jeudi 14 juillet 2022

La statistique peut-elle casser des briques?

 




Si, dans le cas présent, le terme «briques» désigne des idées reçues ou même imposées par les pouvoirs en place, la question prend tout son sens.


Car, en effet, de toute la crise de la Covid, aucun des décideurs n'a pu donner l'heure juste relativement au virus, à sa propagation ou même à sa dangerosité. Or voici que les chiffres* commencent à faire surface et que l'on constate qu'ils démentent à peu près tout ce qu'on nous a raconté jusqu'à maintenant.


L'article ci-dessus mérite d'être lu, ne serait-ce que pour apprendre que le taux de mortalité dû à la Covid ne serait que de 1,44%, ce qui, de l'avis de l'auteur, est largement surestimé, puisqu'il ne peut tenir compte des cas de contagion asymptomatiques ou non rapportés.


Bonne lecture.





* Obtenus auprès de l'Institut de la statistique du Québec et de l'Institut national de santé publique du Québec.






mercredi 13 juillet 2022

Tout outré




Comme vous n'en avez probablement pas entendu parler, je signale qu'il y a eu, en Colombie-Britannique, une rencontre des premiers ministres sur la question des services de santé.


«Bof!», me direz-vous sans doute. Je comprends votre indifférence. Une autre de ces rencontres stériles où vœux pieux et refus catégoriques se croisent au-dessus de la table. On connaît la rengaine.


Or, si les chefs de gouvernement étaient, pour la première fois depuis l'épidémie de Covid, présents en personne à un événement du genre, un seul brillait – si l'on peut dire – par son absence: le fils de Pierre Elliott Trudeau.


Le représentant du Québec, M. François le Gault* s'est trouvé outré de cette absence. En effet, il a considéré comme étant «un peu insultant» que le chef du gouvernement cAnadien ait «refusé de rencontrer ses vis-à-vis» et qu'il se soit adressé à eux par médias interposés.


Dans sa grande ineptie, M. le Gault n'a toujours pas compris que, tant qu'il se raccrochera au CAnada, il ne sera jamais un «vis-à-vis». Il sera tout au plus un larbin de second plan, c'est-à-dire un simple gestionnaire de province.


Dès lors, s'il veut éviter d'ajouter à l'humiliation, qu'il s'abstienne de japper comme un pauvre petit toutou.




* Le gault, ou argile de Gault (dite parfois «argile albienne»), est une formation d’argile raide de teinte gris-bleu à gris foncé, qui s'est déposée à profondeur moyenne dans des eaux marines calmes, au cours du Crétacé inférieur. [… Il] contient souvent des nodules phosphatiques en grande quantité, dont une partie est classée comme coprolithes, c’est-à-dire un excrément minéralisé, fossilisé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Argile_du_Gault)*.


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Le vieux lion dingue


Dans le centre de la France, une vaste propriété paysanne est menée d’une main autoritaire par Aimé, le patriarche d’une nombreuse famille, dont tous les membres vivent sous son toit et travaillent à exploiter la terre et les troupeaux. Malgré son âge avancé, Aimé est demeuré alerte et inspire encore une crainte quasi religieuse à ses enfants. Si le temps ne semble pas avoir prise sur lui, il n’en est pas de même pour tous. En effet, un jour, il apprend la mort d’un ami d’enfance, le seul qu’il lui reste encore. C’est donc dans une ambiance de fin de règne qu’il entreprend solennellement le voyage afin d’assister aux funérailles de son ami. Si son absence se déroule sans incident, son retour par contre crée des remous au sein de la maisonnée. En effet, Aimé, d’ordinaire omniprésent dans le cours normal de la vie, se retire et, pendant quelque temps, n’apparaît plus que rarement en dehors des repas. Sa famille parvient à se convaincre que son étrange attitude est le fruit de l’émotion que le deuil suscite chez le vieil homme. De plus en plus imprévisible, le patriarche s’absente du foyer sans prévenir. Cette nouvelle absence désoriente encore davantage la famille. Ce n’est que quelque temps après qu’il revient, méconnaissable, ayant totalement modifié son apparence. Débarquant d’une voiture neuve, ses proches l’aperçoivent rasé et habillé d’un magnifique complet taillé sur mesure. Le comble est qu’il amène avec lui une femme qu’il impose dans la maison comme sa future épouse et qui, en outre, ne se cache pas pour partager son lit, au mépris des conventions les plus élémentaires. Évidemment, l’attitude d’Aimé, et surtout l’arrivée d’une prétendante à l’héritage, ne fait qu’aviver les mécontentements. Mais c’est surtout quand Aimé décide de mener grand train, dilapidant son argent en sorties, bijoux et autres objets de luxe, que la grogne se manifeste ouvertement et que le conflit éclate avec ses enfants, tous dans la quarantaine avancée. En secret, ils consultent un avocat afin de faire interner celui qu’ils considèrent déjà comme un fou. Son autorité pour la première fois remise en question, Aimé ne sait comment réagir, refusant de rendre des comptes à ceux et celles qui lui doivent une totale et absolue obéissance. Cependant, obligé de se défendre, il doit paraître en cour afin de prouver qu’il est encore capable de gérer ses affaires de manière responsable. C’est alors que la famille médusée apprend que les dépenses de leur patriarche étaient en fait financées par l’héritage de l’ami décédé, et que leur part d’héritage, jusqu’à ce jour intacte, risque fort désormais d’échouer en d’autres mains.


