mercredi 5 janvier 2022

Problème intestin

 



C’est avec un immense soulagement que l’on a appris la sortie de M. Jair Bolsonaro. En effet, le président brésilien avait été hospitalisé d’urgence à la suite d’une occlusion intestinale. On se souviendra qu’il avait été victime d’une agression au couteau peu de temps avant la dernière élection présidentielle, ce qui avait grandement accru sa popularité et celle de l’extrême droite qu’il représente.


Fort heureusement, une intervention ponctuelle des médecins a permis de soulager le patient qui peut désormais reprendre ses fonctions à la tête de l’État. On lui souhaite la meilleure des chances, surtout lors du prochain scrutin où, selon toute probabilité, il faudra plusieurs coups de couteau pour le reporter au pouvoir.


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Des astres solaires


Dans une société futuriste, le soleil occupe toute la place. Non seulement fait-il l’objet d’une attention particulière de la part des scientifiques, qui s’en servent autant comme référence astronomique que comme laboratoire d’étude de l’infiniment petit. Il est également l’objet d’un culte très répandu parmi la population où, en tant qu’astre et symbole, on lui impute tous les bienfaits de la nature. De même est-il considéré comme la seule représentation acceptable de la divinité puisque, la nature de cette dernière étant impénétrable dans la théologie de ce temps, il serait blasphématoire de tenter de lui donner une apparence physique. Cependant, ces deux visions concurrentes sont également mutuellement exclusives, de sorte que les scientifiques considèrent avec mépris les superstitions que l’on impute au soleil. De même, les croyants déplorent l’étroitesse de vue des supposés scientifiques qui refusent systématiquement de voir et de comprendre les évidences du message divin. Alors que l’opposition se cristallise entre les deux points de vue, une voix s’élève afin de tenter une réconciliation. Il s’agit d’une femme, Tasha, qui a commencé à intégrer la symbolique du soleil en un seul modèle d’analyse. Son enseignement lui gagne rapidement la faveur de ses concitoyens. Évidemment, les responsables, tant scientifiques que religieux, voient d’un mauvais oeil tout ce qui risque de nuire à leur pouvoir. Aussi se lancent-ils dans une campagne visant à saper le prestige de Tasha, qui ne répond à leurs attaques que par des invitations à se joindre au culte nouveau. Des accusations mensongères au sujet de prétendues perversions à caractère sexuel viennent à bout de l’aura de la jeune femme dont l’enseignement est rapidement foulé aux pieds non plus seulement par les élites, mais également par la multitude. Jugée puis condamnée comme hérétique, elle est destinée à être brûlée vive au nom du soleil. Les exécutions ne pouvant être menées qu’à des moments prescrits par la loi et la coutume, il ne se trouve que quelques jours dans l’année où Tasha peut monter au bûcher. Chaque fois, pendant des mois, le soleil est caché par les nuages et le supplice doit être remis. Après deux années passées en captivité, le prestige de Tasha renaît à cause du refus du soleil d’allumer son bûcher. En outre, des doutes s’élèvent quant à la valeur du procès qui lui avait été intenté. Devant ce retournement de la situation, les autorités aux abois décident de la gracier. À sa sortie de prison, elle est aussitôt considérée, contre son gré, comme un objet d’adoration. Désormais appelée la Reine des nuages, elle reprend son enseignement en le centrant cette fois sur l’être humain, « l’Inconnaissable ».


 – Jean Jisquan – 314 p. – 1995 – Davantage une allégorie sur le monde contemporain qu’une authentique histoire de science-fiction, cette oeuvre, au style empreint d’une étourdissante poésie, démontre un humanisme profond en dépit des travers de notre nature. Ce roman-culte est aujourd’hui étudié en littérature à l’université et en philosophie au niveau collégial.

mardi 4 janvier 2022

Dissémine de rien

 



Les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Stazunis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni) ont en quelque sorte pris le taureau par les cornes, dernièrement. En effet, ils se sont engagés à prévenir la dissémination des armes nucléaires afin de garantir une meilleure sécurité dans le monde.


