jeudi 24 octobre 2024

Le releveur

 


mercredi 23 octobre 2024

La troisième heure

 


Livrer l'E.coli

 


mardi 22 octobre 2024

Pilote à côté

 




Une chroniqueuse du Journal de Montréal, que le respect m'interdit de nommer, en a proféré une bien bonne, hier. En effet, s'il faut en croire cette jeune personne, sans doute bien intentionnée par ailleurs, la langue française est sexiste et arriérée.

Sexiste d'abord, à cause d'une règle – une seule dans une grammaire qui en compte des centaines – voulant que le masculin, dans une énumération par exemple, l'emporte sur le féminin. En effet, elle semble penser qu'il est tellement plus élégant d'ajouter des répétitions dans un texte, ce qui ne rendrait pas du tout la lecture fastidieuse.

Et arriérée ensuite, parce que c'est une vieille langue, comme toutes les langues, sauf l'espéranto. Ce qui fait que la chroniqueuse pense que les jeunes se désintéressent du français. Ainsi, dit-elle – et il lui incombe alors le fardeau de la preuve –, les gens «de sa génération» y sont moins attachés.

On peut se demander alors quelle serait la corollaire à ce «détachement». Étant en Amérique du Nord, il n'y aurait vraiment que l'anglais, à moins que la jeune personne fasse la promotion de l'espéranto, justement, ce qu'elle ne fait pas. Peut-être devrait-on lui expliquer ce que c'est.

Néanmoins, il faudrait la prévenir que la moitié au moins du vocabulaire anglais provient du français. Méfiez-vous, chère madame, vous pourriez vous retrouver à côté de vos pompes en parlant sexiste et arriéré sans vous en rendre compte.

Finalement, je recommanderais à la chroniqueuse de faire fi, dans son écriture, de la règle qui l'indispose tant. Qu'elle mette du féminin partout, si cela lui chante. D'une part, ses lectrices n'en feront pas grand cas et, de l'autre, ce n'est pas une faute de plus ou de moins qui risque d'atténuer davantage la crédibilité de ses textes.


lundi 21 octobre 2024

C.Q.F.D.

 



 

Une nouvelle étude montréalaise aurait démontré que les bébés apprenant deux langues «auraient un cerveau plus efficace».

J'ai trouvé ces résultats particulièrement significatifs. Ils ont sans doute été obtenus à la suite de l'élaboration d'une méthodologie rigoureuse appliquée à un échantillon représentatif de la population. 

Quel meilleur bassin, en effet, pour prouver les bienfaits du bilinguisme que la région montréalaise, puisque l'étude en question a été menée par une psychologue de l'hôpital Neuro de l'Université McGill?

De surcroît, ces résultats confirment ce que j'ai toujours pensé des CAnadiens.


dimanche 20 octobre 2024

En pistes!

 



Il n'existe plus beaucoup de domaines permettant aux dirigeants politiques de se faire valoir. En effet, les restrictions budgétaires, la maigreur des finances publiques et le talent des prévaricateurs restreignent l'efficacité et réduisent les options.

Aussi faut-il, pour tout dirigeant, promouvoir des initiatives qui coûtent peu et qui n'indisposent pas le grand capital. Comme personne ne peut en toute bonne conscience être contre la vertu, le cheval de bataille pour beaucoup est celui de l'environnement, là où toutes les initiatives locales sont noyées dans le laxisme généralisé.

Prenons par exemple l'administration municipale de Montréal. Les infrastructures s'y dégradent plus rapidement qu'on arrive à les rafistoler; la corruption y est endémique; la compétence s'y raréfie. Comment faire pour sembler se donner une vision d'avenir, tout en se retenant bien de changer les choses?

Facile: en se concentrant sur l'environnement. Mais comment prétendre que l'on protège la nature, alors qu'elle est pratiquement absente de la métropole? Encore une fois facile: en promouvant le transport alternatif, en particulier l'utilisation du vélo.

Ainsi, depuis des années, Montréal multiplie le nombre de pistes cyclables, de sorte qu'il ne passe pas une année sans que de nouvelles soient inaugurées; bien souvent suscitant de la grogne, chez les automobilistes en particulier.

