par le prof Skannen
Le 14 février dernier, un jeune fasciste est mort à Lyon, en France, à la suite d'une rixe ayant opposé des tenants de l'extrême droite à des partisans de l'extrême gauche, tout près de la gare Jean-Macé. Comme il n'y avait pas de policiers aux alentours, ce sont les militants de gauche qui ont eu le dessus, avec pour résultat que Quentin Deranque, 23 ans, est mort de ses blessures deux jours après l'affrontement.
Est-il besoin de dire qu’au sein de l'extrême droite, en passant par les populistes, les conservateurs, les réactionnaires et les néolibéraux, ce fut un tollé général aux dépens de tout ce qui, en France, se définit à gauche? À l'exception, peut-être, du Parti socialiste qui a lui aussi exprimé sa profonde indignation devant l'événement et qui a joint sa voix aux accusations les plus exagérées.
Que ce soit en France ou ailleurs, il faut bien reconnaître que la droite possède un esprit de clocher profondément ancré. Chaque fois que l'on touche à un de ses suppôts, il est question des plus acerbes critiques, en particulier lorsqu'il faut déplorer un décès. Et il est tout à fait compréhensible de ressentir un un grand dépit lorsqu'une personne perd la vie ou est sauvagement agressée dans un affrontement à caractère politique.
Le problème surgit lorsque la droite tient compte de l'orientation de la victime. Que ce soit en France, au Québec – pensez au Printemps érable – ou n'importe où ailleurs dans le monde, la réaction de la réaction est toujours la même. Il s'agit d'abord et avant tout d'exonérer les forces de l'ordre – le plus souvent responsables des blessures –, qu'il s'agisse de la police ou de ses auxiliaires officieux. De la même voix, elle condamne la présence des victimes au sein d'un mouvement de contestation qui paraît invariablement à ses yeux comme un affront. De là à dire que ceux qui sont éborgnés, handicapés ou tués par les tenants de l'ordre l'ont bien cherché, il n'y a qu'un pas; ce que comprend à demi-mot l'ensemble de la population.
Rendons tout de même grâce à la droite bourgeoise qui déplore si amèrement que des personnes perdent la vie à cause d'absurdes questions d'idées. En ce qui la concerne, la seule raison valable pour blesser ou tuer des gens, c'est l'argent; et le pouvoir qu'il confère.

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