mardi 26 mai 2009

Bave

Le bon parler frança
Fiche linguistique numéro 8

La bave des bavards

Il y a la bave des crapauds, la bave des baveux, la bave des bavards. Il y a aussi des omelettes baveuses, des bavettes et des bavures policières... Le sens de «salive» que l'on donne maintenant à la bave a mis quelques siècles à d'établir et a supplanté le terme «bavardage» issu de «baba», mot mignon désignant, depuis le XVe siècle, le babil des bébés baveux.

«Bavarder» pouvait donc être pris en un sens tout à fait respectable. Vous avez peut-être vu sur vos photos de bébés que vous baviez. L'innocence, sans doute. Et ça coulait droit. «Baver» a pris la tournure qui nous occupe au XVIIIe siècle (dixit Le dictionnaire Robert). Ce qui a fait le mot «bavarder», avec le mépris que cela peut comprendre. Ça doit être à cause des avocats qui postillonnaient en plaidant.

Dans le même ordre d'idée, notons que l'expression «en baver» voulait dire «être ébahi» («Que j'en bave d'envie») avant de prendre le sens souffrant («Que j'en bave!») que l'on connait maintenant. Ça c'est depuis le début du XXe siècle.

Tiré du Dictionnaire absurde du vrai français étonnant, 15 678 pages, Montréal, Absurdistan unie, Éditions vacillantes, 875,99$.

À propos de la révolution...

Éphémérides: 26 mai
Moondog



Né le 26 mai 1916, musicien, poète et eccentrique à temps plein, il s’appellait Moondog. Son vrai nom, Louis Thomas Hardin, est largement oublié. Ceux qui l’ont vu en mendiant aveugle à New York dans les années 60 et 70, avec ses toges et son casque cornu, l’appelaient le Viking de la Sixième Avenue. Qui aurait pu imaginer qu’il était compositeur de génie?

Ses enregistrements, souvent réalisés avec des instruments qu’il avait inventé, annonçaient Philip Glass ou Steve Reich. Éventuellement, on le reconnaît comme un maître du contrepoint. Invité en Allemagne au début des années ’70, il y reste jusqu’à sa mort en 1999. Ses oeuvres continuent d’étonner.

Sur le premier clip, en haut, des photos de Moondog sur trame hypnotique de Viking 1. Sur le deuxième clip, uniquement audio, sa pièce la plus connue, Bird’s Lament, un hommage à Charlie Parker.



Écoutez et envoûtez-vous.

Le spécial de minuit six | Louis Chedid

Ainsi soit-il! | Louis Chedid (1981)

lundi 25 mai 2009

Beau à hurler à la Lune

Ça commence par une blague de geeks et ça finit en phénomène de mode: comment un fabricant de tee-shirts américain a augmenté ses ventes de 2.300%.

Jusqu'à peu, les tee-shirts estampillés «The Mountain» n'intéressaient personne. Il faut dire qu'il ne sont pas d'une élégance certaine: ours polaire souriant à une aurore boréale en fond violet criard, visages d'indiens superposés sur des signes ésotériques, gros plan sur le regard d'un bonobo…

Si tous les goûts sont dans la nature, les clés du succès se trouvent sur Internet. En mettant en vente ses produits sur Amazon, la compagnie ne s'attendait pas à voir son tee-shirt «Three wolves moon» (trois loups hurlant à la pleine lune) figurer parmi les meilleurs ventes: ses commandes ont augmenté de 2.300%. Le fabricant a depuis prévu d'en fabriquer 400.000 de plus.

Le beau succès des tee-shirts moches
Victor Joanin | Rue89 | 25/05/2009

Le cri de Wilhelm



Au cinéma, les bruitages sont souvent repiqués d’un film à l’autre. Tonnerre, explosions, grondement d’avion et ainsi de suite, des banques d’effets sonores sont disponibles à bas prix pour garnir les bandes sonores. En 1977, l’ingénieur du son Ben Burtt, responsable du montage audio de Star Wars, cherche un cri sec pour ponctuer une scène où Luke Skywalker zappe un ennemi. Il trouve l’effet désiré, un cri intitulé “homme mordu par un alligator”, tiré d’un Western tourné en 1951 et déjà repris dans une vingtaine de films.

Burtt utilise le cri deux fois dans le film, puis il en fera son fétiche, insérant l’effet sonore dans tous les films auxquels il travaille. Avec le temps, les confrères de Burtt embarquent et le gag prend de l’ampleur. Aujourd’hui, “le cri de Wilhelm” retentit dans une dizaine de films par année. Le plus récent: Watchmen.

Voici une liste de quelque 150 films qui ont samplé le cri.

Soliloque

Carnival of Souls | Herk Harvey (1962)

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Dans La Presse d’aujourd’hui, Mario Roy poursuit sa réflexion sur la culture de la peur dans un article intitulé Terreur à Hérouville.

Non, il ne s’agit pas des inquiétudes vécues à Hérouxville, cette sympathique localité québécoise où il est interdit de lapider... Mais plutôt de la peur des champs électromagnétiques sévissant à Hérouville-Saint-Clair, une commune française de 24 000 âmes où la mairie vient de bannir les systèmes Wifi des écoles.

Relevant ses manches, l’éditorialiste à la main de fer dans un gant de crin s’attaque à la peur de la technologie.

C’est l’une des frayeurs contemporaines les plus toxiques, produit de la peur de l’avenir multipliée par le désaveu implicite d’une société fondée sur le progrès.

D’autre part, cette peur est largement associée aux doctrines extrêmes, à gauche comme à droite, qui rejettent le «système».