Comme par hasard, ces cinq nations possèdent toutes des armes nucléaires, ce qui fait que certains esprits chagrins – dont je ne fais pas partie, fort heureusement – n’hésitent pas à raconter sous le manteau que cette initiative, quoique louable en apparence, n’est en fait qu’une tentative de garder leur mainmise militaire sur la planète.


Notons au passage que les Stazunis, qui cherchent à «prévenir la dissémination des armes nucléaires», en ont installé, sous leur contrôle évidemment, dans divers pays. Par exemple, en ce moment, en Italie, en Allemagne, en Israël et en Turquie, pour ne citer que les plus connus.

lundi 3 janvier 2022

Bourrage burqa




Quelle pitié, quand on considère le sort des femmes à l’échelle de la planète ! C’est encore plus déplorable lorsqu’on regarde ce qui se passe en Afghanistan, alors que le pouvoir religieux des talibans oblige leurs citoyennes, par exemple, à porter la burqa dans tout espace public.


Mais la répression à l’endroit des femmes est également pratiquée dans d’autres pays, dits démocratiques. Ainsi, au Québec, il existe des lois qui, en certaines circonstances, interdisent le port de la burqa, et ce, au sein même de la fonction publique.


Pauvres femmes.


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Debout tabou !


La société québécoise de la fin des années 1950 est marquée par le repli sur soi et l’attachement viscéral aux valeurs traditionnelles. Alors que, malgré la mainmise presque totale du clergé sur la vie des personnes, un esprit de remise en question commence souffler sur les êtres et les choses, un événement hors du commun vient bouleverser l’existence jusqu’alors tranquille d’une petite communauté citadine frileusement pressée contre son clocher. En effet, Brahim, un jeune immigrant algérien, un universitaire fuyant la guerre dans son pays, s’installe dans un petit meublé coincé entre l’épicerie de quartier et la caisse populaire. Attiré à Montréal par la communauté linguistique et la réputation de pacifisme de la société, Brahim a décidé, en dépit de ses goûts personnels, de braver le climat. En effet, sa famille a été dispersée par la guerre et, s’il garde une correspondance suivie avec sa soeur vivant à Marseille et sa mère réfugiée à Paris, il reste sans nouvelles de son oncle, arrêté à Oran par la police française et de son père parti combattre, malgré son âge, dans le maquis. Brahim, dégoûté par l’extrémisme des uns et des autres, rêve de s’affranchir tout autant du colonialisme politique que du colonialisme moral des religions révélées. Aussi déchante-t-il lorsque, dans son pays d’adoption, les gens arborent un drapeau étranger et que le clergé garde toute la société sous sa poigne. Comme si ces désillusions ne suffisaient pas, il constate qu’il ne suffit pas de partager la même langue afin de se comprendre. Malgré toute la bonne volonté dont il fait preuve, il ne peut éviter de commettre impair sur impair. Que ce soit chez le boucher, lorsqu’il refuse de la viande de mouton qui n’a pas été tuée sous ses yeux, ou au presbytère lorsque, en toute bonne foi, il va payer la « taxe » du curé. Mais si la communauté finit par s’accommoder de cet étranger gaffeur malgré lui, elle ne cesse pas pour autant de le surveiller étroitement. Les choses se corsent lorsqu’il fait la connaissance d’une jeune femme. La famille voit d’un assez mauvais oeil cette « liaison dangereuse », comme l’appelle le notaire d’un air entendu. Le curé, quant à lui, ne prise pas du tout l’immixtion d’un infidèle dans « sa » communauté. Désormais le centre d’attention comme jamais, Brahim ne sait plus comment se faire bien voir. Afin de l’amadouer, il invite sa belle-famille à un repas traditionnel, qu’il prépare en suivant les instructions épistolaires de sa mère et de sa soeur. Lorsque la famille se présente chez lui, l’inévitable choc des cultures fait en sorte que, pour une fois, c’est le jeune Maghrébin, pantois de dépit devant le manque de savoir-vivre de ses hôtes, qui se trouve offensé.


