

Guéguerre civile


Si la situation dégénère encore un peu aux Stazunis, ce pays risque de se trouver plongé dans une deuxième guerre civile. Quand je pense que des esprits assez peu au fait des réalités avaient eu le culot d'y raconter que la question raciale avait été résolue depuis les années 1960...

C'était bien la peine de se donner un président en partie noir si c'était pour fouler aux pieds les droits de ceux qui le sont complètement.

mercredi 11 mars 2015

Soyez tranquilles



Peter Maqué, le ministre de la Sécurité publique à qui la nature a donné la gueule de l'emploi, s'est fait rassurant, hier, au sujet du projet de loi C-51. Vous savez, le projet de loi antiterroriste qui donnera encore plus le droit aux forces dites de l'ordre de fouiller dans votre vie privée et de vous espionner à loisir. Et je ne parle pas des arrestations arbitraires...

En effet, il a insisté sur le fait que les «manifestations légitimes qui ne sont pas contraires au code criminel» seraient exclues de la nouvelle loi. Tout au moins est-ce ainsi qu'il faudrait la lire «de manière étroite». À l'avantage des acteurs tout aussi antiterroristes qu'antidémocratiques, personne ne s'est donné la peine de demander ce qu'était une «lecture étroite» (d'esprit?) avec précision.

Par ailleurs, personne n'a pris la peine non plus de souligner que la définition d'une manifestation légitime conforme au droit criminel ne pourrait être reconnue comme telle qu'après coup, laissant toujours le loisir à l'appareil répressif de faire à sa tête sur le moment. J'allais dire «sa tête de cochon», mais je ne voulais pas établir de parallèle animalier avec nos vaillants défenseurs des lois bourgeoises.

Bref, vous n'avez rien à craindre si, en plus de lui fournir les moyens, nos gouvernements donnent la caution légale à la police – et pas seulement celle qui est secrète – de faire comme elle veut en tout temps.

Je ne croyais pas, un jour, m'ennuyer de l'époque où la GRC mettait le feu aux granges. Au moins, alors et au bout de quelques années, on finissait par la blâmer du bout des lèvres pour de telles malversations.





mardi 10 mars 2015

Bébé là-là!



Décidément, le paysage politique serait bien terne sans les édiles (pickle?) du monde municipal…

Lors de sa dernière sortie, pas plus tard que ce matin, Jean Tremblay a lancé un vibrant appel populiste visant à embrigader les syndicats afin de résister aux forces implacables des intellectuels et des environnementalistes réunis. Allant aussi loin qu’il est permis d’aller sans encourir une arrestation pour menaces et intimidation, il a affirmé que si ces derniers se présentaient à «son» hôtel de ville, il les jetterait par la fenêtre.
À bien y penser, de telles paroles ont déjà envoyé en taule quantité d’internautes. Mais, eux, savaient écrire, alors ils étaient dangereux. En plus, on sait que la petite chenille à poil de Saguenay aurait bien du mal à ouvrir ladite fenêtre, encore plus à soulever à bout de bras un corpulent intellectuel à la pesante matière grise.
Non mais quand je disais «gros épais obtus et prétentieux», hier, avouez que je n'ai rien inventé!

lundi 9 mars 2015

Lala las




Quel dommage, tout de même...

Jean Tremblay, un fondamentaliste religieux rétrograde, dépassé et méprisant envers tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

Il aurait été parfait en politique fédérale!

Remarquez que, en tant que gros épais obtus et prétentieux, il n'est pas mal en politique municipale non plus.

samedi 7 mars 2015

Pouet-pouet!

Peu de gens sont au courant, mais une rumeur entêtée, à Québec, raconte que le ministre des Transports, Robert Poëti, ex-flic, a hérité d'un nouveau surnom dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Est-ce bien Christine St-Pierre, à l'imagination toujours si débridée, à qui on doit cette initiative? On peut en douter.

Évidemment, ce genre de chose n'est pas fréquemment la marque d'une admiration sincère ou d'une profonde estime à l'endroit des talents innés de la personne visée. Tout au plus, cela peut-il indiquer une forme d'affection plus ou moins condescendante, et ce, uniquement dans le meilleur des cas.

Il faut dire que, eu égard aux fonctions actuelles de M. Poëti, le surnom de «Pouet-pouet» lui irait comme un gant, si tant est que le bruit – sans jeu de mots – soit fondé.