Et paf! Mine de rien, en quelques lignes, on a droit à une profession de foi et à un règlement de comptes. D’abord, la peur de l’avenir, c’est mauvais pour les affaires. Demandez à votre chambre de commerce. Mais pour croire qu’on vit dans une société fondée sur le progrès, il faut avoir la foi. C’est pas possible autrement. Surtout en pleine crise. Un mécréant pourrait penser que notre société est fondée sur l’argent et pas autre chose.

Quant aux «doctrines extrêmes, à gauche comme à droite, qui rejettent le "système"», c’est une formule bien tournée pour se débarrasser d’un paquet de monde. C’est à dire tous ceux qui ne pensent pas comme vous. Allez, tous dans le même panier, mécréants!

Dans Le Progrès et ses ennemis, l’essayiste français Guy Sorman le constate. Mais surtout, il dénonce l’une des créatures les plus... effrayantes de la culture de la peur: le principe de précaution. Celui-ci dicte qu’aucune innovation technologique ne doit être utilisée à moins que ne soit prouvée sa totale innocuité.

Il serait surprenant que cette définition du principe de précaution soit tirée de l’essai mentionné. Par contre, elle est tout à fait conforme au message jovialiste de l’éditorialiste. Car si la peur est irrationnelle, le principe de précaution le serait tout autant. Bref, une histoire de mauviettes et encore un frein à la bonne marche des affaires. Sauf que le principe de précaution n’est invoqué que s’il y a risque de dommages «graves et irréversibles» ou «potentiellement catastrophiques». Mais peut-être suis-je affecté par le syndrome Frankenstein:

La peur irraisonnée du nucléaire; de la recherche et de la technologie génétiques; des ondes; de la médecine en général et des vaccins en particulier; de la chimie; des technologies liées à l’alimentation… on n’en finit plus.

Tous des domaines extrêmement profitables. Ça tombe mal... Heureusement, le gros bon sens prévaut et vient encore une fois sauver la mise:

Or, si tout ça est si dangereux, comment se fait-il que les citoyens du monde développé (où on baigne dans la technologie) battent des records de longévité?

Même le ramdam du réchauffement climatique est fondé sur l’hypothèse que l’inventivité humaine (donc la science et la technologie) ne fera qu’aggraver le problème. De sorte que les «effrayés» les plus radicaux prônent un retour au «bon vieux temps» - celui des chasseurs-cueilleurs, peut-être?…

Mais était-il si «bon» que ça, le «vieux temps»? Et quelles technologies seriez-vous prêts à sacrifier dès demain pour retourner à cet âge d’or?

Ben voilà! Tout est de votre faute de toute façon, alors cessez de vous plaindre. Et surtout, cessez de vous en faire. On s’occupe de tout. Faites-nous confiance, les yeux fermés. L’avenir est radieux.

Interlude Musical: Legends of Rock Stars


LRS (Legion of Rock Stars) est un groupe de malades dedans la tête qui refont la musique sur les clips de groupes connus. Écoutez pour voir. Vous n'en croirez pas vos oreilles.

Trouvé sur Boing Boing.

Charest charrie

Au congrès du Parti libéral du Québec tenu cette fin de semaine, le chef John James Charest s’est comparé d’emblée aux figures marquantes de l’histoire récente. Ainsi, il s’est présenté comme l’héritier direct des Adélard Godbout (qui?), Jean Lesage (comment?) et Robert Bourassa (pourquoi?) à titre de grand bâtisseur.

En effet, à cette occasion, le chef libéral a présenté son plan de développement de l’hydro-électricité, qui consiste à saccager les derniers cours d’eau vierges de la Côte-Nord. Certes, il a annoncé que sa décision profiterait surtout aux générations futures. Pourtant, celles-ci apprécieraient peut-être davantage, plutôt que de vendre leur électricité à rabais aux Yankees, s’enorgueillir de posséder certains des derniers joyaux naturels en Amérique du Nord.

Par ailleurs, la ministre de la Culture Christine St-Pierre en a rajouté dans la même foulée quand elle a affirmé que la contribution de John James Charest ne serait véritablement appréciée qu’après son départ, à l’instar de celle de Robert Bourassa.

Quant à ce dernier cas, je suppose qu’on devrait commencer d’une semaine à l’autre.


Le drapeau canadien selon Jean Chrétien

Éphémérides: 25 mai
Vers la Lune



Le 25 mai 1961, le président Kennedy lance un défi: Mettre un homme sur la Lune avant la fin de la décennie.

Le spécial de minuit six | Amy Winehouse

Tears Dry on Their Own | Amy Winehouse (2006)

dimanche 24 mai 2009

Le secret des objets


Satre Stuelke, de New York, a deux passions, l’art et la médecine, qu’il conjuge avec ces étonnantes images d’objets quotidien obtenues par tomodensitométrie, la technologie qui permet aux médecins de voir en dedans des gens.

Stuelke révèle, en couleurs fantômatiques, le squelette des grille-pain, les entrailles de Barbie et les mécanismes secret de toutous motorisés.

Voici un article, en anglais, et une collection de photos.

Le drapeau canadien selon Ruby Dhalla

À propos de la révolution...

Éphémérides: 24 mai
Fahrenheit

Né le 24 mai, Gabriel Fahrenheit (1686-1736) invente un thermomètre à mercure divisé en 212 degrés. Le zéro, indicateur de froid, correspond à la température obtenue par le mélange de neige, d’eau et sel. Le centième degré, mesure de grande chaleur, est obtenu en insérant le thermomètre dans le derrière d’un cheval en santé. Pour de vrai.

Le spécial de minuit six | Daft Punk

Around the World | Daft Punk (1997)
Vidéo de Michel Gondry