 – Omar Chéopas – 438 p. – 1991 – Né de père maghrébin et de mère québécoise, l’auteur s’est inspiré de sa dualité culturelle afin de rendre avec autant de justesse que possible à la fois les tourments, mais aussi le pittoresque, des situations qu’il met en scène. D’ailleurs, après la lecture de son roman, on ne peut manquer de se demander s’il s’agit bien là de simples situations ou, plus justement, de la vie elle-même.

dimanche 2 janvier 2022

Honneur et m'irrite

 


samedi 1 janvier 2022

Franc soi


 

La minorité que l'autorité lamine

 


vendredi 31 décembre 2021

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Débine et Reviens


Un cynophile solitaire décide un jour de satisfaire sa passion et s’achète, à fort prix, deux chiens de race parfaitement identiques et de même sexe, car, habitant une grande agglomération, il ne peut se livrer à l’élevage. Afin de les différencier, il leur trouve des noms correspondant à leur caractère. L’un d’eux manifestant une totale indépendance, tandis que l’autre ne quitte pratiquement jamais son maître, il les nomme respectivement « Débine » et « Reviens ». Très tôt, cet homme, que la vie ennuie au plus haut point, commence à se trouver des points d’intérêt en compagnie de ses deux bêtes. Auparavant uniquement préoccupé de son travail, que d’ailleurs il trouve assommant, il commence à s’intéresser à quantité de choses. Il découvre peu à peu la beauté des jardins de sa ville ; il cherche les bouchers les moins chers et explore par le fait même des quartiers typiques qu’il ne connaissait pratiquement pas jusque-là ; il se lie d’amitié avec les commerçants à tel point qu’il fait connaissance de la coiffeuse de son quartier, qui partage la même passion pour les chiens que lui, et de cet intérêt commun naît une charmante idylle. Toutes ces nouveautés le distraient si bien qu’il en vient à négliger son travail. Après un temps, il finit par se retrouver au chômage. Malgré l’appui apporté par ses nouveaux amis, il arrive de plus en plus difficilement à subvenir à ses besoins et à ceux de Débine et Reviens. Malgré les avis de son entourage, il s’entête à garder auprès de lui les deux animaux qui lui ont apporté tant de bonheur, négligeant même de se nourrir et de se vêtir convenablement afin d’assurer au mieux l’entretien de ses bêtes. Malgré sa détermination, alors qu’il en est rendu à la toute dernière extrémité, il ne peut plus surseoir à l’inévitable : il doit se départir d’un de ses animaux au profit d’un éleveur qui le harcèle depuis un certain temps, véritable figure de la tentation. Mais son dilemme n’est pas résolu pour autant, car il n’arrive pas à choisir quelle bête pourra rester. Après une longue méditation où l’hésitation torturante vient bien prés de venir à bout de sa raison, il décide de vendre Reviens à l’éleveur dans l’espoir chimérique que l’animal, obéissant à ses instincts premiers et à son nom, finisse par retrouver le chemin de sa maison. Effectivement, l’un des animaux obéit à l’injonction qui est implicite dans son nom, mais il s’agit de Débine, qui s’enfuit. Au bout de quelques mois, alors que l’homme a pu refaire sa vie, il entend un grattement à la porte de sa maison en pleine nuit. Il se lève, le coeur battant, afin d’aller ouvrir. Lorsque la porte laisse entrer un chien, il reconnaît ce dernier : il s’agit de Reviens qui a retrouvé le chemin de sa maison et qui, selon toute évidence, attend une portée de chiots.


 – Basile Ébault – 320 p. – 1988 – Véritable plaidoyer pour la zoothérapie, ce roman met en scène des animaux dont le rôle polymorphe symbolise à la fois la recherche du bonheur et l’espoir en l’avenir. Oeuvre riche et touffue qui ne doit surtout pas être prise au premier niveau, on y dénote, même aux temps les plus noirs, une farouche joie de vivre.

jeudi 30 décembre 2021

Course à l’espace

 



Depuis la calamiteuse présidence de Donald Trompe, la nouvelle administration yankee cherche à réparer nombre de pots cassés. 