 – Yvonne Stroheim – 292 p. – 1993 – À la fois roman de la terre et saga familiale, cet ouvrage quelque peu anachronique dans la littérature contemporaine n’en est pas pour autant dépourvu de qualités, comme en font foi les nombreux prix qu’il a remportés.


mardi 12 juillet 2022

Mental, l'eau


 

lundi 11 juillet 2022

BoJo a beau jeu


 

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Le ventre dit


Homme mesuré et volontaire, Didier est également un célibataire endurci qui entretient au sujet des femmes des idées bien arrêtées. Sans pour autant se considérer comme un misogyne, il n’en nourrit pas moins une méfiance viscérale envers le caractère changeant du beau sexe. Formé à l’école du rationalisme cartésien, il étouffe en lui à peu près tous les élans de la passion. Il n’a gardé qu’un seul intérêt qui l’occupe tout entier : la gastronomie. Non content de fréquenter les restaurants les mieux cotés, il s’est également adonné avec un abandon quasi mystique dans l’élaboration de recettes toutes plus exquises les unes que les autres. C’est ainsi que, au tournant de la quarantaine, il a entrepris de travailler comme chef dans une auberge renommée. C’est là qu’un après-midi d’automne il fait la connaissance d’Irène, une diététiste dans la jeune trentaine. Ces deux passionnés du ventre fraternisent très rapidement. Puis, au fil de leurs rencontres, finissent par développer une relation amoureuse où les serments, les poèmes et les attentions délicates sont toutes remplacées, d’une manière ou de l’autre, par les plats les plus fins. Peu de temps après leur première nuit d’amour, Irène, penaude, apprend à Didier qu’elle est enceinte. La réaction qu’elle anticipait ne se produit pas. Au contraire, Didier, tout de même ébranlé, accuse le coup. Convaincu que la vie qui se développe dans le ventre d’Irène représente la fin de tout ce qu’il a connu, il ne sait quel parti prendre. Ayant décidé de faire un tour en voiture afin de clarifier ses idées, il part et, une fois sur la route, continue en ligne droite. Au hasard de ses escales, qui se succèdent sans plan prédéterminé, Didier fait la connaissance de personnages pour lesquels le ventre prend des dimensions diverses. Ainsi, son premier arrêt dans un snack-bar minable sur le bord de l’autoroute lui permet de faire la connaissance d’un voyageur de commerce condamné par un cancer de l’estomac. Une rixe dans un bar enfumé des bas-fonds d’une ville voisine le met en présence d’une prostituée, dont le ventre est réduit à la fonction d’outil. Enfin, un orage violent l’oblige à se réfugier chez Ralph, un tatoueur pour qui le ventre est son canevas de prédilection afin de réaliser ses oeuvres. Ses autres tribulations l’amènent à méditer sur la fonction du ventre et de sa contribution aux grandeurs et aux misères humaines. Réconcilié avec sa destinée de père, il décide de revenir auprès d’Irène, mais il craint malgré tout qu’elle ne le rejette à cause de son inexplicable fuite. Ses craintes sont dissipées lorsqu’il se présente chez elle. Mais, il apprend que, par crainte de le perdre, elle s’est fait avorter pendant son absence.