Comment alors concilier l'atteinte d'un nombre record de pistes cyclables, afin de concurrencer les villes européennes, tout en créant le moins d'inconvénients possible? Mais la solution est évidente. Il n'y a qu'à ouvrir des pistes cyclables à l'intérieur des pistes cyclables.



vendredi 18 octobre 2024

Le fisc prodigue

 


jeudi 17 octobre 2024

Samidoun

 




Samidoun est une organisation d'aide aux prisonniers politiques palestiniens luttant pour leurs libertés. Son but est de sensibiliser la population partout où elle est active, entre autres aux Stazunis et au CAnada. Depuis le début de la guerre à Gaza, Samidoun organise des manifestations de solidarité dans ces pays.

Hier, Madame Yasmine Abdelfadel a eu un accès d'humeur particulièrement vociférant au sujet de l'organisation, laquelle a brûlé sur la place publique un drapeau cAnadien.

La chroniqueuse a écrit: «Il a fallu voir, avec horreur, des membres de cette organisation brûler notre drapeau, ce symbole sacré de notre nation, lors d'une manifestation haineuse à Vancouver.»

Mme  Abdelfadel semble avoir l'épiderme fort sensible pour réagir «avec horreur» devant un geste relativement banal qui est souvent posé, en particulier lorsqu'un gouvernement, de par son inaction, encourage implicitement des crimes de guerre.

Elle poursuit: «Comme beaucoup de Canadiens, j'ai ressenti une profonde indignation. Voir notre drapeau, ce drapeau que tant de générations ont porté avec fierté, réduit en cendres par des mains habitées par la haine.» D'abord, il se peut que, bien qu'habitant au CAnada, je ne considère nullement le sempiternel chiffon rouge comme étant mon drapeau.

Ensuite, que ne s'insurge-t-elle pas tout autant lorsque le chef de son État ne prend même pas la peine de parler dans sa langue officielle; que les chefs successifs de son gouvernement reviennent constamment sur leur parole donnée; ou que ses représentants censés défendre les intérêts du Québec se contentent de les vendre aux moins offrant. C'est ce qu'on appelle nous cracher à la gueule. Alors, notre drapeau…

Enfin, la chère personne semble oublier que l'unifolié a été adopté  en 1965. C'est-à-dire, il y a deux générations; ce qui n’est pas «tant». Mais peut-être Mme Abdelfadel n'est-elle pas très forte en arithmétique; ou en histoire récente.

Elle conclut avec volubilité, s'adressant toujours aux manifestants pacifiques: «Vous ne méritez pas ce pays. Vous ne méritez pas ses valeurs, sa liberté, sa fraternité, sa tolérance.»

Oui, sa tolérance, ainsi que celle de toutes les personnes qui l'habitent.

mercredi 16 octobre 2024

Un peu d'humanitaire, que diable

 


La dette profonde

 



Il est beaucoup question de nos jours de la notion d'État profond; surtout dans les cercles conspirationnistes, il est vrai. Évidemment, les esprits éclairés et rationnels se gaussent ouvertement de ce concept qui ne rime à rien et n'a aucun fondement dans la réalité.

Et pourtant, cet État profond existe bel et bien. Cependant, il n'est pas constitué de sbires, qu'ils soient de gauche ou de droite, ourdissant en coulisses de sinistres complots; agissant toujours dans l'ombre, comme si la lumière, tels des vampires du temps jadis, pouvait les réduire à néant.

L'État profond agit en fait au vu et au su de tous, à tel point que ses membres sont même répertoriés, dans le cas du CAnada, par le Financial Post. Dans la publication Directory of Directors, on trouve la liste des personnes siégeant aux conseils d'administration des principales corporations de ce pays. À sa lecture, vous remarquerez que certains noms reviennent constamment au sein des Conseils les plus importants, formant ainsi un cénacle d'esprits avisés et intéressés.

Intéressés à quoi? Un peu de tout, à vrai dire: économie, politique, société et même les arts. Ce sont eux qui fournissent les caisses électorales; qui poussent de l'avant les candidats à la direction des gouvernements; qui insistent sur les politiques à suivre au sein des divers ministères; qui décident des thèmes débattus dans l'actualité, éludant ainsi les véritables débats de société risquant de mettre en péril leur mainmise. Bref, au fil du trafic d'influence et de la corruption légale, l'État profond s'occupe de nous et dessine notre avenir, tout en préservant son pouvoir.

Là où nous en sommes, c'est à lui que nous le devons et il serait grand temps de rembourser cette dette.



mardi 15 octobre 2024

Nouveau délit de Nouvelle-Delhi

 


samedi 12 octobre 2024

La Tsahal paix

 



Cette semaine, on a appris que l'armée israélienne a fait feu en direction de Casques bleus au Sud-Liban. Pour toute excuse, les militaires de Tsahal ont expliqué qu'ils avaient «tiré vers une menace».