C’est ainsi que de difficiles discussions ont repris sur la question du nucléaire iranien. L’obstacle principal, ici, étant que Washington, en se retirant sans raison valable de l’ancien accord, a démontré à Téhéran que sa parole ne valait pas plus que sa signature. Aussi, les Stazunis doivent-ils, dans ce contexte particulier, convaincre de leur bonne foi, ce qui est déjà ardu en temps normal.


Entre-temps, les Iraniens ont lancé une fusée devant placer en orbite «trois appareils de recherche spatiale». Il n’en fallait pas plus pour que tout l’Occident ait ses vapeurs. En effet, qui dit «fusée» peut vouloir dire «missile» et ce dernier mot, alors qu’il est question de nucléaire, inquiète toutes les chancelleries inféodées à l’empire yankee.


Or, il est fort possible que, tout simplement, l’Iran ait décidé de se lancer dans la course à l’espace.


Celui de négociation.


mercredi 29 décembre 2021

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La cruche du détroit de Lancastre


Le détroit de Lancastre est le passage du nord-ouest que les explorateurs ont recherché en Amérique du Nord depuis les débuts de l’exploration du continent. La tradition veut que, au point central du détroit, sur l’une des rives, l’un des premiers navigateurs à y passer ait laissé là une énorme tourie dans laquelle les navires qui prennent le temps de s’y arrêter déposent un message. Maurice Bart est un capitaine de la marine française qui, après avoir combattu pendant les deux guerres, a été mis à la retraite pour raisons de santé. Acceptant mal ce repos forcé, il a obtenu, par le biais de faveurs spéciales, un poste de capitaine à bord d’un vieux cargo aux commandes duquel il traverse régulièrement l’océan Atlantique entre la France et les États-Unis. Marin exceptionnel, le capitaine Bart se double d’un polyglotte et d’un écrivain dont les oeuvres sont demeurées sans écho auprès des éditeurs. Alors que l’âge cette fois le contraint à envisager de trouver définitivement refuge sur la terre ferme, il apprend de l’armateur que son navire lui aussi est condamné à être retiré du service. Entrevoyant avec angoisse la fin de sa carrière, il se prépare pour un ultime voyage en mer. L’équipage perçoit chez lui des signes de nervosité au moment de l’appareillage, signes qui vont en se multipliant au cours de la traversée. Même si le voyage se déroule sans encombre véritable, le capitaine demeure irritable et méfiant, passant toujours plus de temps sur la passerelle, vérifiant et revérifiant sans cesse le cap, gardant un oeil sur les communications par radio. Un jour, l’officier en second réalise que le navire a changé son cap de l’ouest vers le nord-ouest. Bart prend sur lui de le rassurer et lui affirme que l’armateur lui a transmis l’ordre durant la nuit précédente de faire route selon les nouvelles coordonnées. Les jours passent et le doute s’installe au sein de l’équipage. N’ayant plus le choix, Bart doit expliquer qu’il veut être le premier homme à consigner le contenu de la cruche du détroit de Lancastre et d’en publier les textes pour les générations futures. Il soudoie les hommes et s’assure de leur collaboration pour mettre cap sur le détroit. Arrivé à destination, Bart recueille précieusement les rouleaux de papier, dont plusieurs, très anciens, s’effritent au toucher. Son travail lui prend toutes ses journées et, complètement absorbé, ne réalise pas que l’hiver approche et que le cargo risque fort de se retrouver emprisonné par la banquise. Alors que son travail s’achève, l’équipage décide de passer outre à ses ordres et d’appareiller. Seul contre tous, Bart abat l’officier en second, le seul homme, à part lui-même, capable de guider le navire hors du détroit sans danger.