Je rêve du jour où sa somptueuse limousine se retrouvera coincée, avec lui à son bord évidemment, dans un embouteillage. À ce moment, il fera effectivement «Pouet-pouet»!


vendredi 6 mars 2015

Poudre liquide

La vigilance d'héroïques employés a permis de juguler une potentielle agression terroriste commise aux dépens des bureaux de quatre députés conservateurs fédéraux ayant leurs circonscription au Québec.

En effet, des enveloppes contenant une poudre blanche leur avait été envoyées par la poste. La réaction des personnes assignées au dépouillement du courrier a été opportune et immédiate. Toutes activités cessantes, elles ont averti les autorités, lesquelles ont acheminé à des laboratoires sécurisés les plis potentiellement contaminés par un quelconque agent chimique toxique.

Il faut souligner ici la promptitude des principaux intéressés dont l'expérience dans ce genre de situation a sans doute été plus que salutaire. En effet, il est immédiatement apparu que lesdites enveloppes présentaient un aspect extrêmement douteux, étant de couleur blanche et ne contenant pas d'argent liquide.

jeudi 5 mars 2015

Le bal des balles

Épisodiquement, un rapport déplorant la méconnaissance de la langue parmi les étudiants de niveau supérieur finit par se frayer un chemin en dehors des canaux officiels. Son arrivée dans l'espace public provoque toujours les mêmes réactions. L'étonnement, d'abord, comme si la chose était totalement inconnue, voire imprévisible, malgré le fait que, jour après jour, cette carence est constatée au sein des institutions d'enseignement.

La déconvenue, ensuite, car cet état de fait est universellement déploré, d'abord et avant tout par ceux-là mêmes qui l'ont provoqué, laissé faire ou encouragé.

Viennent en troisième lieu les engagements divers visant à redresser la situation, surtout auprès des futurs enseignants de la langue française, lesquels, au final, ne sont guère mieux lotis sur le plan de la connaissance linguistique que le reste.

Finalement, la poussière termine sa chute, pas toujours lente, et c'est au tour de l'amnésie d'intervenir, celle qui fige la situation au stade de statu quo jusqu'à la prochaine fuite, permettant à tous les intervenants – au nombre desquels nous comptons nous-mêmes – de regarder ailleurs entre-temps.

Lorsque John George Lambton* avait écrit, en 1839, que les Canadiens français étaient un peuple sans histoire, sans éducation et sans avenir, qu'il convenait d'assujettir à la belle et vigoureuse culture britannique, il n'avait pas tout à fait tort. Il aura fallu attendre que ceux qui sont censés enseigner la langue ne la maîtrisent plus. John George se sera trompé d'époque, tout simplement.

L'ignorance, surtout en matière linguistique, ouvre la voie à l'assimilation en bonne et due forme. Et ce, avec d'autant plus de facilité qu'un usage correct du français est le plus souvent décrié, de nos jours, comme une marque de snobisme ou d'élitisme.

C'est fort tout de même: respecter sa propre culture est devenu répréhensible.

On ne peut parler de suicide car, pour se suicider, il faut se tirer une balle dans la tête. Cela devient impossible dès lors qu'on se l'est déjà tirée dans le pied.


* Également connu sous le charmant sobriquet de lord Durham.

mercredi 4 mars 2015

Lulu l'oseille


mardi 3 mars 2015

Bombe boum

Mon bon ami, le pacifique, honnête, intègre et mesuré Benyamin Netanyahou, a déclaré devant le lobby pro-israélien à Washington qu'il était du devoir des nations du monde d'empêcher l'Iran d'avoir l'arme atomique.

D'aucuns pourraient penser que Benji prend cette position par pacifisme. Alors, là, ils n'y sont pas du tout.

D'autres croient qu'il parle ainsi afin de renforcer la sécurité internationale ou parce qu'il a peur qu'un adversaire régional utilise éventuellement une telle arme contre son petit État – petit en termes de superficie, attention, ce qui ne l'empêche pas de constituer un des plus imposants arsenaux, toutes proportions gardées.

Tout ce beau monde est dans l'erreur.

Non, si le premier ministre d'Israël est braqué à ce point contre la possibilité que l'Iran développe une arme nucléaire, c'est par jalousie.