Avant de leur jeter la pierre, il faut comprendre certaines choses. D'abord, les Casques bleus sont là pour maintenir la paix. Or, s'il y a bien une chose dont l'État d'Israël a une peur tout aussi bleue, c'est justement la paix.


vendredi 11 octobre 2024

La passe d'athées



Le président ukrainien, le camarade Volodymyr Zelensky, poursuit sa tournée européenne en quête de soutien dans sa guerre d'usure afin de devenir partenaire de l'OTAN.

Dans les faits, les appuis des puissances lui sont acquis, mais comme la guerre ne va pas du tout dans le sens qu'il souhaite, il voudrait que l'aide étrangère soit augmentée. La chose paraît difficile puisque les Occidentaux – et surtout les Européens – se sont défaussés d'une large part de leurs réserves de matériel et de munitions sans que cela fasse pencher la balance en faveur de Kiev.

En d'autres termes, camarade Zelensky en est réduit à gratter les fonds de tiroirs, ce qui explique sans doute sa visite au Vatican, lequel est certes de son côté – après tout la papauté n'a-t-elle pas appuyé des nazis dans le passé? –, mais assez dépourvu sur le plan militaire.

D'un autre côté, un bon mot de la part d'un pape qui a appuyé la dictature argentine à l'époque n'est jamais superflu. Ça inspire et puis ça légitime en même temps.

Ce qu'il y a d'amusant là-dedans, c'est que Volodymyr n'est pas du tout catholique et, personnellement, je pense même qu'il est plutôt athée.

Raison de plus pour chercher le soutien d'un chef religieux…

 




 

jeudi 10 octobre 2024

mardi 8 octobre 2024

Il aurait donc dû bin dû

 




Hypercrisie

 

 

Un an après le début du énième opus de l'éternel conflit au Proche-Orient, il a bien fallu que les dirigeants occidentaux s'expriment sur la question. Sans doute à contrecœur; mais pro-Israël, quand même.

En fait, la plupart des dits commentaires ne formaient qu'un long chapelet de phrases creuses et de vœux pieux. Nulle part ailleurs cela n’était plus apparent qu'aux Stazunis. Là-bas, le président en poste et la vice-présidente sont montés au lutrin pour exprimer leur espoir que la paix revienne dans la région, mais aussi pour promettre leur soutien indéfectible au fauteur de guerre dans la région.

Il s'agit d'un illogisme, car on nous présente alors deux idées contradictoires. Le soutien inconditionnel à Israël est la principale raison pour laquelle la paix est impossible au Proche-Orient depuis plus de 75 ans. Un illogisme patent ou alors de la profonde hypocrisie.

En fait, à un tel niveau, on pourrait parler d'«hypercrisie»*.


 

* Oui, je sais: ce mot n'existe pas. Mais compte tenu de son application à une crise permanente de l'époque contemporaine et de l'ampleur que ladite crise prend chaque jour davantage, ce néologisme me semble fort à propos.

dimanche 6 octobre 2024

On n'a pas tous les jours 19 ans

 



Hier, cela faisait 40 ans que le héros national, M. Marc Garneau, décollait à bord de la navette Challenger pour une mission de huit jours dans l'espace. Par le fait même, il devenait le premier CAnadien à quitter l'atmosphère terrestre.

Douze ans plus tard, soit en 2006, il entrait sur la scène politique en se présentant dans Vaudreuil-Soulanges. Comme il s'agissait d'une circonscription majoritairement francophone, il fut battu par la représentante du Bloc québécois. En 2008, il se présentait à nouveau comme candidat-vedette pour le Parti libéral du CAnada (PLiC). Cette fois, on prit toutes les précautions et c'est dans Westmount–Ville-Marie qu'il devint député au fédéral.

Ministre des Transports dès 2015, puis ministre des Affaires étrangères, en 2021, sa carrière politique a été marquée principalement par le fait que, à l'occasion, on entendait parler de lui. Redevenu simple député à partir d'octobre 2021, il quitta cette fonction un an et demi plus tard.

Le voici aujourd'hui couvert des honneurs qui lui sont dus pour son rôle dans l'exploration spatiale. Et il faut bien dire la vérité: ces 8 jours dans l'espace auront été plus signifiants à nos yeux que ses 19 ans en politique.