 – Marin Delisle – 364 p. – 1991 – Emporté par le souffle des grandes aspirations humaines, et alimenté par des méditations oniriques arrachées au passé, ce roman prend toute son ampleur dès le moment où l’individu se trouve confronté à l’épreuve.

mardi 28 décembre 2021

Rengaine ta rengaine

 



Après la gabegie des masques, les recommandations contradictoires, la distanciation sociale, le confinement, le couvre-feu et cet incessant battage vaccinal, voici qu’on en apprend de bien bonnes.


De un, le fameux vaccin qui devait, dès 2021, enrayer la contagion et nous permettre – enfin – un retour à la normale, fonctionne moins bien que prévu, surtout contre les variants; en particulier l’omniprésent Omicron.


De deux, comme l’affirme mon pote Edmundo depuis le début de cette triste saga, il appert que la meilleure protection contre la Covid, en plus du vaccin, c’est d’attraper la maladie. Évidemment, comme les experts ne savent que dalle, on ignore si ce principe, pourtant évident, s’applique également à ceux qui, dans le passé, ont été asymptomatiques.


Bref, après pratiquement deux années passées à pédaler dans la semoule, les experts sont sur le point d’en arriver au constat qu’il faudrait peut-être tout simplement laisser le champ libre à la Covid-19 afin que la population s’immunise par elle-même, comme l’humanité le fait depuis ses débuts.


Une chose est certaine, le constat d’impuissance caractérisant nos décideurs en la matière finit par lasser; tout comme leurs recommandations vides de sens dont l’itération monotone sonne comme une rengaine de moins en moins supportable.


lundi 27 décembre 2021

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 Le Coutel étrillé


Dans un village breton du XVIIIe siècle, les paysans vivent dans des conditions difficiles. Non seulement la terre rend-elle mal depuis quelques années, mais la rapacité seigneuriale n’a jamais été aussi grande. Jean le Coutel, fils de paysan, est un gaillard qui, comme tous les jeunes de son âge, est hâbleur et ne cesse de prêcher à qui veut l’entendre de ce qu’il convient de faire avec un releveur d’impôts. Inévitablement, ce dernier finit par revenir dans le village. Il se plaît à diminuer les paysans, expliquant que s’il passe si tôt après les récoltes, c’est pour éviter que « Jacques Bonhomme (surnom autrefois attribué aux paysans) n’aille boire le produit de sa terre avant qu’il n’ait payé son dû ». Le mauvais mot écorche bien entendu au passage les susceptibilités des censitaires, qui ont la bonne idée de faire mine d’en rire. Mais Jean, encouragé par les fanfaronnades de sa suite, et houspillé par les honnêtes payeurs d’impôt, prend la mouche. La discussion s’envenime à tel point qu’il tire le grand couteau auquel il doit son surnom et en frappe le releveur qui, en dépit de son titre, reste par terre raide mort. Ayant désormais sa tête mise à prix, Jean devient un fugitif qui doit échapper à la justice tant seigneuriale que royale. En guise de punition pour une complicité qu’il n’a pas accordée, le village ploie maintenant sous un fardeau fiscal qui a doublé afin d’amasser le montant de la récompense devant être versé pour la capture de Jean. Sous une telle charge, le souvenir de Jean n’est certes pas vénéré et c’est avec une joie sourde que l’on accueille, au fil des saisons, les rumeurs voulant que l’on ait capturé le malandrin, sans que jamais personne ne réclame la récompense. Au bout de quelques années, alors que le courroux seigneurial s’est apaisé, un inconnu fait son apparition au village. Un homme de guerre, dit-il, qui recherche un pays où finir ses jours. L’inconnu, appelé maître Grégoire, se gagne graduellement l’estime et le respect de tout le village. Mais le souvenir du meurtre s’entête à remonter à la surface et, tout aussi sûrement, les villageois finissent par reconnaître en maître Grégoire nul autre que Jean le Coutel lui-même. La rumeur parvient aux oreilles du seigneur qui fait arrêter, juger et pendre Grégoire. Plusieurs années plus tard, alors que la Révolution a chassé le seigneur et remplacé l’autorité royale par celle de la toute jeune république, un nouveau releveur d’impôt fait son apparition. Mais lorsque le releveur s’installe à son banc sur la place du village, les plus vieux reconnaissent en lui, sans l’ombre d’un doute, Jean le Coutel, moins étrillé que d’aucuns ne l’avaient cru.