 – Sylvie Sauvéleu – 262 p. – 1992 – À mi-chemin du livre de recettes et du compte rendu de l’extase gastronomique, ce roman fascinant détaille à traits vifs autant les travers des personnages que les surprenants rebondissements du récit.

dimanche 10 juillet 2022

La blague est très troll

 




La United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization – aussi connue sous le sigle UNESCO – a pondu un rapport, dernièrement. Et il y a de quoi être fier. 


Tandis que les problèmes structurels de tant de nations en matière d'éducation et de culture foisonnent partout sur la planète, cette digne organisation a pris le temps de se pencher sur le cas du Québec. Pas pour le féliciter, bien entendu, mais pour monter en épingle – et pour dénoncer, il va sans dire – le conspirationnisme qui y sévit. 


Le rapport, chapeauté par trois universités québécoises, vise principalement à discréditer tous ceux qui remettent en question le discours dominant. Il prend même soin de les répartir selon des catégories précises, comme la radicalisation, l'extrémisme violent et – tenez-vous bien – la divergence d'opinions.


Eh oui, aux yeux de l'UNESCO et de quelques analystes universitaires, il est plus que suspect d'entretenir une opinion différente de celle qui est véhiculée par les pouvoirs en place.


Parlant de véhicule, pourquoi personne n'a-t-il soulevé dans ce rapport que c'est à Ottawa – c'est-à-dire au CAnada – que les conspirationnistes ont foutu la merde, l'hiver passé? Sans doute un oubli de mauvaise foi. 


Cette bonne blague! le document aurait été rédigé par un quelconque parti politique fédéraliste cAnadien qu'il n'aurait pas été différent!



samedi 9 juillet 2022

Retour en classes




Le patronat déplore profondément la nouvelle tendance qui frappe le marché du travail. En effet, devant la pénurie de main-d'œuvre qu'a entraînée l'épidémie de Covid, le rapport de force s'est inversé. 


Autrefois, le patronat détenait tous les atouts quand venait le moment d'embaucher du personnel. De même, il lui était facilement loisible de congédier des employés insatisfaits, voire récalcitrants à accepter des conditions médiocres.


Maintenant, et ce afin de pallier le manque de personnel, les employeurs doivent dorer la pilule au moment de l'embauche. Cette situation inattendue laisse nombre d'entre eux perplexes et déstabilisés. Depuis que cette situation est apparue, ils ne cessent de pousser des cris d'orfraie et de se poser en victimes d'une classe laborieuse capricieuse.


De mon point de vue, cela est tout de même mieux que les abus d'une classe exploitante insatiable.


vendredi 8 juillet 2022

Tension et intentions

 



On nous présente les relations entre l'Arabie saoudite et Washington comme étant tendues. La raison en est le fameux assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, un Saoudien vivant la plupart du temps aux Stazunis.


En fait, si la présidence yankee, afin de préserver les apparences, fait mine de se distancer du régime de Riyad, c'est uniquement par pure forme. En effet, les Saoudiens sont une pièce majeure dans le jeu à la fois militaire, politique et économique auquel se livre Washington au Proche-Orient. Aussi est-il impensable qu'une quelconque sanction puisse les frapper un jour. Pour cela, il faudrait une véritable hécatombe de journalistes; et encore faudrait-il qu'elle se déroule sur le perron de la Maison-Blanche.


Il est infiniment plus probable que les discussions s'intéressent à savoir combien. Combien d'aide pour que l'Arabie saoudite puisse s'extraire du pétrin yéménite; combien de barils de pétrole pourront être réservés aux Européens afin qu'ils s'affranchissent des hydrocarbures russes; combien d'argent versera Washington à Riyad pour services rendus.


Bref, les intentions véritables ne sont pas celles auxquelles s'attendent les personnes intègres.


