dimanche 3 avril 2022

La réécriture




J'ai beaucoup aimé la désinvolture avec laquelle la rédaction de La Presse réécrit l'actualité. Le meilleur exemple est sans doute sa couverture de l'élection hongroise.


En effet, Viktor Orban, l'actuel premier ministre, a été souvent accusé par l'Union européenne de «multiples atteintes à l'État de droit», comme on dit en langage poli. Ce n'est pas tant qu'il a dirigé selon ses vues ultraconservatrices – ce qui n'incommode pas tant les élites néo-libérales – comme le fait qu'il a systématiquement muselé à la fois la justice et les médias, sans compter ses «réformes» constitutionnelles qui ont prêté le flanc à la critique, ainsi que ses initiatives visant à réprimer l'immigration.


Bref, c'est un personnage pouvant paraître ambigu aux yeux de la bien-pensance néo-libérale, de sorte que La Presse, afin sans doute de faire d'une pierre deux coups, l'a qualifié dans un article récent de «souverainiste».


Mais comme la rédaction l'aime bien quand même, Viktor, puisqu'il déteste la Russie, on n'est pas allé aussi loin que de l'appeler «séparatiss».




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