 – Noël Lepairre – 422 p. – 1991 – Ce roman est, des dires mêmes de l’auteur, le fruit d’une longue et patiente recherche dont le but était de cerner le plus précisément possible la vie rurale franco-bretonne du XVIIIe siècle. La précision de la reconstitution historique constitue sans doute l’ingrédient déterminant quant au succès de l’oeuvre.

samedi 25 décembre 2021

La confiance règne!

 


vendredi 24 décembre 2021

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Le Couteau aztèque


Symbole de la réussite, bardé de diplômes des institutions les plus prestigieuses en histoire, en anthropologie et en muséologie, Clarence est un homme aux prises avec les affres de la quarantaine. Ayant récemment émergé des séquelles particulièrement néfastes d’un divorce où il a dû se résoudre à se séparer des deux seuls êtres qu’il aime, son fils et sa fille, il s’est appliqué depuis peu à refaire sa vie. Assiégé par les doutes et par la peur de la mort, il ne sait trop à quoi rime son existence qu’il considère comme un échec sur toute la ligne. C’est pourquoi il s’explique assez mal pour quelle raison il a été choisi afin de remplir un poste de directeur de musée pour lequel il a présenté sa candidature à l’instigation d’un ami. Paradoxalement, c’est davantage par désoeuvrement qu’il se jette dans son travail, non pas tant pour se donner une raison de vivre – les satisfactions professionnelles ne le touchent plus guère – que parce qu’il ne se trouve rien d’autre à faire. Son arrivée en poste, outre qu’elle bouscule quelque peu les habitudes de l’institution, n’arrive pas pour autant à aider sa recherche de vérité. Bien au contraire, ses méthodes peu orthodoxes, au sein d’un milieu conservateur, l’amènent à se buter encore et toujours à l’incompréhension et à la mesquinerie de ses contemporains. Indifférent à leurs réactions, il semble planer au-dessus de son univers, intouchable et inaccessible aux sentiments humains les plus élémentaires. Sa décision de préparer une nouvelle exposition précolombienne ne fait qu’attiser les rancoeurs existant chez ses subordonnés à son endroit, et les rivalités qui les opposent les uns aux autres. Un matin, le gardien découvre dans la grande salle un des responsables du musée le coeur transpercé par un splendide couteau, un artefact indispensable des cérémonies sacrificielles aztèques. L’enquête policière bouleverse l’existence du musée alors que, malgré ses innombrables interventions, elle est incapable, dans un premier temps, de découvrir le coupable. Les tensions entre les membres du personnel sont exacerbées par la suspicion qui fait de chacun d’entre eux un suspect potentiel, aussi bien les hommes que les femmes. En outre, le gouvernement mexicain proteste avec véhémence contre le fait qu’un de ses plus précieux artefacts soit retenu comme pièce à conviction dans le cadre d’une enquête de meurtre, et menace de traîner le musée en cour. Mais, malgré tout cela, Clarence demeure imperturbable, en apparence tout au moins. Aussi peu concerné que jamais par le tour inattendu qu’ont pris les circonstances, il semble indifférent à ce qui l’entoure. Or, rien n’est plus faux, car sa vie se trouve effectivement chambardée par toute l’affaire lorsqu’il fait la connaissance de l’enquêteur qui mène le dossier, Margot, une séduisante quadragénaire.


 – Jacques Septe – 316 p. – 1989 – À la fois romanesque et romantique, cette oeuvre ne laisse rien au hasard. Pas le moindre détail qui ne soit chargé de sens. En effet, ni l’arme du crime ni les réactions de l’enquêteur ne sont laissées au hasard par un auteur au sommet de son art.

jeudi 23 décembre 2021

Épidémie de surprises

 


Allégeance entre engeances

 

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