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Un lieutenant paie ses dettes


Guido est un mafioso fidèle, malgré son jeune âge, aux principes de la vieille école, pour lesquels les questions de loyauté et d’honneur prennent toujours le pas sur les considérations purement financières. Tout au moins est-ce de la manière qu’il a été élevé par son père dont il a embrassé la carrière dès qu’il a été question pour lui de commencer à gagner sa vie. Si, au cours des dernières années, il a pu se ménager une réputation correcte pour un pâle exécutant, suffisamment pour se mériter le respect et l’estime de son père, à la mort de ce dernier, la vie de Guido commence à changer. D’abord, il quitte son logement, qui n’était guère plus qu’une mauvaise chambre dans un édifice mal aéré du centre-ville, car il est recueilli par son oncle. Ce dernier l’installe chez lui, dans son immense villa où logent tous ses plus proches collaborateurs. L’oncle de Guido est un homme important dans le contrôle des jeux de hasard et songe à étendre ses activités. Il cherche alors des lieutenants afin de leur confier les nouveaux trafics sur lesquels il a fait main basse. L’un d’eux n’est nul autre que Guido qui entreprend ainsi une nouvelle carrière après avoir sauté plusieurs échelons dans la hiérarchie. L’oncle organise la vie de son neveu afin de faire de lui, tout au moins le dit-il, son dauphin. Il lui trouve une voiture, le présente à son banquier, l’introduit dans les cercles fermés du pouvoir. C’est encore celui-ci qui lui présente une jeune femme dont Guido tombe amoureux et que, après des mois de fréquentations, il demande en mariage. L’oncle, transporté de joie, se charge de tous les détails de la cérémonie, fait aux nouveaux épousés un cadeau somptueux et leur paie même les billets d’avion pour un voyage autour du monde. Une fois de retour, Guido est au comble du bonheur et s’acquitte de son travail avec un zèle qu’il ne se connaissait même pas. Comme il lui incombe de récupérer les sommes dues à son oncle, il rencontre parfois des difficultés sur ce chapitre, mais ses méthodes, si elles sont impitoyables, se reposent sur leur bien-fondé et leur efficacité. Un jour, alors qu’un payeur est plus mauvais que d’habitude, Guido se voit offrir, en échange d’une vie sauve, un renseignement confidentiel. Intrigué, il se fait tirer l’oreille, mais accepte néanmoins. L’homme lui apprend alors toute la vérité sur son oncle dont la maîtresse n’est nulle autre que la femme de Guido. Toute l’idée du mariage n’étant qu’un prétexte pour faire entrer la jeune femme sous son toit sans provoquer la méfiance de l’épouse légitime du vieil homme. Doutant désormais de sa paternité au moment où sa femme apprend qu’elle est enceinte, Guido décide alors d’ourdir une terrible vengeance afin de laver son honneur.


 – Ali Hall – 408 p. – 1998 – Ce roman constitue un terrible éloge de la vengeance. C’est sans hésitation que l’auteur rend l’expiation disproportionnée par rapport à la faute et qu’il aborde ainsi la problématique de la mesure en toutes choses.

jeudi 7 juillet 2022

BoJo bouge


 

mercredi 6 juillet 2022

Feu d'artifice




C'est une coutume que de voir les fêtes nationales couronnées par des feux d'artifice. Autrefois aux Stazunis, il était même fréquent que des gens achètent des pièces pyrotechniques afin de faire leurs propres feux pour l'occasion.


Cependant, avec le temps, les autorités ont été sensibilisées au nombre d'accidents engendrés par ces manifestations privées. En effet, à quoi s'attendre quand on mélange la poudre noire et l'alcool? En conséquence, la vente au détail de feux d'artifice fut interdite sur le territoire yankee pour des raisons de sécurité.


Inversement, les armes à feu – y compris celles de calibre militaire – sont en vente quasi libre dans ce pays. À tel point que des personnes qui ne sont pas assez âgées pour obtenir un permis de conduire peuvent assez aisément acheter un fusil d'assaut. À quoi s'attendre, alors, quand on mélange paranoïa et poudre sans fumée?


En d'autres termes, les Yankees sont en voie, semble-t-il, de remplacer la pyrotechnie par les fusillades de masse. L'ennui, c'est que, tandis qu'on admire toujours les feux d'artifice, on ne remarque presque plus les fusillades aux Stazunis, tant elles sont devenues fréquentes.


Les Yankees devraient les réserver au 4 juillet; et à leur territoire.