En effet, c'est un secret de Polichinelle qu'Israël a à sa disposition des bombes atomiques, gracieusement fournies par le gouvernement yankee. Or le grand paradoxe, dans tout ça, c'est qu'Israël possède des armes nucléaires, mais n'a pas la capacité d'en fabriquer encore. À l'inverse, peut-être prochainement, l'Iran aura-t-elle la capacité d'en produire, mais n'en possède pas encore.

Bref, Benny est vert de dépit.

Qu'on se console, cependant. L'envie est assurément le moindre des défauts de ce cher Benjamin.

lundi 2 mars 2015

Grand large



Le rigoureux et austère premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard (le nom est marrant) a affirmé, à l'ouverture de sa visite officielle en France, qu'il désirait élargir la relation Québec-France.

Cependant, les journalistes du Figaro, pourtant d'ordinaire tellement pointilleux, ont négligé de lui demander exactement ce qu'il entendait par cette affirmation. Voulait-il dire que, la prochaine fois qu'il se ferait payer un voyage officiel par l'État français, il tenterait de l'élargir sur deux semaines plutôt que seulement cinq jours? Ou bien voulait-il dire que, la prochaine fois, il allait amener avec lui la totalité du conseil des ministres?

L'affaire est à suivre, mais d'ores et déjà, l'ensemble des payeurs de taxes des deux côtés de l'Atlantique espèrent que, en autant que le large soit concerné, il puisse le prendre pour de bon.

vendredi 27 février 2015

Coup de Bolduc



Hier, le compétent et très à-propos ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport (sic), nul autre que le docteur Yves Bolduc, a annoncé sa démission.

Il est vrai qu'on avait constaté que, à titre de médecin, il gagnait considérablement plus qu'en tant que ministre. À moins – ce qui est par ailleurs impensable de la part d'un haut responsable libéral – qu'il ne reçoive quelques émoluments insérés dans de jolies enveloppes, colorées ou pas.

En tant que citoyen, il vous reste à espérer que, contrairement à ses habitudes profondément ancrées, il ne se rétracte pas d'ici peu.

jeudi 26 février 2015

Manifestes tensions




Il n’y a rien pour remplacer les manifestations. C’est à coups de manifestations qu’on a fait reculer le gouvernement libéral, en 2012. Il n’y a pas de raison pour que ça ne fonctionne pas une nouvelle fois. Évidemment, ça va prendre bien des coups de cuillère à pot sur les casseroles.

Heureusement qu’il reste les étudiants pour insuffler un vent de contestation dans la société québécoise! Parce que, le reste, ce n'est vraiment pas brillant. Depuis les partis politiques jusqu’à la société dite civile (sic), en passant par les syndicats, on dirait que tout le monde se fout de l’avenir – et tout autant du présent.

En passant, maudit bon slogan, je trouve.

mercredi 25 février 2015

mardi 24 février 2015

Impose la pause

Paraîtrait-il qu'un climat délétère s'est installé au sein de l'auguste Université du Québec à Morial, dite UQAM, à tel point qu'une lettre circulaire a été envoyée à la communauté universitaire signée, entre autres, par le vice-doyen de la faculté de science politique et 13 professeurs.

On y dénonce le «harcèlement», l'«intimidation», les «perturbations» et le «vandalisme» qui sont régulièrement perpétrés à l'intérieur des murs. En effet, des groupes d'étudiants contestataires expriment leurs opinions dissidentes sur divers sujets, dont entre autres l'austérité proclamée unilatéralement par le gouvernement, l'oppression criminelle menée contre les Palestiniens ou l'exploitation sauvage des hydrocarbures.

Sur la question du vandalisme, une autre source, qu'il serait oiseux de nommer ici, déplore qu'il entraîne des coûts de plusieurs milliers de dollars annuellement, ce qui prive effectivement un autre éléphant blanc du type «îlot Voyageur» d'un sous-financement adéquat.

Enfin, pour en revenir à la lettre du vice-doyen, on y explique: «Nous refusons catégoriquement qu'une minorité – de quelque couleur politique qu'elle soit – s'impose ainsi à l'UQAM.»

De une, je ne suis pas si sûr que la tolérance de l'auguste institution ne serait pas décuplée devant des manifestants favorables au gouvernement.

De deux, je crois que la lettre comporte un lapsus, «s'impose ainsi» semble s'être substitué à «s'exprime».