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Tuez-les tous


Audacieux roman tentant d’explorer, par une illustration sans complaisance, les tréfonds de l’âme humaine. Georg Hoffman est le commandant d’un camp d’extermination, qu’il surnomme « la Boîte ». Bien vu de ses supérieurs, il partage son temps entre ses tâches, consistant dans les faits à faire disparaître des familles entières, et sa vie privée auprès de sa femme et de ses deux filles. On le suit au jour le jour alors qu’il inspecte ses installations, depuis les baraques d’admission jusqu’aux fosses où sont déversées les cendres des personnes massacrées dans les chambres à gaz. Parfait exécutant, il règle l’organisation de la vie du camp en fonction des règlements et des directives qui lui parviennent de Berlin. Tout aussi intraitable envers ses subordonnés qu’il l’est envers les prisonniers, il s’active consciencieusement en évacuant toute émotivité et tout sentimentalisme de son travail. Son seul ami, avec lequel il éprouve nombre d’affinités, est le comptable Dorff, un civil appartenant à la SS, dont les comptes constituent la finalité des activités du camp, en particulier les biens arrachés aux victimes juste avant qu’elles ne passent dans les chambres à gaz : les bijoux, les fourrures et les objets personnels ayant une certaine valeur. Hoffman passe ses moments de loisir en jouant aux échecs avec Dorff, le soir, alors que le camp est enveloppé d’un silence de mort en attendant la tuerie du lendemain. Ces soirées permettent alors à Hoffman des moments d’introspection que l’évocation de ses victimes n’arrive pas à troubler. De même, pendant ses jours de congé qu’il consacre à sa famille, il troque l’uniforme pour le complet et se dévoue à ses filles et à leurs études de musique. Un jour, sa cadette lui demande une faveur pour la récompenser d’un excellent bulletin scolaire : elle veut aller avec lui à son travail. Hoffman hésite, tergiverse d’une occasion à la suivante, tentant d’expliquer à l’enfant pourquoi elle n’a pas de place au camp, tout en tentant de lui cacher la nature de ce qui s’y passe. À la fin, de guerre lasse, il lui explique que le camp est un endroit extrêmement dangereux, surtout pour les enfants, car ils y meurent presque tous. Sa fille lui explique, avec une redoutable lucidité, que seuls les enfants de Juifs y meurent et que les « vrais » enfants y sont en sécurité plus que n’importe où ailleurs. Vaincu par la justesse de ce point de vue, et soulagé que sa fille ne l’ait pas mal jugé, Hoffman l’emmène avec lui contre l’avis de sa femme. Lorsque cette dernière se présente à la porte du camp avec leur fille aînée, il comprend que sa réticence provenait de ce qu’elle acceptait mal que leur père ne traite pas ses enfants avec la même rigoureuse équité que celle qu'il déploie quand il dirige « la Boîte ».


 – Laurent Bassain – 416 p. – 1990 – Cette oeuvre extrêmement dure a été longtemps refusée par les éditeurs des deux côtés de l’Atlantique à cause de son caractère tendancieux. De l’aveu de l’auteur lui-même, elle cherche d’abord et avant tout à choquer le lecteur afin de lui faire prendre conscience de sa propre indifférence devant les horreurs dont l’humanité est capable.

mardi 5 juillet 2022

Le gros mot




En août 2020, un reportage à Radio-CAnada avait mentionné à quelques reprises le «mot commençant par un N». À la suite de cela, une personne avait présenté une plainte au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications cAnadiennes (CRTC). Ce dernier avait ensuite intimé à Radio-CAnada de présenter des excuses au plaignant.


Comme de coutume, la chose causa une tempête dans un verre d'eau, tout au moins dans le cadre de la course à la chefferie du Parti conservative du CAnada. Ainsi, John James Charest a reproché au fils de Pierre Elliott Trudeau de ne pas être intervenu dans cette affaire. En effet, JiJi trouve que cet état de fait présente une menace à la liberté d'expression. Bref, la chose est à suivre, puisqu'elle ne présente aucun intérêt en soi.


Et d'ailleurs, c'est quoi, ce «mot commençant par un N» qui est tabou? 


Nationalisme?


lundi 4 juillet 2022

Tu t'es tant tatoué



Apparemment, il n'y a personne de plus religieux au CAnada et au Québec que des représentants de la gauche. 


Déjà, on connaissait le grand mufti de la social-démocratie cAnadienne, mon pote Ti-Guy, l'assistant sous-fifre adjoint du fils de Pierre Elliott Trudeau. En effet, le chef du Nouveau Democratic Party se complaît à s'exhiber en tant que fier porteur de ses symboles religieux et refuse à jamais de s'en départir, comme le fait tout bon entêté; pour ne pas dire fanatique.


Qu'à cela ne tienne. Comme la mode au Québec est à l'émulation de tout ce qui est étranger, surtout de la part d'un parti se prétendant «souverainiste», il fallait que quelqu'un, quelque part, prenne le relais de l'ostentation religieuse. Qui d'autre eût pu être plus indiqué que le représentant parlementaire de la formation Québec solidaire? Peut-être insiste-t-il pour permettre les signes religieux à tous les représentants de l'État afin qu'il puisse cesser de dissimuler la feuille d'érable qu'il a tatouée sur le cœur…


Notez bien que, une fois que les religieux prennent le pouvoir, les premiers à être éliminés sont les représentants de la gauche et du progrès. Ou, à tout le moins, ceux se prétendent comme tels.






 

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Le toxicomane poli


Marcel est un modeste employé au ministère du Revenu. Sa politesse excessive lui vaut bien plus de vexations que de prévenances. Mais il s’accommode de cette situation, considérant ce trait de caractère bien plus comme un aspect incontournable de sa personne que comme un simple défaut que l’on peut tenter de corriger. Cependant, en dépit des tracasseries mesquines de son entourage, il n’a pas encore bu son calice jusqu’à la lie. Un soir, en rentrant du travail à la même heure que d’habitude, il trouve sa femme au lit avec son courtier d’assurances. Trop courtois pour déranger les amants illicites, il quitte le foyer conjugal avec sa valise à moitié pleine, puisque la plupart de ses effets personnels se trouvent dans la chambre. Entamant des procédures de divorce, il s’en remet entièrement à son avocat, un personnage graveleux et mal dégrossi, qu’il n’ose contredire de peur de commettre un impair. Ce dernier lui recommande, afin de lui permettre de reprendre pied avant l’épreuve du procès, de suivre une thérapie de groupe. Marcel se retrouve donc entouré d’étrangers qui racontent ad nauseam leurs névroses ennuyeuses alors que lui n’ose jamais interrompre qui que ce soit, particulièrement lorsque l’étalage de niaiseries commence à le contrarier. Il remarque néanmoins, dans son groupe, une jeune femme de son âge qui ne semble pas non plus disposée à prendre part au déballage collectif. Après quelques réunions, ils engagent la conversation et Marcel découvre qu’Annie se présente aux réunions afin d’aider sa cure de désintoxication. Marcel, qui n’ose refuser, accepte une invitation de sa part et se retrouve chez elle. Mais, une fois sur place, il se rend compte qu’elle n’a pas invité que lui. En effet, une brochette de personnages aux allures discutables défile dans le petit appartement. Marcel constate avec stupeur que tous s’adonnent à l’une ou l’autre substance illégale. Trop courtois pour décliner, il s’adonne du bout des lèvres aux mêmes pratiques que ses compagnons. À partir de ce moment, il sombre avec une rapidité déconcertante dans l’enfer des drogues, essayant de trouver là une réponse que le reste de l’univers semble incapable de lui procurer. Lorsqu’arrive la date des préliminaires de son procès de divorce, le juge, comme le veut la coutume, implore les deux parties de tenter une réconciliation. L’épouse de Marcel, éplorée de constater les conséquences de son geste, affirme que son plus cher désir est de réintégrer le foyer conjugal. Marcel, par politesse, accepte de renouer. Contraint d’abandonner sa vie dissolue, il ne pense plus aux mois de perdition auxquels il s’est abandonné. Mais, un soir, il répond au téléphone et c’est la voix d’Annie, éplorée, qui chevrote à son oreille.


 – Michel Honieu – 240 p. – 1997 – Grand maître du suspense, l’auteur se détourne avec bonheur du genre qui l’a si bien servi pour entrer de plain-pied dans le roman psychologique. Son habileté à créer des atmosphères lourdes le sert à merveille, mais il affirme ici un solide talent d’écrivain dont il possède toutes les qualités.

dimanche 3 juillet 2022

Qui a but butera